lusrrtpiiuiis de b ma son Contl et de Tivoli
CHAPITIIE XIII.
lait de pierreries, puis ils se ceignaient d'une sorte de cuirasse composée de cordes roulées autour de la taille, soit pour amortir le choc cil cas de chute, soit pour y attacher les rênes, s'ils venaient à ne pouvoir maîtriser les chevaux; ils fixaient au côté gauche le poignard destiné à prévenir, en coupant les traits , la catastrophe d'IIippolytc, et allaient au pas prendre rang avec leurs chevaux dans le cortège appelé Pompe. Là , en attendant que le drapeau blanc eût donné le signal de la marche , ils ne restaient pas oisifs. Les uns excitaient l'ardeur de leurs chevaux en jouant de la flûte, les autres par des danses guerrières; ceux-ci en déployant à leurs yeux les couleurs les plus éclatantes, ceux-là en les entourant de flambeaux. Le peuple, roulant pendant ce temps, comme les vagues du Tibre débordé, sous les portes immenses des tours Ménianicnnes, remplissait les gradins.
Deux cent cinquante et quelquefois trois cent quatre-vingt mille spectateurs ne pouvaient se placer sans tumulte. Au bourdonnement sourd et confus qui sortait des portiques, au bruit des voix, des rires, des exclamations de cette multitude; se mêlaient aussitôt les cris des esclaves qui suivaient les gradins en offrant avec les intonations les plus bizarres des pois, de l'eau fraîche , de l’herbe ou des roseaux verts pour s'asseoir*. Puis tout à coup il se faisait un grand silence. On avait vu les hérauts du cirque parés de leur brillante tunique de pourpre agiter les caducées, insignes de leur emploi, en étendant la main vers les pavillons de la façade et surtout vers celui de gauche, qui portait le nom de podium, et était occupé par l’empereur; tous les yeux se tournaient de ce côté, pour ne pas perdre un détail de la Pompe. Elle arrivait enfin, cette splendide procession païenne, qui se déployait solennellement dans les rues de Rome aux grands jeux de septembre. Partie du Capitole, du temple de Jupiter, elle avait traversé le Forum , le Vélabre, et entrait au Cirque dans l’ordre suivant :
En tête marchaient les enfants encore impubères des familles sénatoriales, avec des boucliers, des lances d’argent et des casques où flottaient d'éclatants panaches ; les fils des chevaliers les suivaient sur les chevaux de leurs pères richement caparaçonnés, puis venait à pied la jeunesse plébéienne formée en manipules. Celle-ci était choisie avec d’autant plus de soin que sa présence dans le cortège avait pour but de montrer aux alliés et aux étrangers l’espoir de la patrie et la vigueur du sang romain. Aussi offrait-elle un coup d’œil remarquable par la beauté des formes et sa mâle et fière tenue. Les agitateurs des quatre factions sur leurs chars et les chevaux appelés à disputer le prix la suivaient au pas, salués sur leur passage par les applaudissements de leurs amis et de leurs partisans. Derrière les quadriges s'avançaient ensuite trois groupes nombreux et presque entièrement nus composés des athlètes, des coureurs et des pugiles. Les premiers étalaient avec affectation leurs larges poitrines et tendaient leurs bras musculeux; les seconds, le corps penché en avant
4. Horace, ad Pisones. Piaule, In Pamulo. Aut qui eorlinam lodis per eirenm fera»» lomentom circensi colritra ex graphalio aliisve hcr b la vel connais anindinibos faciâ quæ sub&lcrnebatur ntuliiiudmi. (Georg. Fabricii, Detcnpii « L'i bu.)
JEUX ET SPECTACLES
et un pied en l’air, semblaient commencer la course, et les pugiles montraient leurs poings au peuple.
A ces trois groupes qui défilaient séparément en succédaient trois autres qu'on nommait les danseurs armés. L'un était formé d’hommes faits; l'autre, d'adolescents; et le troisième, d’enfants. Vêtus d'une tunique de pourpre serrée au corps par une ceinture de cuivre et portant des casques d’airain surmontes d’aigrettes de diverses couleurs, ils dansaient tous la pyrrhique en chantant des hymnes et en choquant à grand bruit leurs épées et leurs javelines. Derrière ces danseurs sérieux apparaissaient ensuite les danseurs comiques. C’étaient deux chœurs ridicules , l'un de Satyres couverts de peaux de boucs, l'autre de Silènes dont une ceinture de feuillage voilait à peine la nudité , qui , agitant des guirlandes de fleurs , parodiaient la danse noble des premiers par les sauts et les gestes les plus grotesques. Quatre troupes de musiciens avec des trompettes longues et recourbées, des petites flûtes et des cithares d'ivoire à sept cordes venaient immédiatement après les ministres sacerdotaux. Ceux-ci marchaient en sept groupes : les camilli et les camillæ, les flaminii et les flammes, les aides des prêtres, les aruspices, les pullarii, les popes et les victimaires. Les camilli et les camillæ étaient choisis parmi les plus beaux adolescents et les plus belles héritières des familles patriciennes. Habillés de robes blanches bordées de pourpre et couronnés de lauriers, ces enfants aux gracieux visages portaient les petits vases d'or et d’argent, les parfums, les aromates et l’encens des sacrifices.
Les aides sacerdotaux portaient les grands vases tels que les patères , les disques, le simpulum et le capis ; le guttus , urne à long cou ; l’olla, sorte de chaudière pour faire cuire les entrailles des victimes, le trépied, le candélabre, la hache et la massue. Les aruspices et les pullarii portaient de leur côté les cages où étaient renfermés les poulets sacrés. Après ces étranges guides de la politique romaine arrivaient les popes conduisant des taureaux ornés de bandelettes, de tapis de pourpre et de guirlandes , les victimaires qui s'efforcaient d’entraîner des béliers et des porcs rebelles, et les tensæ ou chars des Dieux. Sur ces chars, dont les uns n’avaient qu'une plate-forme couverte de tapis de Babylone, et dont les autres étaient construits en forme de temple et de tabernacle soutenu par quatre colonnes, s’élevaient d'abord les statues des douze grands dieux protecteurs des mois : Jupiter, Junon, Neptune. Apollon, Mercure, Mars, Vulcain, Vesta, Minerve, Vénus et Cérès. Des attelages de deux ou de quatre chevaux , de quatre éléphants et souvent de lions, traînaient les statues d'or des dieux supérieurs et les douze des dieux inférieurs. Les trois Parques, les neuf Muscs, les trois Grâces, les vingt-quatre Heures, avec leurs robes blanches et noires semées les unes d'étoiles d’or, les autres de soleils; toutes les divinités des bois, Nymphes, Dryades, Oréades, Hamadryades, venaient ensuite au troisième rang. Puis des chars moins brillants, mais richement décorés, roulaient lentement, chargés des statues des demi-dieux, au' milieu desquels le peuple reconnaissait toujours avec respect, Bacchus , Hercule, Esculapc , Castor et