CHANT TROISIEME
ARGUMENT
Madame Krudener, instruite des projets de Fortis, se rend au palais du prince Metternich. — Description de ce palais. — Voyage aérien; attelage héraldique. — Ainivée à Paris. — Metternich se rend à l'assemblée des .Tésuitcs. — Conférence entre les deux chefs ; rupture ouverte. — Le moderne Héliodore.
Tandis qu'au Panthéon les fils du saint-office • De leur grandeur future élevaient l'édifice , Sur les bords du Danube, au sein de ces remparts Qu'ont choisis poiu* régner les modernes Césars,
Sous Tabri d\in manoir meublé par la tristesse , Veillait des cours du Nord la sage propliétesse : Krudener est son nom; un sens mystérieux', Ou plutôt un démon qui la suit en tous lieux, Lui révèle à l'instant , par des récits fidèles , Des plus lointains climats les secrètes nouvelles ; Sitôt que cet esprit, introduit dans son corps, D'une fièvre savante allume les transports, Elle parle , semblable à la Cassandre antique ; Diplomate en jupon , sybille politique, Du cabinet des rois elle franchit le seuil, Dans le conseil d'État s'administre un fauteuil , Et toujours en énigme entortillant ses phrases, De congrès en congrès promène ses extases. Jeune et belle autrefois , elle sut à son char Attacher un moment l'inconstance du Czar; lM#s quand de cet amant l'invalide tendresse En sultane honoraire eut changé sa maîtresse , L'Ariadne , oubliant une juste fierté, Au profond Metternich s'unit par nn traité,
( 47 ) Passa sans murmurer, du trône de Russie , Dans les bras du héros de la diplomatie , Au joug de ses conseils enfin Faccoutuma, Et servit d^Egérie à cet autre Numa.
Du complot de Fortis la prêtresse est instruite; Soudain, se dérobant aux regards de sa suite, Et de longs voiles noirs affublant ses appas, Vers le palais du prince elle hâte ses pas. Elle approche, et d^ibord, le fantassin qui veille De verdaw prolongés a frappé son oreille. Elle montre ses traits, se nomme; à cet aspect. Le Cerbère ébahi sMncline avec respect , Et cédant au pouvoir de ses antiques charmes. Par un geste galant lui présente les armes. Telle était de ces lieux Finamovible loi, Ainsi Pavait voulu Tordre du vice-roi, La seule Krudener dans sa noble demeure Pouvait en se nommant pénétrer à toute heure , Et cet insigne honneur qui lui fut octroyé , Souvent rendit jaloux plus d'un noble envoyé.
( 48 ) Autour de ce palais, une innombrable foule, Pareille aux flots bruyans balancés par la houle , Se pressait en tout sens, s'agitait à la fois. Elevant un long cri formé de mille voix. De leurs nobles seigneurs turbulens feudataires , Grumms, Foutmenns, estaffiers,heiduques, caudutaires S'entremêlaient dans Tombre à pas précipités ; Trente courriers à jeun, télégraphes botte's. Attendaient le signal qui souvent leur ordonne De porter sur leur dos le sort d'une couronne , Et tous de Paudience épiaient le moment. Mais le ministre, calme au sein du mouvement, Dans un réduit secret de son palais immense , Tabernacle profond où règne le silence, Sur tant d'objets divers porte un savant coup-d'œil. Fait graviter l'Europe autour de son fauteuil, Et de Londre à Madrid lance les estafFeltes : Ainsi, seul immobile au centre des comètes, Le soleil précipite en des cours diilérens Les tourbillons réglés de ces mondes errans.
(49 ) La sybille a franehi Fimpénétrable issue; Cependant le héros ne Ta point aperçue : Sur un Machiavel en silence penche', Des sens grossiers de Thomme il semble détaché ; Seulement de son front les rides prononcées Marquent de vastes plans , de profondes pensées , Et sur le dos voûté de TAtlas aux abois Tombe du monde entier le gigantesque poids. Krudener l'interrompt : « Sors de ta rêverie, )i Metternich ! un danger menace la patrie : » Les envoyés romains , échauffant les esprits , » De leurs noirs bataillons ont inondé Paris; » Leur secte, qui partout incessamment conspire, » Menace d'envahir et la France et TEmpire; » De TAlliance-Sainte ennemis acharnés, » Ils veulent qu'à leurs pieds tous les rois détrônés , » Esclaves désormais au sein de leur royaume ,
» Demandent à genoux la tutelle de Rome
)) Qu'un foudre inattendu s'échappe de tes mains; )) Partons; j'abrégerai la longueur des chemins :
» Laisse-là tes chevaux et ton char de voyage ^ )» Je vais te composer un magique attelage. » Elle dit : et Ton voit du bout de Thorizon , Accourir à grand bruit les monstres du blason; Fantastique bétail, dont la noble origine Remonte aux vieux Croisés errans en Palestine, Et qui chassé depuis des Etats policés, Des castels allemands hante les vieux fossés. De membres monstrueux assemblage bizarre ! Des ours posés en pcil^ des couleuvres en barre ; Des lions contournes, passajis , contre-passansj Vîlenés y dînâmes , mornes , issans , naissans y Des vaches agitant de bruyantes clarines ; De pieux pélicans aux couleurs purpurines; Des sphinx en capuchon; des chevaux marines; La guivre dévorant des enfans nouveau-nés ; Le léopard danois; le lion de Castille; L'ours que Berne nourrit à travers une grille^ Les seize alerions des vieux Montmorenci; L'aigle esployé des Czars au plumage noirci;
Et Toiseau que Fempire a choisi pour emblème , Langue ^ bequé^ membre^ diadème de même.
Tels sont les fiers coursiers qu^une magique voix Vient d'atteler au char du ministre des rois. Metternich, effrayé de leur élan rapide , Se rassure, en voyant Krudener qui les guide; Ainsi les voyageurs dans un char sans appui , Fendent les champs d'azur qui s'ouvrent devant lui. Dans l'horizon lointain déjà Vienne s'efface, Des cercles d'Allemagne ils ont franchi l'espace , Du palais de Chabrol la flamme les conduit ^ , Et dans la cour du Louvre ils descendent de nuit. Dreux-Brezé du ouichet lui-même ouvrant la arille ^ Reçoit ces animaux en père de famille , Leur offre de sa main l'ambroisie et le sel, Les blasonne et les loge au fond du Carrousel.
Cependant Metternich, installé chez Villèle, Dépêche au Panthéon sa prêtresse fidèle;
» Va, porte-leur, dit-il, mes ordres absolus,
» Dis surtout à Fortis , ambitieux reclus,
» Qu'il cesse d'afïecter Tautorité suprême.
» SMl dédaigne ta voix, je paraîtrai moi-même. >>
L'Iris de Metternich fend la voiite des airs;
Mais du temple sacré les caveaux sont déserts ;
Elle ne trouve plus dans cette vaste enceinte ,
Qu'un siège tiède encore et la bougie éteinte.
Alors l'esprit l'éclairé , et du haut Panthéon ,
Elle fond sur l'hôtel du nonce de Léon.
C'c'tait là que Fortis, comme dans son domaine ,
Venait de transporter sa légion romaine;
Ses noirs centurions, inondant le palais,
Se pavanaient plus fiers et plus forts que jamais.
Krudener vers le chef a dirigé sa marche :
« Des jésuites du monde illustre patriarche,
)> A-t-elle dit, je viens au nom d'un grand pouvoir,
» Vénérant dans vos mains la croix et l'encensoir,
» Vous ordonner de fuir, de quitter ce royaume;
)» Notre empire est ici, mais le vôtre est à Rome.
( 53 ) )> — Qui t'envoieenceslieiix? — Un plus puissant que vous ; )) Si son noui retentit, vous tombez, à genoux, » Metter.... — N\ichève pas; retourne, va lui dire » Que Fortis le connaît et brave son empire; » Je reste ici; je sais que tous deux à huis-clos, ») Vous avez contre nous machiné des complots; » Je puis punir sur toi ces odieuses trames; » Mais desgétiscommenousn'enveulentpointauxfemmes. » Fuis donc. » L'ambassadeur, lâchement menacé, A retenu le Dieu dans son sein courroucé ; Craignant de profaner la sainteté du prêtre, Elle sort, et retourne au palais de son maître.
l'andis quVutour du chef les jésuites groupés
De ce mâle discours sont encore occupés,
Et portent jusqu'aux cieux cet essai de com'age
Qui des succès futurs leur donne un sûr présage,
Tout-à-coup, de Thùtel hurlent les noirs dragons ;
La porte du conclave a crié sur ses gonds;
Elle s'ouvre; Fortis commande le silence;
Vers son siège à pas lents un inconnu s'^avance ;
Sur un large velours un panache agité ,
De sa haute stature accroît la majesté,
Et d'un front soucieux incliné d'habitude,
Tombent des cheveux longs et blanchis par Fétude.
Il marche, son manteau se festonne en longs plis;
Les panneaux du parquet que la cire a polis,
Cèdent en gémissant sous ses pas taciturnes;
Tel Schiller nous dépeint ces étrangers nocturnes ,
Qui, toujours revêtus d'un morne incognito,
Vont s'asseoir en silence au foyer du château.
A cet air de mystère, à cet abord sinistre,
L'œil perçant de Fortis reconnaît le ministre :
Une secrète rage a dévoré son sein ;
Mais, cauteleux jésuite, il prend un air serein,
Compose habilement les muscles de sa face,
Sur un siège d'honneur l'invite i\ prendre place,
Et, craignant d'entamer l'c'pineux entretien.
Sur le ton du ministre il veut régler le sien.
« Seigneur, dit le Germain, puisque votre ame fièrc
» A de mon envoyé rejeté la prière, » Je veux être moi-même , oubliant ma grandeur, » Et mon premier ministre , et mon ambassadeur. » J\iime à croire pourtant que par excès de zèle , » La sybille m'a fait un récit infidèle ; » Que malgré mes leçons, sVrrogeant un vain droit, » Elle a manqué peut-être au respect qu'on vous doit , >i Et causé ces transports dont Tardeur vous honore, >» Et qu'en vos yeux sacrés je vois briller encore. » — Prince , répond Fortis, noble joyau des cours, M Votre rare sagesse éclate en ce discours; » Oui, votre ambassadeur a méconnu TEglise; j» Chrétien, j'ai pardonné sa tudesque franchise, » Et je connais trop bien votre amitié pour nous, )> Pour croire qu'un tel ordre ait émané de vous. » — Et pourquoi donc, seigneur, refuser de le croire? •> — C'est qu'un ordre pareil flétrirait votre gloire. >) — Je vous entends; je vois que ma [)lume et mon bras » N'ont servi, jusqu'ici, qu'à faire des ingrals; » On oublie un bienfait aux jours de la puissance :
j> — Nous élevons plus haut notre reconnaissance; 1) Rien d'humain n'a conduit le céleste ressort » Qui sauva notre barque et la mit dans le port; » Ainsi que Dieu l'apprend, l'Eglise est éternelle; » Les portes de l'enfer ne peuvent rien contre elle; » Vos efforts l'ont sauvée au suprême moment , » Mais c'est Dieu qui vous fît son aveugle instrument. » — Pour de faibles esprits gardez ce badinage : » C'est à moi que Fortis adresse un tel langage! » A moi , qui sais si bien l'ambitieux dessein » Qu'un superbe délire a mis dans votre sein ! » Vous, dont la politique à l'ombre du mystère, » Veut se servir du ciel pour régner sur la terre, )> Vous avez pu former l'espoir irréfléchi )> De tromper un vieillard dans l'intrigue blanchi î » Vous me faites pitié, Général ! — Si i'oflénse » Se mêle à vos discours , je garde le silence. » — Soit; mais encor deux mots, avant que de sortir; » Après, ne parlez, plus, je daigne y consentir; » Ecoutez : aujourd'hui l'Eglise militante,
( 57 ) » Pour des lambris dorés a déserte la tente ; » Son triomphe Penivre , et Toeil dans Tavenir, » Elle a des maux passés perdu le souvenir; » Respectez mon pouvoir , soyez dans vos conciles w Plus prudens orateurs et surtout plus dociles : M Ce que vous avez vu peut se revoir encor ; » Songez que sous ma main je tiens le fds d''Hector, » Que vous épouvantant dePombre d'un g ran d homme, )) Je puis sur le Saint-Siège asseoir un roi de Rome , » Et de Fontainebleau vous ^dtivrant le chemin , » Dans son palais désert placer TEtat Romain. »
Alors sans saluer Fortis ni son escorte, D'un air majestueux il regagne la porte.
Fortis s'écrie : « Il fuit , son crime est consommé. » Vous Tavez entendu , Timpie a blasphémé ! » Gonzague, Derbini , sortez de cette enceinte, » Allez au vestiaire endosser Taube sainte , )» Que deux ailes d'azur se croisent sur vos flancs,
( 58) j) Dans le haras royal prenez deux chevaux blancs, » Prenezcesfouets vengeursquisousnos saints portiques )) D'Henri-Quatre ont meurtri les membres hérétiques; )) Tombez sur Metternich, qu"'il reconnaisse en vous )i Ces deux anges de Dieu , de sa gloire jaloux, )> Qui sous les parvis saints de leur verge sonore i) Battirent sans pitié l'impie Héliodore ^ ; î) Exécuteurs, partez.... Quand le fier Allemand )) Aura sous mon balcon subi son châtiment , » Qu'aux tours de Saint-Si^lpice , une active ordonnance ' » Allume par signaux le bûcher de Valence; » La victime est pare'e; un tribunal de Dieu )) Attend mon jugement ; je la condamne au feu ; )) Qu'une flamme de sang, sinistre météore, M Apprenne à tous les rois ce qu'ils craignent encore. )) Qu'ils sentent cette épée, à l'invisible coup ^, » Dont la garde est à Rome et la pointe partout. »
11 dit : on obéit à l'arrêt qu'il prononce,
Et les débats sont clos dans le palais du nonce.
Itotfô îru €l)ant f roieihnc.
• Krudener est sou nom.
Si l'on nous fait le reproche d'avoir ressuscite madame Krudener morte en 1826 , et de l'avoir mêlée aux autres héros de ce poëme encore vivans , nous croyons pouvoir répondre que l'intervention de ce personnage nous a paru nécessaire au merveilleux de cette épopée. Nous avons considéré cette illuminée , comme une divinité de la Mythologie moderne , et nous avons cru pouvoir l'exhumer pour donner de la vie et du mouvement à cette fiction ; on peut d'ailleurs faire excuser cet anachronisme par l'exemple de Virgile qui a fait vivre sa Didon vers l'époque du siège de Troie, bien qu'elle n'ait régné à Carthage qu'environ cinq cents ans après.
Notre ami et comj)atriole, M. Alphonse Rabbo , dans sou excellente Histoire de l'Empereur Alexandre , parle ainsi de madame Krudener :
« Dès i8i4) l'empereur Alexandre avait eu des relations avec madame de Krudener; depuis quelques années celte femme célèbre remplissait le Nord du bruil de ses succès dans la mis-
sion si singulièrement évangéliquc qu'elle s'était donnée , ou , si l'on veut, qu'elle avait reçue des inspirations exaltées d'une ame religieuse et ardente, et d'un cœur qui surabondait de zèle et de tendresse pour l'humanité. On sait que , née dans la classe la plus érainente de la société et au milieu des douceurs de l'opulence , douée d'une beauté dont l'attrait était irrésistible , madame de Krudener renonça à ces avantages , jeune encore, pour accomplir, en annonçant aux hommes la parole de Dieu, un apostolat dont le but n'était rien moins que la conversion du genre humain. Jusque-là, comme il arrive ordinairement aux fondateurs de sectes, elle avait trouve plus de partisans dans les cabanes que dans les palais , et les princes , loin de se faire ses prosélytes , l'avaient persécutée , jugeant dangereuses les prédications et même les aumônes au moyen desquelles elle entraînait les populations à sa suite. D'ailleurs , elle pouvait enflammer les passions des classes souffrantes, et fournir un prétexte aux rébellions, en mêlant à ses prières des prédictions menaçantes contre les puissans de la terre qui s'écartaient de la droite voie. Cependant, comme elle avait annoncé la chute de Napoléon , sa réputation de prophétesse commença, en 18 14, à s'établir avec une sorte d'universalité , et voyant dans le grand changement qui s'accomplissait en Europe, une occasion favorable pour tenter la révolution religieuse qu'elle-même méditait , elle se rendit à Paris en même temps que les souverains alliés. C'était sur l'appui d'Alexandre qu'elle comptait particulièrement , nonseulement parce que la Russie semblait devoir être désormais la modératrice des grands débats qui s'élèveraient pour lu reconstruction de l'Europe , mais encore parce qu'elle savait que quelque chose dans l'ame de ce souverain sympathisait avec ses propres idées sur la nécessité d'une révolution religieuse ^ .
... Les instructions et les exhortations de madame de Krudener avaient produit leur elTel. La célèbre prophétesse s'c-
( til )
lait habilement onipar<^c de ce qu'il y a toujours de vivant et de chatouilleux dans le cœur d'un roi ; cette orgueilleuse faiblesse qui se complaît dans des idées de puissance et de domination. « Alexandre, disait madame de Krudener , a reçu mission de réédifier ce que Napoléon avait reçu mission de détruire. Alexandre est l'ange blanc de l'Europe et du monde, comme Napoléon en fut l'ange noir. » Cette rivalité mystérieuse des deux anges ou génies de l'époque , dut séduire Alexandre , en le rehaussant à la hauteur d'un adversaire au-dessous duquel il était bien forcé de se reconnaître , d'après la valeur des proportions adoptées dans le triste monde des réalités matérielles.
» On attribue donc à Tintluence de madame de Krudener sur Alexandre , la modération que montra ce souverain dans les transactions qui se firent à cette époque avec la France. Ce qu'il y a de sûr au moins , c'est qu'elle tenait , chez madame de Laharpe , des conférences mystiques , où se réunissaient les souverains alliés. Son crédit politique était donc établi dès cette époque, et l'on juge aisément combien il dut s'augmenter lorsque le retour de l'île d'Elbe et la journée de Waterloo vinrent confirmer tout ce qu'elle avait annoncé touchant les nouveaux malheurs qui devaient être suscités par Vauge noir. On a même fait honneur de cette idée à madame de Krudener elle-même ; et il est vrai qu'elle avait rêvé l'union des rois , mais dans l'intérêt universel des peuples. Elle voulait christianiser le monde selon les principes de l'Église primitive; elle voulait la paix universelle, et ne voyait d'autre moyen d'y parvenir <jue l'alliance des puissans du siècle cimentée par la religion.
» Selon d'autres personnes, c'est au sortir d'un entretien où cette femme extraordinaire épanchait son anie iwcc une éloquence admirable , ([ue l'empereur Alexandre , saisi d'un transport religieux et philantropique , enfanta le projet de la sainte-alliance. »
* Du ipalais de Chabrol la flamme les conduit.
Ce sont les signaux de feu qui remplacent pendant la nuit le télégraphe placé sur l'hôtel du ministre de la marine.
3 Dreux-Brézé du guichet lui-même ouvrant la grille.
Les marquis de Dreux-Brezé sont de père en fils maîtres-descérémonies à la cour ; ils ont toujours été les plus fortes têtes héraldiques de France, après le père Ménétrier, le plus savant de tous les jésuites passés , qui a composé sur le blason une douzaine de volumes que personne ne lit, excepté M. Dreux- Brezé.
* Battirent sans pitié l'impie Héliodore.
Cet impie Héliodore était le Blûcher de son Antiochus ; il allait , ert vertu du droit de conquête , piller le temple de Salomon , comme Bliicher a fait au Musée de Paris, lorsque deux anges à cheval le fustigèrent impitoyablement.
' Qu'aux tours de Saint-Sulpice, etc.
11 est bon que les étrangers sachent qu'un télégraphe est placé sur la haute tour de l'église Saint-Sulpice, et que c'est autour de cet édifice qu'est établi le (juartier-général des jésuites parisiens. Leurs imprimeurs, leurs libraires, leurs journalistes , leurs Ouvrards , sont tous logés à la rue du Pot-de- Fer, comme pour nous apprendre que leurs ennemis sont des pots de terre ; leur trésor est rue Cassette, au bureau du A/cmorial Ca/hnlifjue.
s Qu'ils sentent cette cpce à l'invisible coup Dont la garde est à Rome et la pointe partout.
Nous nous sommes emparés de cette belle image qui fut si heureusement rappelée par le célèbre M. Dupin , dans son admirable plaidoyer pour le Constitutionnel.