‹ Romans grecsChapitre 135 sur 179 · UVRE IX · texte numérisé non relu

UVRE IX

4errfe accumulée en cet endroit étant légère et sans consistance, la base céda-t-elle, du moment où elle fut pénétrée par l'eau ; peut-être aussi ceux qui creusaient le soutewrain ayant miné le dessous des terrassements, ceux-ci se trouvèrent-ils entraînés dans le vide. On peut supposer aussi que Vétroite tranchée pratiquée la veillo occupant la partie la plus basse des ouvrages, il arriva un momentoùTeau, en montant, la remplit, et que la voie une fois ouverte, alla s'élargissant sans qu'on s'en aperçût; à moins pourtant qu'on n'aime mieux voir là un secours tout providentiel. Quoi qu'il en «oit, il se fit un si horrible fracas que chacun, en l'entendant, se sentit glacé de terreur : on ne savait ce qui arrivait; mais tous, Éthiopiens et Syéniens, s'imaginèrent que la plus grande partie des murs de la ville s'était écroulée. Mais les Éthiopiens, qui se savaient en sûreté, restèrent tranquilles dans leur camp, attendant patiemment le jour pour savoir exactement à quoi s'en tenir. Ceux de la ville, au contraire, coururent de toutes parts autour des murs. Chacun, voyant le rempart intact de son côté, s'imaginait que l'accident était arrivé sur un autre point. A la fin, le jour venant à paraître dissipa ce nuage de vagues terreurs qui les environnait ; car on voyait distinctement la digue rompue, et l'eau s'était subitement retirée. Les Éthiopiens, de leur côté, obstruaient l'entrée de la prise d'eau, au moyen d'un barrage formé de planches agencées ensemble et assujetties en dehors par de grosses pièces de bois. En môme temps des milliers de travailleurs y jetaient de la terre et des fascines, les uns de dessus la digue, les autres avec des bateaux. De cette façon l'eau fut bientôt étanchée. Cependant les communications n'étaient encore possibles ni d'un côté ni del'autre ; car la terre était couverte d'un limon profond, et, sous la surface, desséchée en apparence, se cachaient des mares fangeuses, véritables pièges où venaient également s'enfoncer hommes et chevaux.

SWO THÉAOÈNE ET CHAttlCLÉE.

IX, Ils passèrent ainsi deux ou trois jours, les Syé» niens laissant leurs portes ouvertes et les Éthiopiens restant désarmés en signe de paix, il y avait trêve, mais sans rapports réciproques. On ne posait plus do gardes ni d'un côté ni de l'autre ; ceux de la ville surtout se livraient aux réjouissances : car c'était Tépoque où se célèbre le Niloa, la plus grande fête des Égyptiens, qui tombe vers le solstice d'été, au moment où commence la crue du fleuve. C'est de toutes les fêtes celle que les Égyptiens solennisent avec le plus d'éclat, et en voici la raison : les Égyptiens divinisent le Nil ; ils le regardent même comme le plus grand des Dieux et le proclament le rival du ciel, parce qu'il arrose leurs terres sans l'intervention des nuées ni des pluies, et qu'il remplace pour eux, chaque année, l'eau du ciel par ses débordements réguliers. Telle est, du moins, la croyance populaire. Ceux qui cherchent à ce culte une explication plus élevée disent que le concours de l'humide et du sec est pour l'homme le principe de l'existence et de la vie, les autres éléments étant inhérents à ceux-là et se manifestant avec eux. L'humide est le Nil ; leur territoire constitue le second principe. Celte manière de voir est également du domaine public. Mais les initiés aux mystères disent qu'Isis est la terre et Osiris le Nil, substituant ainsi des mots à des choses réelles. Us prétendent que la Déesse soupire après son époux absent, qu'elle se réjouit de sa présence, s'afflige de nouveau à son départ et qu'elle redoute comme un ennemi le Typhon. Ces initiés, adonnés à la contemplation de la nature et des choses divines, ne révèlent point aux profanes les vérités répandues sous ces symboles, et se contentent de les leur faire pressentir sous forme de mythes , réservant à ceux qui sont plus versés dans la science, plus avant dans le sanctuaire, une initiation plus complète et plus claire, à la lumière éclatante des réalités.

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