OTT IL I Â
Yersation était entamée, mais le snjetne prêtait pas beaucoup. Cependant, lorsqu'un jeune homme et une jeune fille ont une fois irouyé un &ujet d'entretien, il ne tarit plus^.
T>es pierres de la lune on passa aux étoiles. Théodore connaissait les principales constellations , et les montra s sa belIeToisine.il lui fit voir Orion, Cassiopée, les Pléiades. 11 ne pou- Tait faire ses démonstrations sans Cju'ils passassent leurs têtes par la portière, au moyen de quoi leurs joues se touchaient sans cesse. Théodore indiquait du doigt les étoiles^ dont il parlait ; Ottilia en faisait de même pour celles dont elle demandait le nom ; si bien que leurs doigts, leurs mamS; se rencontraient presque iôujours,-^
Théodore, entramé par l'amour, saisit une fois une main qu'on lui^
abandonna trop , il la porta sur ses lèvres , et la tint serrée dans une des siennes.
Alors tons deux oublièrent les mondes innombrables suspendus audessus de leurs tètes. La lune aurait fait sur la voilure une décharge générale de son artillerie, sans qu^ils y eussent pris garde.
Leur conversation finit cependant^ et le même silence recommença. Ottilia fît quelques faillies efforts pour retirer sa main ; mais voyant que c'était inutile, elle y renonça, et se réjouit seulement de ce qu'vui autre globe lumineux ne vînt pas déceler sa rougeur.
Ils arrivèrent dans cette agitation délicieuse à la demeure du directeur de la banque ; ni Tun ni l'autre ne s'appercevait que la voiture était arrêtée près de la porte d'entrée. Jusqu'alors 1. 5
Ottilia s'était bien gardée de répondre par ]e moindre geste à Théodore , qui ne cessait de serrer sa main ; mais lorsque le laquais eut ouvert la portière , que son père se fut réveillé, et qu'il fallut se séparer, elle pressa à son tour la main de Théodore entre ses jolis doigts. Théodore reçut du vieillard beaucoup de remercîments, et une invitation amicale de Venir le voir le lendemain matin»
Ottilia dit en elle-même ce seul mot • ringrat !