‹ Romans nationauxChapitre 186 sur 247 · OD SE DÉROULENT TOUTES LES QUALITÉS DU CAPITAINE CLUBIK · texte numérisé non relu

OD SE DÉROULENT TOUTES LES QUALITÉS DU CAPITAINE CLUBIK

Moineaa fut articulé moigneau, proDonciation de gamin fauboarien.

Le capitaine Clubin, qui s'était approché des deux causeurs, posa sa main sur l'épaule du parisien.

— Chut! dit-il. Monsieur, prenez garde à Tos paroles. Nous sommes en mer.

Personne ne dît plus mot.

Au bout de cinq minutes, le guernesiais, qai avait tout entendu, murmura à l'oreille du malonin :

— Et un capitaine religieux !

Il ne pleuvait pas, et l'on se sentait mouillé. On ne se rendait compte du chemin qu'on faisait que par une augmentation

de malaise. Il semblait qu'on entrftt ^ans de la tristesse. Le brouillard fait le silence sur l'océan ; il assoupit la vague et étouffe le vent. Dans ce silence , le r&le de la Durande avait on ne sait quoi d'inquiet et de plaintif.

On ne rencontrait plus de navires. Si, au loin , soit du cOté de Guemesey, soit du côté de Saint-Malo, quelques bâtiments étaient en mer hors du brouillard, pour eux la Durande, submergée dans la brume, n'était pas visible, et sa longue fumée, rattachée à rien, leur faisait l'effet d'une comète noire dans un ciel blanc.

Tout & coup Clubin cria :

LES TRAVAILLEURS DE LA MER

— Faichien ! tu viens de donner un faux coup. Tu vas nous faire des avaries. Tu mériterais d'être mis aux fers. Va- t'en, ivrogne !

Et il prit la barre.

Le timonier humilié se réfugia dans les manoeuvres de l'avant.

Le guernesiais dit :

— Nous voilà sauvés.

La marche continua, rapide.

Vers trois heures le dessous de la brame commença à se soulever, et Ton revit de la mer.

— Je n'aime pas ça, dit le guernesiais. . La bruine en effet ne peut être souleTée

que par le soleil ou par le vent. Par le soleil, c'est bon ; par le vent, c'est moins bon. Or il était trop tard pour le soleil. A trois heures, en février, le soleil faiblit. Une reprise de vent , & ce point critique de la journée, est peu désirable C*est soaYent une annonce d'ouragan.

Du reste, s'il y avait de la brise, on la sentait à peine.

Clubin, l'œil sur l'habitacle, tenant la barre et gouvernant » mâchait entre ses dents des ])aroles comme celles-ci qui arrivaient jusqu'aux passagers :

— Pas de temps à perdre. Cet ivrogne nous a retardés.

Son visage était d'ailleurs absolument sans expression,

La mer était moins dormante sous la brume. On y entrevoyait quelques lames.

Des lumières glacées flottaient à plat sur l'eau. Ces plaques de lueur sur la vague préoccupent les marins. Elles indiquent des trouées faites par le vent supérieur dans le plafond de brume. La brume se soulevait, et retombait plus dense. Parfois l'opacité était complète. Le navire était pris dans une vraie banquise de brouillard. Par intervalles ce cercle redoutable s'entr'ouvrait comme une tenaille, laissait voir un peu d'horizon, puis se refermait.

Le guernesiais, armé de sa longue-vue,

se tenait comme une vedette à l'avant du bâtiment.

Une éclaircie se fit, puis s'effaça.

Le guernesiais se retourna tout effaré :

— Capitaine Clubin !

— Qu'va-t-il?

— Nous gouvernons droit sur les Hanois.

— Vous vous trompez, dit Clubin froidement.

Le guernesiais insista :

— J'en suis sûr.

— Impossible.

' — Je viens d'apercevoir du caillou à Iliortzon.

— Où?

— Là.

— C'est le large. Impossible.

Et Clubin maintint le cap sur le point indiqué par le passager.

Le guernesiais ressaisit sa longue-vue.

Un moment après il accourut à. l'arrière.

— Capitaine 1

— Eh bien ?

— Virez de bord.

— Pourquoi ?

— Je suis sur d'avoir tu de la roche très-haute et tout près. C'est le grand Hanois.

— Vous aurez vu du brouillard plus épais.

— C'est le grand Hanois. Virez de bord, au nom du ciel!

Clubin donna iin coup de barre.

CLUBIN MET LE COMBLE A L ADMIBATION

On entendit un craquement. Le déchirement d*un flanc de navire sur un bas-fond en pleine mer est un des bruits les plus lugubres qu'on paisse rôver. LaDorande s'arrêta court

Du choc plusieurs passagers tombèrent et roulèrent sur le pont.

Le guernesiais leva les mains au ciel.

— Sur les Hanois ! quand je' le disais ! Un long cri éclata sur le navire.

— Nous sommes perdus.

La voix de Clubin, sèche et brève» do* mina le cri.

— Personne n'est perdu ! Et silence !

Le torse noir dlmbrancam nu jusqu'à la

ceinture sortit du carré de la chambre à feu.

Le nègre dit avec calme .

— Capitaine, Teau entre. La machine va s'éteindre.

Le moment fut épouvantable.

Le choc avait ressemblé à un suicide. On Teùt fait exprès qu'il n'eût pas été plus terrible. La Durande s'était tuée comme si elle attaquait le rocher. Une pointe de roche était entrée dans le navire comme un clou. Plus d'une toise carrée de vaigres avait éclaté, l'étrave était rompue, l'élancement fracassé, Tavant effondré, la coque, ouverte, buvait la mer avec un bouillonnement horrible. C'était une plaie par où entrait le naufrage. Le contre-coup avait été si violent qu'il avait brisé à l'arrière les sauvegardes du gouvernail, descellé et battant. On était défoncé par Técueil, et autour du navire on ne voyait rien que le brouillard épais et compacte , et maintenant presque noir. La nuit arrivait.

La Durande plongeait de lavant. C'était le cAeval qui a dans les entrailles le coup de corne du taureau. Elle était morte.

L'heure de la demi-remontée se faisait sentir sur la mer.

Tangrouille était dégrisé ; personne n'est ivre dans un naufrage; il descendit dans l'entre-pont, remonta etxlit.:

— Capitaine, Teau barrette la cale. Dans dix minutes, Teau sera'au ras des dalots.

Les passagers couraient sur le pont éperdus., se tordant les bras, se penchant pardessus ia bord» regardant la machine, fai-

sant tous les mouvements inutiles de la terreur. Le touriste s'était évanoui,

Clubin fit signe de la main, on se tut. Il interrogea Imbrancam :

— Con^bien de temps la machine peutelle travailler encore?

— Cinq ou six minutes.

Puis il interrogea le passager guernesiais '

— J'étais à la barre. Vous avez observé le rocher. Sur quel banc des Hanois sommes-nous ?

— Sur la Mauve. Tout à l'heure dans réclaircie, j'ai très-bien reconnu la Mauve.

— Etant sur la Mauve, reprit Clubin, nous avons le grand Hanois à bâbord et le petit Hanois à tribord. Nous sommes à un mille de terre.

L'équipage et les passagers écoutaient, frémissants d'anxiété et d'attention, l'œil fixé sur le capitaine.

Alléger le navire était sans but, et d'ailleurs impossible. Pour vider la cargaison à la mer, il eût fallu ouvrir les sabords et augmenter les chances d'entrée de l'eau. Jeter l'ancre était inutile ; on était cloué. D'ailleurs, sur ce fond à faire basculer l'ancre, la chaîne eût probablement surjouaillé. La machine n'étant pas endommagée et restant à la disposition du navire tant que le feu ne serait pas éteint, c'est-à-dire pour quelques minutes encore , on pouvait faire force de roues et de vapeur, reculer et s'arracher de recueil. Eu ce cas, on sombrait immédiatement. Le rocher, jusqu'à un certain point, bouchait l'avarie et gênait le passage de l'eau. Il faisait obstacle. L'ouverture dé.sobstruée , il serait impossible d'aveugler la voie d'eau et de franchir les pompes. Qui retire le poignard d'une plaie au cœur, tue sur-le-champ le blessé. Se dégager du rocher, c'était couler à fond.

Les bœufs, atteints par l'eau dans la cale, commençaient à mugir.

Clubin commanda :

— La chaloupe à la mer.

LES TR/1VAILLEX7RS DE LA MER

Imbrancam et Tangrouille se précipitèrent et défirent les amarres. Le reste de l'équipage regardait, pétrifié.

— Tous à la manœuvre, cria Clubin.

Cette fois, tous obéirent.

Clubin, impassible, continua, dans cette vieille langue de commandement que ne comprendraient pas les marins d'à présent:

— Abraquez. — Faites une marguerite si le cabestan est entravé. — Assez de virage. — Amenez. — Ne laissez pas se joindre les poulies des francs-funains. — Aflale2. — Amenez vivement des deux bouts.

— Ensemble. — Garez qu'elle ne pique. — Il y a trop de frottement. — Touchez les garants de la caliorne. — Attention.

La chaloupe était en mer.

Au même instant, les roues de la Durande s'arrêtèrent la fumée cessa, le fourneau était noyé.

Les passagers , glissant le long de l'échelle ou s'accrochant aux manœuvres courantes, se laissèrent tomber dans la chaloupe plus qu'ils n'y descendirent. Imbrancam enleva le touriste évanoui, le porta dans la chaloupe, pufs remonta sur le navire.

Les matelots se ruaient à la suite des passagers. Le mousse avait roulé sous les pieds; on marchait sur l'enfant.

Imbrancam barra le passage.

— Personne avant le moço, dit-il.

Il écarta de ses deux bras noirs les matelots, saisit le mousse, et le tendit au passager guernesiais qui, debout dans la chaloupe, reçut l'enfant.

Le n^ousse ^auvé, Imbrancam se rangea et dit aux autres : .

— Passez.

Cependant Clubin était allé à sa cabinp et avait fait un paquet des papiers du bord et des instruments. Il dta la boussole de l'habitacle. Il remit les papiers et les instruments à Imbrancam et la boussole à Tangrouille, et leur dit : Descendez dans la chaloupe.

Ils descendirent. L'équipage les avait |

précédés. La chaloupe était pleine, le flot rasait le bord.

— Maintenant, cria Clubin, partez.

Un cri s''éleva de la chaloupe.

— Et vous, capitaine?

— Je reste.

Des gens qui naufragent ont peu le temps de délibérer et encore moins le temps de s'attendrir. Cependant ceux qui étaient dans la chaloupe, et relativement en sûreté, eurent une émotion qui n'était pas pour eux-mêmes. Toutes les voix insistèrent en même temps.

— Venez avec nous, capitaine.

— Je reste.

Le guernesiais , qui était au fait de la mer, répliqua :

— Capitaine, écoutez. Vous êtes échoué sur les Hanois. Â la nage on n'a qu un mille à faire pour gagner Plainmont. Mais en barque on ne peut aborder qu'à la Rocquaine, et c'est deux milles. Il y a des brisants et du brouillard. Cette chaloupe n*ar rivera pas à la Rocquaine avant deux heures d'ici. Il fera nuit noire. La marée monte, le vent fraîchit. Une bourrasque est proche. Nous ne demandons pas mieux que de revenir vous chercher, mais si le gros temps éclate, nous ne pourrons pas. Vous êtes perdu si vous demeurez. Venez avec nous.

Le parisien intervint :

— La chaloupe est pleine et trop pleine, c'est vrai, et un homme de plus ce sera un homme de trop. Mais nous sommes treize, c'est mauvais pour la barque, et il vaut encore mieux la surcharger d'un homme que d'un chifire. Venez, capitaine.

Tangrouille ajouta :

— Tout est de ma faute, et pas de la vôtre. Ce n'est pas juste que vous demeuriez.

— Je reste, dit Clubin. Le navire sera dépecé par la tempête cette nuit. Je ne le quitterai pas. Quand le navire est perdu, le capitaine est mort. On dira de moi : Il a fait

son devoir jusqu'au bout. Tangrouille, je vous pardonne.

Et croisant les bras, il cria :

— Attention au commandement. Largue en bande l'amarre. Partez.

La chaloupe s'ébranla. Imbrancam avait saisi le gouvernail. Toates les mains qui ne ramaient pas s'élevèrent vers le capitaine. Toutes les bouches crièrent : Hurrah pour le capitaine Glubin!

— Voilà un admirable homme, dit l'américain.

— Monsieur, répondit le guernesiais, c'est le plus honnête homme de toute la mer.

Tangrouille pleurait.

— Si j'avais eu du cœur, murmura-t-il à demi-voix, je serais demeuré avec lui.

La chaloupe s'enfonça dans le brouillard et s'efiaça.

On ne vit plus rien.

Le frappement des rames décrut et s'évanouit.

Clubin resta seul.

UN INTÉRIEUR d'aBOIB ACLAIRÉ

Quand cet homme se vit sur ce rocher, sous ce nuage, au milieu de cette eau, loin de tout contact vivant, loin de tout bruit humain, laissé pour mort, seul entre la mer qui montait et la nuit qui venait, il eut une joie profonde.

Il avait réussi.

Il tenait son rêve. La lettre de change à longue échéance qu'il avait tirée sur la destinée, lui était payée.

Pour lui, être abandonné, c'était être délivré. Il était sur les Hanois, à un mille df la terre ; il avait soixante-quinze mille francs. Jamais plus savant naufrage n'avait

été accompli. Rien n'avait manqué ; il est vrai que tout était prévu. Clubin, dès sa jeunesse, avait eu une idée: mettre l'honnêteté comme enjeu dans la roulette de la vie, passer pour homme probe et partir de là, attendre sa belle, laisser la martingale s'enfler, trouver le joint, deviner le moment ; ne pas tâtonner, saisir ; faire un coup et n'en faire qu'un, finir par une rafle, laisser derrière lui les imbéciles. Il entendait réussir en une fois ce que les escrocs bêtes manquent vingt fois de suite, et, tandis qu'ils aboutissent à la potence, aboutir, lui, à la fortune. Rantaine rencontré avait été son trait de lumière. Il avait immédiatement construit son plan. Faire rendre gorge à Rantaine ; quant à ses révélations possibles, les frapper de nullité en disparaissant; passer pour mort, la meilleure des disparitions; pour cela, perdre la Durande. Ce naufrage était nécessaire. Pardessus le marché, s'en aller en laissant une bonne renommée, ce qui faisait de toute son existence un chef-d'œuvre. Qui eût vu Clubin dans ce naufrage eût cru voir un démon, heureux.

Il avait vécu toute sa vie pour cette minute-là.

Toute sa personne exprima ce mot : Enfin ! Une sérénité épouvantable blêmit sur ce front obscur. Son œil terne et au fond duquel on croyait voir une cloison, devint profond et terrible. L'embrasement intérieur de cette àme s'y réverbéra. .

Le for intérieur a, comme la nature externe, sa tension électrique. Une idée est un météore; à l'instant du succès, les méditations amoncelées qui l'ont préparé s'en tr'ouvrent, et il en jaillit une étincelle; avoir eu soi la serre du mal et sentir une proie dedans, c'est un bonheur qui a son rayonnement f une mauvaise pensée qui triomphe illumine un visage ; de certaines combinaisons réussies, de certains buts atteints, de certaines félicités féroces, f'^nt apparaître et disparaître dans les yeux des

LES TRAVAII4LEURS DE LA MER

hommes de lugubres épanouissements lumineux. C'est de Forage joyeux, c'est de Taurore menaçante. Cela sort de la conscience, devenue ombre et nuée.

Il éclaira dans cette prunelle.

Cet éclair ne ressemblait à rien de ce qu'on peut voir luire là-haut ni ici-bas.

Le coquin comprimé qui était en Clubin fit explosion.

Clubin regarda l'obscurité immense, et ne put retenir un éclat de rire bas et sinistre.

n était donc libre ! il était donc riche !

Son inconnue se dégageait enfin. Il résolvait son problème.

Clubin avait du temps devant lui. La marée montait» et par conséquent soutenait la Durande, qu elle finirait même par soulever. Le navire adhérait solidement ù recueil ; nul danger de sombrer. En outre, il fallait laisser à la chaloupe le temps de s'éloigner, de se perdre peut-être, Clubin l'espérait.

Debout sur la Durande naufragée, il croisa les bras, savourant cet abandon dans les ténèbres.

L'hypocrisie avait pesé trente ans sur cet homme. Il était le mal et s'était accouplé à la probité. Il haïssait la vertu d'une haine de mal marié- Il avait toujours eu une préméditation scélérate; depuis qu'il avait l'âge d'homme, il portait cette armure rigide, l'apparence. Il était monstre en dessous; il vivait dans une peau d'homme de bien^vec un cœur .de bandit. Il était le pirate doucereux. Il était le prisonnier de l'honnêteté; il était enfermé dans cette boite de momie, l'innocence, il avait sur le dos des ailes d'ange, écrasantes pour un gredin. Il était surchargé d'estime publique. Passer pour honnête homme, c'est dur. Maintenir toujours cela en équilibre, penser mal et parler bien, quel labeur! Il avait été le fantôme de la droiture, étant le spectre du crime. Ce contre-sens avait été sa destinée. Il lui avait fallu faire bonne conte-*

nance, rester présentable, écumer au-dessous du niveau, sourire ses grmcements de dents. La vertu pour lui, c'était la chose qui étoufie. Il avait passé sa vie à avoir envie de mordre cette main sur sa bouche.

En voulant la mordre, il avait dû la baiser.

Avoir menti, c'est avoir soufiert. Un hypocrite est un patient dans la double acception du mot ; il calcule un triomphe et endure un supplice La préméditation indéfinie d'un mauvais coup accompagnée et dosée d'austérité, l'infamie intérieure assaisonnée d'excellente renommée, donner continuellement le change, n'être jamais soi, faire illusion, c'est une fatigue. Avec tout ce noir qu'on broie en son cerveau composer de la candeur, vouloir dévorer ceux qui vous vénèrent, être caressant, se retenir, se réprimer, toujours être sur le qui-vive, se guetter sans cesse, donner bonne mine à son crime latent, faire sortir sa difibrmité en beauté, se fabriquer une perfection avec sa méchanceté, chatouiller du poignard, sucrer le poison, veiller sur la rondeur de son geste et sur la musique de sa voix, ne pas avoir son regard, rien n'est plus difficile, rien n'est plus douloureux. L*odieax de l'hypocrisie commence obscurément dans l'hypocrite. Boire perpétuellement son imposture est une nausée. La douceur que la ruse donne à la scélératesse répugne au scélérat, continuellement forcé d'avoir ce mélange dans la bouche, et il y a des instants de haut-le-cœur où l'hypocrite est sur le point de vomir sa pensée. Ravaler cette salive est horrible. Ajoutez à cela le profond orgueil. Il existe des minutes bizarres où l'hypocrite s'estime. Il y a un moi démesuré dans le fourbe. Le ver a le même glissement que le dragon et le même redressement. Le traître n'est autre chose qu'un despote gêné qui ne peut faire sa volonté qu'en se résignant au deuxième rôle. C'est de la petitesse capable d'énormité. L'hypocrite est un titan, nain.

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