‹ Romans et nouvellesChapitre 170 sur 177 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Henri IV lorsqu'il fut surpris jouant avec ses enfants par je ne sais quel ambassadeur, la petite fille se réfugia vers le bois, et passa , comme un faon, auprès de Marianna. Madame de Belnave faillit la saisir au vol pour la couvrir de baisers ; mais l'approche deM. Valtone l'obligea à se retirer plus avant sous la feuillée. Quand elle revint à sa place, le perron était désert. Elle demeura longtemps à suivre du regard les évolutions des lumières qui brillaient dans les appartements à travers les persiennes. Une seule fenêtre était encore ouverte, c'était celle de M. de Belnave. Une ombre s'y tenait accoudée sur la balustrade, immobile, la tête appuyée sur la main. Au bout d'une heure, un profond soupir de tristesse et d'ennui vibra, comme une note plaintive, dans le silence de la nuit ; puis l'ombre disparut, et la fenêtre se ferma.

Lorsque les lumières se furent éteintes successivement, et que la maison se dessina comme une masse sombre sur le fond étoile du ciel, madame de Belnave alla s'asseoir à son tour sur une des marches du perron. C'était là que, durant les beaux jours, les deux ménages se réunissaient, le soir, après le repas; là, que Marianna, au retour de ses promenades, trouvait toujours un visage ami pour la recevoir. Elle attacha un triste regard sur la porte qui s'ouvrait autrefois avecjoie devant elle.

Après avoir rôdé, comme un proscrit, autour de la maison, elle prit un sentier jadis préféré. Arrivée au bord de larivière, près d'un tertre vert qui mouillait ses pieds dao« la Creuse , elle se rappela qu'un

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