Nequc lurum qtus co’is arboram
Tu præler invisos cupresios
l'.la brevciu duiuiiiutii sequtiur.... (Horace , OJ. Il, Lit. IL Quelque» branches de pin annouçakul seules la luort du paoTre,
CHAPITUE XII.
Le cadavre restait sept jours sur le lit funèbre, gardé par un esclave. Le septième il était emporté (f f/erebalur ). Le designator, ordonnateur de ces tristes pompes, arrivait avec son cortège vénal de licleurs habillés de noir, de trompettes, car les joueurs de flûte n'assistaient qu'aux funérailles des femmes , et de prœficœ ou pleureuses à gages. Les plus proches parents, suivis de tous les autres , vêtus de deuil , s'emparaient du cadavre, et, mettant Yoctophore ou cercueil sur leurs épaules, le portaient la tête couverte au lieu où était dressé le bûcher, s’il s'agissait d’une crémation, ou au cénotaphe des aïeux si c'était une inhumation. Derrière le mort venaient les images de ses ancêtres, en cire, les marques des dignités dont il avait été revêtu, des magistratures qu'il avait remplies et des exploits par lesquels il s'était signalé. Ces derniers emblèmes de la vanité humaine étaient étalés sur des lits qui ne servaient qu'à cet usage. Durant tout le trajet de la maison mortuaire au bûcher, les parents, les amis, les clients et les esclaves, tous avec des flambeaux, poussaient des cris et rappelaient en pleurant les vertus du défunt, pendant que les pleureuses hurlaient, s'arrachaient les cheveux, se déchiraient les joues avec les ongles et remplissaient l’air de clameurs et de gémissements Si le mort appartenait aux grandes familles, un de ses plus proches parents faisait son oraison funèbre en public, puis le corps était mis sur un bûcher de bois d’if ou de pin qu'on allumait en détournant la tête, l-es chairs consumées, on recueillait les ossements, on les lavait avec du vin , et iis étaient déposés dans l'urne. A ce moment le libitinairc , trempant un rameau d'olivier daus un vase d'eau pure, en aspergeait trois fois les assistants et les congédiait en prononçant la formule sacramentelle : « llicet!... « Ceux-ci, se tournant alors vers l’urne, criaient trois fois de toutes leurs forces : a Adieu ! adieu ! adieu ! > puis ils laissaient l'héritier cacher dans le tombeau les dépouilles que réclamait la terre *.
Mais l’orgueil patricien ne s’arrêtait pas là : les grands de Rome n’auraient pas été satisfaits si de superbes monuments n’avaient raconté leur douleur à la postérité. Nous avons vu quels magnifiques édifices Auguste, Adrien, Septime Sévère, avaient élevés pour contenir celle poignée de cendres qui fut leur personne et que le temps a dispersée , bien que renfermée avec tant de soin dans des globes d’or et des urnes de porphyre. Les riches se faisaient un point d'honneur d’imiter ce luxe tombal. On citait les sépulcres des Scipions, des Métellus, des Servilius, si beaux, d'après Cicéron , qu’ils devaient rendre la mort heureuse1; la pyramide de l'opulent Cestius , qui fut bâtie en trois cent trente jours ; et personne qui n’admirât le mausolée dédié par le consul Crassus à la mémoire de sa femme Cécilia Métella,
•• Merced® qaæ
Couduet* Dent alieno in fnnere PrsSca> !
Mulio et eapillos scindant et clamant niagis. ( Cæciliis, Sai. 92. )
-• Ter mœsium faneria Ignem
Lastravcre in aquis, alulalasqoe ore dedere. ( Vircilc, Êniid. Ut. ii. )
3. An ta caressas porta Capeni cuin Scipionum, Semliorom, Melellorura sr paiera rides miseras paus Mas?....
I (’.ICÉIUW , e. ». Tunadaue. )
MŒURS ET USAGES
fille de Métellus le Crétois, sim collègue, et qui ne sentit son cieur ému en entendant l'écho artificiel du tombeau , répéter jusqu'à sept fois , dans ses ondulations toujours plus mystérieuses, et plus affaiblies le nom de Métrlla*.
Quelquefois la piété d'une famille ou l'amour d'une ntcrc luttait obstinément contre la mort, et parvenait à sauver de la destruction, pendant des siècles, les restes d’un objet chéri. L'ne science perdue dans le grand naufrage de l'antiquité en donnait les moyens. C'était un liquide inconnu dans lequel un cadavre , nageant entre deux tables de marbre creusées et hermétiquement scellées, pouvait se conserver frais et vermeil pendant quinze cents ans ’.
Séparés ainsi jusque dans la mort, les patriciens et les plébéiens, depuis que la liberté s'était envolée du Forum , ne redevenaient un moment égaux comme aux bains, qu’au théâtre, à Y amphithéâtre et au cirque.
I. Poggio de Florence ( de Variet. fort, urbis Home ). — On l'entendait encore , selon le Mercore Italien et Botoard, en 1560.
*. D arriva que sons le pontificat d'Alexandre VI, vers l’an 1500, selon Leander Albert us ( in Description? Italie ), on trouva dedans une sépulture le corps entier d'une très belle jeune fille nageant dans une admirable liqueur, sur une table de marbre, la face si fraîche et ai agréable qu'elle semblait vivante. Elle avait les cheveux blonds et tressés sons un cercle d'or. Il y avait à ses pieds nne lampe ardente, laquelle s'éteignit aussitôt que le sépulcre fut onvert. Il y avait une inscription en caractères numéraux qui témoignait qu'il y avait trelse ceuts ans que ce corps avait été mis là. Plusieurs conjecturèrent qu'il était de Tullia, fille de Cicéron. ( Le père Nicolas Dralion de l'Oratoire, Ut CtnotUfi de l'ont et l'outre Rom, p. 305. )