‹ Romans grecsChapitre 112 sur 179 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

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phrases et de longues circonlocutions pour vous promettre mon concours, quand je vous vois ainsi bouleversée et presque sur le point de rendre Tâme. — Tout ce que tu voudras, je te le promets, dit Cybèle. Déjà elle t'a nommé grand échanson, par égard pour moi ; mais? si tu as en vue quelque dignité plus élevée, tu n'as qu'à parler. A toi des richesses sans nombre si tu sauves l'infortunée. — Depuis longtemps, dit-il, ma mère, je soupçonnais cela; j'avais tout compris; je gardais le silence, attendant ce qu'il en adviendrait. Je ne songe ni aux dignités ni aux richesses ; mais, si elle me donne en mariage la jeune fille qu'on dit sœur de Théagène, elle aura comblé tous mes vœux. J'aime cette fille à la fureur, ma mère; puisque notre maîtresse sait par sa propre expérience ce que c'est que cette passion, quelle en est la force, il est juste qu'elle aussi vienne en aide à qui souffre du même mal, surtout quand il s'engage à lui procurer une telle bonne fortune. — N'aie aucune inquiétude, dit Cybèle ; notre maîtresse témoignera indubitablement sa gratitude à son bienfaiteur, à son sauveur. D'ailleurs, nous pourrions peut-être, par nous-mêmes, décider la jeunefille. Mais comment, dis-moi, nous viendras-tu en aide? — Je ne puis rien dire, reprit-il, que la promesse ne m'en ait été confirmée, sous la foi du serment, par notre maîtresse ; pour vous, ne faites jusque-là aucune démarche auprès de la jeune fille : car elle me semble quelque peu fière et hautaine ; et vous pourriez tout gâter sans vous en apercevoir. — Tu seras satisfait, dit-elle ; » et, courant à la chambre d'Arsacé, elle se jeta à ses genoux : t< Ayez bon courage, s'écria-t-elle, grâce aux Dieux, tout vous réussit ; faites seulement appeler mon fils Achéménès. — Qu'on l'appelle, dit Arsacé, si toutefois tu ne me prépares pas encore une nouvelle déception. r>

XXIV. Achéménès entra. Arsacé, à qui la vieille avait tout raconté, jura de lui donner en mariage la n. 19

214 THEAGENE ET CHARICLEE.

sœur de Théagène. « Maîtresse, dit Achéménës, que Théagène cesse désormais, lui simple esclave, de se montrer arrogant avec la maîtresse dont il est la propriété. — Et qu'entends-tu par là, luidemanda-t-elle?» Alors il raconta tout : comment Théagène avait été pris et était prisonnier d'après les lois de la gflerre; comment Mitranès l'avait envoyé à Oroondatès, pour être donné en présent au Grand Roi ; comment il l'avait reçu sous sa garde pour le conduire et se l'était vu arracher par une attaque audacieuse des Besséens et de Thyamis; comment enfin il n'avait échappé luimême qu'à grand'peine. Pour ne laisser aucun doute, il mit sous les yeux d'Arsacé la lettre de Mitranès à Oroondatès, dont il avait eu soin de se munir, ajoutant que, s'il était besoin d'autres preuves, il produirait en outre le témoignage de Thyamis. A ces révélations, Arsacé respira : sans perdre un instant, elle sortit de son appartement, se rendit dans la partie du palais où elle avait coutume de siéger pour traiter les affaires, et se fit amener Théagène. Quand on l'eut introduit, elle lui montra Achéménès, debout auprès de lui, et lui demanda s'il le connaissait. Sur sa réponse affirmative, « Heconnais-tu aussi, ajouta-t-elle, avoir été remis entre ses mains pour être conduit comme prisonnier?» Théagène l'avoua également, a Sache donc que tu es notre esclave : tu rempliras l'office de serviteur, et tu obéiras, de gré ou de force, à nos moindres signes. Quant à ta sœur, je la donne en mariage à Achéménès, que j'ai mis au premier rang de mes serviteurs, à cause de sa mère et de son propre dévouement à ma personne. Je no veux d'autre relard que le temps nécessaire pour fixer le jour et faire avec plus de magnificence les apprêts du festin. » Théagène fut blessé au vif et comme ulcéré de ces paroles. Cependant il résolut de ne pas résister en face, mais de s'effacer en quelque sorte, comme pour éviter le chocd'une bête féroce: « Maîtresse, dit-il, je rends grâce aux Dieux de ce

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