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CHAPITRE XII

longues l'été, 1rs heures du jour commençaient invariablement quand le soleil se lève et finissaient lorsqu’il se couche ’.

Le premier repas des frumentaires, hommes faits, car on permettait le déjeuner ( jentuculum ) aux enfants, aux vieillards et aux femmes, se prenait donc il la sixième heure, qui était le milieu du jour, après que les deux premières avaient été consacrées à l’adoration des dieux et à la salutation des riches , qu’on avait passé la troisième, répondant pour nous à neuf heures du matin , aux comices, tant qu’il exista des comices , et que la quatrième et la cinquième s’étaient écoulées dans les temples, au Fonim . dans les basiliques ’ et sous les colonnades des dix-sept places principales, à médire des magistrats et à parler des affaires du monde *.

Un temps de sommeil suivait ce léger repas et terminait la journée active. En s’éveillant, comme la loi, d'accord avec leur dignité, leur défendait de souiller par aucun travail leurs mains citoyennes , ils couraient , sauf les jours de cirque, de théâtre, de jeux, de féeries ou de nundines (marchés) prendre part ou applaudir aux exercices du Chaui|>-do-Mars. Après avoir lutté , lancé le javelot , tiré de l’arc , renvoyé le ballon ou la halle de verre , vu la vigoureuse jeunesse égaler presque la rapidité des chevaux sur cet immense tapis vert , pendant la septième et la huitième heure, ils entendaient tout à coup sonner les cloches des bains publics, et se hâtaient de remettre leur toge et de s’y rendre, car les retardataires étaient exposés & ne plus y trouver d’eau chaude.

Outre les huit cent cinquante-six établissements ouverts chaque jour h tous les citoyens par la munificence romaine, quinie grands thermes, dont les plus beaux , tels que ceux de Caracalla et de Dioclétien , contenaient de 1600 à 3,000 cuves do marbre , se trouvaient chauds à la même heure. Là régnait en apparence la plus complète égalité : le pauvre se baignait à côté du riche , le frumentaire â deux pas de l’empereur. La joie, les chants, les rires, les propos bruyants y éclataient sans peur et sans frein • les parasites contaient leurs nouvelles, les avocats redisaient leurs causes, les poêles déclamaient leurs vers, et souvent une anecdote scandaleuse sur la belle Chrysis, dont on avait trouvé le seuil arrosé de vin à la première heure, se mêlait aux clameurs assourdissantes des baigneurs et au grêle sifflement dcsépilcurs appelant des victimes'.

On avait commencé par l’eau chaude : pour resserrer les porcs on se jetait ensuite dans l’eau froide, et l’on Unissait par l’opération du itrigille, la plus importante du bain. Le strigille était un grattoir de corne, d’ivoire ou de nacre, avec lequel un esclave râclait tout ce qui était laissé sur la peau par la sueur; les frumentaires , qui n’avaient pas d’esclaves , se contentaient d’une rude friction â la main, ou se frottaient, comme les chevaux, au marbre de la piscine. L'empe-

4. On s’est trompé en Axant le commencement de la journée & six heure* du matin. Voir l’abbé Couture, De la Vie fritte if s Humain*. Mémoires de (‘Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, tom. I, p. 309.

5. Horace ;de Arte poetlci] appelle le* promeneurs oisifs foreuse*, gens du Forum, et Plaute et Priscien leur donnent le nom d'habitues des basilique*, subtas il icani.

3. Dieu impune erant. (Tacite, Annal li». t. ) — *. Sénèque, ÊpUre 5«.

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