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II. Il faut créer son moi chaque jour : Un homme libre

III. Il faut trouver à son moi une direction en harmonie avec funivers : Le Jardin de Bérénice.

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assassinat par amour) ; Le roi Tobol (livre curieux et très bien écrit) ; Les souvenirs d’un peintre.

Charles de Bernard (1805-1850), l’auteur de Gerfaut, etc. Un mondain qui a étudié la noblesse et la haute bourgeoisie, les vieilles et jeunes filles, les mamans et les belles-mères, etc. : Le gentilhomme campagnard ; Un homme sérieux , etc.

Bernardin de St-Pierre (1737-1814), l’immortel auteur de la pastorale Paul et Virginie , chef-d’œuvre de grâce et de poésie. Nous n’étonnerons personne en disant que cet ouvrage, à cause de l’aventure sentimentale qui se déroule parmi les paysages les plus pittoresques, ne doit pas être mis, sans corrections, à la portée de la jeunesse. Les harmonies de la nature ; Les études de la nature ; La chaumière indienne , méritent à plus forte raison la même note : ce n’est pas avec ces mièvreries que l’on trempe des caractères.

Jean Bertheroy, née Berthe Le Barillier, aujourd’hui Mme Roy de Glotte (Bordeaux, 1868), romancière et poète qui allie curieusement l’antiquité païenne et les songes modernes dans des pages chaudes et vibrantes de passion. La plupart de ses romans antiques sont des pastiches où coule à pleins bords le sensualisme le plus raffiné : La danseuse de Pompéi ; La Beauté d’ Aidas; Les vierges de Syracuse ; Syracuse ; Sybaris . Ce dernier figure dans une collection passionnelle ; les autres sont dignes d’y être, avec les Délices de Mantoue , et à côté des ouvrages de Théocrite et de Longus. Nous citons pour mémoire Les Dieux familiers et nous plaçons seulement en dehors de cette classification : Sur la pente ; Les trois jilles de P e ter Waldorp ; Le journal de McUe Plantin ; l’inofîensif Rachat et Geneviève de Paris.

Marie de Besneray,de son vrai nom Mme Groult.

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Née à Moscou en 1832, Aille d’un français, M. Boissonnade, elle connaît à fond les mœurs qu’elle s’est plu à décrire dans ses romans russes (Ivan Sternoff ; Le fils d'une actrice ; Olga la Bohémienne ; Nadine; La couiseà l’abîme). Elle a étendu ses observations aux sujets sociaux et psychologiques d’un intérêt plus général : Vers l’aurore ; Vie brisée; V engeance de femme ; Honneur dé famille ; Les sacrifiés ; Douleur d’aimer.

Tout le monde peut lire: Paul, souvenirs d’Australie ; Au pays de Bernadette (peu saillant).

Bjornsterne Bjorson, poète, romancier et dramatiste norvégien, né en 1832, n’est pas un inconnu en France où il résida et essaya de jouer un rôle politique. Comme écrivain, il a été comparé à Nodier et à Victor Hugo ; quoi qu’il en soit, il a su se faire un nom dans notre pays par divers ouvrages : Ame (histoire d’un violoniste ; les vieux récits du petit monde des fjords) ; La fille du pécheur ; Les reflets du miroir (un amoureux en partie quadruple), etc.

Léon Bloy, (Périgueux, 1846), ancien communard, converti au catholicisme. Poète aux belles envolées, mais pamphlétaire exaspéré, flagellatcur partial, il semble ne se servir de sa plume que pour déchirer, blesser ou ternir : tous ses ouvrages ( Propos d’un entrepreneur de démolitions ; Le désespéré ; La femme pauvre ; Mon Journal ; Le mendiant ingrat . Belluaires et Porchers, etc.) servent de cadre aux invectives virulentes de leur auteur. Faute de bienveillance et d’humilité, que de talent l’on gaspille !

Fortuné du Boisgobey (1824-1891). Auteur d’histoires de cape et d épée et de romans d aventures extrêmement mouvementés, travailleur infatigable et d une grande fécondité, il est un amuseur intéressant, plutôt amoral qu’immoral.

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Les pères et mères de familles, plus friands de grosses émotions que de délicatesses littéraires, pourront lire avec intérêt quelques-uns des ouvrages suivants, si toutefois la fréquentation des gredins, des escrocs, des escarpes et des forçats ne les effraye pas : Le forçat colonel ; Les frères de l’Epingle rose ; Les collets noirs (beau roman historique sur l’époque du Directoire ; quelques scènes risquées) ; La main coupée (très bien) ; Fontenay coup d’Epêe (très honnête) ; Un cadet de Normandie (histoire de Tourville, pour tous) ; L’as de cœur (le financier Law, très intéressant) ; La tresse blonde (d'un dramatique intense) ; Le coup de pouce (pour tous ou à peu près) ; Les mystères du Nouveau Paris (roman honnête tout peuplé d’affreux gredins) La vieillesse de M. Lecocq' ; La peau d’un autre (tableaux inconvenants, pages superbes) ; Le collier d’acier (une femme dévergondée qui finit par se tuer à i’aide d’un collier empoisonné) ; Mèrindol (où l’on voit aussi quelques honnêtes gens) ; Double blanc (à la recherche d’assassins) ; Le fds du plongeur (le monde sportif, dans une intrigue d’amour) ; L’héritage de Jean Tournicl (très bien) ; Du Rhin au Nil (carnet de voyage,, pour tous) ; Où est Zénobie ? (captivant) ; Le crime de l’omnibus (d’un dramatique ! ); Le cochon d’or (influence de l’argent).

SIMON Boubée, ancien rédacteur à la Gazette de- France , correspondant à Rome du Gaulois , romancier mort en 1901.

Outre Mongroléon 1er, pamphlet dirigé contre Gambetta qui ht en son temps plus de bruit que de bien, il a publié Le violon fantôme (pages , risquées et impardonnables) ; Le petit Boscot (pour tous) ; Le pierrot de cire (très bien).

LOUIS Boulé) romancier et poète, né en 1858, à Cours-les-Barres (Cher). Engagé dans l’infanterie de

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marine, il prit part à la conquête du Tonkin et reçut la Croix d’honneur pour ses glorieux laits d’armes. En 1887, il publia ses vers de jeunesse, et plus tard il eut l’idée d’utiliser les curieuses notations de son carnet de campagne.

Successivement parurent ses romans : Maman Claudie , hymne tendre écrit à la gloire des bonnes mères ; Dos d’âne, élégie poignante en l’honneur de l’amitié ; Tourterelle , chant d’amour, chaste et passionné, qui se termine par un cri sublime d’espérance et de foi. Ces drames constituent une sorte de trilogie d’une bonne tenue littéraire, où vivent, en des discours merveilleux, des figures idéales qui rappellent celles de nos meilleurs poèmes nationaux.

Paul Bourget, né à Paris en 1833. Fils d'un universitaire, il fut d’abord obligé d’entrer dans renseignement et il passa quatre ans à fabriquer des bacheliers et des vers. En 1882, il se voua exclusivement aux lettres, et il est aujourd’hui F un de nos écrivains les plus en vogue. Membre de l’Académie française.

Ses poésies (La vie inquiète ; Edel ; Les aveux , etc.), rendent le lamentable écho des tourments de son àme. durant ses études et toute sa jeunesse.

Il débuta en prose par les Essais sur la psychologie contemporaine suivis plus tard des Nouveaux essais, livres de critique, confession fort triste de tout un siècle de littérature (doctrine empruntée au panthéisme allemand, au pessimisme de Stendhal, au dilettantisme de Renan, au positivisme de Taine ; idées religieusesfausses ; morale relative qui ne croit pas au malsain .

De nombreux romans suivirent, qui valurent à Bourget une éclatante notoriété et qui exercent encore dans le monde une influence considérable.

Us sont bien faits du reste pour plaire à la jeunesse inquiète et nerveuse d’aujourd’hui, pour séduire les jeunesfemmes toujours heureuses de trouver, dans les livres.

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<les descriptions, des excitants, des compensations de la vie mondaine, pour intéresser même les hommes mûrs en quête de thèses bien construites.

La scène est d une correction parfaite ; ce sont des salons high life , des chambres à coucher, des boudoirs, dont Bourget décrit le mobilier, Fameublement et les parfums, avec la scrupuleuse exactitude d'un premier employé du Bon Marché.

Les héros et héroïnes sont des élégances suprêmes, dans une suprême faiblesse : des jeunes gens pâles, minces, flirteurs, oisifs, incapables de tout effort et prêts à toutes les tendresses ; de beaux messieurs et de belles madames n’ayant rien à faire de leurs dix doigts ; des jeunes femmes surtout, grandes, fines, blondes, sentimentales et sensuelles, toujours aimantes et aimées en dehors du mariage, assoiffées de sentiments et de mysticisme, tout imprégnées de cette a mo sphère luxueuse où les sensations douces affadissent la volonté et préparent aux grandes chutes.

Tous ces personnages sont avant tout des âmes, mais des âmes modernes, c’est-à-dire malades : Paul Bourget se complaît à décrire leurs raffinements de sensibilité déviée, leurs fautes, leurs scrupules, leurs remords, leurs repentirs et même leurs expiations, en un mot tous leurs cas psychologiques et leurs maladies intérieures ; il excelle particulièrement à raconter les drames d’amour dont elles sont le théâtre ou les victimes.

La fréquentation de tels milieux et de telles gens doit être éminemment dangereuse... M. Bourget, dit un critique universitaire, a toujours affiché des ambitions de moraliste. Alors, on ne peut s’empêcher de relever un contraste ironique entre ses professions de foi et l’effet de .ses romans. Dans les préfaces, idée du devoir, culte de la volonté, de l’effort. Dans les romans, dilettantisme ou v aine religiosité, découragement, anémie de la volonté, séduction du vice (Revue bleue , 28 mars 1936).

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Certes, les intentions de Fauteur sont excellentes ; il ne prétend décrire les désordres de lame que pour les rendre odieux et les guérir. Malheureusement, les bonnes intentions ne suffisent pas. Les descriptions et les drames qui constituent la trame de ces romans, indépendamment des pages voluptueuses qui s’y glissent, grisent l'imagination et anémient la volonté ; l’exposé de tous les motifs qui préparent et déterminent une passion coupable, fait facilement croire à ceux qui les lisent et les méditent, que les chutes sont toutes naturelles, presque nécessaires, excusables et fatalement imitables. Aussi, un écrivain peu suspect, M. Rod, a-t-il osé dire, il y a une douzaine d’années, que les romans de Bourget ne sont guère plus moraux que ceux de Zola !

Ce jugement et les considérations précédentes, 11e sauraient cependant s’appliquer dans toute leur rigueur qu’aux romans de la première période : L'irréparable Le deuxième amour ; Cruelle énigme ; Un crime d'amour ; André Cornélis ; Scrupule ; Un cœur de femme ; Idylle tragique, mœurs cosmopolites ; Physiologie de V amour moderne ; La duchesse bleue ; etc.

En 1887, Le disciple (démonstration de la nécessité de la foi ; héros peu convaincu ; scènes regrettables) marqua dans les œuvres du charmant auteur une heureuse évolution, et témoigna d’un souci douloureux de la vie morale. Le fantôme , Monique , La terre promise (roman à thèse chrétienne, tend à éloigner les jeunes gens des plaisirs coupables, tableaux choquants), Cosmopolis (amours, jalousies, duels, conversion d’une jeune dilettante provoquée par la seule vue de Léon XIII), Sensations d’Italie (belles pages chrétiennes) marquèrent successivement ses progrès dans le respect de la morale et peuvent être lus par les grandes personnes, ainsi que ses derniers ouvrages : ILEtape (roman à thèse antidémocratique et profondément religieuse, violemment «ritiqué de toutes parts) et Le divorce ^oeuvre courageuse

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<d magistrale qui restera l’un des plus beaux monuments de l’apologétique contemporaine) ; L’eau profonde et Les pas dans les pas ; Les deux sœurs (étude psychologique sur la tentation d’une honnête femme; d’une moralité irréprochable ; suivie de 6 nouvelles).

... Depuis, Paul Bourget a trouvé la foi : il remplit tous ses devoirs de chrétien ; « il a même sa chapelle avec la réserve dans sa villa de Portabelle ; il y fait dire la messe et il n’est jamais plus heureux, dit-il, que lorsqu’il suit l’office divin dans le livre d’heures de sa bonne mère. » (L’abbé Théodore Delmont. L’Université catholique., lo décembre 1904).

Cependant, il n’était pas encore pratiquant, quand il a commencé « l’édition définitive » de ses œuvres. Ses écrits restent donc, dans l’ensemble, ce qu’ils étaient, des documents scientifiques remplis de tableaux très crus ou de thèses dangereuses. Les préfaces et les appendices, ou il expose son « apologétique expérimentale », appartiennent seuls à l’inspiration catholique. C’est pourquoi nous ne permettrions aux jeunes gens que certains ouvrages de la seconde période cités plus haut, et de plus : Un saint (et autres nouvelles saines, dans la dernière édition) ; Outremer ; Drames de famille ; Pages choisies.

Et L’Emigré ? Ce roman très aristocratique, tragique et puissant met en scène la noblesse d’aujourd’hui que sa fastueuse inertie et les exigences de la société actuelle tiennent éloignées des fonctions publiques. Morale : que les émigrés colonisent le Nouveau Monde d’outre-mer ou qu’ils évangélisent le monde nouveau de la France, comme quelques-uns s’appliquent à le faire. Impression d’ensemble décourageante : le héros est un vaincu qui reste ce que les événements l’ont fait — Qu’il revienne bientôt du Canada pour nous montrer que tout effort n’est pas inutile !

Marie-Anne de Bovet, fille du général de ce nom,

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née en 1860, mariée récemment au marquis de Boi9 Hébert, agriculteur français résidant en Gallicie ; collabore à La Vie Parisienne sous le nom de Mab, et fournit des articles à de nombreux périodiques français et anglais.

Le nom de « petites rosseries » qu’elle a donné à plusieurs de ses ouvrages, conviendrait à quelques-uns de scs romans psychologiques : Confessions d’une fille de trente ans ; Confessions conjugales ; Partie du pied gauche ; Contre l’impossible ; Plus fort que la vie <{8 nouvelles) ; Vierges folles (passionnel) ; Xoces blanches (d’un blanc sale).

Pris sur le vif ; Autour de l’étendard (peinture des milieux militaires, dédiée au duc d’Orléans) paraissent appartenir à un autre genre.

Histoire d’un garçon; Cadette (très bien) ; Mademoiselle l’Amirale ; Fausse voie ; Le beau Fernand (peu intéressant, peu édifiant), pourraient être confiés aux jeunes gens, ainsi que certains de ses récits de voyages.

Augustin Boyer d’Agen, de son vrai nom, Jean AUGUSTE Boyer, né à Agen en 1859. Ancien séminariste, gradué en théologie et en droit canon, romancier, poète, critique d’art, historien, philologue et conférencier.

Après avoir publié des romans regrettables (La Gouine ; La Vénus de Paris), et que l’auteur semble bien regretter, Boyer d'Agen s’est porté définitivement vers les études historiques et religieuses, et a donné sur beaucoup de questions actuelles des travaux remarquables.

Son roman Terre de Lourdes (descriptions, amours d’un séminariste) est un ouvrage malsain. Le pays natal ; Monsieur le Rédacteur ; Pascal Bordelas (le cynisme des politiciens) peuvent être classés parmi les romans honnêtes.

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Brada, pseud. de Mme la Comtesse de Puliga, née HENRIETTA Sansom, (Paris, 1850 , parisienne qui a épousé un diplomate. italien.

Nous citons, parmi ses romans, très étudiés et délicatement écrits : Compromise ; Mme d’Epone (sujet risqué) ; L’irrémédiable (jeune fille séduite et délaissée) ; Les lettres d’une amoureuse (vieille originale, va) ; L'ombre (que projettent sur les enfants le divorce et les désordres de leur mère) ; Petits et grands (délicieuses miniatures sur sujets variés) ; L’impasse (amour adultère) suivi de Mensonge (étrange) ; Les beaux jours de Flavien (jours de plaisir) ; Comme les autres (amour contrarié, intéressant) ; Les amantes (élégantes, mais très faisandées) ; Malgré l’amour .(plus sérieux et plus honnête ; pages ardentes cependant) ; Disparu (le fiancé... mais fauteur a tant de ficelles) ; Milord et Milady (la galanterie bienséante en Angleterre) ; Retour du flot (tempête où une àme honnête a failli sombrer ; mais le hasard est si grand et tout finit par s’arranger, quand.... on a du talent comme Brada),

Et nous recommandons aux jeunes gens sérieux Terres de soleil et de brouillard (souvenirs de voyages très gentiment racontés) ; Isolée (vie d’une jeune orpheline catholique, transplantée dans un milieu anglican).

Max de Bray, pseudonyme qui voile une dame distinguée. Deux œuvres seulement, mais pleines de choses, d’intérêt, de dissertations bienfaisantes : Sans défense ; Journal d’une femme du monde.

Adolphe Brisson, (Paris 1863), littérateur, directeur des Annales politiques et littéraires. Il s’est acquis une réputation particulière de portraitiste, en traçant, de main de maître, des esquisses sur les principaux représentants de la littérature contemporaine : Les prophètes ; L’envers de la gloire ; La comédie littéraire ;

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Portraits intimes ; etc. Depuis, il s’est, essayé dans le roman, et a obtenu un réel succès avec Florise Bonheur .

RHODA Brougnton, née en 1840, romancière anglaise dont les œuvres ont été, pour la plupart, traduites en français. Ses romans décrivent la campagne anglaise et des types de jeunes filles, ardentes, romanesques, amoureuses des fêtes où l’on brille, folles de leur corps, et mourant jeunes, après avoir gardé une vertu relative. Son dernier ouvrage De Charyhde en Scylla , a paru dans la collection Fèmina ; Belinda et Johanna peuvent être lues par les grandes personnes ; Hélas ! ; Fraîche comme une rose ; Kate Chester ; Nancy ; Le roman de Gilliane par tous ou à peu près.

Sir Edward-George Bulwer-Lytton , poète, romancier et homme politique anglais (1805-1873), qui jouit dans son pays, comme écrivain, d'une renommée à peu près égale à celle de Dickens et de \V. Scott. On lira de lui : Alice ouïes mystères ; Les derniers jours de Pomper ; Le désavoué ; Devereux ; La famille Caxton ; Mémoires de Pisistrate Caxton ; Mon Roman ; Qu'en fera-t-il ?; Rienzi , son chef-d'œuvre.

HENRY Bliteau, romancier sentimental. On lui doit jusqu’à présent : La faute (beaucoup de bleu ; moralité excellente) ; Un orage (dans un ménage ; un nuage dans le ciel bleu î) ; Aimer (il n’y a que cela qui soit quelque chose, disait Georges Sand ; c'est l’épigraphe et le sens du livre. Reprenez la gamme : rouge, orangé, etc.

Fernand Calmettes, littérateur et peintre (Paris, 1846). Il a surtout étudié l’amour, la vertu et le caprice chez les femmes : Brave fille ; Simplette ; Sœur aînée ; récits qui peuvent être lus à peu près par tous. Quant à Mademoiselle Volonté , est-ce un bon livre ?

Adrienne Cambry,de son vrai nornMme Delphieu* romancière mondaine dont nous ne connaissons que

lo

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quelques ouvrages : Rêve de printemps ; La Vierge de Raphaël , qui peuvent être lus à peu près par tous.

Trio d'amour ; On en meurt ; L'amour pardonne , sont tous trois très passionnés.

Ernest Capendu, (1826-1868), auteur dramatique et feuilletoniste très fécond, dont les œuvres écrites en style négligé, ne sont pas cependant sans valeur. Tout le monde peut lire Ango le Dieppois.

Mme Edme Caro, Pauline Gassin, (1835-1901), femme de M. Caro, membre de l’Institut, a fait des romans appréciés : Pas à pas (sujet délicat) ; Amour de jeune fille, Histoire de Sans-Souçi , Idylle nuptiale , L’ idole, Les lendemains (onze nouvelles), Fruits amers (divorce), Complice (sept histoires) et Le péché de Madeleine, son chef-d'œuvre, publié d’abord sous le pseudonyme de P. Albane.

Jean Carol, de son nom Gabriel Laffaïlle, (Toulouse, 1848), voyageur, littérateur et critique d’art. Romans satiriques : L'honneur est sauf ; La bataille cVHennepont, etc. Récits de voyages saisissants : Les deux routes du Caucase ; Chez les ITovas ; Au pays rouge ; Le bagne de la Nouvelle-Calédonie.

Marc de ChandplaiXi pseudonyme du contre amiral Richard Foy. 11 a publié dans L'Illustration des romans très forts et intéressants : Le fond d'un cœur ; Dans la houle ; Pour un mari ; etc.

Adolphe Chérsevière, (Genève, 1855), érudit et critique qui contribua à la vogue d’Ibsen en France.1 Comme romancier, il a donné des ouvrages de psychologie féminine et l’honnête Jacques l'intrépide.

Victor Cherbufisez (1829-1899). Littérateur suisse, naturalisé français en 1880, calviniste et académicien.

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Pendant de longues années, il donna à la Revue des Deux Mondes , sous le pseudonyme de Valbert, des chroniques littéraires et politiques remarquables : la plupart ont été réunies en volumes et sont à lire.

Ses romans amusants, publiés dans cette même revue, ont fait les délices de tous les esprits gourmets, par leur élégance littéraire et leur extrême ténuité d’analyse ; ils étudient préférablement les Slaves et les Polonais, des femmes troublantes également passionnées pour le bien et pour le mal, des jeunes filles avancées ; ils ne dénotent guère d’autre souci que celui d’amuser. Louis Veuillot ( Odeurs de Paris , page 396) a remarqué en Cherbuliez, un goût particulier pour les fous, les irréligieux, les maudits, les caractères outrés et bizarres, et il le trouve plutôt hostile à la vertu et aux âmes vertueuses. Nous ajoutons qu’il est parfois sournoisement impie ou franchement voltairien.

Les personnes réfléchies, mûries et suffisamment munies d’instruction religieuse, choisiront parmi les livres suivants : Les aventures de Ladislas Bolski (scène scabreuse à la lin) ; La vocation du comte Ghislain (honnête) ; Le comte Kostia (id) ; Le cheval de Phidias (id.) ; Après fortune faite (sornette délicieuse et délicieusement dite) ; Miss Rovel (pages exquises et autres) ; Samuel Bronl (inoflensif) ; L'idée de Jean Têterol (une scène risquée) ; Les amours fragiles (le roi Apèpi et deux autres nouvelles, quelques pages libres) ; Jacqueline Vanesse (magnifique) ; Pages choisies.

Quant à ceux-ci : Une gageure (presque impur) ; Prosper Randoce ; La revanche de Joseph Noirel (situation et dénoument immoraux) ; Le fiancé de Mellc de Saint-Maur (scènes d’adultère platonique) ; Noirs et Rouges (mercuriale de sectaire) ; La ferme du Choquard (impiétés) ; eh bien ! non. Il y a d’autres auteurs que Gherbuliez. Sat prata biberunt.

Henri-Emile Chevalier (1828-1879). Exilé au 2 décembre, se retira au Canada, et rentra en Franc en 1870, pour écrire une série de drames de l'Amérique du Sud : Les derniers Iroquois ; La, fille des indiens rouges ; Le gibet ; La Huronne ; Les nez percés ; Peaux rouges et peaux blanches ; Le chasseur noir ; La fille du Pirate ; L’île de sable ; Les pieds noirs ; Poignet d! acier ; La tête plate .

Théodore Chèze, ancien instituteur. Il publia autrefois L’ Instituteur, réquisitoire accablant contre l’école laïque (crudités, propos impies) et plus récemment Myriam de Magdala , roman chrétien. Ce dernier livre renferme, à côté de pages superbes, de graves inconvenances et des tableaux passionnés qui le rendent dangereux pour la généralité des lecteurs.

JULES Claretieuié en 1840, journaliste, chroniqueur, romancier, critique et historien, membre de l’Académie française. Ce qui le distingue, c’est son aptitude à saisir le goût du jour : il a le sens de l’actualité, et il l’a traduite dans de nombreux romans. L’imagination, le talent scénique qu’il y déploie, l’ont lait apprécier du public superficiel et nommer administrateur de la C omédie Française.

Tous ses romans sont fort inégaux au point de vuelittéraire comme au point de vue moral. Nous citons : L’ Américaine (mondain) ; Le beau Solignac (roman historique du temps de Fouché) ; L'accusateur (l’œil du mort qui livre son secret, très dramatique) ; Le roman des soldats (patriotique) ; Les belles folies (id) ; Le sang français (nouvelles et récits, pour tous) ; Brichanteau (grand succès de librairie, vie d’un comédien retraité par force et resté panachard) ; Le renégat (roman politique, dévergondages, impiétés) ; Jean Mornas (dangereux au point de vue philosophique et moral : fatalisme, matérialisme, etc.) ; La maison vide (fonds moral,.

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mais mœurs faciles et suicide) ; Les amours d'un interne (roman de névrosés parmi lesquels Fauteur place Jeanne d’ Arc et Marguerite-Marie) ; M. le Ministre (\ iveurs politiciens et politiciens viveurs) ; Le Million (la lièvre du lucre, intéressant) ; Noris (pamphlet contre l’aristocratie, pages très libres) ; Le candidat (les vilaines mœurs électorales, pas de libertinage) ; Les Muscadins (roman de mœurs, réaliste) ; Robert Durât (les tortures d’un honnête homme, les héroïsmes et les turpitudes de la passion, fatalisme) ; Mme Berlin (mœurs politiques, libertinage); Mcllc Cachemire (une femme d’auberge qui vient trôner dans un boudoir et iinit dans le ruisseau) ; Noël Rambert (histoire d'un ouvrier, horreurs; ; Le mariage d'Agnès (histoire d’amour et de théâtre) ; Pages ■ choisies .

Pierre Clésio (Paris, 1863), s’est signalé dans ces derniers temps par des romans à succès : Les Renards (punition d’un traître et idylle) ; Mariage de Raison , roman universitaire et moral ; Le roman de Claude Lenayl (mésaventures d’un jeune homme dans le demimonde parisien et ensuite ses succès dans l'agriculture) ; Femme de général (qui a beaucoup de peine à rester honnête) ; Cours de jeunes filles (un professeur qui -épouse une de ses élèves).

Mme L. M. Compain mérite d’être signalée, à cause du caractère sérieux quelle donne à ses thèses dans L'opprobre (d’une fille-mère qui finalement est épousée ,par un sauveur que n’etïrayent pas les préjugés) ; L'un vers Vautre (théories d’une indépendante sur le mariage).

Charles De Goster 1827-1879), écrivain belge qui utilisa, dans différents récits, sa connaissance approfondie de la littérature du moyen âge : La légende et les aventures d'Ulenspiegel et de Lamme Gôedzack, roman épique sur des personnages fabuleux, populaires «en Belgique ; Contes Brabançons , etc.

Mme Cottin (1173-1807), veuve à 20 ans, déversa dans des œuvres guindées, sentimentales et faussement vertueuses ( Malvina , Claire d’Albe , Elisabeth , etc.), ses besoins de tendresse et la mélancolie de son cœur brisé.

Pierre de Coulevaîn, de son vrai nom Mcl,c Favre. Elle a fourni d’abord des romans à l’américaine : Noblesse américaine ; Eve victorieuse , satire virulentede la femme américaine, pécore égoïste, sensuelle et dépravée ; Sur la branche , autobiographie d’une française malheureuse en ménage, qui plante tout là, voyage à l'américaine d’hôtel en hôtel, et, tout en cheminant, admire spécialement la théosophie et le boudhisme.. Depuis, elle a conquis la célébrité par Vile inconnue (l’Angleterre). Dans cet ouvrage, comme dans les autres, elle se révèle charmante causeuse, mais très mauvaise philosophe.

Louis Couperus, romancier hollandais, né en 1863,. a successivement abordé le poème romantique, le roman naturaliste, le roman psychologique, social, politique, et a obtenu dans Ces genres divers un vrai succès. Majesté ; Métamorphose ; La Paix du Monde , etc., sont à lire par les lettrés.

Léopold Courouble, (Bruxelles, 1863), l’humoriste de la Belgique. Les cadets de Brabant ; La famille Kaekebrouch (à Bruxelles) ne sont pas des chefs-d’œuvre littéraires, mais ils sont intéressants pour ceux qui aiment ou veulent connaître l’humour, tel qu’il est pratiqué avenue Louise et surtout rue Haute. Au point de vue moral et philosophique, ils sont bourgeois,, prud’hommesques, louis-philippiens , terre à terre, potau-feu, etc.

Marion Crawford, né en Toscane en 1854, de parents américains, élevé en Angleterre, sicilien par

adoption. Par ses études psychologiques du cosmopolitisme, il est devenu Pun des écrivains les plus illustres de son pays.

Nous citons parmi ses romans traduits en français :

Pour tous les lecteurs : Saracinesca (œuvre d’artiste et de chrétien) ; Le Crucifix de Marzio (son chefd’œuvre) ; San Hario ; Une paroisse isolée ; Paul Patoff.

Pour les lecteurs expérimentés : Greinfenstein ;

Zoroaslre (roman épopée sur la civilisation médique sous Darius, pages à la Flaubert) ; Le docteur Claudius (gai, humoristique) ; Un chanteur romain très passionné) ; La Marchesa Carantoni (scabreux) ; M. Isaacs (occultiste et troublant).

Le vicomte François de Curel, né à Metz en 1854, ancien ingénieur devenu écrivain, directeur delà revue Armée et Marine.

Ses romans toulïus et diffus : L'été des fruits secs (descriptions, idylle banale, théories favorables au divorce) ; Le sauvetage d'un grand duc (très libre) sont un peu délaissés.

Ses pièces : L'envers d'une sainte ; Les fossiles ; L’invitée ; La nouvelle Idole , renferment des scènes magnifiques, des idées salutaires et des développements inconvenants.

Comtesse Dash, pseud. de G. A. Cisterne de Cour! iras, vicomtesse de Cinq-Mars 1805-1872). Fut obligée d’écrire pour se créer des ressources et produisit une quantité de romans trop hâtifs sur la haute société et ses mœurs. Elle est un peu oubliée.

Henri-Michel Datin, né en 1830, ancien notaire. Nombreux romans où fauteur fait preuve d’intentions morales : Les deux mères (étrange) ; Le prestige ; Le docteur Corbier (vieux don Juan qui s'assagit, après

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avoir reçu un coup de pistolet) ; Le trappiste ; etc., etc.

Alphonse Daudet (1840-1897), poète, romancier et auteur dramatique, dont les livres ont été lus avec une vive curiosité et sont toujours relus avec beaucoup de plaisir.

Par sa sensibilité et sa tendresse émue, son imagination méridionale très finement colorée, par le tour séduisant qu’il donne à toutes scs œuvres, par sa grâce souriante, sa légèreté, son ironie railleuse, il a su intéresser tous ses lecteurs, tantôt en les faisant rire tantôt en leur arrachant des larmes, toujours en les charmant.

Au point de vue moral, il n’est cependant pas toujours irréprochable : il a traité dans ses œuvres les sujets les plus scabreux, il a étalé ce que la réalité peut offrir de plus laid et même de plus ignoble... On ne peut pas dire sans doute que sa littérature est luxurieuse, car elle esquive certaines choses sales et flétrit les vilenies ; mais on ne* peut pas dire non plus, qu’elle est chaste et inoffensive pour tous les lecteurs.

Les tout jeunes gens se contenteront donc de lire : Contes pour ta jeunesse (réunis par Hetzel) ; La belle Nivernaise (histoire d’un bateau) ; Tartarin sur les Alpes (à part quelques pages) ; Tartarin de Tarascon (contient le récit des aventures du héros avec une mauresque) ; Port-Tarascon (charge exagérée, inférieur aux deux précédents) ; Pages choisies.

Les plus grands pourront lire avec prudence : Le petit Chose, (histoire d’un enfant); Jack \ Lettres de mon moulin ; Contes du lundi.

Quant à ses autres ouvrages, ses pièces et surtout ses grands romans : Fromont jeune et Risler aîné (série d’adultères dans le inonde bourgeois) ; Soutien de famille ; Le Nabad (irrespectueux pour le catholicisme, etc.) ; Les rois en exil (pamphlet politique) ; Numa

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Roumestan (traits contre la religion et contre les méridionaux) ; L’immortel (contre les académiciens ; scènes .de luxure) ; L'évangéliste (l’auteur semble avoir voulu exalter la vie de famille en rabaissant la vie de renoncement ; pour ridiculiser l’Armée du salut, il a mis en scène des fanatiques que des lecteurs non prévenus confondraient avec les catholiques) ; Sajoho (très voluptueux); La petite paroisse ; Les femmes d’artiste ; Rose et Ninette (contre le divorce) ; Soutien de famille ; La Fèdor (et sept autres fragments ; tableau de la vie et de la mort de la célèbre comédienne) ; ils ne sont pas tous inofïensifs, même pour les grandes personnes.

Mme Julia Daudet, femme d’Alphonse, née en 1847, a consacré sa plume élégante et fine aux joies, aux tendresses et aux « joliesses » de la famille. Parmi ses œuvres « artistes » et pittoresques, qui sont plutôt des -entretiens que des romans, nous citons : L’enfance d’une parisienne ; Enfants et Mères ; Le livre d’une mère ; Impressions de nature ; Fragments d’un livre inédit ( Impressions sur Paris ) ; Miroirs et Mirages (nouvelles et études très sentimentales).

Ernest Daudet, frère aîné d’Alphonse, historien et romancier, né en 1837.

Producteur très fécond, écrivain doué tout à la fois d’une grande imagination et * d’un grand savoir, il a publié, spécialement sur l'émigration, des ouvrages historiques qui lui ont valu en 1905 le prix Gobert : Coblentz ; Les Bourbons et la Russie ; Les Emigrés et la seconde coalition ; Les Emigrés et le 18 fructidor ; -etc.

Ses romans parus chez Perrin, Dentu, Plon, etc,, ne sont pas tous à recommander : Aveux de femme (très malsain et très dangereux) ; Mademoiselle de Circé (enchanteresse qui séduit un policier et finit par se suicider) ; Les coulisses de la société parisienne (défilé

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de tableaux variés dont plusieurs sont scandaleux) ; Les reins cassés (contre les tripoteurs) ; Le gendarme excommunié (et autres nouvelles dont deux inconvenantes) ; A Ventrée de la vie (une scène de libertinage, belles pages sur la vocation religieuse, ensemble bon) ; Vénitienne (belle histoire honnête) ; Don Rafaël (roman historique peu intéressant) ; Drapeaux ennemis (très bien) ; Victimes de Paris (captivant et d’une portée morale salutaire) ; La Carmélite (respectueux de la religion, mais donnée périlleuse, inexactitudes, ensemble qui pourrait mal impressionner) ; Le roman d'un conventionnel (beau livre, histoires scandaleuses) ; Daniel de Kerfons (peu édifiant, portraits de grandes dames) ; Le mari (histoire d’un adultère) ; Le défroqué (sujet délicat traité sans pamphlet) ; Les pervertis (tristes gens, triste histoire) ; Pauline Fossin (triste !) Expiatrice (aventures vulgaires, mais honnêtes) ; Le missionnaire (très scabreux et invraisemblable) ; La Ratapiole (roman historique autour de la Terreur, honnête) ; Le roman de Delphine (honnête roman d’amour) ; Le crime de Jean Malory (dramatique, honnête) ; Mmc Robernier (scènes d’adultères trop complaisamment décrites) Clarisse (une scène libre seulement) ; Les fiançailles tragiques (vulgaire et grossier) ; Rolande et Andrée (gros feuilleton) ; L'Espionne (sain) ; Le comte de Chamarande (id.) ; etc.

A Ire : Dolorès ; Fils d'émigré ; Dans la tourmente ; Robert Darnetal ; Nini la Fauvette et autres publiés à la « Bonne Presse » ; La religieuse errante ; Les deux évêques ; etc.

LÉON Daudet, fils d’Alphonse, né en 1868, uni civilement à Jeanne Hugo et séparé depuis 1895, collaborateur au Gaulois , à La Libre Parole , etc., philosophe, critique, poète, romancier, écrivain satirique très amer, au styi^ puissant, embroussaillé et « superbement confus ».

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Parmi ses romans nous citons : La flamme et l’ombre (amour de deux filles, pages sensuelles, descriptionsd’Italie) ; L’astre noir (allusions obscures à Victor Hugo); Suzanne (roman de l’inceste, faux, bizarre, où l’auteur combat la science et prend parti pour la foi) ; La France en alarmes ; Germes et poussières ; Hœrès ; Le pays des Parlementaires ; Les Kamtchatka (satire du snobisme) ; Les Morticoles , satire réaliste des médecins, tableau répugnant des mœurs de la haute société ; Le voyage de Shakespeare (haute fantaisie).; Le partage de Venfant (victime du divorce) ; Les primaires (le mot restera et le livre aussi) ; La lutte , roman d’une guérison (sans négliger la médecine, il faut recourir à l’hygiène de Pâme et à la foi chrétienne).

Pierre Dax, de son vrai nom Mlle Eva Gatouii. auteur de nombreux romans, appartenant à diverses nuances au point de vue moral.

Nous ne recommandons pas : Le drame de Massiac ; Mariée sans amour ; Le roman du peintre ; La sœur du Mort ; L’enfant de la séquestrée ; Vengeance de lionne ; L’institutrice des Riaulx ; L'homme au masque.

Nous plaçons dans cette catégorie : L'intime d’un cœur ; Amour et préjugé : Les épreuves de Michelle ; La bague de fiançailles ; Yamina ; Mon oncle de Cha mirol ; Le roman d’une laide.

Pierre Decourcelle, né à Paris en 185G. A collaboré à plusieurs journaux, a fait des pièces de théâtre ei* collaboration et surtout des romans-feuilletons tapageurs : Le curé du Moulin-Rouge dans le Matin ; Les Deux Gosses (récit pour la jeunesse) ; etc.

Mme Grazia Deiedda, jeune a uthoress d’origine sarde, fixée à Rome depuis son mariage avec un fonctionnaire.

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Dès 1 âge de 15 ans, elle publia Le Sang Sarde , et ^aujourd’hui, elle compte à son actif une dizaine de romans dont quatre ( Elias Portolu ; Nouvelle Sarde ; Cendres ; Deux amours ) ont été traduits èn français.

Ce sont des histoires de brigands, qui mettent en scène les êtres primitifs, grossiers et révoltés de la -Sardaigne. Nous les plaçons ici parce que le fond en • est irréligieux et antisocial.

ALBERT Delpit, né à la Nouvelle-Orléans en 1849, mort à Paris en 1893. Eut un duel célèbre et fut décoré -à la guerre de 1870. Il a fait des poésies, des pièces de théâtre, et des romans d’actualité, parmi lesquels ^nous remarquons :

Disparu (peu intéressant) ; Jean Nu-Pieds (la campagne de la duchesse de Berry en 1832) ; La famille Cavaliè (épisode de la guerre de Sécession) ; Le fils de Coralie (thèse risquée vigoureusement et honnêtement -décrite) ; Le mariage d’Odette (magnifique éloge de 1 éducation religieuse, pages scabreuses) ; Le père de Martial (invraisemblable); La Marquise (sujet scabreux, tableaux très libres) ; Solange de Croix Saint-Luc très bien) ; A/tUc de Bressier (la Commune, scènes risquées) : Thérésine (la réhabilitation de la femme de joie par le repentir et l’amour, impiétés).

Edouard Delpit (1844-1904), frère du précédent et, «comme lui, romancier d’un certain talent.

Signalons d’abord aux jeunes gens sérieux : Paule de Brussange (roman catholique) ; Yvonne ; Bèrengère ; Joseline ; Catherine Levallier (à part deux pages dibres).

Et mentionnons : Les représailles de la vie (crimes, suicides, scènes scabreuses); Sans merci (hypnotiseur amoureux) ; Plein cœur (sujet hardi traité assez chastement) ; Marcienne (fonds moral, mais développements choquants) ; Le dernier rêve (d’une femme qui voudrait «être amante et devient belle-mère).

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Henri Demesse, né à Dijon en 1854. Un feuilletoniste très peu recommandable. Son Zizi est pour les enfants.

Louis Dépret, né à Lille en 1837, mort à Paris en 1905. Poète et littérateur qui promena dans tous les genres sa plume légère et facile. Comme nous sommes et Trop fève sont, dit-on, ses meilleurs ouvrages. Delyvoix est presque inoffensif.

Paul Déroulède, (Paris, 1846 , poète et patriote, dont les (( chants» sont aussi connus que ses belles et déplorables équipées. Ses poésies et son drame en vers Messire Duguesclin peuvent être lus par tout le monde. Ses romans Histoire d'amour et La plus belle fille du monde , doivent être placés dans cette catégorie avec cette mention : niais et indignes de l’auteur des Chants du Soldat et des Chants du Paysan , etc. Bravo pour les deux séries de Feuilles de route : elles sont d'un bon soldat et d’un bon français.

Jean Deuzèle, alias Louis Lefebvre, romancier psychologue dont les thèses sont aussi originales qu’intéressantes : La maison vide (un époux qui se sent mourir et trouve sa consolation à façonner lame de sa femme à l’image de la sienne) ; Le recueillement (la jeunesse doit s’y consacrer ; la précocité sentimentale est une erreur ; détails assez lestes qui dépeignent trois drôles de couples) ; L'ile héroïque (la solitude douloureuse où un artiste doit se résigner à vivre. Xe pas: confondre avec la solitude des anachorètes).

Mœe Jane Dieulafoy, femme du célébré explorateur, née en 1851. Elle a pris part aux travaux de son mari, en Perse, en Chaldée, en Susiane, et outre le récit de ses expéditions, elle a fait des romans semi-historiques : Frère Pelage ; Panjsatis (reine des Perses, ses crimes et ses luxures) ; Volontaire (le monde bourgeois sous, la Révolution, haro sur les Montagnards) ; et Déchéance

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(réquisitoire enflammé contre le divorce). Tout le monde peut lire de cet auteur sympathique aux idées chrétiennes : Aragon et Valence , excursions en Espagne ; A Suse, journal des fouilles ; L’épouse parfaite (ouvrage de piété, traduit de l’espagnol).

LOUIS Dïrnier, agrégé, ancien professeur au lycée de Valenciennes. Son roman, La Souricière , a pour but de montrer comment les jeunes gens tombent facilement dans les pièges tendus par le monde à leur vertu et à leur inexpérience (réalisme écœurant, prêtres insuffisants)*:

FÉDOR Dostoievsky (1821-1881), célèbre romancier russe. Ses crises d’épilepsie, son séjour au bagne, où il fut envoyé pour conspiration, sa pitié profonde pour les humbles, ont donné à ses œuvres une âpreté tragique et souvent douloureuse. Souvenirs de la maison des Morts ; Humiliés et offensés ; Crime et Châtiment ; L’idiot ; L’éternel mari ; Bessy ; Pauvres gens , etc. ; Les étapes de la folie (tendresses dçtns la seconde partie) : Ame d’enfant (que tout le monde peut lire), sont comme autant de coups de tocsin qui ont précipité la réforme sociale en Russie. Les funérailles de ce forçat sibérien, qui avait su prendre les cœurs, furent un vrai triomphe.

Gustave Droz (1832-1895), peintre, conteur, débuta dans La Vie Parisienne par des croquis mondains dont quelques-uns, réunis en volume sous le titre Monsieur , Madame et Bébé , eurent un succès de scandale prodigieux.

Depuis, il continua à écrire, non seulement à La Vie Parisienne , mais aussi à la Revue des Deux-Mondes ; publia Entre nous ; Le cahier bleu de Mellc Cibot ; Autour d’une source (scènes de Lourdes, inspiration de fond antireligieuse) ; Babolain ; Une femme gênante ; L’enfant ; et Les étangs; Tristesses et sourires ; Un

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paquet de lettres, trois récits fantaisistes pleins d’iiumour et de leçons.

En 1886, il se vit refusé à l'Académie française et cessa d’écrire.

EDOUARD Drurnont, littérateur et journaliste, directeur de la Libre Parole , né en 1840, célèbre champion de l’antisémitisme. Ses œuvres vigoureuses, dans lesquelles il flagelle la juiverie, le clergé et parfois les catholiques les plus respectables, renferment des documents et des scènes trop réalistes pour être confiées aux jeunes gens. Son roman Le dernier des Trémolins peut seul leur être donné sans réserve.

Maxime Du Camp (1822-1894) porta dans plusieurs genres les ressources de son beau talent. Son roman excentrique et malsain ; Mémoires d'un suicide) ; ses chants modernes, et récits de voyages ne sont que d’obscurs essais, auprès de ses études sur Paris : Paris , ses oryanes , ses fonctions , sa vie (tendances rationalistes, 6 volumes, le troisième surtout ne doit pas être confié aux jeunes gens) ; Les convulsions de Paris (histoire de la Commune, très bien); La charité privée à Paris ; etc.

PAUL Dumas, né à Valence, collaborateur assidu de L'Illustration , fervent admirateur de la Tunisie où il recueille ses sujets de romans et nouvelles : Zèzia, etc.

Félix ‘Duqu&snel, rédacteur au Gaulois , a publié sous le titre des Dix mille et deux nuits , quatorze nouvelles orientales ; Le mystère de Gaude, feuilleton judiciaire élégamment ficelé ; et La maîtresse de piano.

Charles Durand* plus connu sons le pseudonyme de CAROLUS d’Harrans, (1863-1907), ancien professeur, dessinateur, romancier, nouvelliste, rédacteur en chef du Journal de Fécamp.

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Parmi ses ouvrages, nous citons : L’avant-garde ; Histoires moroses ; Contes roses ; Cris Bleu ; La victime psychologie d’un bâtard) ; Duchesse , écrit en collaboration avec Jeanne France (l’amour victime de l'orgueil) ; Germaine (scènes maritimes) ; La marquise de V illemegronne .

Mme la duchesse de Duras, alias Claire de Kersainl (1778-1820'. D’abord « salonnière » brillante,, elle se décida à écrire et fit sortir de sa plume Ourika (histoire d’une jolie sénégalienne qui, rebutée à cause de sa « couleur », est réduite à entrer au couvent ; et Edouard (histoire d’un plébéien épris de la duchesse de* Nevers et qui ne peut l’épouser, à cause de sa basse naissance). En ce temps-là, ces héros et héroïnes faisaient pleurer la France de René : c’était le début de l’ère des poitrinaires, comme s’exprime Léon Gautier.

Georges Duruy, historien et romancier, fils de Victor, né en 18;>3. Son drame Ni Dieu ni Maître peut être lu utilement par les personnes raisonnables. Ses romans sont mondains : L’Unisson histoire d’amour que l’on peut qualifier de chef-d’œuvre) ; Andrée ; Le garde du corps (sujet périlleux, peu moral, plaisanteries irréligieuses) ; Victoire d'âme (recueil de nouvelles, quelques pages égrillardes) ; Fin derêve (roman politique consacré à l’apologie de Gambetta).

Edgy, pseudonyme d’une lauréate de Femina. Œuvres : La servante (idylle tragique, note libre-penseuse) ; Cher infidèle (elle lui reste fidèle sans nausée) ; Ames inquiètes (les étudiants et les étudiantes).

LOUIS Enault, (1824-1900), homme du monde distingué et auteur très fécond. Arrêté en 1848 comme légitimiste, il quitta bientôt la France, par crainte denouvelles mésaventures et visita tous les pays de l’Europe, l’Orient, les Etats-Unis, etc.

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Il a embelli de tous les agréments de son style les souvenirs de ces pérégrinations qu’il fixa dans une centaine de publications de tous genres : relations de voyages, romans, traductions, études, articles de journaux et revues.

Dans la dédicace de La Circassienne , on lit ces lignes touchantes : « Depuis 20 ans, ma chère mère, je n’ai point composé un seul livre sans me dire que vous le liriez et sans souhaiter que l’on y retrouvât la trace de vos leçons... Cependant la peinture des passions, qui est l’essence même du roman vous a semblé parfois trop vive et trop ardente dans les miens, et vous avez souvent refermé le volume sans rien dire... »

L’œuvre presque tout entière d’Enault mérite ce silencieux reproche : L'histoire d’une femme honnête, mais mari vilain) ; Le baptême du sang honnête, patriotique); La vie à deux (et trois autres nouvelles libertines ; Le roman d’une veuve (passionné) ; L'amour et la Guerre ; Ville et Village (où le curé est représenté comme un bon vivant) ; Le château des Anges (sujet scabreux); Le sacrifice (dangereux); Tragiques amours ; Le mirage (romanesque) ; Pour un ; Le rachat d’une âme ; La Circassienne (chrétien, histoire d’une double conversion) ; Jours d’épreuve ; Pêle-Mêle ; La tresse bleue ; La vierge du Liban; Alba ; Une histoire d’amour .

Le chien du capitaine (4 nouvelles) convient aux enfants.

Son cousin, ETIENNE Enau.t ( 1 S 1 7 - 1883) a fait également de nombreux romans-feuilletons assez populaires.

D’Ennery (Adolphe Philippe, dit Dennery,puis)

auteur dramatique et romancier célèbre (1811-1899).

Pendant 5G ans, il a produit, avec la collaboration de GO auteurs, un nombre incalculable de drames, comédies, vaudevilles, féeries, livrets d’opéra et d’opéra-

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comique ; toutes ces pièces, habilement charpentées et très émouvantes, ont fait verser des flots de larmes et rapporté des millions à leur auteur.

Parmi les romans empruntés à ses drames, nous citons : Les deux orphelines ; Martyre ; Le remords d'un ange ; La Grâce de Dieu ; Paillasse ; Marie- Jeanne ; Markariantz ; Seule ; etc.

Georges cTEsparbès, (Valence d’Agen, 1863), conservateur du palais de Fontainebleau. Il a chanté avec enthousiasme, dans des romans épiques, l’odyssée impériale (La légende de l’Aigle ; La grogne) ; les tendresses familiales (Les yeux clairs) ; le culte de la patrie, dans des romans qui flairent la poudre et résonnent comme l’airain (Le tumulte ; Les demi-soldes ) ; l'histoire d’Henri IV (Le roi).

FERDINAND Fabre (1827-1898), neveu d’un curé, ancien séminariste, romancier qui a voulu décrire deux choses : les Cévennes et les mœurs ecclésiastiques.

Il a réussi dans la première partie de sa tâche ; ses tableaux champêtres, ses descriptions de l’âpre nature de son pays, des montagnes et des châtaigneraies, où, tout enfant, il aimait à faire l’école buissonnière, placent Ferdinand Fabre au premier rang des rustiques avec Theuriet, Pouvillon, etc. Le chevrier ; Toussaint Galabru ; Barnabe ; etc., joignent à l’amour de la terre, une sorte d’effervescence naturaliste souvent perverse ou des impiétés (Petite Mère , etc).

Quant à la vie cléricale, il n’en a saisi et décrit que l’extérieur : il excelle à noter les manies, les travers, les petits côtés et les mesquineries des prêtres dans des croquis exacts et pas trop méchants. Mais quand il essaie de pénétrer dans les profondeurs de l’âme sacerdotale, il fait preuve d’ignorance et de mauvaise foi : il nous offre, sous couleur d’observation impartiale, des caricatures où l’odieux le dispute au grotesque, des Tigrane féroces, des Lucifer en perpétuelle révolte, ou bien des types

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niais, dénués de sens pratique, quoique vertueux : par exemple, L'abbé Célestin (le prêtre qui ne connaît pas le monde) ; Les Courbezon (le curé bâtisseur, monomane qui se dépouille de tout), etc.

Parmi tant d’ouvrages, nous ne permettrions à tous que L'abbé Roitelet (l’amateur d’oiseaux, quelques fausses notes seulement). Nous laisserions à beaucoup Les Courbezon ; Mon oncle Célestin ; Monsieur Jean et surtout la Norine (malheureusement suivie de Cathinelle , récit libertin) ; Mcllc Abeille ; et la charmante pastorale cévenole intitulée Xavière.

Claude Ferval, pseudonyme de la baronne de Pierrebourg, grande dame parisienne.

Quelques romans : Le plus fort (c’est Dieu qui conduit à la Chartreuse un jeune homme qui y était destiné et, pendant quelque temps, s’égara dans le désordre) ; Vie de château (histoire de deux jeunes ménages ; scènes d’amour, mœurs mondaines; ; L'autre amour (c'est-àdire l’amour maternel qui console des autres).

OCTAVE Feuillet (1821-1890). Ecrivain élégant, romancier aristocratique qui, par son style soigné, son talent de mise en scène, son intelligence des mœurs de la « bonne société », a conquis dans le monde des admirateurs passionnés.

Il a idéalisé délicieusement la vie de famille dans le grand monde ; il a dépeint, avec une psychologie profonde et dans des types fascinants, les élégances raffinées, la corruption galante, les afféteries musquées d’un monde que Balzac appelait brutalement sa « ménagerie aristocratique », et enfin le cœur de la femme.

Ses thèses sont d’une morale assez sûre, quoique un peu flottante et facile : cependant ses livres sont généralement dangereux, parce qu’ils font beaucoup rêver et respirent un parfum de péché.

M. de Camors (athéisme raffiné ; tissu d’infamies ;

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montre que l’avilissement moral rend la vie insupportable) ; Julia de Trècœur (malsain par son sujet et les. situations) : La veuve (inférieur comme style et action se terminent tous trois par un suicide. Honneur d’artiste tend même à le légitimer. D’autres ne le llétrissent pas assez ou nous le présentent comme l’unique solution de situations inextricables. Les amours de Philippe , broderie ravissante sur un rien, et Y Histoire d’une Parisienne, défilé de brillantes turpitudes, sont scabreux, et dangereux.

L’histoire de Sybille est presque totalement inofïensive, bien que le directeur de l’héroïne soit un peu gauche. Nous en dirions volontiers autant de La Morte où il soutient la même thèse, à savoir que les époux v pour être heureux, doivent avoir les mêmes convictions religieuses.

Quant à ceux-ci : Le roman d’un jeune homme pauvre ; Charybde et Scylla ; La partie de Dames ; Le village ; L’ermitage , ils peuvent, d’après les « Etudes »r être lus par des jeunes gens formés.

Mme OCTAVE Feuillet (1832-1906), est moins connue pour ses romans que pour ses deux volumes de mémoires. Les uns et les autres empruntent une grande partie de leur valeur à l’illustre écrivain qu’ils rappellent.

Léon Frapié, né en 1862, employé d’administration, marié à une directrice d’école maternelle, collaborateur du Journal et de La Petite République. Après avoir publié L’institutrice ; Marcelin Gayard (histoire d’un crétin, grossièretés), il s’est rendu tout à coup célèbre par La Maternelle (roman des tout petits du ruisseau parisien, leurs vices et leurs ruses). 11 a publié depuis, Les obsédés (les écrivains en proie au désir de décrire les réalités de la vie) ; La Calamiteuse (les femmes déchues); La boite aux gosses ; L’écolière. Tous ces* ouvrages révèlent un bateleur de l’industrie littéraire

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qui manie 1 énorme, l’odieux et le banal pour épater le bourgeois.

JACQUES Fréhel, de son nom de famille Mme JULES Martin. Bretonne de Saint-Malo, fille de marins, elle a lu Chateaubriand et Renan et placé en Bretagne la scène de ses principaux récits : Dorine (nouvelles amorales) ; Tablettes d'argile (recueil de nouvelles, couronné par r Académie) ; Le cabaret des larmes (contes lyriques) ; Ailes brisées (un artiste breton, séjournant à Alger, s’éprend d’une jeune fille riche ; celle-ci se marie... et lui... revient les ailes brisées) ; Bretonne ; Déçue (dans la 3rac partie, blasphèmes et diatribes contre les couvents); Vaine pâture (mal écrit, peu édifiant) ; Le précurseür <la rédemption morale par le retour à la terre ; sans amour, pas d’équilibre).

Eugène Fromentin (1820-1876). Peintre et littérateur très original, a surtout décrit des scènes algériennes magnifiques : Un été dans le Sahara ; Une année dans le Sahel ; et s’est rendu célèbre par son roman psychologique Dominique.

Charles Fuster, né à Yverdon (Suisse), en 1866, poète sentimental, critique, romancier et auteur dramatique.

Ses recueils de poésie L'âme pensive ; Les tendresses ; Poèmes ; L'âme des choses ; Le cœur ; La vie , etc. .sont de délicates merveilles ciselées avec un art exquis.

Cette perfection littéraire et ces sentiments si délicieusement nuancés se retrouvent dans ses trois romans : L'amour de Jacques ; Louise et Par le bonheur.

Emile Gaboriau (1836 -1873), auteur de quelques romans judiciaires : L'affaire Lerouge ; Le crime d'Orcival ; Le dossier n° 113 ; Monsieur Lecocq ; La corde au cou.

Certains critiques ont fait de Gaboriau un romancier

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vulgaire, dont les œuvres hâtives ne peuvent intéresser que le gros public. D’autres, au contraire, l’ont considéré comme un maître logicien et un analyste remarquable qui rappelle Edgard Poë. Quoi qu’il en soit, il excelle à varier des problèmes, qui sont de plus en plus insolubles, jusqu’au moment où il donne la solution ; il sait varier les crimes, dépeindre les mobiles des coupables, multiplier les circonstances qui concourent au but principal, conduire une intrigue, animer ses personnages et passionner ses lecteurs.

Jacques des Gâchons, né en 1868, dans la Sarthe. Fonda, avec son frère André, L'album des Légendes , et, avec son frère Pierre, V Hémicycle ; fit du journalisme, des pièces et enfin des romans passionnés parmi lesquels nous relevons : N’y touchez pas ; Mon amie ; Notre bonheur ; La maison des dames Renoir ; Rose ou la fiancée de province ; Le mauvais pas.

Gustave Geffroy, né à Paris en 1855, critique d'art et romancier de voyages, admirateur enthousiaste de Blanqui dont il a fait un « saint laïque » dans son histoire et dans Y En fermé.

On lui doit, outre ces ouvrages, La vie artistique (notes très fouillées sur les salons) ; Notes d’un journaliste ; La Bretagne (.paysages et souvenirs, mœurs et caractères, légendes et histoire) ; L’apprentie tableau sincère et douloureux des maux qui guettent l’ouvrière honnête ; pages réalistes) ; Hermine Gilquin (la paysanne dont la poésie de la vie consiste dans l’infortune) ; Le cœur et l’esprit (nouvelles).

Ces livres sont décourageants : les descriptions douloureuses et déchirantes, la philosophie désenchantée qui traverse le récit, ces héros et héroïnes droits, naïfs et sympathiques, mais qui semblent voués à de perpétuelles, déceptions, malgré l’énergie qu’ils déploient dans la poursuite du paradis (de la terre), tout cet ensemble

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produit dans l’àme une impression d^amertume et de désespérance.

André Gérard, nom de plume de MclIe V. Herment, romancière dont les (ouvres dénotent un vrai talent : Solange (roman historique sur la Révolution) ; Christiane (personnage répugnant) ; Renée (très émouvant) ; Envers et contre tout (délicat) ; etc.

Mme A. de Gériolïes, de son vrai nom Mme Génu de Régiof, veuve d’un haut fonctionnaire des colonies, a publié des romans dans le Journal des Débats , Le Gaulois , L’Illustration : Ce qu} amour veut ; Fier amour ; Le parisien aux Philippines (pour tous) ; Le parisien à Java (id).

Henri Germain, collaborateur du Pêle-Mêle. Romans de mœurs (Geneviève ; Dernière illusion ; etc. et romans-feuilletons à grand succès (La fille des francstireurs ; Le secret de la duchesse ; Saltimbanque ;

etc.)

Pierre Gïffard (Fontaine-le-Dun, 1833 . Comédies, ouvrages scientifiques, romans : Les soirées de Mouhden ; Les diables jeunes ; L'hôtellerie souterraine ; Le terrier de Napoléon ; etc.

André Gladès, pseudonyme de M lu> Nancy Vuille (1867-1906'. Elle a quitté la Suisse pour se fixer à Caris ; elle s’est débarrassée de tout dogme et de toute foi même protestante, pour se fixer dans le roman. C'est assez clairement dire ce que valent ses œuvres : Au gré des choses ; Résistance (pour être heureux, il faut résister à sa famille) ; Le stérile sacrifice ; Florence Monneroy , récils de la vie du cœur.

Jules de Glouvet, pseudonyme du célèbre magistrat

Quesnay de Beaurepaire, né en 1837.

Ses romans sont presque tous consacrés à l’inventaire

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des paysages du Maine. L’auteur les parcourt et les décrit en agronome ou plutôt en magistrat qui dresse l’état des lieux. Il déplore la désertion des campagnes et tait l’apothéose de l ame et de la vie paysannes ; si parfois ses paysans commettent quelques crimes, il les punit en bon magistrat, selon le code d’une bonne morale ordinaire. Citons : Le berger ; Le forestier ; Le marinier ; Le père ; L'idéal (sentiments nobles dans un récit bien conduit) ; L’étude Chandoux (quelques détails risqués) ; Marie Fougère (beau roman rural, mœurs des sabotiers) ; France (tableau de notre pays au XV siècle) ; La famille Bourgeois.

Pour tous : De Wissembourg à Ingolstadt (souvenirs d’un prisonnier en Bavière, en 1870-71, parus sous le nom de Q. de B.).

Charles Le Goffic, né à Lannion en 1863. Poète, romancier, critique, voyageur, toujours spirituel et railleur, parfois sceptique et légèrement irrespectueux de choses religieuses. À part cela, ses romans et poésies sont tout faits des traits charmants qui lui viennent des vieux laboureurs et des pêcheurs de la Bretagne : Le crucifié de Kérialiés (une scène très naturaliste) ; Passé l’amour (très sentimental) ; Morgane et L’erreur de Florence (à peu près pour tous) ; Les métiers pittoresques (id.) ; L’fune bretonne (études charmantes) ; La payse (très intéressant, pages libres).

Son ouvrage de critique littéraire Les Romanciers d’aujourd’hui , est une galerie de silhouettes bien dessinées, enrichie de jugements prestes et fins.

NICOLAS Gogol-Janowski (1809-1852). Auteur dramatique et romancier russe, a dépeint dans des pages harmonieuses et pleines de vie, « la splendeur des nuits de l’Ukraine, la majesté des grands fleuves, le charme mélancolique des steppes » ; Tarass Boulba ; etc.

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Ivan Gontcharof (1812-1892 , romancier russe, un des classiques de son pays.

J l conquit la célébrité par la publication de Simple histoire, son premier roman et son chef-d’œuvre.

MAXIME Gorki, c’est-à-dire Maxime l’amer, de son vrai nom Alexeï Peschkov, romancier russe, né en 1869, à Nijni-Novgorod. Les émeutes récentes au cours desquelles il fut emprisonné, ont donné à son nom et à ses livres un retentissement extraordinaire... Au point de vue littéraire et social, il est spécialement le romancier des vagabonds : ses personnages sont dénués de tout sens moral, et sa doctrine est révolutionnaire.

LÉON Gozlan (1803-1866), fit du cabotage, du journalisme, du théâtre et des romans. Il reste de cet écrivain pétillant d’esprit, ingénieux et très coloré : La pluie et le beau temps , et Une tempête dans un verre d'eau , (bluettes) ; Les émotions de Polydore Marasquin ; Aristide Froissart ; La main cachée.

Constant Guéroult (1814-1882), a écrit des pièces de théâtre et de nombreux romans populaires, parmi lesquels nous citons : La bande à Fifi Vollard , fantaisie désopilante qui peut être lue par tout le monde ; La bande Graaft.

Emile Guillaumin, écrivain rustique qui a décrit, dans ses poésies et ses tableaux, les mœurs des champs. La vie d’un simple, au témoignage d’une revue catholique, sue la haine du riche et du prêtre. Les tableaux champêtres, d’après nature, peuvent plaire aux jeunes gens moins friands d’idéal que de réalisme sobre et choisi. Près du sol ; Rose et sa parisienne (les nourrices de l’Assistance publique) sont d’un terre à terre qui désarme toute critique.

Gyp (Sybille- G abrielle-Marie- Antoinette de

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Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville, très connue dans les lettres sous le pseudonyme de). Née dans le Morbihan en 1850, arrière petitenièce du grand Mirabeau, elle est aujourd’hui devenue, par ses croquis mondains, publiés pour la plupart dans La Vie Parisienne , un des oracles favoris ou plutôt la coqueluche de la société frivole qu’elle hait et qu’elle <( blague )).

Ses 50 eu 60 volumes décrivent le grand monde, la viede château, de plage, de salon, de cercle, de boudoir, avec leurs élégances, leurs vices et leurs impudeurs,, dans un style badin, gouailleur, mordant, « argot » même, où percent souvent le mépris et le bon sens. Ses (( tranches de vie », ses cruelles gamineries, ses mots, la furie française de ses attaques, sa collection de « frimousses » d’enfants, ses types d’élégants prétentieux et satisfaits, de prestes femmes, de douairières faciles, Bobr Loulou, Eve, Paulette, Miquette, Chéri, Chiffon, etc., ont diverti et « gypanisé » toute une société.

Au point de vue moral, elle est loin d’être irréprochable. Elle exploite non seulement la vanité et la sottise, mais> aussi la perversité humaine : elle multiplie les propos irrévérencieux et les polissonneries, et si, dans certains ouvrages, elle donne aux snobs, aux ennuyeux, aux badauds, aux parents, de cruelles leçons, elle se comporte trop souvent avec la désinvolture d’une gourgandinelittéraire.

En pratique, peut-on permettre la lecture de Gyp aux gens du monde ? Sans doute, elle ne recule pas devant le mot court- vêtu, risqué, salé même ; mais au moins elle n’est jamais grossière et sait dire des vérités. Elle lesdit drôlement. Or la vérité qui rit et fait rire n’a pas de résultats malsains ; elle est, pour beaucoup, plus salutaire que la vérité qui endort, et pour tous, elle est préférable à la vérité qui dégoûte. C’est pourquoi nous, n’hésitons pas à signaler quelques-uns de ses ouvrages :

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Autour du mariage (livre cynique qu’on a qualifié dechef-d’œuvre, et qui eut un grand succès); Professionnai Lover ( il suffit de traduire) ; Trop de chic (les costumesdes élégants et des élégantes) ; Monsieur Fred (dédm à M. Mézières) ; Leurs âmes (procès des gommeux que- « le chic abrutit )> ; leçons morales) ; Mademoiselle Eve (un amant en fuite compromet une jeune fille) ; Pas jalouse (une femme qui tombe) ; Le mariage de Chiffon (elle déteste le convenu et ne veut se marier que par amour) ; Elles et Lui (Elles flirtent et Lui passe sur tout ou sur rien) ; Tante joujou (la maîtresse d’un divorcé) ; Une passionnelle (roman); Le journal d’un philosophe livre odieux qui souleva cependant un scandale salutaire : Miquette (éducation d’une petite révoltée ; leçons morales) ; Israël (roman antisémite) ; Le journal d'un grinchu (un homme veule et une femme qui se vend C’est nous qui sont l’histoire ; Les poires ; Les froussards ; Maman ; Le friquet ; La bassinoire ; Plume et poil (l’homme titré et millionnaire, ennuyé et viveur,; Le 13e (tribulations d’un 13'' invité, et une... honnête femme) ; Le bonheur de Ginette (histoire d’une jeunemondaine que les jeunes chrétiennes ne doivent pas lire ; Bijou (la coquette égoïste qui est aimée de tous et sejoue de tous); Un mariage chic (note antisémite) ; Un ménage dernier cri ; Ces bons docteurs (différents types de médecins à la mode et de leurs clientes) ; Cloclo (triste, comme une clinique) ; Joies d’amour (le péché ne vaut pas ce qu’il coûte) ; La fée Surprise (17 badinages) ; Lune de miel ; M. de Folleuil ; Sportmanomanie (toujours aimable et audacieux) ; Les Chapons les cléricaux qui ne font rien et seront mangés) ; Le petit Bob (morale facile) ; Ce que femme veut (moralesupportable) ; Le journal d’un casserole .

Ludovic Halévy, membre de l’Académie française, auteur dramatique et romancier, né à Paris en 1834. Ecrivain avisé, parisien, ironiste, il ne connut dans le*

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