LIVRE TROISIÈME. — DÉPART DU CASHMERB
LE HAVELET TOUT PROCHE DE l'ÉGLISE
Saînt-Sampson ne peut avoir foule sans que Saint- Pierre-Port soit désert. Une chose curieuse sur un point donné est une pompe aspirante. Les nouvelles courent vite dans les petits pays; aller voir la cheminée de la Durande sous les fenêtres de mess Lethierry était depuis le lever du soleil la grande affaire de Guernesey. Tout autre événement s'était effacé devant celuilà. Éclipse de la mort du doyen de Saint- Asaph; il n'était plus question du révérend Ebenezer Caudray, ni de sa soudaine richesse, ni de son départ par le Caskmere. La machine de la Durande rapportée des Douvres, tel était l'ordre du jour* On n'y
eroyait pas. Le naufn^ avait paru extraordinaire» mais le sauvetage semblait impownble. C'était à qui s*en assurerait par ses yeux Toute autre préoccupation était suspendue. De longues files de bourgeois en famille, depuis le vésin jusqu'au mess, des hommes, des femmes, des gentlemen, des mères avec enfants et des enfants avec poupées, se dirigeaient par toutes les routes vers « la chose à voir » aux Bravées et tournaient le dos à Saint- Pierre-Port.
Beaucoup de boutiques dans Saint-Pierre- Port étaient fermées, dans Commercial- Arcade, stagnation absolue de vente et de négoce; toute l'attention était à la Durande, pas un marchand n'avait « étrenné»; excepté un bijoutier, lequel s'émerveillait d'avoir vendu un anneau d'or pour mariagi» « à une espèce d'homme paraissant fort « pressé qui lui avait demandé la deraenr» « de monsieur le doyen ». Les boutiques^ restées ouvertes étaient des lieux decMse*»
1 dix doigts derritr r le cou. (P-ige 3'
ne oix l'on commentait brayamment le miraculeux sauvetage. Pas un promeneur à l'Hyrreuse, qu'on nomme aujourd'hui, sans savoir pourquoi, Cambridge-Park; per< sonne dans High-Street, qui s'appelait alors la Grand'Rue, ni dans Smith-Street , qui s'appelait alors la rue des Forges; personne dans Hauteville, l'Esplanade elle-même était dépeuplée. On eût dit un dimanche. Une altesse royale en visite passant la revue de la milice à l'Ancresse n'eat pas mieux vidé la ville. Tout ce dérangement à propos d'un rien du tout comme ce Gilliatt faisait hausser les épaules aux hommes graves et aux personnes correctes.
L'église de Saint- Pierre-Port, triple pignon juxtaposé avec transept et flèche, est au bord de l'eau au fond du port presque sur le débarcadère même. Elle donne la bienvenue à ceux qui arrivent et l'adieu à ceux qui s'en vont. Cette église est la majuscule de la longue ligne que fait la façade d« la ville sur l'océan.
Elle est en même temps paroisse de Saint-Pierre-Port et doyenné de toute nie. Elle a pour desservant le subrogé de l'évëque, clergyman à pleins pouvoirs.
Le havre de Saint-Pierre- Port, très-beao et très-large port aujourd'hui, était i cette époque, et il y a dix ans encore, moins