CHAPITRE XVI
vnlicanes et du chemin d’Ostie ne purent plus les contenir. Il fallut des retraites plus vastes : on les trouva dans les Alênes.
Les Arcnariœ étaient les sablières de Rome. C’était avec la pouzzolane extraite de leurs flancs que l’immense cité avait fait le ciment de tous ses édifices, Les chrétiens purent donc disparaître en fotde dans l'ombre de leurs galeries. Mais si l’espace ne manquait pas, la sécurité leur manqua bientôt. Ouvertes de toutes parts cl composées de voûtes assez larges pour que les bêles do somme eussent la facilité de s’y mouvoir en venant chercher la pouzzolane, les Arcnariœ ne tardèrent pas à devenir d'autant plus dangereuses que les païens pouvaient les parcourir sans obstacle et en fermer les issues. Pressés alors par l'urgence et la gravité du péril , et dirigés sans doute par ceux de leurs frères condamnés avec les esclaves aux travaux souterrains, les chrétiens ouvrirent des puits cl se mirent à ouvrir secrètement un nouveau refuge sous les sablières.
Ce travail ne fut pas difficile. La nature du terrain était si favorable aux mineurs, qu’ils pouvaient creuser rapidement et sans crainte '. Des galeries d’un mètre, de six décimètres, et le plus ordinairement de huit décimètres de largeur et d’une hauteur qui varie, selon les lieux, entre quatre, six et treize palmes romains, furent poussées dans tous les sens. Bien que travaillant dans les ténèbres , on observait une surprenante régularité : quatre ou cinq voies principales creusées en forme de croix grecque, forment en général les plans de cette cité mystérieuse. Sur ces quatre ou cinq grandes lignes tirées, pour ainsi dire , au cordeau se croisaient, en se rattachant l une à l'autre, cinquante ou soixante voies secondaires se communiquant toutes et occupant une superficie de plusieurs milles. Quand l'asile souterrain fut achevé , on y pratiqua un étroit soupirail pour donner passage aux corps des martyrs.
Lorsque les bourreaux avaient fait leur office, et que les restes mutilés des confesseurs gisaient dans le sang abandonnés aux chiens , des hommes qu’attendaient les mômes supplices venaient chercher la dépouille mortelle de leurs frères et la portaient dans leur retraite ténébreuse. Là, à la lueur d’une lampe de terre cuite, illustrée du monogramme du Christ, ils ouvraient sur la paroi d’une galerie une tombe de la longueur du cadavre, l'y déposaient en le baignant de larmes, et muraient ensuite l’ouverture avec des briques posées debout et revêtues de chaux. Là le martyr était distingué du simple catéchumène couché à côté, au-dessus ou au-dessous de lui : mais la distinction ne consistait pas dans des sarcophages, ni dans des urnes cinéraires de cristal ou d'albâtre. Un petit vase de la forme la plus modeste rempli de son sang, une palme gravée sur la chaux fraîche avec la pointe du compas qui avait mesuré sa tombe, voilà le monument du martyr. Dans ce lieu de repos commun nul autre signe ne blessait l'égalité chrétienne.
1. La roche volcanique b laquelle aboutissaient 1rs puits profonds de trois b quatre mètres forme trois bancs fuperpom's «le pouzzolane pure de tuf granulaire et de tuf litholde. La pouzzolane pure est une roche arenaccc qu’on transforme eu sable eu la $r|taranl du ciuirnî.