RÉGION DE L'AVENTIN
La treizième région, qui faisait face à la précédente dans tSnte sa longueur, enfermait le mont Aventin, et partant du pont Sublicius, se développait A l’est en droite ligne jusqu'il la partie méridionale de l’enceinte et la voie Ardéatine, et à l’ouest jusqu'au Tibre. Elle avait le môme nombre d'Iles que la précédente, qui s’étageaient sur la croupe et les versants de la colline , dans dix-sept quartiers appelés : de la I’oi, des Frumentaires, des Trois Voies, de Coesétius, de Valérius, du Lac Miliaire, de la Fortune, de l'Urne, des Trois Oiseaux , Nouveau , du Petit Laurier, du Grand Laurier, de l’Armilustre, de la Colonne de bois , de la Matière, de la Propret; et de la Fortune douteuse.
Habitée en majorité par les frumentaires, la région de l' Aventin était la plus pauvre cil monuments. Comme édifices de luxe, on n’y voyait que les temples de la Lune et de Minerve, les thermes de Varius et de Décius, trois nymphées; mais, par compensation, les édifices d'utilité publique n'y manquaient pas. Soixantequatre bains, quatre-vingt-huit réservoirs et vingt-cinq greniers publics, vingt pistrines , trois portiques, celui des Boulangers, orné de la statue de Minutius Augurions, préfet des approvisionnements; celui du Bois, celui des Fèves, lo Doliolum , une colline artificielle formée des débris des vases et des urnes funèbres, et la pyramide de Cestius, tombeau de l'un des dix épulons chargés de servir les mets destinés aux dieux ; tels étaient les monuments du pauvre Aventin.
Aussi , l'air qu'on respirait sur sa montagne, entre le sombre bois de lauriers et les platanes de Claude, gardait encore comme un lointain parfum d’indépendance. Berceau de la liberté plébéienne , l' Aventin en conservait le culte religieusement. C'est là qu'on retrouvait, à côté du sanctuaire de la Foi et de celui de la Victoire, la statue, le temple et l'atrium de la Liberté, et si les ombres des Gracchus, s'élevant du fond de ce Tibre, où l'oligarchie traîna leurs corps sanglants, avaient pu s'acheminer la nuit vers le mont bien-aimé, à la première marche de l'escalier qui y conduit, elles auraient vu que le peuple de l'Aventin n'était pas du moins esclave du fisc, en lisant cette inscription gravée sur le marbre :
Tout ce qui eu nécessaire il la vie Vlem franc de droits sur celle rive. 1
RÉGION TRANSTIBÊRINE.
Par le pont Sublicius, qui s'attachait au pied de l’Aventin, on passait dans la quatorzième et dernière région , nommée Transtibérine. Divisée en trois parties bien