POUR UNE NOUVELLE ÉDITION
Nous tromper dans nos entreprises ,
C’est à quoi nous sommes sujets;
Le matin je fais des projets ,
Et le long du jour des sottises.
Ces petits vers conviennent assez à un grand nombre de raisonneurs ; et c’est une chose assez plaisante de voir un grave directeur d’àmes finir par un procès criminel, conjointement avec un banqueroutier1. A ce propos nous réimprimons ici ce petit conte qui est ailleurs , car il est bon qu’il soit partout.
Memnon conçut un jour le projet insensé d’être parfaitement sage : il n’y a guère d’hommes à qui cette folie n’ait quelquefois passé par la tète. Memnon se dit à lui-même : Pour être très-sage , et par conséquent très-heureux, il n’y a qu’à être sans passions; et rien n’est plus aisé , comme on sait. Premièrement, je n aimerai jamais de femme ; car , en voyant une beauté parfaite , je me dirai a moi-même : Ces joues-là se rideront un jour ; ces beaux yeux seront bordés de rouge; cette gorge ronde deviendra plate et pendante; cette belle tête deviendra chauve : or je n’ai qu’à la voir à présent des mêmes yeux dont je la verrai alors , et assurément cette tète ne fera pas tourner la mienne.
JES-Seco n d^ieut, ^LÜPVjr s sob r e ; j’aurai beau être tente par la bonne chère, par des vins délicieux , par la séduction delà société; je n’aurai qu’à me représenter les suites des excès, une tête pesante, un estomac embarrassé, la perte de la raison, de la santé , et du temps , je ne mangerai alors que pour le besoin ; ma santé sera toujours égale, mes idées toujours pures et lumineuses. Tout cela est si facile , qu’il n’y a aucun mérite à y parvenir.
Ensuite, disait Memnon, il faut penser un peu à ma fortune :
1 Billard , et l’abbé Grisel , fameux directeur de conscience. K.
80 MEMNON
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prenait ses affaires extrêmement ■ Q regardaient. Memnor* ment en moment la plu ZZ *■ ^ ’ 61 Se sentait de mo honnête et si Zlheu le Je T™ Une P***»™ si
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