livre et au théâtre que des succès exceptionnellement brillants
Outre des vaudevilles, des comédies de genre et des opéras-bouffes dont des représentations innombrables n’ont pas encore épuisé la vogue, on lui doit une création incomparable, celle de la famille Cardinal (Monsieur et Madame Cardinal ; les petites Cardinal), où se prélasse un type voltairien, idiot et ridicule, vivant solennellement des galanteries de ses deux filles.
On pourra lire aussi : Princesse (et trois autres récits, satire très fine de la vanité et de l'éducation donnée dans certaines familles riches) ; Criquette (chef-d’œuvre de sensibilité et de charme) ; et enfin L'abbé Constantin.
Ce dernier ouvrage a été diversement jugé : il est bien écrit, intéressant, et peut être lu par les jeunes gens, malgré la largeur excessive avec laquelle il interprète certains faits (par exemple le duel), et l’idée fausse qu’il se fait du prêtre. Nous leur laisserions aussi La frontière ; L'invasion.
Edmond Haraucourt» né en 1857, poète, romancier «et auteur dramatique, directeur du Musée de Cluny.
Il débuta par deux volumes.de vers dont les titres sont plus pornographiques que les poésies elles-mêmes. En 1890, il publia La Passion , mystère en deux chants et six parties ; cette œuvre, à certains endroits pitoyables, tend •à rabaisser la divinité de Jésus-Christ et n’est en somme qu’un beau drame tout humain.
Parmi ses romans, nous citons Amis (psychologie de l’amitié, histoire d’adultère); Les naufragés ; Les Benoit (histoire honnête d’un jeune homme qui, pour mettre fin aux calomnies, épouse Benoite qui l’a recueilli tout enfant, •alors qu’elle n’avait que 18 ans).
Martial Hémoti. Romans et nouvelles de tous genres : Le marquis d'Hèliante (mœurs électorales) ; Mauvais mariage ; Vivante énigme (passionné) ; L'inutile vertu (pessimiste et anticatholique) ; etc.
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Henri d’Hermezeî. Ses œuvres écrites dans un style recherché, valent surtout par les observationspsychologiques : La seconde faute (le péché avant et pendant le mariage ; le rôle du prêtre ridicule, dévotes grimacières, chrétiens viveurs) ; L'entrave (au bonheur de ceux qui croient, c’est le divorce et le remariage) ; Le lendemain du péché (beau roman du remords). Elles-, peuvent être lues avec profit par les immunisés qui sont capables de suppléer à ce qu’elles offrent d’obscur et d’inachevé.
Paul Hervieu, romancier et auteur dramatique, né en 1837. Membre de l’Académie française.
« Il est, dit .Jules Lemaître, le peintre le plus véridique de ce qu’on appelle le monde... Mais le monde étant air fond un libre harem, épars, dissimulé, inavoué, le vernis de la vie dite élégante doit forcément recouvrir de sourdes brutalités. » Il excelle à peindre ces élégances et en même temps les vices qui se cachent sous ce joli décor ; il a rendu à merveille le contraste qui existe entre la surface polie et le fond trouble, dans cette société qui vit exclusivement pour les courses, le bois et les premières. Il ne s’émotionne pas cependant : il peint surtout ses sujets par eux-mêmes , sans déclamation et sans insistance...
Nous citons parmi ses œuvres : Diogène le Chien (roman de début, (fui montre un homme réfractaire à toutes les conventions) ; L’Alpe homicide (quelques crimes commis par la montagne) ; Les yeux verts et les yeux bleus ; L'inconnu ; L'exorcisée (trois livres consacrés à l’étude des hallucinés et des fous) ; et .enfin les romans mondains, types de littérature cruelle : Flirt (histoire d’un adultère... décent) ; Peints par eux-mêmes (escroquerie, avortement, chantage, suicide, amours, etlrénées ; mais la face est sauvée, car la douairière n’a rien vu ni rien compris) ; L'armature (puissance de 1 argent, qui en honnête homme érige un scélérat .
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Ses pièces de théâtre ( L’Enigme , etc.), ont de plus en •en plus de succès.
ERNEST d’Hervilly, né en 1839. Dessinateur au chemin de fer du Nord, il changea d’écritoire pour varier ses plaisirs et composa des poésies, des comédies et une quantité de récits : Contes pour les grandes personnes , etc.
Ernest Hoffmann (1776-1822), magistrat allemand, chef d’orchestre et surtout écrivain.
C’est, dit-on, sous l'influence fantastique de l’alcool et des passions désordonnées, que son imagination enfanta ces contes étranges et délirants auxquels il doit sa célébrité. Quoi qu’il en soit, ils sont uniques en littérature.
Que faut-il en penser, au point de vue moral ? « La poésie d’Hoffmann, disait Henri Heine, est une maladie. Ces maladies-là sont contagieuses. » C’est pourquoi la lecture d’Hoffmann ne saurait être recommandée ; elle provoqua chez Wagner adolescent des accès d’hallucination et de mysticisme morbide, et elle peut encore exercer sur les jeunes gens une action très dissolvante. Les amateurs de tératologie seront suffisamment édifiés en lisant Contes fantastiques ; Contes , récits et nouvelles (chez Garnier).
GUSTAVE Hue, étudie, dans quelques romans, la mission de la femme : Avocate (contre le féminisme, un peu de réalisme) ; L'utile amie (qui se fait l’entraîneuse d’un homme de lettres ; vilain monsieur, vilaine amie, vilain livre).
JORIS-KARL Huysmans, (1848-1907-, né d’une famille d’artistes hollandais, l’un des hommes les plus étranges et les plus discutés de notre époque.
D’abord écrivain réaliste et cynique dans Marthe ; Les sœurs Vatard ; Croquis Parisien; En ménage; A vau-l'eau et En rade , il chercha, dès 1884, comme il
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dit lui-même (1), à « s’évader d’un cul de sac où il sufîo- I uait ». Il voulut se libérer par A rebours , livre « inconscient et sans rien du tout », puis par Là-bas , livre de magie et d’occultisme qui a plus d’un « côté scélérat et sensuel réprouvable ».
Mais ce n’est qu’en 1892 qu’il se convertit, à la trappe de Notre-Dame d’Igny. En route marque les étapes de cette conversion, mais avec des rechutes trop crûment racontées. La Cathédrale expose magnifiquement, mais pas toujours avec goût, la symbolique et la liturgie catholiques, (réflexions injustes sur Henri Lasserre, éloge de Zola, etc.) Malheureusement dans ce livre et les autres qui suivirent, Sainte Lidwine de Schiedam et ÏObiat (vie, sensations et émotions de l’auteur durant son séjour au Val-des-Saints), l’auteur n’a pas su complètement (( se détacher de sa coque d’impureté », de telle sorte que même ses œuvres de sincère converti ne peuvent être données à lire qu’avec réserve. On jugera suffisamment de sa manière et de son style ahurissant, laborieusement furibond, encombré de barbarismes, de néologismes, et de mots en cliquetis et en clinquant, si on lit le recueil inoflensif qui a été fdt de ses œuvres, Pages catholiques et Les foules de Lourdes. Ce dernier livre a été diversement apprécié parce qu’il est tout «ensemble une forte apologie et un pamphlet : il scandaliserait quelques béguines, mais il fait du bien aux incroyants.
JULES Jansn (1804-1874), fut. pendant 40 ans, un (( prince de la critique » et l’un des oracles les plus écoutés du journalisme parisien. 11 a, paraît-il, écrit 2184 feuilletons au Journal des Débats et sa gloire est finie î
Ces feuilletons, tantôt bagatelles délicates et tantôt pages sérieuses., sont semés de digressions, de réminiscences historiques, d’inexactitudes ; ils renferment cependant des morceaux remarquables.
A) Dans la préface d’A Rebours (nouvelle édition).
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Citons encore de lui : L'âne mort ou la femme guillotinée (parodie du romantisme) ; Le chemin de traverse^ontes fantastiques. Contes nouveaux ; Contes et nouvelles (très divers au point de vue moral) ; L'interné (honnête, intéressant) ; Petits romans d’hier et d’aujourd’hui (légèrement sceptiques).
Charles Joliet, né en 1832, alternant la poésie avec les pièces et les romans, a réuni, dans ces genres divers, un grand nombre de volumes : Diane , récit honnête et charmant ; etc.
Alphonse Karr (1808-1890), fut rédacteur en chef du Figaro , s’occupa d’horticulture à Nice, à Creteil, et joua un rôle littéraire immense. Pendant 40 ans, la France lut ses romans, répéta ses bons mots (Que MM. les assassins commencent, etc.) et s’amusa de ses orginalités... On ne connaît plus, de cet humoriste mordant, que son journal les Guêpes ; Sous les tilleuls , livre de passion ardente et névrosée qui « a troublé des milliers et des milliersdames, mais qui n’est plus aujourd’hui pour nous qu’une ridicule niaiserie » (Anatole France) ; Fa dièse (irréprochable) ; Menus propos (id) ; Les dents du dragon (escapades de lycéen, voltairianismes). S’il passe à la postérité, ce sera comme jardinier.
Rudyard Kipling, né à Bombay en 1865. Il a visité les Indes, la Chine, le Japon, la Birmanie, F Amérique, l’Afrique australe, etc., il a beaucoup écrit.
Ses ouvrages sont surtout consacrés aux animaux sauvages, chameaux, mulets, éléphants, phoques, panthères, serpents, mangoustes, etc., dont il décrit les états dame. Ses deux Livres de la Jungle sont, à cet égard, délicieux, malgré quelques singularités choquantes. Dans d’autres, il célèbre la brutalité de l’impérialisme anglais ; même Stalky et Ci0, histoire de trois collégiens, qui peut être lue par tout le monde, ainsi que Capitaines courageux
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et Les simples contes de la colline , parait être une morale en action jingoïste.
Bien qu’aux yeux de plusieurs, Kipling passe pour un des écrivains les plus remarquables de notre temps, nous croyons que ses fantaisies et ses prétentions sont très peu en rapport avec le goût français. Rappelons aussi que ce « Tyrtée saxon », ce « Lafontaine anglais » a plusieurs fois insulté la France à l’occasion de Falïaire Dreyfus, et qu’il a commis des pages très sensuelles.
Hubert Krains, écrivain belge dont les œuvres respirent la mélancolie et le pessimisme : Amours rustiques (3 nouvelles un peu lestes) ; Le pain noir ; Les bons parents ; Histoires lunatiques.
Baronne de Krudener (1764-1824), célèbre mystique russe, aventurière sentimentale, toute nourrie des écrits de Mmc Guyon, amante de Suard, exaltée qui se repose de ses désordres par des retraites chez sa sœur religieuse, et s’écrie, en extase dans la chapelle du couvent : « Mon Dieu, vous m’avez donné ma sœur et mon amant, je vous aime ! »
Son roman Valérie a été réédité ces temps derniers ; il est inoffensif pour une tète saine, mais sur mainte imagination féminine, l'effet produit doit être terrible.
FERNAND Lafargue» né à Bordeaux en 1857, mort à Paris en 1904.
Son roman le plus célèbre Les ouailles de l’abbé Fargeas, couronné par l’Académie, représente le monde ecclésiastique sous un jour trop bourgeois. Les autres sont tantôt passionnés, tantôt scabreux, à l’exception de La fille des vagues , qui peut être lu par tous.
Jules de La Madelène (1820-1859; a publié des romans et des nouvelles, parmi lesquels nous citons : Le marquis de Sa f [ras, où il décrit excellemment les
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mœurs méridionales, et qui peut être lu par les jeunes gens sérieux.
Joseph-Henri Collet, baron de La Madelène,
frère du précédent (1825-1887) a publié au Figaro des types parisiens et, outre des articles de critique littéraire et artistique, quelques romans mondains : Silex (ridiculise les dévotes et la vraie piété).
Eugène de La Queyssie de son vrai nom Eugène Goyon (Clermont-Ferrand, 1849). Ses Actes de foi , d'amour, de raison , etc., paraissent sincères et dénoten* un vrai talent, mais ils renferment trop de fausses notes pour être confiés à tous.
Le comte Léonce de Larmandîe, né en 1851. romancier, philosophe, poète, dramaturge, auteur puissant et fécond. 44 volumes.
Ses romans d’histoire contemporaine sont de violents pamphlets. Les autres sont généralement voluptueux : les intentions de fauteur peuvent être très bonnes, mais, en littérature, les plus fortes démonstrations et les thèses les plus morales produisent moins d’effet que les tableaux de passion qu’on met sous les yeux des lecteurs. Citons : M. le vidame (mœurs rurales, tableaux de débauches) ; Par sang (un viveur qui épouse une passionnée) ; Excelsior / (chaste et artistique) ; Patricienne (honnête) ; Mes yeux d'enfant (savoureux pour les lettrés) ; L’âge de fer (années de collège) ; Montorgueil (art, lyrisme et crudités) ; Nuit tombante (bizarre) ; Nuit close , Le sentier des larmes , Chemin de la Croix , Au-delà..., etc., etc., je ne comprends plus...
MAURICE Leblanc, est inséparable d’Arsène Lupin , gentleman-cambrioleur. Les aventures fantastiques de ce héros rappellent Edgar Poë, Ponson du Terrait et Conan Doyle ; elles ont fait le tour du monde avec Je
sais tout .
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GEORGES Lechartier, bon écrivain : L’irréductible force (la foi qui triomphe de la tentation ; peintures passionnées ;) Où va la vie .
GEORGES Lecomte, né en 1863. Auteur de quelques romans passionnés où sont étudiés des cas de conscience fort scabreux (Suzeraine ; Maisons en fleurs), il est surtout connu par trois satires sociales contre les députés ( Les valets), les fonctionnaires (Les cartons verts), les artistes amateurs (Le veau d’or) ; et par Les hannetons de Paris (étude de mœurs amusante, cruelle et parfois peu convenable).
Georges Le Faure (Paris, 1838). 100 volumes de romans où la fiction sert de trame à des développements scientifiques. Lire Le volontaire de 1815 .
JULES Lemaître, né en 1853, critique, poète, auteur dramatique, normalien, membre de l’Académie française.
Gomme critique, il a surtout donné à la Revue des Deux-Mondes et au Journal des Débats des articles qui ont été réunis en volumes sous les titres suivants : Impressions de théâtre ; Les Contemporains , et sont encore beaucoup lus. Les études qu’il publia au Figaro roulent tantôt sur des sujets graves, tantôt sur le chapeau haut de forme, la danse du ventre, l’affiche, etc.
Ses œuvres théâtrales : Le député Leveau ; Mariage blanc ; Flipote ; Les rois ; L’âge difficile ; Le pardon ; La bonne Hélène ; L’aînée (en faveur du célibat ecclésiastique), et plus récemment La Massière , ont été représentées avec un grand succès.
Parmi ses autres ouvrages, nous citons Les Rois, roman très violemment attaqué (d’une lecture fort troublante ; propos malhonnêtes d’Otto, etc.) ; Serenus , le chef-d’œuvre du roman renaniste, histoire d’un baptisé qui reste incrédule, se suicide au cours de la persécution et reçoit cependant les honneurs décernés au martyre
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(réflexions contre l’Eucharistie, etc.); Dix contes (ensemble moral, mais douloureux pour l’àme croyante) ; les deux volumes En marge des vieux livres { id. à un degré moindre).
En 1897, ce sceptique, ce dillettante de l’art et de la vie, dépouillant son renanisme, se convertit au moins à la loi laïque et à l’action nationale, et entra dans la vie politique... Les opinions à répandre , publiées dans le Figaro en 1897, sa collaboration à YEcho de Paris et aux Annales de la Patrie Française , son opuscule sur La Franc-Maçonnerie , sont inspirés par un véritable amour de la France.
Cette action généreuse, mais très peu catholique, n’a pas arraché notre pays à la « décadence absolue » dont Jules Lemaître ne cessait de le menacer : et l’apôtre de la Patrie Française a presque totalement déserté la lutte...
Mme Claude Lemaître a décrit les matelots et les « matelottes » des bords de la Manche, dans Tante Zabette et L'aubaine ; et les mœurs peu prudes de l’Angleterre dans Le cant.
PIERRE Le Rohu, avocat, écrivain penseur qui en visage dans le roman des problèmes à résoudre et non des fantaisies littéraires : L'intègre , contagion malfaisante qui se dégage des mœurs politiques actuelles ; La faillite de Jacques Leblay , c’est-à-dire la faillite de la morale indépendante ; Le procès de Lucette (mœurs judiciaires ; immoralité du divorce) ; Contre le flot.
Hugues Le Roux, né au Havre, en 1860. Fils d’un armateur que des revers de fortune réduisirent à une situation très peu aisée, il consacra sa jeunesse à l’étude et au dévouement familial. Son talent et son énergie triomphèrent de toutes les diflicultés ; ses voyages en Abyssinie où il fut deux fois envoyé en mission, ses expéditions au Maroc, ses conférences en Amérique et son apostolat colonial des diflérentes villes de France,.
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ajoutèrent à sa gloire littéraire celle de l'homme d’action. Depuis, il est devenu chef de comptoir au Matin.
Toutes ses premières œuvres ne sont pas d’égale valeur et 11e sont pas à mettre entre toutes les mains : Portraits de cire (nos célébrités dans l’intimité, causeries agréables) ; Tout pour l’ honneur (roman d’espion, histoire d’amour, peu intéressant) ; Nos fils (utile à lire) ; Nos fidles ; Le frère lai (récits intéressants) ; Gladys (histoire malsaine) ; Les amants byzantins (idylle, détails audacieux) ; Au Sahara (intéressant) ; etc.
L’épopée d’Afrique , où l’explorateur sait bien dire ce qu’il a si bien vu, comprend déjà sept volumes : Chasses et gens d’Abyssinie ; Ménélick et nous ; Je deviens colon (psychologique) ; Gens de poudre (roman d’histoire et d’aventures, mœurs militaires et arabes en 1834, pages libres) ; Le maître de l’heure (les confréries musulmanes, la révolte Kabyle en 1871, belle œuvre et livre iristructif) ; Prisonniers marocains (roman passionnant, sujet périlleux adroitement traité) ; L'heureux et l’heureuse?, ou l’amour arabe.
Eugène Le Roy (1836-1907), conteur périgourdin. Ses quelques ouvrages (Le moulin de Frou ; Jacquou le Croquant ; Nicette et Millon : Au pays des pierres ) abondent en descriptions rustiques et renferment sur la poésre des campagnes du Périgord des pages puissantes et exquises ; mais ils sont déparés par la mignardise et surtout par les badinages des « drôles et des drôlettes ».
Daniel Lesueur, de son vrai nom Mme Henri Lapauze, a lias Jeanne Loiseau, née en 1860, critique littéraire, poète, romancière ardente féministe.
Elle commença par écrire des vers que les lettrés et l’Académie distinguèrent ; elle entreprit ensuite des romans de mœurs, remarquables par l’alliance heureuse de l’analyse des sentiments avec l’imagination et la bonne tenue du style : Marcelle (histoire d’une dépravée
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libre-penseuse) ; Haine d'amour ; Invincible charme (d'une fille d’officier français pour le fils d’un officier prussien); Le mariage de Gabrielle et tout récemment La force du passé.
Entre temps, elle a essayé de ressusciter le roman de grande aventure, ou plus exactement le feuilleton mondain. Elle semble devoir y réussir : en intéressant ainsi les esprits délicats et les amateurs de grosses émotions, elle est déjà devenue l’une des premières romancières de* notre temps. Mortel secret ; Le lys royal ; Le masque d'amour en deux parties. Le marquis de Valcor et Mœc de Ferneuse, ont fait sensation dans le monde littéraire, et des lecteurs sérieux, comme Coppée, ont pris, à les lire, un plaisir extrême. Le gros public a suivi le mouvement : Calvaire de femme (deux parties : Le fils de l'amant ; Madame l'ambassadrice) a obtenu autant de vogue dans les journaux étrangers que dans Le Petit Parisien.
Mme Lescot a produit quelques livres dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont pas grande portée morale : Sublime mensonge (la jeune fille qui ment pour sauver l’honneur conjugal de son père) ; Le roman d'un petit vieux ; Les mariages d'aujourd'hui.
LOUIS Léta&lg, né en 1855, journaliste et l'un des bons ouvriers du feuilleton contemporain : La fée aux dentelles ; Le testament du corsaire (suite du précédent).
André Lschtenberger, né en 1870, romancier et sociologue, maître de conférences à la Sorbonne.
il a égayé ses graves études sur le socialisme par des « enfantines » très honnêtes, qui intéresseront certains pères et mères : Mon petit Trott ; la sœur du petit Trottl Portraits de jeunes fdles ; Line ; Notre Minnie (petite fille très moderne).
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Pères est très choquant; Portiaits d’aïeules paraît plutôt lourd et vulgaire.
La mort de Corinthe , roman antique : Les Centaures , évocation fantaisiste de ce peuple légendaire, sont écrits dans un style laborieux et très coloré, mais sont beaucoup moins lus que les précédents.
Notons pour mémoire : M. de Migurac (sceptique, inconvenant, dangereux) ; Contes historiques (dont plusieurs lestes, ensemble légèrement jacobin) ; Rédemption (une jeune fille qui se suicide pour... réconcilier son père et sa mère) ; Gorri le forban (détails inconvenants) ; L’automne (quand on vieillit, il faut se résigner à quitter les plaisirs) ; L’ Allemagne moderne.
Ch. Lomon et P. B. Gheusi, ont signé ensemble quelques œuvres : Les Atlantes (roman d’aventures sanglantes et d’amour passionné, dont faction se passe chez ce peuple héroïque) ; Trilby (féerie en un acte en vers).
Nous relevons dans le bagage personnel du premier de ces auteurs : Reçfina (mœurs des gens de théâtre assez proprement décrites; ; L’Amirale (très peu moral ; L'affaire du Malpel (roman judiciaire ; Amour sans nom (sujet risqué, joliment traité, amoral .
Et dans celui du second, directeur de la Nouvelle Revue : Gaucher Myriam (œuvre anti-reUgiçuse) ; Le puits des âmes (la Turquie).
Maurice Mæteriynck, né à Gand en 1862, avocat, poète, philosophe et dramatiste, dont le nom a été révélé en France, il y a 15 ans, à grand renfort de réclame.
La doctrine philosophique de ce « Gerson laïque » est tellement drapée d’oripeaux littéraires et couverte de fleurs par l’universalité des critiques complaisants, qu’il est bien difficile d’en dégager le caractère et la moralité. Si nous la comprenons bien, elle tend à assimiler les lois de la morale à celles de la poésie. Le poète obéit à l’élaboration de ses œuvres, aux inspirations inconscientes
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de son génie ; il est inspiré plus qu’il ne s’inspire, il laisse se construire ses poèmes plus qu’il ne les construit. De même, l’homme vertueux doit, dans sa conduite, rester étranger aux mouvements de la raison et de la conscience, obéir aux lois de l’inconscient et se laisser faire... Ce système fataliste qui fait du vicieux un être très respectable, Mæterlynck, peintre et docteur de l’inconscient, le distille dans des pages obscures et faussement mystiques. A ce titre, La sagesse et la destinée ; Les abeilles ; Le trésor des humbles ; Le double jardin, roman ; etc., constituent un réel danger.
Ses drames et ses « pièces pour marionnettes » sont du Shakespeare ou du Poe renforcé et obscurci, et, au point de vue moral, de vilaines œuvres.
Maurice Maïndron (Paris, 1857), voyageur, archéologue, naturaliste et romancier. On lui doit des romans historiques richement documentés où palpitent les vices du XVIe siècle ( Saint-Cendre ; M. Clérambon) ; des récits de voyage : Les chasseurs d'oiseaux de paradis (pour tous) ; Dans l’Inde du Sud ; et enfin L’arbre de science (éreintemenl -du Muséum et des savants).
JEANNE Mairet, liée à Paris de parents américains. Elevée en Amérique, elle écrivit d’abord des romans en anglais ; après son mariage avec Charles Bigot, elle apprit la langue française, et publia plusieurs romans ; Marca (couronné par l’ Académie) ; Charge d’âmes (passionné, rôle bonhomme d’un curé; ; L’enfant de la Lune (pour tous).
Melle Georges Maldague, née en 1867, femme-auteur qui a décrit, dans une multitude de feuilletons, la vie des humbles et des malheureux. Elle débuta dans les lettres à 18 ans, sous le patronage de Léon Cladei, et depuis n’a pas cessé de produire, spécialement pour les lecteurs du Petit Parisien , des romans populaires dont la portée morale est encore inférieure au mérite littéraire.
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Jules Mary, romancier et auteur dramatique, né en 1851, a fait des romans d’aventures et d’intrigues, dont plusieurs renferment des pages réalistes ou malsaines : Un coup de revolver (un adultère pour commencer et la folie pour finir) ; Le roman d’une figurante (semble excuser l’amour libre), etc.
Ses pièces de théâtre ont eu également du succès auprès du public populaire : Loger la Honte et La Pocharde.
Paul Masson Forestier, né en 1852, avocat et conteur, qui a la spécialité des récits judiciaires. Il a raconté les « alïaires », dans des pages empoignantes et semble avoir fait de tous ses anciens dossiers des sujets de nouvelles : Angoisses de juges (recueil de récits honnêtes) ; Difficile devoir (id.) etc.
On l’a appelé un « Maupassant sans femmes » ; il est surtout un écrivain sans grande moralité.
Camille Mauclair, de son vrai nom M. Faust, (Paris, 1872), critique romancier, dramatiste, poète.
Toutes ses œuvres et même ses romans débordent de vie, de fougue et d’idées. Citons : Le soleil des morts ; L’ennemie des rêves ; La ville lumière (Paris) ; L’Orient Vierge (dangereux) ; Les Clefs d’or ; Les mères sociales (réquisitoire contre les mères qui sacrifient leurs enfants à leur égoïsme effréné}.
Mme Dora Mclegari (Lausanne, 1849 , romancière et moraliste d’un rare talent, que M. Faguet ne craint pas de comparer à Labruyère. Ses études et ses romans sont des livres d’une profonde pénétration psychologique. Citons : Ames dormantes ; Faiseurs de peines et faiseuses de joie ; Christine Auber jol ; Ondoyante et diverse ; et sous la signature de Forsan : Dans la vieille rue ; La duchesse Ghislaine ; L’expiation , etc., etc.
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Mme Stanislas Meunier, (Metz, 1852), femme du professeur de géologie, a fait paraître dans Le Temps . Les Débats , Le Gaulois , etc., des romans mondains : La? voisine ; Le trésor ; Confessions d’honnêtes femmes (2 séries, 4 volumes) ; U innocence reconnue ; Fra Gen naro (tableau de la vie génevoise sous Calvin) : Plaisir d’amour (histoire d’un vieux marcheur); Pour le bonheur (inexactitudes historiques, etc.) ; Le loman du Mont Saint-Michel (quelques fausses notes) ; La Châtelaine d’Eza ; etc.
Charles Mérouvel (Charles Chartier, dit né en 1843. Romans-feuilletons où abondent des situations passionnantes et étranges. Les uns sont honnêtes mais (( laïques » ; Riches et pauvres ; etc. La plupart sont libertins : Angèle Méraud ; Le péché de la générale ; Les deux maîtresses ; Le mari de la Florentine ; etc.
Joseph Méry (1798-1865), conteur fantaisiste et auteur dramatique, peintre fantastique des mœurs et des paysages de l'Inde. Parmi ses nombreux romans pleins, de verve, lire : La guerre de Nizam ; II év a ; La Floride ; La chasse au Chastre (quelques nouvelles).
Justine Mie d’Aghonne (1832-1897) de son vrai nom Mme Lacroix. Ses ouvrages très légers, où se meuvent des chiffonniers et des « claque-patins », ont en en leur temps trop de succès. Dans les dernières années de sa vie, ils ne se vendaient plus guère, et Mie d’Aghonne iomba dans un état voisin de la misère.
Emile de Molènes (Paul Gaschon, dit) soldat, écrivain (1811-1862). Dans la première partie de sa carrière littéraire, il laissa errer sa muse dans les courants de la sensualité ; il devint chrétien, et (( ordonné soldat » comme on est ordonné prêtre, il se battit en Afrique auprès de La Moricière, à Paris, en Crimée, en Italie, et chanta, dans des œuvres vibrantes, la guerre, l'amour, la
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tente et la caserne. Mélanges ; Voyages et pensées militaires ; tun peu de pessimisme) ; Histoires et récits militaires ; Les commentaires d'un soldat (magnifiques pages inspirées par la passion des armes) ; certaines pages de Caprices d'un régulier (ensemble peu édifiant, libertinage) seront lus avec plaisir par des personnes réfléchies.
Mme Emile de MoSènes, née Alix de Bray, a publié sous les pseudonymes d’ Ange Bénigne, et de Satin, des croquis mondains qui ont paru d’abord dans La Vie Parisienne : L'orpheline (assez honnête) ; M. Adam et M",e Eve (la lune de miel et les premières années du mariage) ; M. Daphnis et M[[c Chloé (frivole et sceptique).
Henri Monnier, (1799-1877), a analysé dans quelques ouvrages et avec une grande minutie de détails, les sentiments, les mots, les ridicules de certains personna ges dont il a fait des types : Jean Hiroux ; Madame Pocket ; Joseph Prud homme.
Charles Monselet (1825-1888., poète, journaliste, romancier, chroniqueur, gastronome, qui procède de Rabelais, de Molière et de Balzac. Instantanés littéraires, nouvelles folâtres et romans d'amour. En tout 30 ou 40 volumes, pleins de couleur, de gaité et de naturel : Les ruines de Paris (roman d’aventures, honnêtes) ; Les souliers de Sterne (fantaisies irréprochables) ; etc.
Xavier de Montépm (1824-1902'. Ancien élève de l’Ecole des Chartes, romancier et auteur dramatique. Ecrivain fécond et amusant dont les romans-feuilletons 200 volumes), malgré leur faible style et leurs péripéties Rivraisemblables, font les délices des concierges et de maintes grandes dames : La Sorcière rouge ; La marchande de fleurs ; Sa Majesté le roi du monde ; Le mari de Marguerite ; Madeleine Kerven ; Sœur -
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Suzanne ; Le médecin des Pauvres ; La bâtarde (viol, duel, adultère, substitution d’enfant, dévouement moral); Son Altesse V Amour (répugnant) ; etc.
De ses livres qui lui rapportèrent beaucoup d’argent, l’auteur tira, en collaboration, des drames populaires très applaudis : La porteuse de pain ; La joueuse d'orgue ; La Mendiante de Sainl-Sulpice ; La Sirène de Paris •
Charles Moreau-Vauthier, fils du grand peintre, peintre lui-même et littérateur. Né en 1871.
Citons parmi ses œuvres littéraires : Vie d'artiste (donc un peu leste); Maquettes et pastels (17 nouvelles artistiques) ; Les gamineries de M. Trioynphant (humoristique) ; L'amour qui passe ; Le sentier du ma * riaqe.
Eugène Mouton (1832-1902). Avocat, magistrat, qui écrivit sous son nom ou sous le pseudonyme de Mérinos, des romans intéressants et honnêtes : Le supplice de l'opulence ; Chimère (symbolique, pas chrétien) ; L’affaire Scapin (et trois autres nouvelles).
Des fantaisies désopilantes, entraînantes : L'invalide - à la tête de bois ; Aventures du capitaine Marius Congourdan ; Fantaisies humoristiques , etc.
Des récits pour la jeunesse : Aventures de Noël Kerbahu ; Voyages merveilleux de Lazare Poban , etc.
LUCIEN Mühlfeld (1870-1902) un juif qui s’est rendu célèbre par une réclame originale rappelant le chien d’Alcibiade.
Ses trois romans : Le mauvais désir (étude de la jalousie chez un luxurieux) ; La carrière d'André Tou rette (le jeune homme sans volonté, un être de veulerie et de chair) ; L'associée (thèse morale, détails suspects, scepticisme) lancés à grand fracas de publicité, ont été très diversement appréciés... « ils ne sont intéressants, dit Ernest Charles, qu’à cause qu’ils créent une assez. ‘Considérable circulation d’argent. » Cependant...
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Tout le monde peut lire Le Monde où Von imprime (études et jugements que le bon goût et la critique catholique ne ratifieront pas toujours .
Pierre Ninous (Jeanne-Thérèse, dameRoussen, connue sous le nom de) née en 1845. Dirigea avec son second mari, M. Roussen, un domaine destiné à recevoir des enfants assistés. Elle a écrit des romans-feuilletons quelle a signés Paul D’Aigremont, mais dit Charles Le Goffic, quel rapport, je vous prie, entre un écrivain et, Pierre Ninous ?
Jules Noriac, pseudonyme et anagramme de Claude-Jules Cairon, (1827-1882). A publié des nouvelles, des causeries, des pièces de théâtre et des cocasseries plus ou moins « rosses » : Le 10 L régiment peut être lu à peu près par tout lé monde.
Georges Ohnet (Georges Hénot dit), né en 1848,
célèbre romancier.
Il fut salué à ses débuts comme un maître, et ses œuvres obtinrent un succès triomphal : Le Maître de forges eut 250 éditions ; Serge Panine (couronné par TAcadémie), en eut 150 ; La comtesse Sarali (roman faux, sabré, névrosiaque) ; Lise Fleuron ; La grande Marnière ; Les dames de Croix-Mort , en eurent à peu près autant. Ses 27 volumes, rangés pour la plupart sous le titre général de « Batailles de la Vie », sont de fait « merveilleusement adaptés au goût, à l'éducation, à l’esprit de son public spécial composé d’illettrés qui aspirent à la littérature ».
Cet « habile homme » s'est vu tout à coup dépouillé de son auréole par la main impitoyable de Jules Lemaître qui vit dans ses romans de la « triple essence de banalité ».
Quoi qu'il en soit de cette querelle entre la critique et le vulgaire, beaucoup reconnaissent que les livres d'Ohnet solidement construits, mettent en scène, avec une réelle-
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puissance, le monde de l’argent, l'industrie, l’aristocratie ►de race, et les lieux communs dramatiques de l’amour, et de plus qu’ils valent bien les romans de Delpit, de Mary, etc., au point de vue moral comme au point de vue littéraire.
MAURICE des Ombiaux3 romancier belge, s’est consacré à la peinture des mœurs populaires du Hainaut. Il est principalement apprécié dans son pays pour Mes Tonnelles ; Têtes de houille ; Mihien d’Avène ; Contes d'entre Sambre et Meuse.
MAURICE PaléoSogue, diplomate et écrivain, né en- 1859, peut être rangé parmi les romanciers, bien que le roman ne tienne qu’une assez petite place dans la variété de son œuvre. (Impressions de Chine et... affaire Dreyfus). Il paraît que son livre Sur les ruines , Penthésiclée , La cravache , et autres petits récits... « font songer à Mérimée plus attendri ! ))
PAUL Perret (1830-1905), écrivain d’une fécondité extraordinaire, qui pendant 50 ans, n’a cessé de produire des romans et des ouvrages historiques. Nous citons : Lame murée (faux et irréligieux) ; Les demi- mariages (contre le divorce) ; Le mariage en poste (intéressante histoire d’une ingénue mariée malgré elle) ; Sœur Sainte Agnès (belles pages, quelques mots contre les couvents) ; Manette André (sous la Terreur, immoral et irréligieux); Thérèse Vaubecourt (très passionné) ; Un ménage moderne (peu intéressant) ; Les bourgeois de campagne ; Les derniers rêveurs (ceux qui croient qu’on peut être heureux en épousant une fille sans dot) ; La duchesse Jean ; Antigone ; La maison littéraire (pour tous).
Mme Georges de Peyrebrime, nom de jeune fille de Mme de JudâCBS de Mirandole, née dans la Dordogne en 1847. Romancière qui, comme beaucoup d’autres
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«déjà citées, est persuadée que l’amour peut ctre la seule préoccupation de la femme dans la vie.
Presque tous ses ouvrages, dont plusieurs ont paru à La Revue ’des Deux- Mo rides, reflètent cette pensée : ils sont au moins, à ce titre, dangereux pour la jeunesse.
Le roman d’un bas bleu (une femme doit préférer ■il 'importe quel métier à celui d'auteur) ; Les trois demoiselles (trois idylles) ; Une sentimentale ; Marco ; Les frères Colombe ; Les passionnés ; Vers V amour ; Libres; Une expérience ; Et l’amour vint ; Le curé d’Anchelles ; Colombine ; Polichinelle et Cie ; Contes en l’air, sont de bonnes sornettes sentimentales et souvent décolletées. La Margotte ; Victoire la Rouge ; Les femmes qui tombent vont jusqu’au libertinage.
Nous mettons à part Dona Quichotla, quoique peu •chrétien.
EDMOND Picard, jurisconsulte et littérateur belge, né en 1836. Les ouvrages de droit, la poésie et les romans judiciaires l’ont possédé tour à tour ; dans ce dernier .genre, on connaît de lui La forge Roussel . L'amiral ; Mon oncle le jurisconsulte ; La veillée de l’huissier • Le juré. Lire Pages choisies (Bruxelles).
Emile Pïerret (Paris, 1859), ancien employé à la Bibliothèque nationale. Ses études éloquentes et documentées sur le Péril de la race et le Relèvement national sont la rançon de ses romans très mondains.
Frédéric Plessis, né à Brest en 1851, professeur de poésie latine à l’Ecole normale supérieure, poète et romancier, auteur d’une forte étude sur Properce.
Ses Poésies complètes (La lampe d’argile ; Vesper ; Gallica), rappellent les élégiaques d’autrefois. Ses romans : Angèle de Blindes (séduite, elle meurt d’un accident plus ou moins provoqué) ; Le mariage de
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Lèonie ; Le psychologue , révèlent une sensibilité trèsfine et sont vibrants de passion.
Alfred Poïzaî s’est révélé bon critique littéraire dans les Poètes chrétiens , et romancier distingué dans Avila des saints (quatre nouvelles ayant pour sujet le sentiment religieux) ; Pervers sentimental ; La dame aux lévriers (romans honnêtes et mondains où résonne très haut la guitare d’amour).
Depuis, il est entré avec éclat dans la renommée avec Le cyclope, drame en vers ; et Electre , tragédie adaptée de Sophocle.
Mme Jean Pommerol (Sens, 1869), voyageuse et femme de lettres, polyglotte, polygraphe et... polymatique. Elle a7 vécu durant 4 ans, au milieu des Arabes du Sahara et elle a consigné ses observations dans des ouvrages dont profitent les érudits : Une femme chez les sahariennes ; U haleine du désert ; Chez ceux qui guettent ; Le cas du lieutenant Sigmarie ...
Ponson du Terrai I (Pierre Alexis, vicomte) (1829-1871) romancier d’une imagination extraordinaire. Produisit dans les journaux, des feuilletons sombres, invraisemblables, pleins d’intrigues imprévues et dans lesquels on trouve, paraît-il, des phrases comme celle-ci : « La main de cet. homme était froide comme celle d’un serpent ». Son Rocambole, en plusieurs parties, a joui d’une vogue immense.
Léon-René Delmas de Pont-Jest (1830-1904) ancien marin à qui l’on doit un grand nombre de romans : Le procès des Thugs publié dans le Petit Journal et qui passionna la France entière ; La jeunesse d’un gentilhomme ; Bolino , le négrier ; La femme de cire ; Le fleuve des perles ; etc.
P. D. Pontsevrez, de son véritable nom P. Dupont-Sevrez, né à Escaudœuvres (Nord) en 18î54v
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ancien professeur à Sainte-Barbe et aux écoles municipales de Paris.
Nous mentionnons comme articles-spécimens de ses productions réellement littéraires : Les attentats de Modeste (roman rustique assaisonné de crudités) ; Tête rousse (recueil de nouvelles moins remarquables) ; Criminelle (livre malfaisant, quoique exempt d'obscénités) ; L'enjeu du bonheur (étude d’amour) ; etc,
Emile Pouvillon, né à Montauban en 1840, mort en 1907. Réaliste à sa manière, rustique et paysagiste, il a décrit les mœurs champêtres du Rouergue et du Quercy, et l’amour dans les âmes naïves...
On remarque parmi ses œuvres : Cèsette (tableaux risqués) ; L'innocent [id.) ; Jean-de-J eamne (séduction, puis belles pages) ; Le vœu d'être chaste invraisemblable^ désordres d’un séminariste) ; Chantepleure ; Les Antibel (beau et sain, mais pas pour jeunes filles) ; Petites âmes ; L'image ; Pays et Paysages recueil de morceaux) ; Le cheval bleu , colites pour adolescents (trop de railleries bon enfant sur le prêtre et les cérémonies); Mademoiselle Clémence ; Bernadette de Lourdes.
Ces derniers ouvrages, accueillis avec enthousiasme par certaines revues pieuses, permettaient peut-être de croire que l’auteur serait devenu un romancier catholique... Mais Jep, son dernier roman, a détruit cette candide espérance et le montre plutôt irréligieux.
Armand Pravie! a remporté un réel succès avec Péché d'aveugle , histoire d’un organiste qui pèche et se relève par la musique, brillante apologie de la liturgie, pages satiriques.
Charles PrcucShoffi, romancier dont nous connaissons seulement les ouvrages suivants : Apaisement (histoire d’une jeune fille blessée au cœur) ; Marie de
Saint-Cenans (une petite provinciale dans un milieu taré) ; Claudine (plus chaste que celle de Willy).
Pierre de Querlon, de son vrai nom Pierre des Gâchons* né à Valençay, dans le Berry, mort en 1904. Romancier artiste, familier des écrivains du Mercure de France , ami de Boylesve, Gourmont, Régnier, Barrés.
Au point de vue moral, tous ses romans occupent une bonne place parmi les œuvres de passion et de sentiment, où l’art prime la vertu, sans toutefois la supprimer. Nous citons : Les tablettes romaines ; La liaison fâcheuse ; Les joues d’Hélène ; La princesse à l’aventure ; Les amours de Leucippe et de Clitophon ; Le manoir de la petite Livia ; Céline fille des champs ; etc.
Henri Rabusson, né a Paris en 1850, l’un des auteurs favoris de l’ancienne Revue des Deux-Mondes , romancier mondain qui aime à dépeindre la société du high-life où l’on s’amuse et I on pose. Il a écrit avec distinction et n’est tombé qu’accidentellement dans le dévergondage. Malheureusement, comme la plupart des romanciers de cette qualité, les Tinseau, Droz, Halévy, Gyp, etc., il ignore et laisse ignorer la vraie bonne société qui est, avec le peuple travailleur, l’honneur de notre France, pour se cantonner dans la société légère, où l’on est considéré comme vertueux quand on s’amuse conformément aux lois de la bienséance : L’épousée (se tue après la cérémonie pour rester fidèle à un amour antérieur) ; Griffes roses (d’une femme très libertine) ; Hostilité conjugale (aux yeux de l’auteur, c’est une nécessité. Quel pessimisme! quel marivaudage aussi !) ; Les colonnes d’Hercule (c’est-à-dire les extrémités du monde moral où s’arrête un viveur).
ADOLPHE Racot, bon écrivain qui, tout en dénonçant avec vigueur les corruptions contemporaines, sait faire ressortir de ses peintures osées une impression saine pour les grandes personnes : La brèche aux loups ; La
conquête de F loriane ; Madame Félicia ; Le plan d’Hélène (scènes plus scabreuses, plaidoyer en faveur <les droits de la famille) ; La maîtresse invisible ; Le Supplice de Lovelace sont très agréables à parcourir, tant par la valeur du style que par l’intérêt des récits.
MlSTRESS Radcliffs, romancière anglaise (1764- 4823).
Dans ses œuvres qui sont encore très populaires en Angleterre, elle évoque des forêts, des vieux châteaux, des souterrains, des crimes horribles et après un enchevêtrement d’incidents extraordinaires, elle montre la vertu récompensée et le vice puni. Par l’admiration de la nature et le sentimentalisme, elle tient de Jean- Jacques Rousseau, et par ses récits dramatiques, elle se rapproche de nos plus forts feuilletonistes. Ses romans : Un roman sicilien ; Le roman de la forêt ; Les mystères d’Udolphe, son chef - d’œuvre ; L’Italien lui valurent des triomphes et passeront avec elle à la postérité.
Jean Rameau (Laurent Labaâgt, dit) né en 1838, poète landais qui a chanté dans ses vers, tantôt les forêts embaumées de son pays ( Nature , etc.), tantôt la sarabande des astres et des dieux dans le monde cosmique (La chanson des Etoiles , etc.)
Son œuvre déjà considérable, dit un critique, est lumineuse et chatoyante, comme un collier mêlé d’opales, de perles et d’onyx, aux voluptueuses lucidités.
Ses premiers romans sont lascifs et même immoraux : La Mascarade , par exemple, est l’histoire d’un jeune homme qui perd la foi, se livre à tous les désordres et finit par être exécuté ; morale : faites tout ce que vous voulez, mais ne vous laissez pas prendre.
Parmi les romans plus récents, nous citons : La belle des belles (les travers de certaines femmes) ; Les chevaliers de Vau delà , avec cette épigraphe empruntée à
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Chateaubriand : « On ouvre les antres des sorcière» quand on terme les temples du Seigneur », (une mère inconsolable de la mort de sa petite li 1 le, devient la dupe des charlatans ; nombreuses descriptions de séance» occultistes); Moune (plat, mais pas mauvais) : La jungle de Paris (roman de l’arrivisme, amour passionné) ; Le roman d’une laide (paru dans le Mois , pour tous ou Petite Mienne ; Du crime à l’amour (passionnel) ; etc.
M. Reepmacker, (Rotterdam, 1858), romancier hollandais dont les œuvres ont obtenu en France une certaine célébrité : L’école des Piois (roman politique, thèse et intentions bonnes, style et détails beaucoup moins bons);; Septime César (roman des temps du Christ, erreur» évangéliques) ; La peine du Dam obscur et étrange) ; Emma Beaumont (l’amour à la faveur de la métempsycose) ; Carlo Lano (ennuyeux) ; Vengeance.
Oeorges Régnai, pseud. de M. et Mme Langer, directeur de Simple Revue. Parmi leurs romans : Maurianne ; M. le Docteur ; Vendredi 13 ; Toujours ; Mademoiselle Pas d’amour ; Deux tendresses ; etc.
Jean Reibrach, de son vrai nom M. Chabrïer, ancien capitaine d’infanterie, a écrit d’abord des romans naturalistes, et donné des contes au Journal , au Gaulois , au Figaro.
Il paraît depuis s’ètre iixé dans la psychologie. Nous citons : Par Tamour ; A l’aube ; Les sirènes (honnête); La nouvelle beauté (prévoit dans un avenir lointain, comme aboutissant au féminisme, une société nouvelle, basée sur l’individualisme, l’union libre et le socialisme d’Etat) ; La houle.
Rémy Saint-Maurice, pseudonyme de Maurice Diart^ né en 1865, collaborateur de Y Illustration, feuilletoniste de Y Humanité. Nous citons : Les Eves stériles (plaidoyer en faveur de la maternité) ; Eternelle folie (recueil de contes) ; Les derniers jours de
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iSa inl-Pierre (idylle délicate fleurissant sur un volcan).
Mme Gabrielle Révalj de son nom véritable, Mme Laforterie, née Logerot (Viterbe, 1870). Les inquiétudes qu elle avait inspirées lors de la publication des Sèvriennes, des Lycéennes et d’un Lycée de jeunes filles , se sont dissipées a l’apparition de U avenir de nos filles , (répertoire attrayant des professions et métiers féminins, d’après les interviews de personnes le plus en situation de renseigner).
Nous citons, outre cet ouvrage remarquable, trois romans d’amour : La cruche cassée (scabreux) ; Notre- Dame des Ardents (paysages de Picardie et d’Afrique)-; Le ruban de Vénus (amour légitime ! amour illégitime î O Vénus !)
L’auteur n’est pas une grande chrétienne, dit U Ami du Clergé , elle le deviendra peut-être ; en tout cas, elle mérite notre estime et nos sympathies, et ne nous refuse pas les siennes.
Jean Revel, pseudonyme de Paul Toutain (Conteville, 1848), notaire à Rouen. Nombreux récits de voyages ; romans épiques, lyriques, débordants, où chantent l’àme et la plaine normandes : Chez nos ancêtres ; Terriens ; Contes normands ; Hôtes de l'estuaire.
Tony Révillon (Antoine, dit) littérateur, journaliste, conseiller municipal de Paris et député radical 1832- 1898). On lui doit de nombreux romans qui ont paru en feuilletons dans des journaux et dont plusieurs ont eu du succès. Nous plaçons ici Le faubourg Saint-Antoine.
Emile Richebourg 1833-1898). L’un des écrivains les plus heureux qui aient parcouru la pénible carrière des lettres, il ne connut que des succès : il lit, par ses feuilletons émouvants et assez honnêtes, la clientèle du Petit Journal , mérita, par ses nombreuses collaborations, d’ètre appelé par Jules Claretie le terre-neuve des
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journaux populaires, et réalisa de très numéreuses recettes.
Tout le monde peut lire avec intérêt ses Récits devant Yâtre ; Contes enfantins ; Contes d’hiver ; Contes de printemps ; Contes d'été ; Contes d’automne et autres réunis dans les 12 volumes des Soirées amusantes.
Georges Rodenbach (1852-1898), poète, journaliste et romancier belge, né à Tournai. 11 vint à Paris de bonne heure et se lia avec des littérateurs et des poètes tels que Mallarmé, les Goncourt, Paul Arène, Bourget, etc. ; il resta belge cependant, et ses œuvres sont toutes imprégnées de la sueur flamande qui se dégage des villes mortes de son pays natal.
Outre son poème Le règne du silence et plusieurs recueils de vers, Rodenbach a laissé des écrits en prose qui, malgré leurs substantifs étonnants et leurs merveilleux adjectifs, ont été appréciés : L’art en exil ; Bruges la morte ; Musée de béguines; Le carillonneur ; etc. Lire aussi Pages choisies (Bruxelles).
ROMAIN Rolland (Clamecy, 1868), romancier, dramatiste, auteur d’un nouveau surhomme Jean Christophe . Cet artiste de théâtre (c’est Jean Christophe que je veux dire) s’éveille à la musique dans un misérable taudis de l’Allemagne... il devient un homme... ( L'aube ; Le matin ; L'adolescent ; La révolte). Cela fait quatre volumes d’observations psychologiques ; on ne les lira pas, si on joue encore aux « grâces ».
Eugène de Ronchamp, de son vrai nom Eugène Campredon, ingénieur civil, romancier, ancien directeur de Fraternité , revue laïque et chrétienne.
Nous ne connaissons de cet auteur que Eglantiner roman social, pessimiste, passionné et étrange.
Saintine (Xavier Boniface, dit) (1798-1865) fit seul ou en collaboration, plus de 200 pièces de théâtre.
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Picciola qui consacra sa réputation d’écrivain, est un chef-d’œuvre romanesque qui analyse les sentiments d’un orgueilleux captif en présence d’une plante naissante ; Seul est un petit récit intime légèrement sceptique comme le précédent. Ses dernières œuvres ( Jonathan le visionnaire ; Seconde nie ; Contes de toutes les couleurs) ont pour sujet le merveilleux scientifique, les hallucinations et les vieilles traditions. Tout le monde peut les lire, ainsi que : La nature et les trois règnes.
Jean Saint-Yves, de son vrai nom Jean Méaii, romancier à thèses dont les œuvres pleines de coloris sont assez appréciées : Le roman d'un officier ; L'étape silencieuse [ idylle d’amour et dévouement d'un officier pour ses soldats) ; La route s’achève (histoire d’un ofticier perdu dans les dunes du désert avec une poignée de soldats, amour, scènes diverses;.
Pierre Sales, né en 1854. Il débuta par le roman historique : Beau page (les guerres de religion, partialités) ; L'argentier de Milan (saisissant, honnête) ; etc. . .
Il tomba ensuite dans le roman d’aventures et il est maintenant un grand producteur « à la coule » comme Richebourg et Montépin. Mettons à part : Fille de prince ; Premier prix d'opéra ; Le secret du blessé (sept nouvelles) ; et tous les ouvrages qu’il a donnés chez Marne.
Jules Sandeau (1811-1883), l'un des amis de George Sand et des collaborateurs d’Emile Augier, écrivain exquis et moralisateur. Comme l’auteur de Lélia et d’Indiana , il peint l’amour passionné dans ses élans désordonnés, ses misères, ses chutes même, mais il place au-dessus et à la fin de tous ces tableaux, la notion du devoir ; il décrit les désordres, mais en même temps les déchirements auxquels se condamnent ceux qui s’ y abandonnent. C’est ainsi que Marianna, le Docteur
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Herbeau ; Rose et Blanche , sont des livres moraux... pour les personnes d’un certain âge.
Quant à ses autres ouvrages : Jean de Thommeray ; Madeleine ; Catherine ; Un début dans la magistrature; Mcllc de la Seiglière ; Le château de Monsabrey ; La maison de Pènarvan (son chef-d’œuvre) ; La petite fée ; Sacs et parchemins ; Nouvelles ; Concert pour les pauvres , ils peuvent être lus parles jeunes gens sérieux. Sandeauy étudie de préférence les familles nobles, idolâtres du passé, isolées et immobiles au milieu de mœurs qu’ils dédaignent et de gens qui les raillent... Dans ces familles, il y a des jeunes filles que leur cœur pousse à des mésalliances et qui doivent lutter contre des préjugés de race.
La roche aux mouettes est un délicieux récit que tout le monde peut lire.
Gabriel Sairazin, né à Laval en 1853, critique, poète, auteur de romans lyriques et symboliques : Les mémoires d'un centenaire ; La montée ; Le roi de la mer. Inutile d’ajouter que ces poèmes de guerre, d'amour et de mort, doivent être lus avec prudence.
PAUL Saunière (1827-1894), conteur et feuilletoniste, secrétaire d’Alexandre Dumas, auprès de qui il apprit à choisir et à traiter des sujets intéressants, tantôt émouvants, tantôt comiques : A travers V Atlantique (récit de voyage ; quelques traits contre la religion et beaucoup contre les Yankees) ; Le lieutenant aux gardes (roman historique cruel pour Richelieu) ; La dette d'honneur (intéressant) ; La succession Marignan (vilain monde) ; etc. . .
Tout le monde peut lire Les aventures de Jean Bar c halo u.
Georges Sauvin, que nous signalons avec deux
romans: Doit-on aimer ? (déception d’amour; conclu
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à la nécessité d’un amour supérieur réglé par la foi et la conscience) ; Pour arriver au bonheur.
OssiP Schubin, de son vrai nom Lola Kirschner, romancière allemande, née en 1854. Elle a vécu dans un milieu artistique et mondain auquel elle a emprunté les sujets de ses nouvelles et romans débordants d’humour : Gloria victis ; L’ honneur ; Maximum ; Gèsa-MaVocchio ; etc. . .
Matilde Serao, aujourd’hui Mme Scarfoglio, romancière italienne, née à Patras en 1856, fille d’un napolitain exilé qui s’était réfugié en Grèce. Elle occupe une des premières places parmi les femmes de lettres d’aujourd’hui. Elle dirige la Settimana de Naples, elle écrit tous les jours une chronique mondaine dans le Mattino , le plus littéraire des journaux de l’Italie Méridionale et elle a publié un grand nombre de romans : Au pays de Cocagne (étude des ravages du jeu) ; La vertu de Beppina ; Aventureuse ; Amant ; Adieu , amours ; Châtiment ; Vie en détresse ; Cœur souffrant ; Histoire de deux âmes (qui tombent et puis se séparent) ; Cœurs de femmes (collection Femina) ; Sœur Jeanne de la Croix ; Après le pardon ; etc.
Les critiques qui se sont occupés de cet auteur, nous la représentent comme une ardente catholique et ils invoquent à l’appui de leur jugement le beau livre Au pays de Jésus , impressions de Palestine , débordant de foi et d’humilité chrétiennes ; ils parlent avec enthousiasme de l’élévation morale de ses œuvres ; mais ils ajoutent que la féconde italienne se complaît à décrire les passions dans des pages enfiévrées... Soit. Savourons le lacryma Christi ; n’abusons pas du Chianti.
Séverine (Caroline Rémy, dame Guebhard, dite) née à Paris en 1853. Amie de Vallès, avocate des humbles -et des opprimés, en faveur desquels elle a écrit de nombreux articles : elle s’est même fait, dans ce genre de
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littérature, une renommée qu’elle appelle « lacrymatoire ». Pages rouges et Pages mystiques , sont des recueils,, dont le titre seul indique la couleur et le caractère.
Henryk Sienkiewicz, célèbre romancier polonais,, né en 1845. Il débuta dans les lettres par trois romans où il faisait appel à la générosité des polonais en vue de relever leur nation ; il visita l’Amérique et diverses contrées d’Europe, publia successivement deux idylles sentimentales (Hania ; Le vieux serviteur), de nombreuses nouvelles sur les humbles ( Junka le musicien , etc., etc.), et enfin de nombreux romans historiques qui envisagent le côté tragique de la vie : Le déluge ; Messire V olodyjowski ; Les chevaliers de la Croix ; Sans dogme (un jeune homme sans foi, malheureux, coupable,, qui se suicide) ; La famille Polaniecki (un roman d’énergie) ; Par le fer et par le feu (œuvre grandiose et très honnête) ; Sous le joug.
Ses romans des premiers temps du christianisme,. Suivons-le et surtout Quo Va dis ont obtenu un succès considérable. On a tout dit sur ce dernier ouvrage : les uns en ont fait un incomparable chef-d’œuvre ; d’autres l’ont ravalé au rang d’un médiocre pastiche. Nous n’avons pas à prendre parti dans cette querelle, et nous nous bornons à reproduire le jugement porté par Orazio Marucchi, l’illustre directeur des Musées et Galeries du Vatican : « Notre conviction, dit-il, est que ce livre est un livre magistral, écrit avec une véritable intelligence du sens chrétien ; il est destiné à faire un grand bien. »
( Introduction historique et archéologique à Quo Vadis, chez Lethielleux).
L’édition complète (Revue Blanche , Garnier , Flammarion, Benziger , etc.), ne doit pas cependant être mise entre toutes les mains ; elle renferme des scènes choquantes, brutales, érotiques, orgiaques, susceptibles de troubler bien des âmes. L’édition Lethielleux est, à notre
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connaissance, la seule qui soit parfaitement corrigée ; mais convient-elle aux jeunes filles ?
La marquise de Souza (Adelaïde-Emilie Filleul, comtesse de Flahautj puis) (1761-1836), une de ces âmes langoureuses et un peu maladives qui, au commencement du XIXe siècle, entretinrent dans la société la mélancolie de René : Adèle de Sênange ; Eugénie et Mathilde ; Eugène de Rothelin ; etc.
Mme de Staël (1776 1817), fille du célèbre financier Necker. Elle reçut dans sa famille calviniste une éducation toute philosophique, qu’elle développa par la lecture de tous les auteurs à la mode, Diderot, Rousseau,, etc. Mariée au baron de Staël, elle se sépara après douze ans de mariage, s’attacha à Talleyrand et Renjamin Constant, et enfin se remaria secrètement à un jeune olïicier. Politicienne, intrigante, pédante, jalouse de toute supériorité, elle se rendit aussi peu sympathique que possible et fut obligée de se réfugier à Coppet.
Delphine et Connue sont des romans d’amour où l’auteur défend contre la société les droits de la femme supérieure, toujours incomprise et malheureuse : ils renferment des digressions artistiques et politiques, et des scènes de pseudo -catholicisme.
Le livre De ï Allemagne, encore qu'incomplet et faux, au point de vue chrétien, est cependant plus sain.
Lire Pages choisies.
Bernard Steller, de son vrai nom Mme Besnier, a ajouté au catalogue des histoires banales quelques productions : Avocates (toutes trois reviennent à leurs fonctions de mères et d’épouses) ; Idylle d'artiste (beau désintéressement d’amour) ; Passion ou devoir (encoreplus passionné que les précédents) ; Simple histoire d'un instituteur (laïque, convèrti par un curé).
Robert-Louis Stevenson, écrivain anglais (1850- 1894), qui exerça une grande influence sur le mouvement
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littéraire de son pays. L’état toujours chancelant de sa santé l’obligea à mener une vie errante : il vécut meme -en France et y publia son Voyage dans les Cèvennes.
Parmi ses autres ouvrages, nous citons : Elle au trésor (très intéressant) ; Le dynamiteur ; Le mort vivant ; Enlevé ; Le reflux qui peuvent être lus à peu près par tout le monde.
Mme Ivan Strannïk, née en 1871, de son vrai nom Mme Anna Avinoff, romancière d’origine russe, dont le public mondain accueille les œuvres avec faveur : La statue ensevelie (histoire d’une détraquée, relief saisissant) ; E ombre de la maison (lutte d’une àme de femme éprise de liberté, dans un milieu de tradition ; elle se marie, se dégoûte et se laisse à demi consoler) ; Les nuages (sur lesquels l'auteur a dessiné, avec un bonheur charmant, une foule incohérente d’êtres bien vivants et aimants). Ces trois romans paraissent avoir pour objet de montrer la déception que la femme éprouve dans le mariage. A ajouter Les Mages sans étoile (les étudiants russes).
Carmen Sylva, pseudonyme bien connu de la Reine de Roumanie Elisabeth., née en 1843. Elle a fait un recueil de pensées, des études, et des romans dont la plupart ont été traduits en français. Ces œuvres laissent souvent une impression pénible et nous pensons qu’elles ne sont plus à la mode, comme au moment où l’Académie française en a très complaisamment récompensé le mérite. On lira cependant avec intérêt : Roman d'une princesse (quel pédantisme ! quel pessimisme !) ; Astra (roman scabreuxoù certaines mamans aveugles pourraient trouver de bonnes leçons) ; Marié ; Qui frappe ? Nouvelles (dont plusieurs passionnées).
Mrae de Tallenay, fille du marquis de Tallenay, ministre plénipotentiaire de France au Pérou, mariée au bonite de Bruyssel, diplomate belge.
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Nous citons parmi ses ouvrages : Souvenirs du Venezuela ; L'invisible (roman occultiste) ; En République (souvenirs d’Amérique du Sud) ; Treize douleurs (nouvelles) ; Au Sanatorium (récit d’amour) ; Vivia Perpétua (roman d’une martyre au 11e siècle).
Maurice Talmeyr,deson vrainom Maurice Coste, né en 1850. Il s’est complu à recueillir sur les «bancs », chez les « gens pourris », les « possédés de la morphine », dans « les maisons d’illusion » et dans le demi-monde, les types de ses romans.
A la suite de ces œuvres dont les idées sont très fortes et dont les intentions peuvent être bonnes, et après une vie assez aventureuse, M. Talmeyr semble s’ètre raproché du catholicisme : il écrit au Gaulois des articles de valeur, il combat la franc-maçonnerie, donne des conférences en faveur de l’œuvre Tradition-Progrès, et fait partie de la Société des Publicistes Chrétiens.
Nous citons Le Grisou (livre très fort) et Sur le Turf (recueil de nouvelles concernant le monde des courses).
Edmond Tarfoé, (1838-1900). Ses ouvrages hardis et scabreux, sans être licencieux, au moins dans les intentions de l’auteur, ont fait, il y a quelques années, beaucoup de tapage : Cèsarèe (passion coupable entre un père et sa fille) ; L'histoire d'Angèle Valoy (roman de mœurs sur les bâtards, très peu chrétien) ; Le crime d'Auteuil (rocambolesque et osé).
André Thsuriet, (1833-1907), ancien fonctionnaire qui a beaucoup écrit et dont les livres sont beaucoup lus. Membre de l'Académie française.
Son œuvre entière est « un'vaste morceau de campagne », a dit Jules Lemaître : ses recueils sylvains en vers sont d’un paysagiste consommé, d’un amant passionné de la nature. Ses romans procèdent de la même manière. Malheureusement, ces peintures délicieuses des champs et des forêts encadrent des intrigues qui, sans être jamais
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physiologiques, n’en sont pas moins dangereuses. On a dit d’un de ses livres, qu’un jeune homme qui voudrait séduire une jeune fille, n’aurait qu’à la prendre après la lecture de ces pages capiteuses. De plus — et ceci rfest pas moins grave — cet écrivain, toujours parlant à l’âme comme aux sens, se complaît à représenter ses vilains messieurs et ses mégères comme des dévots et des cléricaux. C’est ce défaut qui dépare principalement La Maison des deux Barbeaux , belle œuvre littéraire, et Le sang des Finoël.
Nous classons au hasard parmi tant d’ouvrages : Le filleul du marquis (situations risquées, dénouement moral) ; Sous bois , impressions d’un forestier (quatre études, assertions libres) ; Sauvaqeonne (récit impie d’une confession sacramentelle, scène très audacieuse, descriptions magnifiques) ; Les mauvais ménages (triste monde) ; La sœur de lait (inférieur) ; Péché mortel (sujet scabreux) ; Michel Verneuil (un fils de paysan qui devient professeur ; ses désordres et ses malheurs) ; Bigarreau (5 récits parfois passionnés) ; L'abbé Daniel (un Jocelyn dépoétisé qui entre dans les ordres par désespoir d’amour) ; Au paradis des enfants (délicieux, à part quelques pages libres) ; Eusèbe Lombard (ravissant, quelques crudités) ; Amour d'automne (passionné, honnête) ; Tentation ( 15 nouvelles, dont plusieurs très légères) ; Cœurs meurtris (bien près de la faute) ; Les revenants (types de vieux garçons) ; Le bracelet de turquoises (très dangereux) ; Raymonde (romance assez honnête, suivie de Don Juan de Vireloup, moins acceptable); Claudette (contes et propos rustiques, dont plusieurs passionnés) ; L'oncle Flo (jeu d’amour avec le neveu).
Meuse ; Les enchantements de la forêt ; L'oncle Scipion et Illusions fauchées (où cependant il représente trop le cloître comme un hôpital d’âmes) sont moins tourmentés ; ils peuvent être lus, aux mêmes conditions que Pages choisies .
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LÉON de Tiraseau, né à Autun en 1844, écrivain aristocratique, et l’un des analystes les plus en vogue des impressions et des élégances mondaines. Selon le mot d’un critique, il ensorcèle ses lectrices. Même quand il lui arrive de conter des histoires invraisemblables, son esprit, sa grâce impertinente, son pathétique discret, le ton de bonne compagnie qu’il donne à ses nouvelles légères, pimpantes, romanesques, parfumées, produisent toujours leur effet magique : il m’ensorcèle, ma chère.
Voici les principaux exemples de sa manière : Alain de Kérisel (peu moral) ; Bouche close ; Ma cousine Pot au feu; Mon oncle Alcide; Robert d’Epirieu; L'attelage de la marquise ; La meilleure part ; Plus fort que la haine ; Sur le seuil (plaidoyer en faveur des couvents) ; Vers l’Idéal ; La Chesnardière (pages scabreuses) ; Au coin d’une dot (rarement les mariages heureux sont marqués au coin d’une dot) ; Princesse errante (passionné, utile à ceux qui peuvent le lire) ; La valise diplomatique (anecdotes de salon) ; Le secrétaire de Mmc la duchesse ; Le secret de l’abbé Césaire ; Faut-il aimer ? ; Le chemin de Damas ; Bien fol est qui s’y fie (joli recueil) ; Dans la brume ; Un nid dans les ruines (suivi de La lampe de Psyché) ; Les péchés des autres (deux histoires) ; Mensonge blanc (10 morceaux) ; Les étourderies de la chanoinesse ; La clef de la vie.
ERNEST Tissot (Genève, 1867), critique, voyageur, polyglotte et romancier. Ses études et notations de voyage sont très justement appréciées : Les évolutions de la critique française ; Le drame norvégien; Les sept plaies et les sept beautés de l’Italie contemporaine ; Le Monsieur qui passe.
Ses romans scabreux et libertins, ne sont guère lus, et ne sont pas à lire, sauf peut-être Le guêpier.
IVAN Tourgueneff (1818-1883), écrivain russe qui conquit la célébrité, en publiant Les récits d’un chasseur, où il dépeint avec émotion les misères du servage.
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Il eut la gloire de contribuer, par ses livres, à l’émancipation des serfs de son pays : persécuté par les (( conservateurs », il quitta la Russie et résida longtemps en France, où ses ouvrages très bien écrits, gracieux, poétiques, devinrent très populaires. Il « appartient, dit M. de Vogue, comme Dostoievski et Tolstoï, à la trinité littéraire qui règne sur la* Russie contemporaine » :: comme eux et à la suite de Gogol, il a su regarder en bas, et apitoyer le monde sur la triste vie du peupla russe. Lire : Mémoires d’un seigneur russe; Scènes de la vie russe ; Les récits d’un chasseur (pour enfants) ; etc. ; Pages choisies.
Mark Twain (Samuel Langhorn Ciemens, dit) humoriste américain, né dans la Floride en 1835, a parcouru le monde et fait tous les métiers. Ses parodies et ses cocasseries sont populaires dans tous les pays de langue anglaise. Nous citons ici, parmi ses œuvres, Le prince et le pauvre (roman historique très intéressant, raillerie spirituelle des mœurs de l’Angleterre) ; Aventures de Tom Savcyer ; Aventures de Huck Finn , qui peuvent être lues par tous ceux que ne rebutent ni la longueur du récit, ni les obscurités du style.
Octave Uzanne, né en 1852. Erudit et bibliophile, est surtout connu des lecteurs mondains, parce que ses livres font revivre les mœurs légères des trois derniers siècles. Il est surtout l’historien des siècles féminins, et de la civilisation féminine : Nos contemporaines (parfois scabreux); Vingt jours dans le Nouveau Monde (empoignant) ; Contes pour les bibliophiles (grisonnants) ; La locomotion à travers l’histoire (pour tous).
La Duchesse Emmanuel d’Uzès, née Marie de Rochechouart-Mortemart (Paris, 1847), le type de la grande dame, la célèbre philanthrope qui dépense sans compter son activité et sa lortune.
Elle donne des fêtes princièrcs, fait de la chasse à
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courrea de la viticulture, sculpte des statues, écrit des romans ( Julien Me,sly , etc.) et des pièces.
Jules Vallès (1833-1885), journaliste et romancier. Nihiliste convaincu, il dirigea contre la société les plus brutales invectives, dans ses romans acerbes, colorés et empoignants : L’enfant (livre impie, brutal, où l’auteur insulte même sa mère) ; Le bachelier ; L’insurgé, réunis sous le titre de Jacques Vingtras ; Les réfractaires.
YVONNE Vernotl, 23 ans, collabore depuis plusieurs années à diverses revues, a donné Terres de Lumière (voyages en Orient, pages ruisselantes d’imagination) et Claire Maret , roman adultère et libertin.
Auguste Villïers de Tlsle-Adam (1833-1889), des Cendant de l’illustre famille de ce nom. Ecrivain très original, styliste remarquable, d’une imagination déconcertante, d’un symbolisme qui touche à l’hallucination, il semble « avoir traversé ce monde en somnambule, ne voyant rien de ce que nous voyons et voyant ce que nous ne voyons pas ».
L’amour suprême ; Histoires insolites ; Axel (roman dialogué dont la 4e partie a pour titre Le monde passionnel) ; Les contes cruels ; Tribulat Bonhomet ; L’Ece future sont des fantaisies étranges et suggestives ; mais les tirets, les points de suspension, les lettres italiques et majuscules en rendraient la lecture insupportable aux lettrés qui pourraient y trouver profit.
Jacques Vincent, pseudonyme de Mme Dussaux, née Angèle Bory d’Assex (Ecques, 1850).
Aime à plaider la cause des femmes incomprises et même infidèles : La comtesse Suzanne (une femme mal mariée a le droit de prendre un amant) ; Un bonheur (morale fort relâchée) ; Misé Fèrèol (détails libres, dénouement presque immoral) ; Le cousin Noël (drame empoignant dont l’action se passe près d’Hazebrouck,une
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scène risquée) ; Jacques de Trévannes (situations scabreuses, idées fausses) ; Le retour de la princesse ; sont à cet égard significatifs.
Vaillante ; Les mémoires d’une jeune fille sont tout à fait honnêtes.
Jean Viollis, de son vrai nom Henri D’Arderone de Tâzac, né en 1877, poète et romancier. Parmi ses récits très passionnés, nous citons : L’émoi ; Petit cœur.
Eugène-Melchior, vicomte de Voguë, né à Nice, en 1850. Membre de l’Académie française.
Un écrivain qui voyage et qui note ses observations avec le talent d’un artiste et la sagacité d’un diplomate ; ses articles sur l’Orient, ( Histoires d’ Orient j , la Russie, (Histoires d’hiver ), etc., réunis depuis en volumes, ont été très appréciés.
Ses autres œuvres l’ont sacré apôtre et « conducteur d’âmes » : il a mis à la mode le roman russe, le slavisme et l’Evangile. Cependant, les thèses sur lesquelles il appuie ses essais de réveil moral et de rénovation sociale, ne sont pas suffisamment sûres ; on a même été jusqu’à dire, qu’en louant tour à tour le boudhisme, le protestantisme et l’orthodoxie russe, elles conduisent tout droit à l’indifférence religieuse...
Ses romans : Cœurs russes ; Les morts qui parlent (c’est-à-dire les députés); Le maître de lainer ; renferment des pages très libres, mais sont bons et moraux... pour les grandes personnes. Quant à Jean d'Agrève , on dirait que l’auteur y veut légitimer une passion illégitime en vertu de la souffrance et du christianisme.
Charles-Jean-Melchior, marquis de Voguë, cousin du précédent, membre de l’Académie française, est diplomate et archéologue.
MiSTRESS Humphry Ward, (Tasmanie, 1851),
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nièce de l’écrivain Mattheÿ Arnold, critique, nouveliière et romancière.
Robert Elsmere , qui parut en 1888, eut dans les pays anglo-saxons, un immense succès ; Daniel Grieve et Marcella accusent des tendances au socialisme et à l’émancipation morale des femmes. Helbeck de Bannisdale est un pamphlet haineux contre la tyrannie de la doctrine papiste ; L'erreur d'aimer raconte les scandales d’une femme romanesque.
Pierre Zaccone, né à Douai en 1817, mort en 1895. Romans de bagnes et de cours d'assises : Le roi de Bazoche , etc. Charles Le Goffic, son ami, lui attribue une âme de boucher.
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qui peuvent être lus sans danger par des jeunes gens ou jeunes filles sagement formés.
' Vincere in bono malum .
... Alors que lire? diront des parents soucieux de la vertu de leurs enfants, et harcelés d’ailleurs — heureux parents ! — par des demandes instantes, auxquelles ils voudraient donner satisfaction. Que lire ?
Louis Veuillot,qui pourtantconnaissait Fabiola , et avait écrit Gorbin et cV Aubecourt, inclinait à penser que le roman, sans défaut et catholique, n’existe qu’à l’état de glorieuse exception. Nous ne discutons pas cette affirmation de l’illustre écrivain. Nous constatons seulement avec joie, que l’exception s’est depuis généralisée, et qu’après avoir recherché, parmi les célébrités et les succès, des auteurs et des ouvrages honnêtes et intéressants, personne n’a le droit, en stricte justice, de dresser un procès-verbal de carence.
Il y a, d’abord, ce qu’on appelle les romans
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honnêtes, ou plus improprement, à mettre entre toutes les mains.
On en a dit beaucoup de mal, comme saint François de Sales parlant des champignons, comme les hygiénistes parlant de l’alcool et du tabac.
Ce sont en effet des romans, c’est-à-dire des œuvres d’imagination, et comme tels, ils peuvent en stimulant ou en développant démesurément la puissance de la folle du logis, fausser le jugement, amollir le cœur, anesthésier la volonté, « impersonnaliser » la personne toute entière, la désorienter dans la vie, en un mot, occasionner dans le logis même, des désordres dont les moralistes et les prédicateurs ont amplement exposé le détail.
Mais ce sont des romans honnêtes : ils respectent le bon sens, la grammaire et surtout la vertu... Et s’ils n’échappent pas à tous les inconvénients des livres de ce genre, ils offrent, en tant qu’espèces et lus à propos, des avantages nombreux.
Ils constituent pour le moins un salutairé dérivatif. N’est-il pas vrai que dans la vie artificielle du XXe siècle, le goût et la lecture des romans sont devenus comme un élément hypothétiquement nécessaire ? N’est-il pas vrai aussi que leur propagation a pris les proportions d’un déluge, ou au moins d’un torrent ?
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Le torrent passe à flots pressés : les meilleurs esprits en sont sinon envahis, du moins éclaboussés ou menacés. Ce serait folie de vouloir l’endiguer : mais n’est-ce pas, pour les pionniers des lettres, un devoir et un honneur de le détourner ou plutôt d’assainir ces eaux fougueuses et fangeuses, par des œuvres exquises, des livres d’amour honnête, des romans moraux ? Ne serait-ce pas un triomphe pour la cause catholique, et une gloire pour les écrivains consciencieux qui se sentent du talent, d’offrir des productions saines à tant de lecteurs qui puisent, faute de mieux, à des sources empoisonnées ?
Grâce à Dieu, des auteurs et des éditeurs l’ont compris. Aux jeunes gens formés, aux personnes chrétiennes qui désirent des romans, ils offrent’ des livres dont la valeur psychologique, le style et l’intérêt n’ont rien à envier à ceux des autres. Honneur à eux !
Cela ne veut pas dire cependant qu’on puisse donner à tous les jeunes gens, exclusivement et sans aucune mesure, les romans de cette catégorie. Tous les tempéraments ne supportent pas le tabac et le melon ; nous en connaissons de trop peu aguerris et de trop délicats, qui en seraient gravement incommodés.
De plus, la plupart de ces livres renferment des détails ou traitent des questions, qui supposent, surtout chez ceux qui les lisent entre les lignes,
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non seulement un jugement droit et des intentions pures, mais encore une éducation spéciale, l’éducation de la pureté.
L'éducation de la pureté ! C’est le titre d’un livre écrit par un prêtre des plus autorisés (1) et qui devrait être lu, relu par tous les pères et mères de famille.
C’est pour eux, en effet, un grand et angoissant problème, de savoir quand, dans quelle mesure et dans quelles conditions, l’enfant, le jeune homme, la jeune fille qui ne savent rien et qui assistent à l’éclosion de l’amour, doivent être instruits des mystères de la vie. Hélas ! beaucoup trouvent la question tellement délicate qu’ils hésitent à l’aborder. Ils laissent aux hasards des circonstances, aux amis pervers, aux scandales de la rue, des spectacles et des lectures, le soin de faire, trop tôt ou trop tard, avec une méthode désastreuse et souvent avec des intentions coupables, une éducation, dont eux-mêmes ont presque exclusivement la charge, dont ils reconnaissent la souveraine importance, et dont ils n’ont pas le courage et la prudence d’entreprendre la direction.
Qu’ils lisent donc l’ouvrage de M. Fonssagrives, qu’ils pourvoient hardiment, d’après ses données, à l’initiation de leurs enfants ; et au lendemain
(1) M. l’abbé Fonssagrives, L'Éducation de la pureté (chez Poussielgue) ; M. Edward Montier, ie chef des Philippins de Rouen, a fait sur le meme sujet un petit chef-d’œuvre intitulé : L'Éducation du sentiment (chez Lecène et Oudin).
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de leurs premières candeurs, quand cette éducation les aura non seulement déniaisés , mais instruits et armés ; alors — mais alors seulement — qu’ils leur confient les romans signalés ci-après, ceux que nous leur recommandons dans les deux séries voisines, et même parfois ceux qui sont destinés aux grandes personnes... Ils auront ainsi fait leur devoir ; et ces lectures, dans de telles conditions, n’empêcheront pas leurs jeunes gens et jeunes filles de faire le leur.
On s’étonnera peut-être de voir mentionnés dans cette catégorie certains ouvrages de AL Aigueperse, Z. Fleuriot, Maryan, et autres écrivains genre Rostopchine, qui sont habituellement rangés en bloc, a priori , et sans réserve, parmi les romans familiers, et donnés à tout venant dans les bibliothèques paroissiales...
Et cependant ?
Les ouvrages de la plupart de ces auteurs sont honnêtes et moraux, souvent même moralisateurs. Ceci est incontestable. Mais leurs récits et leurs leçons conviennent-ils à toutes les conditions, aux esprits ordinaires, aux personnes du peuple, aux braves paysans, comme aux gens plus instruits ou lancés journellement dans le tourbillon mondain ? Ces livres où il est question d’amour, de mariages, de ménages, et qui peuvent être utiles et intéressants pour les grandes
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personnes ou les jeunes gens qui se préparent immédiatement à leur avenir, le sont-ils également pour les lecteurs moins âgés ? Est-il à propos de confier à des adolescents trop inexpérimentés des livres comme Les combats de la vie , où une jeune fille trois fois combattue dans ses affections finit après deux cents... pages d’angoisses, par épouser celui qu’elle aime? etc., etc. Ne serait-il pas au contraire dangereux de permettre de pareilles lectures à des personnes dont l’imagination neuve et le cœur vierge ont besoin d’être formés, dont la curiosité et les sens ne sont déjà que trop éveillés, dont l’intelligence doit s’appliquer à des choses plus sérieuses, dont la vie doit se passer dans de plus modestes préoccupations, dont les loisirs peuvent être consacrés utilement à des récréations plus saines et même à des exercices d’hygiène ?
Quelle que soit la réponse, — et pour nous elle n’est point douteuse — c’est rendre un réel service aux mères de famille et à tous ceux qui ont l’importante mission de diriger les lectures, que de leur signaler, parmi tant d’œuvres, non seulement celles qui, au point de vue littéraire, sont trop méconnues ou trop louées, mais surtout celles qui, au point de vue moral, peuvent être ou non, à un certain âge, une occasion de trouble et .d’étonnement.
En tout cas, nous avons pensé qu’il y avait dans l’espèce, quelque chose à tenter, et nous
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avons essayé de fournir, à ce point de vue, d’exactes indications. D’aucuns n’en tiendront pas compte, et a priori nous n’oserions les en blâmer. D’autres, moins avertis par ailleurs, les trouveront dignes d’attention et s’en inspireront pour se tracer à eux-mêmes ou suggérer aux leurs une ligne de conduite : nous les félicitons.
AmÉdée Achard (1814-1875), journaliste, dramatiste, puis romancier. Quoique protestant, il a su donner à ses romans parfois répréhensibles un certain caractère d’honnêteté qui explique leur succès. Nous éliminons Marcelle (malsain) ; La Vipère (roman de possession peu intéressant) ; Droit au but (fort risqué) ; etc. ; nous nommons Les trois grâces (mœurs bourgeoises bien décrites) ; Le livre à serrures (émouvant, quelques mots libres) ; Le journal d’une héritière ; Le clos pommier ; Histoire d’un homme ; L’ombre de Ludovic ; et nous laissons à tous : Histoire de mes amis (les animaux).
Joseph Ageorges* secrétaire du Mois, est un écrivain régionaliste. Style délicat et sobre, très près du parler savoureux des gens du Berry que chante ce romancier. Les Plaisantes Dictions de Pierre Pilotât , les Contes de mon oncle Paterne sont des recueils de nouvelles berrichonnes. Le Deuil du Clocher renferme, à côté de brefs récits et de descriptions, une longue nouvelle qui montre l’état d’une paroisse concordataire à la veille de la Séparation. Une ou deux scènes un peu passionnées, un mot cru çà et là empêchent seuls ces livres moraux et honnêtes d’être absolument pour tous.
Melle Mathilde Aigueperse (Clermond - Ferrand, 1854), écrit surtout pour les jeunes filles, et cherche à leur faire aimer Dieu tout en les distrayant.
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Nous citons : La mariée ; Les combats de la vie ; Les Etapes de Simone , (une institutrice qui se marie avec le père de ses élèves); La Fresnaie... (passionné) ; A dixhuit ans (très bien).
Les jeunes filles toutes candides liront plutôt : Main d’enfant , (un peu romanesque tout de même) ; Marguerite ; Kerdelec doit , Kerdelec veut ; Le choix de Maura ; Revanche ; Marquise Sabine ; Grande sœur ; Son cœur et sa tête ; Le mal du pays ; Cœur de jeune fille ; Petite Mouette ; Dernière poupée.
Pedro-Antonio d’Aiarcon (1833-1891), homme politique, poète et romancier espagnol qu’on a rapproché de notre Balzac.
Il a touché à tous les genres et occupé une place considérable parmi les écrivains de son temps et de son pays. Ses œuvres, traduites en français, ont obtenu un vif succès. Citons : Le tricorne (reproduit dans le Temps en 1877) ; Courtes nouvelles ; Le journal d’un témoin de la guerre d'Afrique (gros succès de librairie) ; Le final de Norma ; Le scandale (qui fit grand bruit) ; La prodigue ; L'enfant à la boule , son chef-d’œuvre, convient aux jeunes gens, ainsi que le précédent et peut-être les autres.
Danielle d’Arthez, de son vrai nom Mme Mathilde Gautier Tiuohebray, 1862), a publié chez Havard, L’ang oisse d’aimer (!) et montré, au moins dans Aux jours d'épreuve , qu’elle n’est pas très favorable à l’éducation chrétienne. Ses autres romans : Arlette ; La femme de mon fils ; Lutter pour vivre ; MCÜQ High-Life ; Les races qui meurent ne sont pas très religieux. Nous les classons ici avec Le roi du blé ; La fin du rêve (le cœur et l’argent).
Gabriel Aubray, pseudonyme de G. Audîat le distingué critique du très apprécié Mois pittoresque et
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littéraire , fils de l'historien et archéologue, professeur au lycée Janson de Sailly. (Saintes, 1863).
Les lettres à ma cousine ; L'allée des demoiselles , parce qu’elles sont remplies d’esprit, semées de très fines analyses morales, et illuminées de visions d’amour et de décadence, ne conviennent pas à des lecteurs trop jeunes.
Gabriel cTAzambuja, (Marseille. 1869), avocat, un des rédacteurs les plus aimés de La Croix (Diégo) et de L’Univers , rédacteur en chef de La Science sociale.
Comme romancier, il doit figurer en bonne place, parmi les jeunes et vaillants écrivains qui, faisant de la littérature un apostolat, ont déjà creusé un profond sillon et semé de bon froment pour les âmes. . . Puissent L’Abdication ; Trois dots : Entre cousins ; Un chassé-croisé , produire d’abondantes récoltes dans le champ de l’éducation sociale!
RENÉ Bazin, lié à Angers en 1853. Membre de l’Académie française. Professeur à la Faculté catholique de droit, il ne quitte sa ville natale que pour voyager le plus possible et rapporter de ses voyages des croquis corrects, élégants et purs, comme les tableaux des maîtres flamands du XVe siècle : Croquis d’Italie ; Terre d’Espagne ; Italiens d’aujourd’hui ; Sicile ; Croquis de France et d’Orient , etc.
Ses romans déjà nombreux font placé en quelques années au premier rang des artistes et des écrivains chrétiens. Ils n’ont pas éclaté comme des obus ; sans faire de tapage, ils ont suivi leur cours, semblables au fleuve pittoresque, sur les bords duquel ils ont été écrits. Ils ont paru et ils ont plu : car ils valent et ils s’imposent par eux-mêmes.
Ils démontrent victorieusement que le roman peut être réaliste et intéressant, tout en prenant ses inspirations ailleurs que dans les milieux tarés, si chers aux écrivains à la mode. L’exquise fraîcheur du style, la clarté
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sereine et puissante du langage, le charme des paysages, la saveur des descriptions, l’amour de la terre natale, la finesse des analyses, en font des œuvres littéraires et artistiques de tout premier ordre.
Et pourtant ces pages exquises iront rien d’amollissant et de fade. Au contraire. Tout en étant attendrissantes, elles ne sont jamais sentimentales ni maladives : elles parlent au cœur, mais leur langage est si français et si chrétien, qu’on se sent, en les lisant, devenir meilleur et plus fort pour les combats de la vie. Elles sont réalistes, en ce sens qu elles ont le souci du détail vrai, mais ce réalisme est si heureusement tempéré de poésies et nourri de leçons, que l ame qui s’alimente à leur contact, si elle se prend à rêver, rêve d’idéal et de vertu.
Rappelons ses ouvrages : Stèphanette ; Ma tante Giron; Une tache d’encre ; Mmc Corentine ; La Sarcelle bleue ; Conte en vers; De toute son âme ; La terre qui meurt ; Les Oberlé ; L’âme alsacienne ; Humble amour ; Paul Henry , enseigne de vaisseau (biographie intéressante pour tous) ; Contes de bonne Perrette ; Le guide de l’Empereur ; Récits de la plaine et de la montagne ; Mémoires d’une vieille fille ; Donatienne (pas pour jeunes filles) ; L 'isolée (montre dans la personne d’une religieuse sécularisée l’infâmie de la loi de proscription, ouvrage hardi que certains ont trouvé choquant et inopportun et que d’autres ont qualifié d’œuvre vengeresse, infiniment utile... aux grandes personnes) ; Le blé qui lève (l’apostolat populaire des jeunes ; scènes ravissantes).
Gabriel Béal. Le médecin de Lochrist ; Demisœurs ; Trop petite ; Histoire intime ; L'abbaye ; sont tellement tendres et féminins, que nous n’hésiterions guère à les attribuer à. . . l’autre sexe.
Le marquis Charles-Albert Costa de Beauregard,
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né en 1835, descendant d’une ancienne famille italienne. Membre de l’Académie française.
Outre des ouvrages historiques très sérieusement documentés : Jeunesse du roi Charles- Albert ; Les dernières années du roi Charles-Albert (tous deux pour grandes personnes) ; Mémoires d’un royaliste (sous la Révolution, pour tous) ; Un homme d'autrefois ; etc., il a édité un recueil de récits intitulé Courtes pages , que nous plaçons ici, surtout à cause de l’histoire d’un <( vanné » ; Prédestinée (jolie bluette, pour tous).
CURRER Bell, de son vrai nom MlSTRESS Charlotte Brositë, la plus célèbre des trois sœurs-auteurs de ce nom (1821-1855). Dès sa quinzième année, sa plume commença à courir et elle ne s’arrêta qu’après avoir écrit une masse énorme d’ouvrages, remarquables par la vigueur du style et l’analyse pénétrante du cœur féminin : Jane Eyre ou Mémoires d’une institutrice, qui eut un succès ^prodigieux Shirley ; Ville tte ; etc.
Thérèse Bentzon, alias Mme Blanc, 1840-1897) . Les origines de cette charmante femme de lettres expliquent beaucoup son œuvre. Son père était M. de Solms, ministre du Wurtemberg ; sa mère était française, et sa .grand’mère dont elle a repris le nom de Bentzon, était danoise. On retrouve dans les écrits de Mmc Blanc le caractère réfléchi qu elle tenait de l’hérédité allemande, la vivacité française et la douceur septentrionale. Elle a vulgarisé en France les romanciers anglais et américains ; elle a publié dans la Revue des Deux-Mondes de fortes études sociales, des articles de critique et des romans.
On lit surtout : Les Américaines chez elles ; Choses et gens d’Amérique (très attachant) ; La grande Saulière ; Un remords ; Tony ; Jacquel ine (délicieux roman d’amour) ; Double épreuve (recueil intéressant) ; Les Malentendus ( d’amour) ; Constance ( son chef-d’œuvre;
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l’héroïne brise son cœur plutôt que de le donner à un divorcé).
Contes de tous les pays ; Pierre Casse-Cou ; Geneviève Delmas ; Yette (histoire d’une créole) ; Le château de Bois-Vipère ; conviennent à toutes les. jeunes filles).
LÉON Berthaut, président de la Société des Sauveteurs, voyageur qui connaît à fond la vie des marins, puissant évocateur dramatique.
Nous citons parmi ses œuvres : Les grands sauveteurs , publié sous le pseudonyme de Jean de la Hève, (pour la jeunesse) ; Phares et bateaux ; Le fantôme de Terre-Neuve (histoire des terre-neuves depuis leur embarquement à Saint-Malo, sur de mauvais transports, jusqu’à leur retour ; couronné par l’Académie).
ElïE Berthet (1815-1891), romancier fécond, écrivain médiocre et surtout très peu chrétien. Il excelle à soutenir l’intérêt par des intrigues bien menées et des situations dramatiques.
Systématiquement, il est neutre au point de vue reli gieux ; occasionnellement, il hérisse ses histoires de tirades inutiles contre la religion et les religieux.
Parmi ses 100 volumes, nous citons pour cette série : La bête de Gèvaudan (émouvant, quelques mots contre les moines) ; Le douanier de mer ; Le dernier irlandais ; Le séquestré ; L’étang de Pressigny ; Les Houilleurs de Polignies ; Val d’Andore ; La mine d’or ; Le sac de la Ramée; Fleur de Bohême ; L’œil de diamant.
Pour tous : En route pour le Tonkin ; Les naufragés de Marie-Elisabeth ; Louisette de Plougastel.
Pour les enfants : Aventures de Martin Frispoulet ; L’enfant des bois ; La petite Chaillou ; Les petits écotiers ; L’expérience de grand’papa.
William Black, romancier anglais (1841-1898). Ses œuvres ont eu et parfois charmé un public nombreux : elles mettent en scène de braves gens tranquilles, vivant
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dans des milieux à la Dickens. Nous citons pour cette série : Anna Bèresford ; Sabina Zembra.
Henry Bordeaux, (Thonon, 1870), critique, écrivain de revues, romancier de talent, fervent admirateur de la tradition, peintre passionné de la nature.
Parmi ses œuvres, nous réserverions aux grandes personnes : Vies intimes (l'auteur qui excelle à analyser les sentiments féminins, ouvre la correspondance amoureuse de certains nobles et gentes dames des trois derniers siècles, nous introduit dans leur logis parfumé et nous fait de la psychologie très fine) ; Amour en fuite (suivi de L’honnête femme et du Paon blanc , trois nouvelles très passionnées) ; La voie sans retour ; Le pays natal ; Le lac noir ; L'écran brisé (et trois autres nouvelles ; bouquet légèrement capiteux) ; Paysages romanesques (kl morceaux) ; Les Roquevillard (la solidarité familiale, ou la lutte pour l’honneur à cause des scandales d’un fils ; scènes poignantes).
Nous permettrions volontiers à d’autres, sauf quelques pages où ils ne doivent pas s’arrêter : La petite Mademoiselle (elle a été niise en prison, pour avoir insulté un agent, lors de l’expulsion des sœurs ; elle veut pour mari un condamné... Un jeune homme arrive enfin à mériter la main qui lui est offerte, en se faisant condamner pour avoir séparé deux ivrognes...!) ; La peur de vivre où l’auteur combat la prétention de trop de jeunes filles qui ne veulent se marier que pour jouir et qui ont peur d’une vie de déplacement, de travail et de sacrifice).
Puisse cet auteur nous donner bientôt l’occasion d’applaudir sans réserve à des œuvres de salutaire écobuage social. Le champ est vaste et les ouvriers, hélas ! trop peu nombreux !
'Henri de Bornier (1825-1901), littérateur et poète, qui a publié des pièces de théâtre en vers (La fille de Roland ; France d'abord ), et des romans parmi
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lesquels on lira: Comment on devient belle ; Le jeu des vertus ; Louise de Vauvert et surtout La lèzardière.
Dans son discours de réception à l’Académie, M. Rostand lui a reproché « d’avoir joué d’une flûte exagérément parthénienne et d’avoir composé des ouvrages un peu trop Rostopchine », comme si le respect de la morale constituait pour un écrivain une infériorité... N’est-ce pas plutôt une gloire pour de Bornier, d’avoir pu adresser à sa fille cette strophe touchante :
Jamais, d’une lèvre flétrie Je n’outrageai, pas même un jour,
La liberté, Dieu, la patrie,
L’art sévère et le chaste amour !
JULES Breton, peintre et littérateur, né à Courrières en 1827, mort en 1906. Entre ses quelques volumes de poésies et ses récits en prose, nous distinguons Savarette , sorte de roman des beaux-arts, tableau de la vie d’un peintre enluminé de belles descriptions et de digressions sur l’art, le beau idéal, etc.
La comtesse de Buisseret, née à Vendôme en 1835, morte en Belgique où elle a longtemps résidé, femmeauteur de sève littéraire. Jean de Parthenay ; Ghislaine , mettent en scène des personnages aristocratiques.
Mme B. de Buxy a fait éclater des qualité sérieuses dans des livres que personne n’a le droit de dédaigner : Les filles du médecin (très bien) ; Une jeune belle mère (jeu de tennis et puis... patriotique) ; Le grillon du manoir (jolis détails) ; La vocation de Béatrice (bien observé) ; Mademoiselle ; Le mystère du Froid- Pignon ; La femme du docteur Austin ; Le second mariage (les faux calculs qui amènent le divorce, et les malheurs du second mariage) ; La villa du cœur en peine ; M . le maître de Chatelmont.
M. du Campfranc, née à Paris en 1846, fille de François-Alfred de Vimont , et mariée à M. Jules
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Coutance, ancien capitaine d’artillerie. Le berceau de sa famille était le château du Campfranc, près Lisieux ; et c’est du nom de cet antique manoir que notre auteur a lait son pseudonyme...
Depuis 25 ans que Mmc Marie du Campfranc, écrivain distingué autant que catholique militant, s’est retirée dans l’ermitage fleuri de la Bouquinais, elle a composé de nombreux ouvrages. Si elle a rencontré, auprès d’un public d’élite qui les dévore, un réel succès, cela tient à l’émotion dramatique de ses récits, à la délicatesse de sa pensée, à l’harmonie poétique de sa phrase, aux impressions émouvantes que dégage toute sa littérature.
Nous recueillons au hasard : Toit de chaume (couronné par l’Académiej ; Héroïsme au pays des neiges (la longue et angoissante attente d’une femme, dont le mari est témérairement parti en ballon dans la direction du pôle) ; Rêve de femme ; La dot de Germaine (un des meilleurs) ; Edith (le devoir avant tout) ; Le manuscrit d'Inès ; La mission de Marguerite ; Rêve et réveil ; Les Walbret (patriotique et religieux) ; Le roman d'une sainte (genre Fabiola) ; Sœur Louise ; Exil (récit polonais) ; Un vieil homme de lettres (un des meilleurs) ; Obéissance (femme trompée ; le vice n’est peutêtre pas assez puni).
La princesse Olga de Cantacuzène Alfieri porte de bien grands noms ; mais comme elle y a fait honneur en publiant Le passage d'un ange , ouvrage qui rappelle Le récit d'une sœur ; Tante Agnès ; Dernières illusions ; Fleur de neige ; Le mensonge de Sabine ; Irène ; Respo7'isable ; Carmela.
François Casale, pseudonyme de Mlle Elisabeth Schaller. Deux ouvrages délicats : Chanteclair (épisode historique et idylle d’amour sous la Révolution) ; La rose du Bocage (à la Malmaison, Marise échappe à un odieux mariage avec Napoléon).
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Champol, de son vrai nom le comte de Lagrèze, dont tous les ouvrages sont d’un charmeur, d’un psychologue et d’un artiste.
Les jeunes filles bien raisonnables liront : L’argent des autres ; Les points noirs ; Le roman d’un égoïste ; Sophie ma plus jeune ; Le vœu d’André ; La lune rousse (charmant) ; Les justes (couronné par l’Académie) ; Amour d’antan ; L’heureux Dominique (drôle maisreligieux) ; La conquête du bonheur ; L’homme blanc ; Le droit d’aînesse ; Les Fromentier ; La rivale ; Le mari de Simonne (réflexions qui ne sont pas au point surtout sur le mariage) ; Les fleurs d’or.
Les sœurs cadettes se plairont certainement à lire Un coup de patte ; En deux mots ; Mme Melchior Noëlle ; Anaïs Evrard ; Le duc Jean ; Cadette de Gascogne ; L’idéal de l’oncle Caillou ; Les revenantes ; Les deux marquises.
Tous les lecteurs se sentiront, en présence de ces livres* sains et fortifiants, saisis de respect pour ce qui est vraiment beau et digne d’admiration en ce monde.
Claire de Chandeneux (1836 1881), pseudonyme de Mme Bailly, née Emma Bérenger, femme et mère d’ofïiciers supérieurs. Ses romans étudiés, bien conduits* intéressants et bien écrits sont surtout consacrés à la vie militaire.
Ceux qu’il ne faut pas confier à des lecteurs trop jeunes, sont : Giboulées de la vie ; Le lieutenant de Rancy ; La tache originelle ; Une faiblesse de Minerve ; Sans cœur; Une fille laide ; Visions d’or ; Les filles du. colonel : L’honneur des Champavaire ; Le mariage du trésorier ; et aussi, quoique avec moins de réserve : L’automne d’une femme ; La croix de Monguerre ; Les deux femmes du major ; La dot réglementaire ; La femme du capitaine Aubépin ; Les ronces des chemins ; Secondes noces ; Souvenirs de Bérénice ; Vaisseau brûlés ; et ceux qui font partie des deux séries intitulées
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Les mariages militaires et Les mariages de garnison .
Quant aux autres, nous les classerions volontiers aussi dans cette catégorie.
Gui Chantepleure, de son vrai nom Mademoiselle Jeanne Viollet, née à Paris en 1875. Sa plume fertile et délicate a tracé des nouvelles qui sont beaucoup lues : Ma conscience en robe rose ; Le château de la vieillesse (pour tous) ; Fiancée d’avril ; Ruines en fleurs ; Le sphynx blanc ; Ames féminines ; Mon ami V oiseau bleu (douze contes délicieux, pour tous) ; L’aventure d’Huguette (une ingénue qui, en rentrant, se trompe d’étage, pénètre chez un romancier et, par suite d’un accident de serrure, se voit obligée de passer la nuit là, dans un fauteuil !)
L'auteur obtient du succès en donnant ainsi à ses productions un frottis de piment. Heureux serons nous, si elle n’en est jamais grisée, au point de devenir plus troublante qu’elle ne l’est déjà! Il est périlleux de marcher sur les frontières de la désinvolture, et d'avoir un pied dans le Temps , môme si on a l’autre à la Revue Marne !
PROSPER Chazel, parsème ses quelques œuvres de descriptions et d’analyses sentimentales, jolies comme des fleurs sur un canevas bien apprêté : La haie blanche (trop passionné pour jeunes filles) ; Histoire d’un forestier (pour tous),
WlLKlE Colfins (1824-1889), dramaturge et romancier anglais, ami de Dickens, dont il a le charme et l’intérêt.
Citons parmi ses œuvres traduites en français : Cache cache ; C'était écrit ; Les deux destinées ; La femme en blanc (le plus célèbre) ; La fdle de Jèzabel (peu moral) ; L’hôtel hanté ; Je dis non ; Ml,c ou Mmc ; La mer glaciale ; La morte vivante ; Pauvre Lucile ; La pierre de lune ; La piste du crime ; Le secret ; qui, à cause de leur intrigue dramatique et compliquée, ne
conviennent pas aux jeunes filles ; Mari et femme ; Sans nom ; qui ne doivent être lus que par des personnes raisonnables.
Le Père LlJIS Coîoma, jésuite espagnol, né en 1851» d’un riche avocat de Jerez. Traversa la marine, le droit et la vie mondaine, avant de se consacrer à la vie religieuse. Il ne s’était fait connaître que par de courtes nouvelles, lorsqu’en 1890, il publia dans « Le Messager du Cœur de Jésus », de Bilbao, sous le titre de Bagatelles, un livre qui fut considéré comme un événement littéraire, politique et mondain, et souleva des discussions passionnées.
Dans ce récit vivement conté où s’agitent des personnages d’un relief saisissant, le romancier-missionnaire flagelle les vices du Tout-Madrid, où Ton traite volontiers de riens, de peccadilles, de bagatelles l’immoralité élégante, parfumée et spirituelle. Ces peintures vigoureuses respectent toujours la pudeur, dit l’auteur dans sa préface ; l’innocence ingénue et sainte qui ignore tout, parcourra ces pages sans comprendre ni chercher entre les lignes et cueillera la rose sans songer au fumier ; que si elle le flaire et le découvre, c’est que ses yeux n’étaient point aussi clos que tu l’imaginais. . . ; que si par malheur, le remède se change en poison, il ne faudra accuser que le malade et non le médecin, car suivant le mot du poète :
Du même splendide œillet Orgueil de nos jardins,
L’aspic distille son venin Et l’abeille son miel.
Henri Conscience (1812-1876), écrivain flamand, dont les œuvres ont été traduites en plusieurs langues. Nous croyons que ses nombreux romans ne doivent pas généralement être mis sous les yeux de lecteurs trop jeunes : ils sont moraux et honnêtes, mais ils s’inspirent trop, peut-être, de cette maxime attribuée à G. Sand :
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a Le premier devoir du roman, c’est d’être romanesque ».
François Coppée, le grand poète, auteur dramatique et conteur. Membre de l’Académie française. Né à Paris en 1842, d’une famille chrétienne, il eut dans son enfance, « la piété sans la foi ». « La crise de l’adolescence et la honte de certains aveux » le jetèrent dans l’indifférence ; il en sortit en 1898, sous l’action de «la Bonne souffrance », et il vit depuis, courageusement, « dans la prière, et dans la lutte » (1) pour la vérité religieuse et la Patrie française.
Au point de vue littéraire, il a abordé presque tous les genres :
Ses œuvres poétiques surtout, révèlent des qualités maîtresses de cœur et d’esprit : l’amour des humbles et des fiers, le sens de l’exquis, la bonté et la sincérité. Certaines d’entre elles recèlent malheureusement des lleurs, cueillies dans « les jardins du Tendre », qu’on ne peut pas regarder sans rougir.
Son théâtre compte une douzaine de pièces en vers : Le passant (un acte, guitariste et courtisane) popularisa son nom. Viennent ensuite : Fais ce que dois (patriotique) ; Le Luthier de Crémone ; Les Jacobites ; Severo Torelli ; Pour la couronne (un peu sensuel) ; etc., et autres, qui ne sont pas pour la jeunesse.
En prose, nous signalons, outre ses Contes , etc., qui ne sont pas à lire, La bonne souffrance (série d'articles admirables, édifiants, ou l’auteur expose, avec la simplicité et l’humilité d’une âme naturellement chrétienne, les phases douloureuses et consolantes de sa conversion, à lire et à faire lire) ; Contes pour les jours de fête (délicieux, inspirés par la foi, la charité et le patriotisme ; à peu près pour tous).
(1) C’est le titre d’un recueil de poésies dont les vers, dit J. Lemaître, sont d’un bon citoyen, d’un bon chrétien et d’un, bon poète, tous trois harmonieusement unis.
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Malgré ses défaillances regrettables, nous plaçons ici, chez les « jeunes », ce sympathique écrivain, parce que ses œuvres saines et son action courageuse, et, malgré tout utile, font de lui, à beaucoup d’égards, un « maître » pour la jeunesse catholique.
Mme Augustus Craven (1820-1891), née Pauline de fa FeironnaySj dont les romans, autrefois publiés par Le Correspondant , sont encore beaucoup lus par la jeunesse féminine... Elle est dans toutes ses œuvres, romanesque, lyrique et un peu exaltée. « L’amour vu à travers ses œuvres, écrit un homme du monde, est un sentiment à la fois désintéressé, affolé d’idéal et comme dématérialisé, dont l’existence offre, à la vérité fort peu d’exemples et qui n’est pas sans danger ».
Sous le bénéfice de cette observation, nous classons dans cette catégorie, outre ses Biographies : Réminiscence ; Travail d'une a me ; tous ses ouvrages : Anne Séverin ; Eliane ; Fleurange ; Les Valbriant ; Récits dJune sœur ; Le mot de l’énigme ; en notant que ce dernier surtout appelle des réserves.
Philippe Darlow, de son vrai nom Henri Coûtants auteur de nombreuses nouvelles et deux romans dramatiques, souvent reproduits par les journaux : La maison des quatre as ; La fiancée du Logis Barrault .
CAMILLE Debans, né près de Bordeaux en 1834, a publié des articles de journaux et de nombreux romans : Le baron Jean ; Les drames à toute vapeur ; Histoire de 18 prétendus ; Histoires de tous les diables ; etc!
Mme Emilie Delaunay du Dezen (Paris, 1846). Mlle France ; Marie de Sancenay ; Le retour , que nous plaçons ici.
Les chagrins d’Arlette ; Sœur aînée ; La fdle du Brahmane ; L’oncle Kaiser ; La petite Gita ; qui peuvent être confiés à tous.
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POL Demade, (Comines, 1863), auteur belge dont nous recommandons Ame princesse et Contes inquiets.
Charles Deslys (Charles Collinet, dit). Un enfant de Paris, né en 1821. Chercha sa voie un peu à l’aventure, au théâtre où il remplit plusieurs rôles, dans l’histoire où il échoua ; il finit par se fixer dans le roman et la nouvelle, et mourut en 1885, en laissant une cinquantaine de volumes.
Comme Dumas, dont certaine critique a voulu en faire un héritier, il a écrit vite, trop vite même, et il a été en son temps avidement lu. Beaucoup de ses livres sont un peu négligés maintenant, comme tous ceux de la littérature facile : on les trouve pourtant dans certaines bibliothèques, à l’usage des personnes d’un certain âge.
L’héritier de Charlemagne ; Récits de la grève (tableautins normands, couronné par l’Académie) ; Les Buttes Chaumont ; La balle d’Ièna \ Maître Guillaume ; Le canal Saint- Martin ; Courage et dévouement (recueil de nouvelles) ; Grand’Maman ; Loi de Dieu ; La mère aux chats ; sont inofîensifs ou à peu près.
Les bottes vernies de Cendrillon (bluette, sa première œuvre) ; Les compères du roi ; Les 11 ans de Marthe ; L’aveugle de Bagnole t ; La fille à Jacques ; L'oncle Antoine (écrit quelques jours avant sa mort) ; doivent être lus avec circonspection.
Quant à La marchande de plaisirs et autres, ils ne figurent pas dans les bibliothèques de famille.
VINCENT Détharé, jeune écrivain qui figure avec honneur parmi les bons romanciers avec Terre nouvelle, etc.
Charles Deulin,de son vrai nom M. Charlemagne, né et mort à Condé-sur -l’Escaut (1827-1877). Successivement professeur à Paris, journaliste, romancier, cet émule de Perrault, de Nodier, d’Andersen, se montra partout un esprit studieux et cultivé, un habile et patient écrivain, amoureux d’élégance et de distinction. Ses
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ouvrages dépeignent avec un art charmant les bonnes et originales choses de sa province : Contes d'un buveur de bière (si hautement appréciés par Sainte-Beuve) ; Contes du roi Gambrinus ; Histoire de petite ville (à Condé* toujours) ; Chez nos voisins ; Chardonnette (histoire d'amour, une scène libre).
Charles Dickens, (1812-1870). Après une jeunesse besogneuse, il se fit le fils de ses œuvres. Le succès répondit à ses efforts : il acquit bientôt la richesse en même temps que la popularité et devint, par ses livres, l’un des hommes les plus influents de son pays. Sa finesse d’observation, ses peintures de caractères, ses tableaux pleins de vie, sa verve humoristique qui jaillit à chaque ligne, assurent à ses ouvrages une notoriété du meilleur aloi.
Il n’est jamais immoral. Cependant ses romans ne doivent pas être confiés à des lecteurs trop jeunes ; les qualités littéraires qui en font l’intérêt leur échapperaient et les scènes d’amour dont ils sont remplis, les brocards anticatholiques dont ils sont hérissés, les troubleraient bien inutilement. Nous ne ferions exception que pour les classiques Nicolas Nickleby ; David Copperfield ; Cantiques de Noël (son chef-d’œuvre) ; Le marchand d’antiquités.
Nous citons en outre, parmi les plus belles créations de ce génie anglais : Mickwick ; Olivier Twist ; Barnaby Rudge ; Le grillon du foyer ; Les carillons ; La bataille de la vie ; Le possédé ; Aventures de Martin Chuzzlewit ; La petite Dorrit. Lire aussi Pages choises.
Benjamin Disraëli (1801-1884), l’une des plus curieuses figures de l’histoire anglaise au XIXe siècle, fils d’un libraire, littérateur, économiste, diplomate, homme d’Etat, s’imposa à tout un peuple et fut créé pair avec le titre de comte de Beaconsfield.
Ses romans ne sont guère connus que des « dix milles
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du higli- life » ; on trouve pourtant dans nos bibliothèquescatholiques Lothair et Sybil.
Roger Dombre, de son vrai nom Mme Sisson, a publié une multitude de nouvelles et de romans très attachants, originaux et pétillants d’esprit,
La plupart sont à classer ici : Une pupille gênante Les empaillés ; Lafnaison sans fenêtre ; La doctoresse ; Mcllc d'Ypres (romanesque, mais noble) ; Frondeuse (enfance et jeunesse d’une); Cousine Bas-Bleu ; La perle des belles-mères (un petit chef-d’œuvre) ; La garçonnière ; Un cendrillon nouveau siècle (charmant) ; Au vert ; La fille de V anarchiste (belle donnée d’un dévouement héroïque) ; etc., etc.
L'arche de Noë ; La bonne d’enfants ; Un chien au couvent ; L'homme du phare ; Isola ; L’enfant à la Louve ; etc., conviennent même aux enfants.
Mario Donal, cache le nom de Marie Chambon et recommande à la sympathie des lecteurs quelques bons petits livres : Le chemin de la foi ; La princesse Mystère ; Rancune ; Terre promise ; La belle et la bête .
Lucien Donel, pseudonyme de M. Lucien Jouve, né en 1850, aumônier du lycée de Chàteauroux, collaborateur du Mois, de la Revue des Poètes , de la Revue artistique et littéraire , etc.
Il fit ses premières armes au Musée des Familles , à l’époque où Henri de Bornier, Eugène Muller et Willy y tenaient si brillamment les premières places. Deux livres de nouvelles ( Devant l’âtre ; Comiche) en sortirent, qui furent suivis de quelques romans : L'Augure (contre les mariages consanguins) ; Par les sentes et les rives ; Le chardon bleu (magnifiques descriptions, sentiments réconfortants) ; Pilleurs d'amour (une jeune fille mariéeà un aventurier diplômé et outrageusement délaissée).
Ces ouvrages nous permettent de saluer en Lucien Donel un émule des écrivains qui dirigent de nos jours-
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la renaissance de la littérature religieuse ; ils prouvent une fois de plus que l art et la foi ne sont pas ennemis, et qu’il est possible d’initier la jeunesse au culte du beau sans lui faire renier celui de la vertu...
Plusieurs autres ouvrages du délicat et brillant auteur, sont en voie de publication : Ma sœur Anne (recueil de nouvelles» ; Aux champs des Mardelles ; Aimée Violât ; Tristesses errantes ; Le chemin d’herbe ; etc., etc.
Lucien Donel a publié en outre sous son vrai nom : L’erreur contemporaine ; Etudes sur Dieu ; et trois «élégantes brochures : Le romancero Berrichon ; Trois mioches darwiniens ; Notes d’art.
CONAN Doyle, (Edimbourg, 1859), médecin et écrivain, qui a parcouru les mers arctiques, l’Afrique et l’Asie. Ses romans de policiers et de cambrioleurs où revient l’extraordinaire Sherlock Holmes ont soulevé le plus vif enthousiasme chez les anglo-saxons. Ces aventures sensationnelles, curieuses plutôt que tragiques, ont été représentées au théâtre en 1907 ; elles ont, paraît-il, (( intéressé doublement le public et infiniment la caisse ». A la lecture, elles finissent par être monotones. Comme portée sociale, elles valent Gaboriau et Polichinelle.
PAUL Droz, père de Gustave, le conteur. Ses Lettres d’un dragon sont un modèle du genre et peuvent procurer une saine récréation.
HENRI Druon, (Le Cateau-Cambrésis, 1859), bon 'écrivain dont nous citons, outre L’ histoire de l’éducation des princes de la maison des Bourbons de France (ouvrage de grande valeur historique) ; deux romans intéressants : La jeunesse du Doyen ; Michel Roschine.
Adrienne Duhamel, de son vrai nom Madame Rogron, succéda à Melic Thérèse Alphonse-Karr dans la «direction du Conseiller des familles . Elle y publia de
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gentilles nouvelles et collabora entre temps à plusie-urspériodiques estimés... Elle n’a repris sa plume alerte, fineet gracieuse que depuis quelques années et nous a enrichis de quelques romans psychologiques : Irréparable faute ; Le choix de Suzanne.
Georges Eliot (1819 1880), pseudonyme de Mme J. W. Cross, née Ann Evans, romancière anglaise. Elle s’est placée au premier rang des écrivains de son pays ; en France où elle jouit d’une notoriété méritée, on l’a rapprochée de Bourget, de Conscience, de G. Sand.
Adam Bède (son chef-d’œuvre, histoire d’un charpentier) ; La conversion de Jeanne (roman prêcheur, peu intéressant) ; Le moulin sur la Floss (mœurs champêtres) ; Scènes de la vie du Clergé ; Silas Marner (histoire intéressante d’un tisserand; ; Les tribulations du Révérend Barton sont délicieux à lire. Malgré leurs idées positivistes empruntées à Strauss et Stuart Mill, malgré ce que l’ignorance de Jésus-Christ laisse d’inachevé dans son évangile de bonté, ils peuvent êtremis en bonne place dans les bibliothèques des gens du monde. Ce sont des tableaux d’une vérité saisissante et finis comme les peintures de Memling.
ErckmannChatrian, nom de deux auteurs qui collaborèrent jusqu’en 1889. Le premier a vécu de 1822 à 1899, et le second de 182G à 1890. Ils se sont rendus célèbres par des nouvelles champêtres, des romans de mœurs et surtout des romans historiques et poétiques, qui ont pour but de dramatiser les maux de la guerre.
Nous citons parmi les plus populaires : L'ami Fritz (idylle alsacienne, passage déistes) ; Histoire d'un conscrit de 1813: Waterloo ( suite du précédent, tous deux: presque irréprochables) ; Histoire d’un homme du peuple (pas de foi, impression plutôt fâcheuse) : Le banni (un seul trait contre la religion) ; Contes vosgiens ; Maître Daniel Roch ; Juif Polonais ;
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Thérèse (thèse en faveur des Droits de l'homme et de la République sociale) ; Le blocus ; L’invasion ; Contes fantastiques (14 récits dont plusieurs sont peu réservés); Contes d'un joueur de clarinette (trois contes, peintures dégoûtantes, propos égrillards) ; Maître Gaspard Six (mauvais) ; Les deux frères (préjugés antireligieux).
Les œuvres d’Erckman- Chatrian ont été sévèrement jugées par certains critiques ; elles sont intéressantes, quoique peu littéraires ; mais elles sont traversées d’idées démagogiques, antimilitaristes, etparfois anticatholiques, et de ce fait, elles ont pu exercer, chez les nombreux lecteurs des bibliothèques scolaires et publiques, une fâcheuse influence... Aussi, ne doivent-elles être lues par les jeunes gens qu’avec une extrême réserve.
Gabriel Ferry (Louis de Bel lemare, connu sous le nom de), littérateur et voyageur français, né en 1809, mort dans une expédition maritime en 1852. Fils d’un négociant, il passa sept ans au Mexique. Ses huit volumes : Costal Vindien ; Le coureur des bois ; La clairière du bois des Hogues ; Scènes de la vie sauvage ; Scènes de la vie militaire au Mexique ; Les exploits de Martin Robert ; Les aventures du capitaine Ru perto Castanosau Mexique ; Les étapes de Rameau;etc., constituent une épopée du désert, attachante au plus haut point, que toutes les mères peuvent lire devant toutes leurs filles, avec la certitude d’intéresser les plus romanesques, d’être comprises des plus jeunes et de ne pas étonner outre mesure même les plus innocentes.
PAUL Féval, né à Rennes en 1817, mort en 1887. Parti à Paris à l’insu de ses parents, dès l’àge de 20 ans, il se signala à l’admiration du public par Le loup blanc et surtout Les mystères de Londres. Depuis il composa avec une facilité qui tenait du miracle, une foule de romans, dont plusieurs, v. g. Le Bossu , portés à la scène, se jouent encore aujourd’hui. Converti en 1876, à la suite
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<le revers de fortune et sous l’influence de sa femme, il racheta à ses éditeurs ses 200 ouvrages et eut le courage de les corriger pour en faire des éditions catholiques. Malgré ces retouches, des négligences de style et certains défauts de composition, ses récits bretons et ses grands feuilletons qui se distinguent par une imagination exubérante, une sensibilité vibrante et la maestria de la mise en œuvre, restent au premier rang des romans chrétiens.
Il y en a pourtant qui, n’ayant pas été corrigés, sont bannis des bibliothèques chrétiennes. Citons : Les amours de Paris ; Aimée ; Annette Lais ; Bouche de fer ; Les deux femmes du roi ; Le drame de la jeunesse ; Le fils du diable ; Le secret des habits noirs , en 3 parties ; Jean Diable ; Le jeu de la mort ; Mme Gil Blas ; Les mystères de Londres ; Amourette et Marie {La province a Paris) ; Le roman de minuit; La tache rouge ; Le volontaire ; La fabrique de crimes ; La cosaque ; Les belles de nuit ; La chambre des amours ; Le mari embaumé ; La pécheresse ; en un mot tous ceux qui font partie de la collection Dentu, Fayard ; etc.
Il en est quelques uns qui ne conviennent qu’aux personnes d ’âge raisonnable, tels que : Le Bossu ou le petit parisien ; Le capitaine fantôme ; Les filles de Cabanil (suite du précédent) ; Talavera la Reine ; L'oncle Louis ; Contes bretons ; Le capitaine Simon (contre le duel, point de départ un peu scabreux).
Les suivants peuvent être mis entre toutes les mains ; Les étapes d’une conversion en 4 parties ; La mort d’un père ; Pierre Blot (vie et conversion d’un ouvrier, magnifiques considérations sur le Sacré-Cœur) ; Première communion (effets de la religion sur le caractère d’un enfant) ; Le coup de grâce ; Anne des Iles ; Corentin Quimper (récit en style de matelot) ; Contes de Bretagne ; Corbeille d’histoires ; Romans enfantins ; Veillées de familles ; Veillées de vacances ; Jésuites ; Les
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dernières fées ; Fée des grèves ; L’homme de fer (suite du précédent, mariage) ; Poissons d’or ; La châtelaine de Berthor ; Merveilles du mont Saint-Michel ; Le chevalier de Kèramour ; Douze femmes. . .
Quant aux autres (une quarantaine), ils doivent être classés dans cette catégorie. Ils figurent presque tous dans l'excellente collection corrigée, qui vient d’être éditée chez Ollendorl, et que nous recommandons.
PAUL Féval lils, né en 1860, a publié une quantité d'ouvrages, qui au point de vue catholique sont plutôt inquiétants. Nous citons :
Parmi ses romans historiques, Le parc aux Cerfs.
Parmi ses romans de cape et d’épée : Chasse aux traîtres ; Le serment de Lagardère ; Le fils de Lagardère ; Les jumeaux de Nevers ; Le fils de d’ Artagnan.
Parmi ses romans de mœurs et d’amour : Le loup rouge (amour d’une détraquée pour un criminel ; Le faux frère (coupable amour et captation de fortune) ; Fille de général (plus honnête) ; L’enfant de la noire (inconvénients du jeu) ; Le testament à surprises (histoire bouffe d’une famille de ronds-de-cuir) ; La fabrique de crimes (parodie du roman criminel) ; Un amour de belle-mère (scabreux, inceste, adultère) ; Les nuits tragiques (assez honnêtes) ; Secret mortel ; Le livre jaune (histoire d’un vieux cœur) ; Le témoin du crime ( récit d’une erreur judiciaire) ; La fille de l'ouvrière (roman, d’amour) ; Le collier sanglant (vendetta); Barbe bleuette Les sœurs Pomponne ; Maria Laura (canailleries d’un franc-maçon) ; etc.
Parmi ceux que tout le monde peut lire : Le dernier Laird ; La dette de l’orpheline ; L’écusson de Kergolack ; Le crime du juge ; La trombe de fer (un des. meilleurs) ; La providence des camps ; La fiancée du corsaire ; L’invention maudite (la poudre) ; etc.
Zenaïde Fleuriot, née à Saint-Brieuc en 1829, morte
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en 1890. Ses quatre-vingt-trois ouvrages, pleins de finesse et d’entrain, sont toujours beaucoup lus, surtout par les jeunes tilles. « L’Ami du Cierge •» fait observer justement que, si cette romancière avait été immorale comme G. Sand, elle eut été célébrée comme une femme de génie ; mais elle fut chrétienne, et la réclame, presque exclusivement faite par des hérauts boulevardiers, l’a ignorée et laissé ignorer.
Nous citons, parmi ses œuvres, celles qui, tout en étant très morales, conviennent surtout à cette catégorie : Ce pauvre vieux ; Marga (suite du précédent) ; Le chemin et le but ; La Glorieuse ; Bengale ; Marquise et pêcheur ; Notre passé ; Une parisienne sous la foudre (un des meilleurs) ; Yvonne Coëtmarvan (pour personnes instruites) ; Une année de la vie d'une femme ; Une chaîne invisible.
A noter qu’un certain nombre de ses livres renferment des descriptions de fêtes mondaines, dont l’abondance et l’éclat pourraient inquiéter des personnes peu instruites et les gens de la campagne.
Mary Floran, pseudonyme d'une dame distinguée, née à Abbeville, où son père était magistrat, femme auteur, qui fait preuve, dans toutes ses œuvres, d’un talent vraiment littéraire, nourri d’intentions bienfaisantes. Ses romans de sentiment sont beaucoup lus :
Chimères (publié par le Correspondant) ; Daniel Leva ; Un an d’épreuve (couronné par l’Académie) ; L’institutrice des Chantepot ; La destinée de Jacques ; Bonheur méconnu ; Carmenecte ; La faim et la soif ; Le mariage de Clément ; Adoptée ; Orgueil vaincu (couronné par l’Académie) ; Dernière cartouche ; Le plus riche ; Tentation mortelle ; Maman Cendrillon ; Héritier ; Mademoiselle Millions ; Eternel sourire (d’une femme sentimentale qui aime un officier et qui s’est résignée à épouser un homme sot et grossier) ; Cousms germains (ils croient l’être et ils s’aiment ; ils
découvrent enfin, qu’ils ne le sont pas) ; Femmes de lettres (récit agréable; : Coupables ? (dans La Croix du Dimanche).
Nous citons pour les enfants : Sœur jumelle ; Revanche de Marthe.
Et pour mémoire : Nouvelles, chroniques et articles publiés dans de nombreux périodiques ; trois comédies pour la jeunesse, publiées sous le pseudonyme de Tril.
CHARLES Foîey, né en 1861, écrivain de race qui a attiré l’attention sur son nom, par ses nouvelles et critiques, publiées dans V Echo de Paris , et par son grand succès du Théâtre Antoine, Au téléphone.
Ses romans Fleur d'ombre (histoire d’un roi d’outremer qui ne délaisse pas tout à fait l’humble fleur qu’il cultive à Paris) ; Risque-tout ; La course au mariage ; Bonheur conquis ; La demoiselle blanche , sont trop teintés de réalisme et de gauloiserie pour être recommandés dans cette catégorie ; ils sont cependant très agréables à lire.
Nous ne recommandons ici que Un trésor dans les ruines (duo d’amour, argent ; roman gai); Fiancée de printemps (idylle très chaude) ; Guilleri-Guilloré (pittoresque, délicieux) ; Vendée (pages tragiques et touchantes, recueil de vingt-deux nouvelles) ; Le roi des neiges (La Scandinavie au XVIe siècle) ; Cœur de roi (Hermine) ; Les mauvais gars (honnête).
Victor Foumel (18291894), écrivain catholique et fin lettré, partagea son esprit entre les travaux d’érudition et de critique, et des œuvres d’imagination. Nous mentionnons ici : L’ancêtre (critique de la société actuelle) ; La confession d’un père (captivant, sans intrigue amoureuse).
Au pays du Soleil ; Vacances d’un touriste (voyages en Espagne, en Italie, en Egypte, charmant) ; Vacances d’un journaliste ; Voyage hors de ma chambre
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(Danemarck, Suède, Hollande) ; Les cris de Paris ; peuvent être lus par tous. Maman Capitaine produirait plutôt une impression fâcheuse.
ROGER des Fournïels. Un écrivain qui a conscience de la mission qu’il remplit. Parmi ses œuvres, nous réserverions pour les grandes personnes : Les microbes ; La tache sanglante ; nous plaçons ici : Le gros lot ; Cœur de père ; et nous offrons aux plus jeunes : L'homme au manteau noir , les autres romans édités chez Gautier, et les Aventures de Bradizeck.
Jeanne France, de son véritable nom Mmc Gabrielle Gomsen, directeur de France Semeuse.
Parmi ses 60 volumes un peu hâtifs, mais honnêtes, romans, nouvelles, pièces de théâtre, signalons seulement quelques-uns de ceux que l’auteur destine à la jeunesse : Pour être riche (vise à effrayer les jeunes filles qui veulent avant tout un mari riche) ; Un héros de 16 ans ; Une française ; Le mystère d'un vieux château.
Gustave Freytag (1816-1895). Romancier et auteur dramatique allemand, il fut l’interprète et l’oracle le plus autorisé de la bourgeoisie de son pays. On lira de lui, le roman Doit et avoir, en 3 volumes.
PAUL de Garros, (Chàteauneuf-sur-Cher, 1867), feuilletoniste dont la plupart des œuvres sont honnêtes : Le secret de la mendiante ; La revanche de l’honneur ; L’orgueil d'une mère ; L'héritage de Thouarec ; Une d’elles (peu intéressant) ; La plus heureuse ; etc.
Mistress Gaskefiî (1810-1865), romancière anglaise, fille et femme de pasteur. Les jeunes gens pourront lire, malgré leur âpreté : Autour du Sofa ; Nord et Sud ; Cronford ; Mary Bartoyi (ces deux derniers avec précaution).
Mmo de Gsrardin (1804-1855), née Delphine Gay,
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grande dame du monde, qui fut traitée en reine par les écrivains de son époque. Ses poésies, ses œuvres dramatiques et ses romans : Le lorgnon ; La, canne de M. de Balzac ; Il ne faut pas jouer avec la douleur ; Contes d’une vieille fille à ses neveux sont plutôt des « jongleries de virtuoses » que des présents... royaux. Nous ne les recommandons pas.
André Godard) romancier à la mode qui s’est converti il y a quelques années. Il est aujourd’hui bénédictin. Outre In memoriam et Le positivisme chrétien (histoire de son âme, de ses préjugés scientifiques et de sa conversion), La vérité religieuse (suite du précédent), livres d’apologétique très serrés et très originaux, nous citons les deux romans que Dom Godard annonce luimêrne, à la première page de ses ouvrages de converti : Chantegrolle ; Brigandes (synthèse vendéenne, dit l’auteur) ; et les Routes d’Arles , livre de légendes et de descriptions séduisantes.
Pierre Gourdon, écrivain de l’Anjou. Il a, dans Vers la haine, vigoureusement démontré l’influence démoralisatrice de l’école laïque.
Henry Gréville, de son vrai nom Mme Durand, née Alice Fleury (18421902 . Elle vécut de longues années en Russie, où son père s’était réfugié après le coup d’Etat de 1852 ; rentrée en France en 1872, elle se mit à écrire une quantité de livres, y épuisa sa santé et mourut à Roulogne-sur-Mer en 1902.
Tous ses romans s’attachent surtout à plaire et à amuser ; sans avoir de très hautes qualités,’ ils ont, eu et ils ont encore grand succès auprès des jeunes li lies et des jeunes femmes dont l’auteur est le Georges Ohnet et qu’elle appelle « ses amies » ; la saveur russe qui les relève, les aimables choses qui y abondent, la facilité du style, font de quelques-uns d’entre eux — nous ne disons
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pas tous — de bons livres pour les bibliothèques de famille.
A bannir comme intérieurs, amoraux ou immoraux : La Maison de Maurèze ; Suzanne Normis (histoire d’adultère, réflexions antireligieuses) ; Lucie Rodey (thèse tendant à justifier le divorce) ; Mmc de Dreux (d'une moralité suspecte) ; Les degrés de l’échelle (inférieur) ; La fiancée de Sylvie (très scabreux) ; Trahison (immoral ou à peu près) ; Louis Cléopâtre (inférieur) ; Le mors aux dents (immoralités, indécences) ; Un crime (détails répugnants) ; Nikanor (mal édifiant) ; Chènerol (a bien l’air d’ètre favorable au divorce) ; Aflle de Puygarou (très leste).
A permettre aux grandes personnes : A travers champs (amis, ils sentent l’amour et se séparent) ; Nouvelles russes (quelques-unes très choquantes) ; Un violon russe (longueurs, quelques réflexions contre la Providence et le Saint-Esprit) ; Rose Rozier (triste ménage) ; Clairefontaine (paysanneries, situations lestes) ; L’ingénue (brise le cœur d’un employé, mais est domptée par un autre) ; Folle avoine (alambiqué, peu intéressant) ; Les ormes (l’amitié entre homme et femme peut exister sans les faiblesses de la chair) ; Franchley (quelconque, plutôt froide et fade) ; Chant de noces ; Louk-Loukitch (peu édifiant, dramatique) ; Un mystère (très intéressant) ; Péril (très passionné et périlleux) ; Vieux ménage (mondain, soigné) ; Zobie (scabreux, honnêtement traité) ; Mamselka (bien conté) ; L’aveu (intéressant) ; L'amie (très passionné) ; Le comte Xavier ; La seconde mère (très intéressant) ; Marier sa fille.
A ranger dans cette catégorie, pour les jeunes filles qui ont d’autres amies plus édifiantes : Les Koumiassine (pauvre jeune fille noble, victime de l’orgueil aristocratique) ; Les mariages de Philomène (tableaux normands) ; Idylles ; L’avenir d’Aline (une mère qui se sacrifie pour sa fille) ; Fidelka ; Le fil d’or (histoires* quelconques) ;
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Bonne Marie ; Angèle ; Comédie de Paravent ; L} héritière ; La princesse Oghèroff ; Aurette ; Çêphise (excellent, mais pas religieux) ; Le cœur de Louise ; Dosia (une jeune fille indisciplinée domptée par un chaste amour); L’expiation de Saveli^ (un des plusremarquables) ; Niania (1res honnête) ; L’héritage de Xénie (une Antigone russe, très bien) ; Breuil (glorification du patriotisme) ; Le moulin Frappier ; La fille de Diosa ; Jolie propriété à vendre ; Petite princesse ; Perdue ; Le vœu de Nadia ; Le mari d’ Aurette.
L’instruction morale et civique des jeunes filles est à r Index. (Décret du 15 décembre 1882).
Henri Guerlin, ancien élève de l’Ecole des Chartes;, aujourd’hui directeur de La Revue Marne si littéraire et si intéressante. Il a publié lui-même, outre des œuvresdocumentaires ( L'épopée de César ; Nos origines nationales ; Au pays de la prière ), des récits de voyages, et des romans pittoresques colorés et vivants parmi lesquels nous mentionnons ici pour les personnes d'âge raisonnable : L’inutile révolte (contre l’internationalisme) ; Le baiser de la déesse (l’aventure d’amour de Bonaparte avec MfflC Fourès en Egypte et en Syrie) ; La petite patricienne (historique et chrétien ; peintures très vives ; scènes d’amour, de haine et de sang sous Domitien).
Mme Nelly Hager, née en 1846, fut institutrice en Russie et visita une partie de l’Europe, en compagnie de la famille de son élève. Ses romans patriotiques (La fiancée du Rhin ; Le drapeau de Valmy ; Française Branche de Verveine ; Etienne Andriel ; Le fils de la mer) sont généralement honnêtes. Nous ne connaissons pas les autres.
Rider Haggard* né en 1856, ancien fonctionnaire aux colonies africaines, romancier à l’imagination brillante et fantastique, qui fut comparé à Jules Verne, Nous
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croyons savoir que toutes ses œuvres ne sont pas également irréprochables au point, de vue moral et nous ne citons ici que Découverte des mines du roi Salomon (roman d’aventures empoignant) ; Béatrice (une femme qui se tue par amour, récit émouvant).
Collection Hermine, nouvelle bibliothèque artistique et littéraire des dames et des grandes jeunes filles. Sous ce titre, la librairie Hatier réunit quelques volumes à l’aspect élégant et illustrés, qui seront lus avec plaisir par les personnes auxquelles ils sont particulièrement destinés. Ont paru : Lis et scabieuse , par M. La
Bruyère; L'Erreur de Florence par Ch. Le Goffic ; Deux cœurs, par B. A. Jeanroy ; Fille de Rois, par Pierre Maël ; Christiane, par Serge d’Ivry ; Le roman d'un vieux garçon , par Jean Thiéry ; Le château de Bois-Vipère, par Th. Bentzon ; Le rêve de Susy , par Henri Ardel ; Le bonheur passait, par Claude Saint- Jean ; etc., etc.
PAUL Harel, poète et romancier, né en 1854, à Echauffour (Orne), où il continue de tenir une auberge de famille. Gorgean sac (pour tous) ; Demi-sang (histoire d'amour, honnête et bien présentée).
ERNEST Hellc (1828-1885), écrivain et chrétien original dont l’œuvre paraît difficile à apprécier. Louis Veuillot l’a exalté à l'extrême ; beaucoup l'ont déclaré incompréhensible ; certains critiques d'aujourd'hui l'ont remis en faveur et l’ont classé parmi les plus puissants penseurs et les grands écrivains du siècle dernier. Qu'on lise ses Contes extraordinaires et ses ouvrages de philosophie, et qu'on essaie de se prononcer !
Sa femme, née en 1823, conue sous le pseudonyme de Jean Lânder a publié des récits moins bizarres, ou, si l'on veut, moins sublimes : Marguerites en fleurs ; etc.
Charles de Ricauit d’Héricault (1823- 1899) ,
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historien, paléographe, critique littéraire, romancier et vaillant chrétien.
Tous ses romans historiques sont vigoureusement écrits et assez savamment documentés. Thermidor (La Révolution à Paris, en deux parties : Marie-Thérèse et Dame Rose ) ; Les cousins de Normandie (La Révolution en province) ; La fille de Notre-Dame ; La fiancée de la Fontenelle ; Histoire nationale des Naufrages ; doivent être classés ici, tandis que En 1192 ; Les aventures de deux parisiennes ; Une reine de théâtre et surtout Les noces d'un Jacobin ; Les aventures d'un diplomate, ne doivent être donnés qu’avec circonspection .
Le respectable historien se révèle intéressant humoriste dans La comédie des champs ; Une veuve millionnaire ; Mcllc Sous Pliocène que nous plaçons ici ; dans La fille aux bluets , Le roman d'une propriétaire , Une reine sauvage et Fou d'amour que nous laissons plutôt aux grandes personnes.
FERNAND Hue (1847-1895), ancien chasseur d’Afrique, entra assez tard dans la littérature et commença une série de romans, récits, études, qui révèle un aimable narrateur au talent modeste, mais soutenu : Les voleurs de locomotives (épisode de la guerre de Sécession) ; Autour du monde en pousse-pousse ; 500,000 dollars de récompense ; Les Françaises en 1810 ; Le capitaine Frappe d'abord ; Les coureurs de frontières ; Les bouchers bleus ; Méconnue ; Marthe Bresson ; La petite Mionnette ; et Le Congo ; Le torpilleur n° 121 ; Le testament de M. Maliraux ; Les deux Marraines , publiés sous le pseudonyme de PAUL Biaise.
Maxime Juillet, de son vrai nom Alphonse Poirier, ancien directeur de Y Anjou, mort en 1903. Ses productions, auxquelles A. de Pontmartin, décernait tant d’éloges, sont l’œuvre d’un conteur toujours agréable et
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honnête : L'aveu suprême ; Pour lire en train express ; La nuit du crime (sensationnel) ; Châtiment .
Melle Isabelle Kaiser, poète et romancière, née à Zug (Suisse), connue à Paris par sa collaboration à La Quinzaine et à d’autres revues.
Ses œuvres ont eu un grand retentissement. Ses romans s’intitulent : Cœur de femme ; Notre Père qui êtes aux deux ; Vive le roi ; Sorcière (épopée en prose, son chef-d’œuvre, pas pour jeunes filles) ; L'éclair dans la voile.
Ses vers sont consacrés au doux et triste mal d’aimer.
GODEFROY Kurth, (Arlon, 1847), écrivain belge, ancien professeur à l’Université de Liège, orateur, peintre, historien.
Ses œuvres de haute vulgarisation historique : Clovis ; L’Eglise aux tournants de l’histoire ; Les origines de la civilisation moderne ; La Patrie belge ; offrent de larges considérations philosophiques, où la foi de Fauteur se montre aussi profonde que son érudition.
Dans Jeanne ou la loi de malheur , le grand chrétien atteint l’àme par delà l’esprit, et nous montre avec chaleur les ravages de la loi scolaire en Belgique.
Jean de la Brète, de son vrai nom Mlle Alice Cherbonnel. Si l’admiration banale ne vulgarisait pas trop souvent le mot de chef-d’œuvre, nous l'appliquerions volontiers aux études distinguées de ce spirituel auteur, ou au moins à son ouvrage le plus connu des lecteurs chrétiens, Mon oncle et mon curé (genre abbé Constantin). Nous le classons ici avec Badinage (où l’on plaisante sur tout) ; Le comte de Patène ; Conte bleu. Ces quatre ouvrages sont plus prudes que L’ Imagination fait le reste ; La solution (histoire d’une mondaine qui ne trouve la solution de ses difficultés intimes que dans les Exercices de saint Ignace) ; L’esprit souffle où il veut (épanouissement moral d’une jeune fille dans un milieu
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taré) ; Le roman d'une croyante (livre triste, où la « croyante », mêlée à des intrigues d’amour, s’appuie trop exclusivement sur la religion du devoir et de l’honneur). Un vaincu ; Vieilles gens , vieux pays ; Un réveil ; Un mirage ; L’impossible ; ne sont pas moins intéressants.
LÉON de La Brière (1845-1899), zouave pontifical, capitaine des mobiles en 1870, puis fonctionnaire et littérateur. Outre ses travaux d’histoire anecdotique : Montaigne chrétien ; L’autre France (le Canada) ; Les Saints dans le monde (biographies), etc., il a fait paraître Le chemin n° 7 (amusante fantaisie administrative) ; Blanc et noir (recueils) ; Contes et souvenirs , trois ouvrages qui ne doivent pas être lus par des personnes trop jeunes.
André Laurie, de son vrai nom Paschal Grousset, né à Corté en 1845, journaliste, homme politique, ancien membre de la Commune et député.
Il a publié, sous divers pseudonymes, une quantité d’ouvrages ; ceux qu’il a signés André Laurie, sont destinés à la jeunesse laïque : La me de collège dans tous les pays du monde (pas toujours au point sous le rapport des principes de l’éducation, 13 volumes) ; Les chercheurs d'or de V Afrique Australe ; Abel Ebersen ; Atlantis ; Sélène Company Limited ; L’ héritier de Robinson ; Le capitaine Trafalgar ; Le secret du Mage (quelques notes irréligieuses).
ANATOLE Le BraZj littérateur breton, né en 1859, au pays des bûcherons et des sabotiers. Dans son contact étroit avec la vie bretonne et les vieux livres d’histoire, il recueillit l’inspiration de ses vers gracieux, de sa prose non moins séduisante. Tout en se consacrant à l’étude approfondie des chants et traditions populaires de l’Armorique (Le théâtre celtique , etc.), il évoqua avec un rare bonheur, le charme indéfinissable de ce pays.
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(( aux murs bas coiffés de vieux chaume »,et en fit revivre, dans de savants et délicieux livres, les légendes mystérieuses et les bruyères sans fin : La chanson de la i Bretagne ; La légende de la mort ; Au pays des pardons ; Le sang de la Sirène ; La terre du passé ; et surtout Contes du Soleil et de la Brume.
Ernest Legowvé (1807-1903), auteur dramatique,, conférencier hors ligne, philosophe spiritualiste imbu de certains préjugés contre l’Eglise.
Il s’essaya sans succès dans la poésie et le roman ; mais il donna au théâtre des pièces habilement construites, parmi lesquelles Adrienne Lecouvreur , d’une moralité fort relative.
Chargé de l’Ecole normale de Sèvres,, il consacra quelques ouvrages un peu suspects à la question de l’éducation et des femmes : Une éducation de jeune fdle ; La. femme en France au XIXe siècle ; Les pères et les enfants au XIXe siècle ; Nos filles et nos fils ; Une élève de seize ans ; Lectures à l'académie ; Fart de la lecture ; etc.
A la fin de sa vie, il réunit ses Soixante ans de souvenirs et publia quelques moralités : Fleurs et fruitsd’hiver ; Epis et bleuets.
Gustave Levavasseur (1819-1896), poète et littérateur, maire de La Lande-de-Longé (Orne). Les jeunes gens liront avec bonheur Dans les herbages , délicieuserésurrection de la vie des champs ; La vengeance d’Ursule ; Poésies complètes (3 volumes) ; etc.
ERNEST Lionnet, né à Paris en 1848, docteur en droit, ancien fonctionnaire, contracta, pendant le siège de Paris, une maladie des yeux qui le conduisit en quelques années à la cécité complète ; pour échapper à une pénible oisiveté, il se mit à écrire des romans.
Il publia ainsi successivement sept volumes : Le doc . teur Chabot (couronné par l’Académie française) ;
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L' homme de la tour ; Le Pré aux biques ; Paul Barbet ; Pauvre Tri ! Député sortant ; Chacun sa voie ; et depuis, quelques feuilletons dans YOuvricr, les Veillées et dans La Croix.
Marie Lionnet, femme du précédent, morte en 1905, a enrichi de quelques livres la liste des romans honnêtes : El Veijo , suivi de Feliza (ouvrage couronné par l’Académia française) ; La fille du philosophe ; Les épreuves d'Antoinette ; L’erreur du lieutenant (pas pour jeunes -filles surtout) ; Les millions de Charlotte.
MARCEL Luguet, (Fontenay-le-Comte, 1865), un des auteurs qui portent habit de deux paroisses. Ses livres qu’il a publiés chez Marne (Cœurs naïfs ; Sabre a la main J sont excellents. Quant aux autres, parus chez Stock ou Tallandier, ils s’inspirent trop de cette maxime qui résume Tendresse , le monde thermal : « On peut se permettre beaucoup d’indécences, quand on s’aime tendrement ».
Yves Le Querdec, pseud. de Georges Fonsegrive,
né en 1852, professeur au lycée Bufïon, directeur de feu La Quinzaine. Outre ses ouvrages de philosophie qui ont été vivement discutés dans le monde catholique, il a publié Les lettres d'un curé de campagne (livre très intéressant) ; Les lettres d’un curé de canton ; Le journal d'un évêque ; Comment lire les journaux ; et tout récemment Le fils de l’Esprit , roman social très apprécié, (un propriétaire terrien arrive par son intelligence à reconquérir la confiance des villageois qui l’entourent ; une institutrice très laïque prêche l’harmonie de la raison et de la foi ; une idylle sentimentale les unit tous les deux).
PIERRE Maël, signature qui appartenait encore tout récemment à deux écrivains, et sans doute aussi à plusieurs « nègres ». Ces deux auteurs avaient récipro-
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quement concédé au dernier survivant le droit de continuer à prendre ce pseudonyme ; l’un d’eux qui s’appelait CHARLES CaUsse, avait fini par synthétiser en sa personne le nom collectif. Ancien officier de marine, né en 1862, à Lorient, il avait d’abord fait du journalisme et s’était lancé dans la littérature ; il est mort en 1905. Depuis, son associé, M. CHARLES Vincent, a la propriété exclusive de la signature.
Cette œuvre est déjà immense : elle comprend plus de 80 volumes, dont beaucoup de romans maritimes. Au point de vue littéraire, elle a, par les sentiments élevés et la saveur marine qu’elle exhale, conquis toutes les sympathies du public des deux côtés de la Manche. Au point de vue moral, elle est souvent irréprochable.
Il vaudrait mieux cependant mettre sous clef : Celles qui savent aimer ; Ce que femme peut ; Myris ; Pauline Dèrilly ; La double vue ; Charité ; Dernière pensée ; Eve et Liliane ; Le cœur et l’honneur ; Le drame deRosmeur ; Flots et jusants ; Honneur , Patrie; Mer bleue ; Mer sauvage ; Petit ange ; Le torpilleur 29 ; Solitude ; Pilleurs d’épaves , et surtout Le roman de Violette.
Laisser aux jeunes gens formés : Reine Marguerite ; L’Alcyone ; Amour simple ; Ce qu’elle voulait ; Djina ; Fleur de mer ; Un manuscrit ; L’ondine de Rhuis ; Paule de Porsguern ; Sauveteur ; Seulette ; Le trésor de Madeleine ; Blanche contre jaunes ; Fleur de France.
Enfin, faire lire à tous Molle Pompon ; quelques-uns de ses ouvrages publiés pour eux chez Hachette.
Raoul Maltravers, de son vrai nom Marie Millet, (Dunkerque, 1859), un bon écrivain dont on lit toujours : Une belle-mère ; L’erreur de Raoul ; Un mystère ; Le pseudonyme de MtUc Merbois ; Les soupes au lait ; Stella ; Le talion.
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CLAUDE Manceyj un auteur dont il faut retenir le nom, Mlle Gènevoix, de Langres. Elle a publié, Vieilles filles (thèse et roman en leur faveur) ; Intellectuelles (les tribulations de certaines cervelines, Philaminte et Henriette de provinces ; ravages causés par l'intellectualisme et l’éducation trop cérébrale) ; et Les Sources perfides (montre dans des scènes très prenantes que les villes d’eaux sont souvent funestes au bonheur et à la vertu).
Etjenne Marcel, de son véritable nom Mmc CAROLINE Thuez, que certains lexiques ont confondue avec Mme Jules Samson, sa collaboratrice d’antan au Journal des demoiselles.
Les 50 ou 60 volumes du fécond et courageux auteur n’ont pas tous ces qualités supérieures auxquelles se reconnaissent les œuvres durables ; mais ils ont le mérite de plaire, d’émouvoir et d’être honnêtes. Aussi, occupent-ils une bonne place dans toutes les bibliothèques catholiques.
Nous nommons seulement, parmi tant de bons livres : L’IIetman Maxime (couronné par l’Académie) ; Les aventures d’André ; Elle et moi ; Souvenirs d’une jeune fille : La vengeance de Giovanni ; Pour une rose ; Histoire d’une corbeille de noces ; Laquelle ; Pour la patrie ; La ballade du Lac ; Armelle ; Le roman d’un crime ; L’ héritière ; Irène ; Petite sœur ...
Mlle Marie Maréchal, (1831-1879), a publié un certain nombre de romans intéressants et religieux. Elle réussit surtout dans les petits tableaux de genre, éclairés d’un rayon d’humour et de malice, et où ressortent avec relief les ridicules de certains bourgeois de province.
Nous réservons pour cette catégorie : Béatrix (un peu sentimental) ; L’institutrice à Berlin ; La fin d’un roman (suite du précédent) ; Le parrain d’Antoinette ; Journal d’une âme en peine ; Mademoiselle Creen : Mademoiselle de Charmeüle ; Marcelle Dayre ; Mariage
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h V étranger ; Mariage de Nancy ; La roche noire ; Sabine de Rivas.
Nous recommandons aux plus jeunes : Aventures de Jean-Paul Riquet ; La cousine de Lionel ; Famille Tolozan (édifiant) ; Nos petits camarades (24 récits un peu monotones, pour enfants) ; La maison modèle (pour enfants) ; La dette de Ben-Aïssa (id.) • La pupille d’Hilarion (id.), etc...
FrÉDÉRICK SVSarryat (1792-1848), romancier anglais dont les œuvres sans prétention, mais sans grand danger, ont été pour la plupart traduites en français : Pierre Sim~ pie ; Le vieux commodore ; Le pirate ; Deux amours ; Jacob fidèle ; etc.
Mary mériterait d’être plus connu, parce qu’il est plus sérieux et bon écrivain. OEuvres à lire : Deux voies (longues discussions théologiques, intéressant quand même) ; Immolation (la deuxième édition a été corrigée pour tous) ; Julie de Noiront (tend à interdire le mariage à ceux qui souffrent de quelque infirmité) ; Pauvre Jacques ; Amour et larmes.
M. Maryasi (Mme Marie Deschard, dite), une bretonne qui excelle à faire passer d’utiles leçons dans des récits très attachants. Elle s’adresse surtout aux jeunes filles qui se préparent au mariage, et leur montre que pour être heureuses, elles doivent se corriger de leurs défauts.
Nous ne pouvons pas énumérer ses 40 ou 50 volumes : nous citons seulement, parmi les plus recherchés : Kate (qui a paru autrefois dans le Correspondant) ; Le prieuré (lutte entre la rancune et la piété) ; L’envers d’une dot ; Primavera ;très littéraire et délicieux) ; Annie (un des meilleurs) ; Un nom (leçons aux nobles qui se retirent dans leur tour d'ivoire) ; Une tâche ; Odette ; Le manoir des célibataires ; Le roman d’une héritière (qui apprend à l’école de la souffrance à faire
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bon usage de son cœur et de sa fortune) ; Le pont sur VOiselle ; Cœurs bretons (scènes de résistance catholique) ; Le mariage de Monique. . .
Les mères qui liront ce dernier chef-d’œuvre nous reprocheront peut-être de l’avoir en quelque sorte réservé à leurs aînées, et se diront que les plus petites peuvent bien, elles aussi, profiter d’une lecture si aimable et si solidement tendre. Une fois de plus, les mères auront raison.
JULES Mazé. Breton par son père, et ardennais par sa mère, il aime la province et la décrit dans des pages vigoureuses et colorées.
Parmi ses romans, nous pouvons recommander à tous ceux qu’il a publiés chez Marne : Les étapes héroïques ; La terre sanglante ; etc. Les autres sont, pour la plupart, très passionnés : Les amants de Byzance ; etc.
Madame ERNESTINE Meunier, (Lyon, 1833), femmeauteur dont on trouve les œuvres dans beaucoup de bibliothèques catholiques : Les idées de tante vieillotte (satire des conventions ridicules de notre temps, très goûté) ; Le mariage de Josiane (pas pour tous) ; Le secret du bonheur (très spirituel) ; Branche maudite ; Un mariage original ; Tante Michette ; L'oasis Juvenilia (pour tous) ; Les idées d’une douairière (grand succès) ; Le secret du bonheur (beaucoup lu) ; Les Kèrouaz ; Front d’ivoire ; Les esquisses provinciales (pas pour tous) ; La pupille de Goliath ; Un coup de tête ; La famille de l'amiral.
Miriam, pseudonyme dont Marie-Louise Paume (Valence, 1865), a signé Grande amie ; Il faut le croire.
Mlle Louise Mussat (Vitry-le-François, 1830), met dans ses œuvres généralement chrétiennes, de la verve, de l’observation, du sentiment et une pointe d'humour qui les font apprécier : Charmant ; En maître ; Mon
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roman ; Après le roman ; Le père Tranquille (pour les
petits) ; etc.
Jean Nesmy, de son vrai nom M. Henry Surchamp. Le pseudonyme est le nom du valet de ferme qui sauve ta Fromentière dans la Terre qui meurt. C’est dire que Jean Nesmy est un admirateur et un disciple de M. Bazin. Le jeune écrivain dans un roman gracieux intitulé L’ivraie prêche aux habitants des champs le « Restez chez vous ». Délicieuse et navrante histoire d’un paysan limousin qui quitte le village et vit dans la misère et le désordre dans la ville. Sa situation, sa conduite ne sont pas exemplaires : le livre n’est pas pour les plus jeunes. Pas plus que Les égarés , roman moral qui met en scène les deux écoles d’instituteurs, l’ancien, modeste et consciencieux, le nouveau, politicien et sectaire. Le dernier livre, L ame limousine , charmant recueil de nouvelles régionalistes, est remarquable par la grâce simple, l’ironie discrète, la délicatesse des sentiments et du style. Une de ces nouvelles l’empèche seule d’être un livre pour adolescents.
Madame Berthe Neuilliès, née à Abbeville, où elle réside. Pendant une période douloureuse de sa vie, elle consacra ses loisirs à écrire des imitations de romans anglais: L’expiation de lady Culmore ; Ismany Valdron; Le mari d'Yanthe. . . Elle a publié depuis deux romans remarquables : L’idée de Ghislaine , dit l’anticlérical Matin , est « une perle rare , car il y a de beaux jours qu’on n’écrit plus pour les jeunes tilles, peut-être à cause de la pauvreté et de la fadeur trop connue des productions qui jadis les visaient. On ne saurait noter avec trop de soin, dans les familles, ce charmant ouvrage si spirituel et si moderne de ton, qui sera considéré par les lectrices de tout âge, comme une véritable trouvaille ». Quant à l’autre, Le secret de Rita, voici ce qu’en dit La femme contemporaine : « L’auteur retrace des scènes
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émouvantes en une langue aussi française que gracieuse, jette çà et là des descriptions vivantes et enthousiastes,! et peint ses caractères d’un pinceau que les plus difficiles lui pourraient envier. »
CHARLES Nodier (1780-1844). Auteur universel, touche à tout, poète, artiste, historien, il ne reste de lui que le conteur. Ses romans se ressentent de la maladie du temps, l’ennui ; ils sont faibles et d’ailleurs oubliés ; mais ses contes sont de petits chefs-d’œuvre qui parlent encore au cœur. Lire Contes choisis (chez Hetzel) ou L’ècrin d’un conteur (chez Charpentier) ; Contes de lu, veillée.
Edouard Ourliac (1813-1848), romancier français dont les saillies originales et la verve endiablée amusèrent d’abord les jeunes gens de joyeuse vie. Il se convertit à la suite d’un mariage malheureux, et collabora à L’Univers. Il dirigea alors ses railleries et ses épigrammes contre les ennemis de la religion et spécialement contre Voltaire. Lire : Contes du bocage ; Nouveaux contes du bocage ; Nouvelles ; Dernières nouvelles ; Nouvelles nouvelles ; Les portraits de famille ; Proverbes et scènes bourgeoises ; Suzanne (son principal ouvrage) ; Le marquis de la Charnaye , un des Contes du bocage que Louis Veuillot considérait comme le chef-d’œuvre de cet écrivain « plein de bon sens, d’honnêteté et de sel ».
HENRY de Pêne (1830-1888), polémiste et chroniqueur remarquable, un des fondateurs du Gaulois , aborda le roman avec quelques œuvres assez appréciées : Trop belle (histoire d’une femme idolâtre de sa beauté, scènes scabreuses, belles pages) ; Née Michon (critique de l’enseignement donné dans les lycées de filles) ; Demicrimes (l’honnêteté relative des gens du monde).
Comtesse Dubosc de Pesquidoux, de son nom de jeune fille Olga Beuverand de la Loyèrc, née en
1848, fille d’un secrétaire d’ambassade à St-Pétersbourg. Mariée en 1867, elle s’associa aux travaux de son mari, et, quand elle fut devenue Veuve, elle se mit àt écrire : Miel et Dard (recueil de pensées) ; En tous pays ; L'omnium (roman d’amour sous Néron, sentiments -chrétiens) ; nouvelles diverses.
Pfeider (Ida Reyer, Mme). Célèbre voyageuse allemande (1795-1858). Veuve à 40 ans, elle se mit à parcourir le monde, sans ressources et sans escorte. Les régions qu’elle a visitées sont très bien décrites dans trois ouvrages : Voyage d’une femme autour du monde ; Mon second voyage autour du monde ; Voyage a Madagascar.
AméDÉE Pichot (1796-1877). Directeur de la Revue Britannique , il a publié des romans d’aventures genre anglais, parmi lesquels on lira : L’écolier de Walter Scott , etc.
Adolpiie-Henri Pieyre, né à Nîmes, en 1848, ancien député, agriculteur, auteur dramatique, historien et romancier. Outre son Histoire de la ville de Nîmes, nous signalons parmi ses romans : Le capitaine La Fayolle ; Bèbora la bohémienne ; L’Ermitage ; L’Epreuve (roman politique).
Armand de Pontmartin (1811-1890). Gentilhomme légitimiste qui, pendant 28 ans, écrivit « les samedis littéraires » de la Gazette de France. La fin d’un procès; Les jeudis de Mmc Charbonneau ; Souvenirs d’un vieux mèlomame et ses travaux de critique peuvent être lus par tout le monde. Les coi beaux du Gévaudan ; La fdleule de Beaumarchais ; Le radeau de la Méduse ; Les lettres d'un intercepté et surtout Les péchés de vieillesse ne conviennent qu’aux personnes sérieuses.
Marguerite Poradowskaj née à Lille, ou son père, le philologue Emile Gachet, était principal du collège.
Mariée à un polonais, elle étudia sur place les mœurs» galiciennes, et les traduisit dans des romans intéressants et très finement observés : Pour Noèmi ; Demoiselle Micia ; Les filles du Pope ; Marylha ; Le mariage du fils Grandsire (roman de mœurs lilloises) ; Mariage romanesque (mœurs de Bukowine).
Georges Pradel, de son vrai nom E. Pradier, né à Lorient. L'un des romanciers « honnêtes », qui a publié chez Marne, une série de livres émouvants, parmi lesquels nous détachons : L'œillet blanc ; Fleur de Mai ; Le brick d'ébène ; L'œil de Tigre ; La fille du. régicide ; La cage de cuir...
JULES Pravieux, né à La Machine (Nièvre), le 21 octobre 1866, ancien avocat à la Cour <T Appel de Paris.
11 a du talent narratif, dit Emile Faguet, de l’esprit et de la force dans la peinture. Ses personnages sont vivants...
Ces personnages sont, dans Ami des jeunes , l’abbé Pergame et tout un groupe de jeunes étudiants animés d’ambitions et de passions diverses ; dans Monsieur l' Aumônier, l’abbé Fougère, le prêtre onctueux et disert, le confesseur de « ces dames » qu’il oriente vers le mariage ou la piété transcendante ; dans Un vieux célibataire , l’abbé Blondot qui tient lui-même la plume et se prouve à lui-même, à travers mille épisodes, que l’Eglise a bien fait de prescrire le célibat aux prêtres ; dans Oh ! les hommes ! journal d'une vieille fille ,. Clotilde qui a toujours vingt ans, et de l’esprit, et de la belle humeur, et du dévouement, et pas de rancune, et pourtant est une vieille fille î ; dans Séparons-nous ! le Concordat dont on se passera, ma foi, comme on dit au palais épiscopal et aux alentours, puisqu’aussi bien, il n’est plus qu’un moyen de servitude !
Oui, ces récits sont vivants : et l’esprit qui pétille, et l’ironie qui abonde, et la verve qui jaillit, et les coups de
griffe et les scènes d’amour qui sillonnent ces pages délicieuses, leur donnent une saveur exquise. Quelques entants de Marie pourraient s'en effaroucher; mais les gens du monde prendront à les lire, autant de plaisir que les « curés ».
Madame Emmeline Raymond, (1828-181)9), de son vrai nom COMTESSE Marie de Beausacq, connue dans le monde des lettres et de la mode sous le nom de Comtesse Diane, fondatrice de la Mode illustrée. Elle a trop peu de sentiments chrétiens ou trop de tendances protestantes pour être recommandée à tous sans réserve.
Nommons seulement : Aide-toi , le ciel V aidera ; A quelque chose malheur est bon ; Autobiographie d'une inconnue ; Une femme élégante ; Histoire d'une famille ; Journal d'une jeune fille pauvre ; Le legs ; Un mariage parisien ; La plus heureuse de la famille ; Un récit qui ne se termine pas par un mariage ; Rêve dangereux (contre les imaginatives) ; Le grand’père et ses quatre filles (idées protestantes, erreurs dogmatiques).
E. Resclauze de Bermont a su se créer un nom par le talent distingué dont ses romans sont la preuve : Le comte de Pèrazon ; Le passé ; Le sillon ; Demi mère (pour grandes personnes) ; Mariage moderne ; etc. Cependant, tous ses héros ne sont pas des prix de vertu.
Théodore Roosevelt, né à New- York en 1858, aujourd’hui président de la République des Etats-Unis. Homme d’action, orateur puissant, le grand américain est encore un écrivain de valeur : outre des volumes historiques et biographiques, il a publié des œuvres très fortes (La vie intense ; La vie au rancho ; Chasses et partie de chasse ), où il préconise la lutte pour la vie, l’énergie, le droit des forts, parfois au détriment de la solidarité Juunaine.