‹ Romans, contes, nouvellesChapitre 6 sur 11 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

gris ils s'estompent, se nuancent et se colorent. Ils s'éclairent d'eux-mêmes d'une lueur intérieure. L'auteur dans son parti pris d'effacement, ne consent pas à projeter sur eux la lumière de sa volonté ; il les laisse se développer, les regardant de haut qui viennent se faire connaître. Ce ne sont pas les péripéties qui mettent les personnages en avant, mais leurs passions, leurs sentiments, leurs réactions. Il semblerait que ce soit presque à l'insu de l'auteur que le roman se déroule.

« Ce n'est pas nous, dit-il, qui décidons dans notre cabinet : je Veux que telle figure soit ainsi, mais c'est la figure qui répond à notre évocation, à notre curiosité, à nos soins, et nous récompense finalement par son aveu : <■ t'oi7à toutes les diverses faces que fai ^\ Nous ne sommes tout à fait maîtres ni de nos personnages, ni de notre roman >\

Cette confession peut étonner certains faiseurs de romans qui imaginent agiter de la vie en créant des types représentatifs de quelque chose, chargés de sentiments rudimentaires, conventionnels, autour desquels en guise d'atmosphère, ils tassent les descriptions oiseuses sans le moindre lien moral avec les états d'âme des personnages. Aussi demeurent-ils mornes, factices, sans existence propre, confinés dans le plan initial du faiseur de romans et sans vitalité suffisante pour s'en affranchir d'eux-mêmes.

Les personnages de Monsieur Boylesve agissent, eux,

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