‹ Rome ancienne et moderneChapitre 209 sur 428 · I.ES CATACOMBES · texte numérisé non relu

I.ES CATACOMBES

Les hommes , h roïquement dévoués, qui bravaient cent mille fois la mort pour rapporter et ensevelir dans ces corridors sombres les corps souvent putréfies des saints, formaient à juste titre In première classe des clercs. Chaque église en avait une douzaine qui , A l’exemple de Tobic , rendaient les derniers devoirs aux morts du Seigneur. Ces fossoyeurs ne voyaient plus la lumière dès que la persécution avait commencé. La nuit, ils erraient au péril de leur vie au pied des croix et des bûchers; le jour, luttant aux faibles lueurs de leur lampe contre l'horrible puanteur des galeries mortuaires et leurs ténèbres , ils bouchaient celtes qui étaient pleines cl allaient plus loin en creuser de nouvelles. Grâce à ce dévouement d’autant plus admirable qu’il devait rester ignoré et que Dieu seul en était le témoin . les morts chrétiens trouvèrent enfin un asile contre les profanations du paganisme : ils reposèrent en paix. Aussi, pour bien définir sa destination principale , les chrétiens appelèrent ce lien sans lumière et sans bruit, cimetière, du mot grec qui veut dire : place où l’on dort. Us lui donnèrent également le nom de Catacombes, qui signifie ; auprès des grottes.

La cruauté des empereurs allant toujours croissant, et une foule toujours plus nombreuse de néophytes prenant la place de ceux qui tombaient dans ce combat sublime , on fut forcé de multiplier les cimetières. Peu A peu chaque groupe d’églises eut le sien ; il se trouvait des sablières sur les quatorze voies publiques qui menaient à Rome : toutes cachèrent les fossoyeurs du Christ, et quatorze nouveaux cimetières cntrc-croisèrent bientôt leurs réseaux sous les voies Appienne, Ardéaline, Aurélia, Cornélic, Flaminia, Labicane, Latine, Salera, Préncstinc, Purtuense, d'Ostie, Momentané, Tiburtine et Valérienne. Puis A mesure que la persécution envoyait des morts et forçait les vivants A se cacher près de leurs tomltes, d'autres cimetières furent creusés A côté des premiers, et, liant leurs voies aux voies primitives, constitueront cette Rome souterraine qui s’étendait invisible sous toutes les collines et entourait la Rome des faux Dieux d'un réseau immense.

Lzs soiiaxte-doize récioxs ciMKttKiAt.Es. — Rome souterraine se divisait en soixante-douze régions principales. Sur la rive droite du Tibre, la première, oh dormait saint Pierre nu milieu des martyrs de Néron, commençait au plateau du Vatican, et, se plongeant sous la voie Cornélia, se développait à droite et A gauche dans la roche volcanique du mamelon qui tourne la Madone delle Fornaci. Le cimetière de Seconda et de sainte Rufiiuc, situé A la forêt blanche (silva cnndida) , et celui de ce jeune Marius, tribun militaire, qui vécut assez, dit son épitaphe, en donnant sous Adrien sa vie pour le Christ, tendaient ensuite vers la campagne A quelques milles de distance : puis un cimetière qui longe le Tibre unissait les cryptes vaticanes aux cimetières du Janicule appelés de Saint Pancrace, de Cal!é|>odc, de saint Jules, du pape Félix et des geôliers martyrs de la prison Mamertine, Processus et Martinianus. Reliés par des communications secrètes , ils allaient s’enchaîner, en passant sous le relèvement de la voio Aurélia, aux catacombes du Monte Vcrde '.

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