‹ Romans: contes et voyagesChapitre 45 sur 67 · DE VICENCE A PADOUE · texte numérisé non relu

DE VICENCE A PADOUE

Très de Padoue, au sein de ce riche pays

Où le pampre s'étend sur le blé de maïs

(Que n'ai-je vos pinceaux, Titien ou Véronè^e,

Pour ce divin tableau digne de la Genèse!),

Une femme était 1&, caressant de la main

Un bambine couché snr Therbe du chemin :

Plus souples et plus longs que les rameaux du saule,

Ses cheveux abondants tombaient snr son épaule ;

Elle était presque nue, à pein§ un peu de lin

Lui glissait au genou ; plus d'un regard malin

Courait comme le feu de sa jambe hardie

A sa gorgo orgueilleuse en plein marbre arrondie.

Elle 80 laissait voir naïve en sa beauté

Sans songer à voiler sa chaste nudité ;

Pieu l'avait faite ainsi, comme il avait fait Eve ,

IJn matin qu'il voulait réaliser un rêve :

Pourquoi cacher au jour ce chef-d'œuvre charmant

Créé pour être vu, di\in enchantement!

A la fin, devinant qu'on la trouvait trop bille. Elle voulut voiler cette gorge rebelle ;

Elle étendit U main, mais le voile flottait.

Son front avait rougi ; de f^mme qu'elle était Elle redevint mère : — avec un doux soan're , Un sourire plus donx qne je ne saurais dire , A son petit enfant elle donna son sein , sublime action ! Les anges par essaim , Chantant Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes L'altière volupté de ces saintes mamelles.

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