‹ Romans et nouvellesChapitre 78 sur 177 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

pardon, vous ne rameniez sous votre toit qu'une épouse flétrie. Nous étions dignes l'un de l'autre. Et maintenant, adieu ! Il était le seul lien qui m'attachât à vous. Je vous suivais pour le sauver ; pour le sauver, lui, mon sang, lui, ma vie, je m'abaissais jusqu'à vous abuser sur ma pureté et sur mon repentir. Car, si je vous trompais, ne croyez pas que ce fût lâcheté, remords ou retour de tendresse ! Je n'étais lâche que pour lui. Mon seul remords était de le quitter. En le quittant, je lui laissais toute mon âme. Maintenant que vous l'avez tué, je ne vous crains ni ne vous aime : je ne vous connais plus !

Elle sortit sans que personne songeât à la retenir. M. de Belnave demeura à la même place, sans voix, sans mouvement, atterré, foudroyé, changé en pierre. Noëmi se crut un instant le jouet d'un horrible rêve; mais, ayant tourné les yeux vers M. Valtone, elle comprit tout aux traits bouleversés de son mari, et se frappant la poitrine avec désespoir :

— Ah! malheureux, s'écria-t-elle, c'est toi qui nous as tous perdus 1

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