I. Ovide, Fouet, U», n
S. Src Regifog loin pulsis ex orbe tyrannis
Lsctum Romanis fa* relieere diem. { Atwvx, Feriit Roman it. )
3. Mariis anhqtii priiuordia promût anni. ( Ai son a , De Menulnu, Monotlkka. )
CHAPITRK XV.
soleil chasse les brouillards el la campagne reverdit , on trouvait le moyen d'honorer par les Matronales, fête doublement ingénieuse, la fécondité de la femme, dans une allégorie gracieuse à celle du printemps, et son courage en face du péril, dans une allusion au dévouement des Sabines. Les Matronales , qui avaient une double signification , gardaient ainsi , grâce au choix fait par les pontifes de ce trait d'héroïsme , le caractère conjugal , puisque chacune de leurs cérémonies était un acte de respect et de reconnaissance des Romains pour les mères de leurs enfants, et le caractère militaire qu’exigeait l’inauguration d'un mois consacre au dieu des combats, puisqu'elles avaient pour origine une bataille. Quand cette bataille finit par l’intervention des Sabines, les farouches guerriers de Tatius, s’apaisant aux pleurs de leurs filles, reçurent, dit-on, sur leurs boucliers les enfants quelles leur présentaient. Les Matronales commençaient donc par l’exhibition des ancilia, boucliers d’airain convexes que les saliens promenaient solennellement dans la ville comme pour lui montrer les berceaux du peuple romain.
Les femmes couronnées de fleurs , dès que les prêtres de Mars étaient passés , allaient au temple de Junon-Lucine , bâti au pied de l’Esquilin , offrir leurs vœux et leurs couronnes; puis, revenant dans leurs maisons, elles peignaient leurs esclaves, les servaient à table, et se tenaient le reste du jour dans l’cxèdre, parées comme les statues des dieux , pour recevoir les présents et les félicitations de leurs parents , de leurs amis et de leurs époux sur le courage et le dévouement déployés autrefois par leurs mères. Ce devoir rempli , les maris se rendaient de leur côté dans le temple de Janus , et n’en sortaient que pour donner un festin magnifique à leurs femmes. Les Veslaliennes , qui avaient pour but principal de consacrer par des libations de vin et d'encens le pontificat d’Auguste , les sacrifices à Vé-Jupiter ' au bois de l'Asile , les secondes courses de chars le long du Tibre , et ces joyeux festins sur l’herbe au Champ-de-Mars en souvenir d'Anna Bovilis , personnification poétique de la campagne qui nourrit le peuple lors de sa retraite au mont Sacré , séparaient les Matronales des fêtes de Bacchus ou Liberalia.
Les Libérales donnaient â Rome un aspect singulier; dès le matin, toutes les mes, toutes les places se couvraient de vieilles femmes couronnées de lierre qui , assises derrière un foyer pétillant, préparaient les gâteaux recouverts de miel qu’il était d’usage de porter sur l’autel de Bacchus, et les vendaient avec de grands cris aux passants. Il s’en débitait une prodigieuse quantité, car le xvi dea calendes d’avril étant le jour de la toge virile, presque tous les parents et les amis des jeunes gens âgés de dix-sept ans qui allaient la prendre dans les temples achetaient des gâteaux miellés. A ce culte tout rustique succédait la célébration des Quinquatries, plus conforme au génie militaire de Rome. Les grandes Quinquatries de Minerve duraient cinq jours. Rien n’altérait la pureté du premier, qui se passait en vœux et en prières dans le sanctuaire du mont Cœlius; mais le sang des gladiateurs, coulant à torrents dans le