‹ Rome ancienne et moderneChapitre 184 sur 428 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

INSTITUTIONS HEUIG IEUSES.

Le* nient. — La Cas'e siffHotale. - Le Colle. - Fêles Païennes. — Janniles. — Slineivales. — Orientales. — Srmriitioes. — Equines. — Cotn/uiales. — Fébroalres, — Lupercales. — Qtiirinales. — F»*rtisralre.— Feralies. — Cbaristies. — Terminales. — Hégifuge. — Malronales. — Libérales. — Grandes Quiitquati ics. — TnWIusire. — Hilaries. — Jeu* Megalesiens — Céréales. — ForUicidcs. — Palilies. — l'reraii-rcs Vlnalies. — llobrgale*.

— Fl.walles. — Lèmuritnnos. — Argiennes. — Transport des cendres de Vwia. — Petite* Qoinqnairies. — Jeax Piseariens. — Couronnement des Anes. — Pojdifnje. — Nonus Caproilues. — Ambanralcs ei AmborbUles. — Llmnapê'ies. — l>mtumnales. — Secondes Vinallcs. — Vukanale*. — Oplconsircs. — MWitriuales.

— Fominales. — Ann il astre. — B ru ma les — LecüMcrntes. - Larcnules. - J mena les. — Sa tantales. — Opaltcs et SlgUlalrrs.

Comme la tribune du grand autel du Panthéon , la constitution romaine était soutenue par deux magnifiques colonnes, les institutions civiles et les institutions religieuses. L'habile politique de Numa les avait juxtaposées de façon que tout l’édifice social portât également sur elles. C'était bien connaître les hommes des premiers temps. On ne pouvait en effet les plier à l’oliéissance avant de les avoir soumis à une autorité supérieure, surhumaine, incontestée. Pour qu’ils reconnussent des maîtres sur la terre, il fallait leur donner d'ahord des maîtres dans les cieux. Sous ce rapport, l’organisation sacerdotale du successeur de Romulus fut un chef-d’œuvre. Quand on considère la simplicité des préceptes de la religion de Rome, leur influence sur les mœurs du peuple, leur rapport admirable avec tous les devoirs sociaux, et surtout ces liens indissolubles qui l'unissaient à la République et ii la constitution, dont elle devint ainsi l’indispensable auxiliaire , on ne peut

INSTITUTIONS RELIGIEUSES

s’empêcher de la regarder comme le système religieux le plus sage et le plus politique qui ail encore jailli du cerveau du législateur'.

S’il faut en croire Plutarque, cette religion primitive coula pendant deux siècles aussi pure que l'Anio *. [lien qu'il feignit de s'inspirer, sous les saules de la fontaine, des conseils de la mystérieuse Ëgérie, le roi Numa Pompilius avait donné aux premiers Romains une idée si sublime de la Divinité, que toute représentation de ces êlres celestcs, que l’esprit seul devait se peindre, leur eût paru un sacrilège. On ne vit donc à Rome, pendant deux cents ans, d'autre symbole de la Divinité que la lance qui représentait Mars. Mais les peuples du Midi ont l'imagination vive et curieuse : enfants du soleil, il leur faut partout des rayons, de la chaleur, de la couleur, des images. Sous les Tarquins, la religion de Numa sembla trop nue. A mesure qu'elle grandissait, Rome voulait du luxe jusque dans ses dieux : Grecs d'origine et étrusques d’adoption, les Tarquins lui apportèrent les idoles de la Grèce et de l’Élrurie.

Tout l'Olympe descendit alors sur les sept collines, et grossi par la victoire, car les Romains adoptaient en général les divinités des peuples vaincus, et plus tard par l'orgueil des empereurs, qui voulurent, eux aussi, s'asseoir sur les trônes d'azur, le nombre des dieux alla toujours en augmentant. Ceux qui étaient solennellement reconnus et adorés dans tout l’empire se divisaient en quatre classes principales : les dieux majeurs, les dieux mineurs, les demi-dieux, et les dieux étrangers.

On en comptait vingt dans la première classe, les douze du sénatdivin, qui étaient Jupiter, Junon, Vesta, Minerve, Cérès, Diane, Mercure, Neptune, Apollon, Venus, Mars et Vnlcain, et huit adjoints : Janus, Saturne, Rliéa, le Génie du peuple romain, Piuton, Ëacchus, le Soleil et la Lune. Jupiter recevait de l’encens et des sacrifices sous huit noms differents. Dans le temple fondé , dit-on , par Romulus , et que le roi Ancus rebâtit et embellit ensuite, il s’appelait Férètrius, en mémoire de la défaite des Céniceuses, dont les dépouillés avaient été appeudues à ces murs sacrés; il s'appelait Stator, du lieu où l'on croyait que sa foudre avait arrêté lesSahins; Elicius, c’est-à-dire contraint de se montrer aux hommes, à travers les éclairs, dans le temple de l'Aventin; Capilolinus, sur le Capitole; tazial, sur le mont Albain , en souvenir de la fédération latine; Luceziut, comme père de la lumière; l’istius, comme garant des serments, et Terminal, parce que Numa lui consacra toutes les bornes. La piété romaine lui décernait en outre les surnoms de Vainqueur, Vengeur, Tonnant, Très-bon et Très-grand.

Junon, sa femme et sa sœur, selon la Fable, était également honorée dans cinq temples à des titres divers. Reine, elle tenait dans ses mains, au point de vue païen, toutes les richesses du globe; Matrone et l’ronuba, elle présidait aux mariages; Lucine, aux enfantements, et le nom de Muneta rappelait l avis salutaire quelle avait donné jadis, au dire de ses prêtres, dans les invasions gauloises.

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