‹ Romans, contes, anecdotes et mélangesChapitre 31 sur 47 · II. .c · texte numérisé non relu

II. .c

Je TOUS consolerai , dit ^Emma dont les pleurs et les sanglots étouffaient les paroles.

Maintenant c'est impossible, reprit-il ; au nom du ciel , laissez- moi seul.

Emma se retira ; quand elle eut passé le seuil de la porte , elle se mit à genoux , et pria Dieu avec ferveur pour qu'il louchât Fàme de son père, et lui rendît le repos. Elle se livra pendant une heure aux occupations du ménage ; mais n'y pouvant plus tenir , elle retourna auprès de son père. Elle le trouva dans un sombre désespoir. Rlumra frissonna quand il la vit entrer ; mais Emma avait séché ses pleurs ; elle Tabordaavec le sourire amical qui lui était ordinaire.

L'égoïsme glacial de Klumm céda à des manières aussi aimables. Hélas î dit-il , que ne puis-je prier Dieu !

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Emma se mit à i^enoiix , implora les mânes de sa mère , et la coriuira de pardomier.

Kluram attendri ne pnt de longtemps lever les yeux sur sa fiJie ^ comme s'il craignait de lire sur sa physionomie les reproches qu'il sentait au fond de sa conscience.

Cependant il s'accoutuma à contempler ce joli visage où rayonnait l'amour filial ; il considéra Emnrïa comme une âme du purgatoire considère Fange qui lui tend la main pour la délivrer. Emma aurait bien voulu parler encore de sa mère ; mais elle sentait désormais combien un tel entretien était pénible pour le vieillard; il lui siu'ut de saisir avec inquiétude toutes les circonstances qui pouvaient l'éclairer sur ces mvslérieuscs aventures.

Les soins de cette jeune perf^onng

avaient été salutaires à Kiumm; jamais, depuis longues années , il ne s'était si bien porté; mais les sensations douloureuses qu^elle réveilla ^ dans son âme , l'idée terrible et accablante qu'il recevait des soins bien- Teiilants de cet enfant même qu'il avait délaissé , dont la mère avait péri sa victime , portèrent im coup funeste à son esprit. Emma reconnut avec effroi que chaque jour ses facultés intellectuelles s'affaiblissaient, que Je désordre se mettait dans ses idées.

Par fois il ne la reconnaissait pas , d'autres fois il la prenait pour sa mère ; enfin il tomba tout à fait dans la démence.

Hélas ! dit Emma , la main de Dieu s'appesantit sévèrement sur lui ; il est de mon devoir de le soulager d'une partie de ce châtiment terrible.

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