‹ Romans, contes, anecdotes et mélangesChapitre 17 sur 47 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Histoire (VKmma.

X L o R 1 o resta plusieurs heures sauw^ revenir h lui , ei serait peut-être mort faute de secours , si une petite pîuio ne Teût rafraîchi. Il se reicTa , n'eut pas la force de remettre son habit; mais il le prit sur ses épaules, et ve* tourna à la maison. Beaucoup de gens?

croiront qu'il était d'assez mauvaise humeur : cependant il éprouvait une joie secrète. Il se souvenait qu^il avait porté au scélérat de Stolzenbeck, un coup d'épée qui le|tiendrait au lit pendant un bon mois, et ferait en conséquence différer son mariage avec la maîtresse de son ami. S^il avait été bâtonné , celait pour l'arcour dŒm-

ma ; et s'il n'avait pas reçu au bras droit une blessure qui Tempêcherait de long-terops de teiûr un arcbet, ou de jouer du piano , il aurait regardé , somme totale, celte aventure comme très-heureuse.

Il se fit traiter par son ami ; mais ^'à ne jugea pas à propos de Tiaformer de îa vérité de cette aventure ; et Théodore Feût ignorée y si Tassesseur ne se lut vaiué dans le monde de son bel exnloit. Il voulut en témoigner

sa gratitude à Florio , qui lui dit eu f>ouriant : Mon ami , ne prends pas t^u mauvaise part ce que je vais te dire ; ce n'est pas seulement pour toi cino.

je me suis battu ; le démon de la jalousie m'a dir-l^é. Je dois t'avouer qu'Emma a fait sur moi la même impression que lorsque j'ai entendu , pour la première fois , Y I phi génie de (.]Iuck. Il faut que je lasse avec

elle une plus ample connaissance, pour me délivrer du sentiment in-définissable qu'elle a excité en moi;

ou — Ou pour lui faire

quitter le nom de Thomasius , interrompit Théodore en souriant. — Tu te trompes , poursuivit Fiorio ; qui te parle d'épouser ? Je parie qu'en la voyant de près quelques semaines , je reviendrai à mes premières idées sur les femmes.

Il offrait de parier , mais il ne disait pas qu'il était à-peu-près sûr de perdre; et en effet il aurait perdu.

Pour s'en convaincre le plus tôt possible , il ne laissa' pas le second soir, de repos à Théodore, qu'il ne Feût conduit dans la petite chambre où Emma travaillait toute seule à un ouvrage que madame Saîfeid lui avait donné- Elle reçut son protecteur avec beaucoup d'amitié ; mais se>

yei!X portaient des traces de larmes ^ et, à celte vue, le pauvre Florio éprouva un serrement de cœur. Théodore s'en apperçut aussi, et lui demanda avec boDté si elle était roéconteiite de sa situation, ou s'il lui manquait quelque chose.

Non certes, répondit-elle, et ses pleurs recommencèrent à couler ; je suis satisfaite ; Dieu a eu pitié de moi ; il m'a envoyé un de ses Anges ; déjà mille fois je 1 en ai remercié à genoux. Pardonnez -moi s'il m'en coûte plus ponr épancher mes setitimenls devant les hommes c^ue devant Dieu ; pardonnez-moi si vous me trouvez plus émue que votre générosité ne semblerait le comporter. Vous sentez bien que , malgré le malheur auquel vous m'avez soustraite , je ne suis qu'une pauvre orpheline sans ressources. Abandonnée dans le monde ,

S2Î3S parents, sans connaissances, laut-ii que je doive ma vie à ]a bienfaisance d\m îeune homme? ( Eue ixijgit en prononçant ces mois). Oh !

procnrez-moi wue condition; si petite, si misérable C[ue söit la place, j'aime mieux être nne pauvre servante que d'abuser de vos bienfaits ; mon bonheur est le seul bien qui me reste dans le monde,

Théodore comprit ce qu'elle voulait dire , et s'efforça de la rassurer par la promesse qu'il ferait tout sou possible pour lui procurer une place.

Mais, ajouta-t-il, pour y parvenir avec pkis de succès , veuillez me dire qui vous êtes, et quelles aventures VGus ont réduite à cet état?

(( Très-volontiers, répondit Emma; mou histoire est courte et fort sim»

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