Jupiter méchant
INSTITUTIONS RELIGIEUSES
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cirque et l'amphithéâtre , souillait les quatre autres. Les Quioquatries se terminaient par le Tnbilustre , ou purification des clairons.
Deux jours après cette cérémonie lustrale, la ville semblait plongée dans le deuil. Le 25, en revanche, tous les fronts brillaient , la joie souriait sur toutes les lèvres, car l’équinoxe du printemps venait de donner le signal des Hilaries et des Grands Jeux. On s'habillait de blanc; les jeunes gens récemment revêtus de la robe virile l'échangeai nt un instant contre des costumes bizarres, et couraient masqués des bains aux basiliques. Pendant ce temps , les matrones dansaient devant la statue de Cybèle que promenaient en pompe sur la voie Sacrée les prêtres phrygiens, suivis du sénat , de l'empereur, des pontifes et des chevaliers en robe de pourpre , et le peuple romain , foulant seul libre et fier le pavé de ses larges voies , car la loi défendait aux esclaves d'y paraître, par la joie religieuse qu'il montrait aux Hilaries, croyait fermement remercier la Terre du retour du printemps, et honorer le pouvoir suprême de la Divinité en applaudissant au théâtre les comédies des jeux Mégalésiens
Aux calendes d’avril , les fleurs , les roses et les myrtes verts , répandus il pleines corbeilles sur les autels de Vénus et de la Fortune virile, invitaient les jeunes vierges et les dames romaines & se rendre dès le matin aux temples de ces deux divinités , situés l'un au bord du Tibre, et l'autre au Capitole. Là, en expiation de leurs désordres , les courtisanes étaient forcées de déshabiller la statue de Vénus, de lui ôter ses voiles, ses guirlandes, ses colliers d’or, et de la plonger dans un bain , qui leur était prescrit ensuite à elles-mêmes comme lustration expiatoire. Telle était l'inauguration religieuse d’avril , qui aurait pu être appelé le mois de l’allégresse et des amusements. Tout en moralisant, en effet, l'homme de lu société antique , le polythéisme lui rendit son passage sur terre le plus doux possible , et à Rome surtout il faisait de la vie un enchaînement de tableaux agréables, de jeux et de plaisirs. Pensant comme les philosophes qui définissaient le but de l'existence humaine sous les lauriers-roses et l'oranger en fleurs de l’Altiquc en goûtant le vin de Chio , la caste sacerdotale s'était dit que la religion, pour moraliser et contenir utilement les hommes, devait être un instrument de bonheur. Partant de ce principe, elle entourait ses croyants de distractions et de fêtes, et ne se montrait jamais plus riante , jamais plus prodigue de plaisirs que lorsque le vent qui a passé sur l’arbre en fleurs et les doux rayons du soleil printanier semblent nous en faire un besoin.
C’est ainsi que le mois d'avril tout entier était rempli par des jeux et des allégories historiques*. Le bruit des timbales, des clairons et des bassins d'airain des corybantes portant la statue de Cybèle sur leur tête, se mêlait un brui sourd des chars qui sillonnaient pendant dix-sept jours la poussière drs cirques en
4. Les jeux séculaires se célébraient tous les eent ans en l'honneur des grands dieux : les livres sybkllins avaient attaché à leurs cérémonies le salut et l'empire universel de Kome.
5. Florirerum Apnlem vimlical aima Venus. (Ausoiw, De Jfnuiéiu.)