‹ Romans à lire & romans à proscrireChapitre 12 sur 23 · OD · texte numérisé non relu

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son roman Névrosés ; ses biographies ( Mmc de Cariyle ; Mmc Gœhe ; Saint François F Assise) sont clans le même ton et otïrent le même mérite littéraire.

Au point de vue moral, tous ces livres contiennent, .à coté de quelques passages trop réalistes pour la jeunesse, des considérations renanistes très accusées.

Philibert Audebrand, (1815-1906), polygraphe dont la plume fertile a brossé un nombre incalculable de chroniques et s’est essayée dans tous les genres. Tout le monde peut lire : Un petit-fils de Robinson ; Voyages et aventures autour du monde de Robert Kergorieu .

Maxime Audouin, pseudonyme d’ Eugène Delacroix, qui signe aussi Jean Poulflguen. Homans •dramatiques, sentimentaux et historiques ; nouvelles et contes souvent reproduits par des journaux de nuances «diverses.

LÉON Barracand, poète et romancier, né à Romans ■en 1844. Il se flatte d’éprouver un vif sentiment religieux ; mais il est parfois agnostique, souvent stendhalien et voluptueux.

La belle Madame Lenain (se corrompt pendant que son mari le député s’enrichit par des moyens peu scrupuleux) ; Trahisons (conjugales d’un notaire de province et de sa femme) ; Les hésitations de Mmc Planard (situations audacieuses) ; Le manuscrit du sous-lieutenant (quelques fausses notes seulement) ; La cousine (quelques pages libres) ; Vicomtesse (très passionné, mais très littéraire) ; Mariage mystique (amitiés chastes d’un aumônier et d’une pensionnaire hystérique) ; Un barbare (peu intéressant) ; Romans Dauphinois (huit récits dont plusieurs très libres) ; Le Bonheur au Village (mondain et honnête) ; Histoire de Vivette (moral, mais systématiquement neutre au point de vue religieux) ; Roberte (passionné et honnête) ; L'adoration (recueil de nouvelles dont une au moins très impie) ; Un monstre

(sujet risqué) ; Un grand amour ; Le roman nuptial : Le cheval blanc (sacrifice d’amour) sont plus ou moinsrépréhensibles et passionnés.

Tout le monde peut lire : Epée brisée (énergique protestation contre l’expulsion des Chartreux) ; Dormilhouze la jeune (publié dans Le Mois) ; Hilaire Gerçais (histoire d’un enfant) ; Servienne (histoire d'une servante) ; La rançon de la gloire ; et beaucoup La loi des cœurs ; Amour oblige.

Maurice Barrés, né en 1862, à Charmes (Vosges), député, romancier analyste, membre de T Académie- Française.

Son œuvre, comme celle de nombreux écrivains contemporains, offre des traits, des tendances et des idées singulièrement contradictoires : des sentiments religieux et patriotiques, et des sentiments païens et anarchiques ; des idées françaises et des idées allemandes ; le culte de Jeanne d’Arc, de Bernadette, de la Lorraine, et celui de Voltaire et de Stendhal ; de l’égotisme et de l’apostolat nationaliste ; des scènes immorales et des pages exquises.

Ce qui met cependant Barrés hors de pair, c’est sa conception de a l'énergie » : il est partisan de l’énergie,, c’est-à-dire, en dernière analyse, de l'instinct, de l'impulsion naturelle, de la sensation, jusqu’à rêver d’un état où « ni une cité, ni un Dieu nous imposent leurs lois ». Les paysages même sont des états d’âme : la Lorraine, dans L'homme libre , Aigues-Mortes dans Le jardin de Bérénice , l’Espagne, a le pays le plus effréné du monde » dans Du sang , de la volupté et de la mort , servent successivement de moyen pour aiguiser les sensations, créer des empreintes et déterminer des drames...

Sous l'œil des Barbares , le vade-mecum de ses admirateurs, et L'ennemi des lois trahissent le même égotisme antisocial (1).

(I) Au point de vue de l’égotisme, l’œuvre philosophique de Barrés peut se résumer ainsi : I. Définition du moi et des-

ROMANS MONDAINS

Les romans de l’énergie nationale ( Les déracinés ; L'appel au soldat ; Leurs figures) marquent cependant une évolution, que Les Bastions de l'Est , Au service de l’Allemagne , Les amitiés françaises, Le voyage de la Sparte , etc., ont accentuée et qui font espérer que Barrés se souvenant de sa mère, finira par s’agenouiller.

Cet auteur obscur, compliqué et profond, compte de nombreux amis et aussi de nombreuses victimes : tel jeune homme qui l’a lu, l’a appelé son « assassin adoré ». Hélas ! et holà ! même pour certaines grandes personnes.

Georges Beaume, né dans l’Hérault en 1861. Il inaugura son œuvre par des romans très passionnés ou naturalistes, pleins de chaleur et de coloris : Lirette ; Le péché ; Cyniques (scènes brutales rappelant La Terre de Zola) ; Les amoureux.

Les vendanges ; Les jardins ; Une race ; etc., évoquèrent dans des pages ardentes l’àme d’une race et d’une terre, le Langedoc, avec ses vignes, ses oliviers, ses cigales sonores et son ciel d’or et d'azur.

Parmi toutes ses œuvres, Les Quissera sont presque inofïensifs ainsi que Au pays des Cigales (lu nouvelles) ; Corbeille d'or (16 nouvelles) ; Le maudit (recueil de nouvelles) ; Jacinthe.

Les deux Rivales ; Rosière et moi ; Petite princesse ; La bourrasque sont de celles dont on dit qu’elles peuvent être mises entre toutes les mains.

André Beaunier, (Evreux, 1869), écrivain de talent qui s’est, fait une bonne place dans la presse et le roman. Nous citons parmi ses ouvrages : Les Dupont-Leterrier (histoire d une famille durant l’atïaire Dreyfus) ; Picrate et Siméon (deux types : un cul-de-jatte et un cocher :

Barbares qui sont le non-moi : Sous L'œil des Barbares : —

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