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PREFACE XI

en toute liberté, mus par la vie intense quil leur infuse ; s'ils l'entraînent, l'emmènent par des détours imprévus^ ils ne Vont pourtant pas au hasard, ils suivent un plan tracé, mais bien différent des schémas coutumiers des

romans, des canevas habituels tendus pour épingler l'intrigue.

Ayant évoqué un milieu, il note les constatations collectives, les pensées diverses, les réflexions philosophiques, les observations attendries ou ironiques qu'il lui suggère ; il suppute les conflits possibles et les accords probables.

Des visions plus directes bientôt s*esquissent, les êtres se matérialisent dans l'atmosphère morale choisie ; alors, abandonnant toutes notes, l'écrivain laisse les êtres pleins de substance vitale qu'il a créés suivre la logique de leur destinée, escortés de son intérêt vigilant et ému.

Malgré les données abstraites des sujets, le récit ne iubit aucun arrêt par des dissertations didactiques, philosoph ques ou psychologiques ; ce sont les figures toutes animées de pensées et de sentiments qui s'expriment directement ; elles seules sont chargées de convaincre et de dissuader.

Mais, aussi impersonnel que veuille demeurer Monsieur Boylesve, ses tendances se font parfois entrevoir. Il laisse percer sa sympathie pour les gens d'intelligence claire, de bonne tenue morale, de tradition, pour les

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