‹ Rome ancienne et moderneChapitre 211 sur 428 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Il n lerminé sa vie terrestre sous l’empereur Aulnnin, que les chrétiens avaient servi , et qui a payé leur fidélité avec la haine. Ne voulant plier le genou que devant le vrai Dieu, Alexandre a été conduit au supplice. 0 temps cruels ! où l'on ne peut être sauvé, même au fond des cavernes! quoi de plus misérable que notre vie, et quoi de plus affreux que notre mort, après laquelle nos parents et nos amis ne peuvent même ensevelir nos restes. »

Après ces cris de douleur qu'arrachait de temps en temps aux chrétiens la rigueur des persécutions, la résignation évangélique reprenait le dessus et dictait des épitaphes d'une sérénité sublime :

« A Pampinus, mon disciple, qui a bien mérité de Christ. — Moi, Secunda, j’ai élevé cette chapelle ( cupella ) à la mémoire de ma fille, Secundine, qui laissa ce monde pour la foi avec son frère Laurentinus. Ils partirent en paix', a Puis éclatait sur d’autres tombes celte fraternité chrétienne qui dans l'Église du Fils de Dieu, ne voyait que les enfants d'un même père. Ainsi auprès d'un chrétien riche et noble comme Thrason, on apercevait la place de Donatus, qui demeura dans la Suburra, et qui tissait le lin (lintearius) ; côte à côte des matrones illustres comme Lucine, comme Plautilla qui donna son voile & saint Paul pour lui servir de bandeau, comme Domitilla , cousine de Domitien , dormait en paix la plébéienne Pollccla , marchande d'orge sur la voie Neuve , et la glorieuse palme des martyrs décorait la tombe de la pauvre Antessie, balayeuse des rues1.

Cryptes punèbbes. — Ces voies étroites, habitées surtout par les morts, étaient les rues de Rome souterraine : les cebiccla ou chambres funèbres, les cryptes, les catabatioues, les baptistères et tes églises en étaient les monuments. En descendant aux étages inférieurs, car chaque cimetière en avait quatre ou cinq creusés l'un au-dessous de l’autre, on arrivait à ces cavernes. Les chrétiens appelaient cubiccla des réduits creusés dans le même terrain que les galeries et pouvant contenir une douzaine de fidèles. Ces réduits, arqués à la partie supérieure et qui étaient tantôt carrés, tantôt ovales, tantôt octogones ou hexagones, présentaient intérieurement trois arcades taillées dans le tuf : une en face de la porte, et les deux autres à droite et a gauche1. Sous ces arcades, fermées à la moitié de leur hauteur par un mur naturel reposaient les corps des martyrs. Les cryptes ou chapelles avaient été construites sur le même plan, ainsi que les catabatiqces dont la voûte seule était plus surbaissée : on ne distinguait bipn les chapelles construites pnr l’Église, des chambres mortuaires construites par les fidèles, qu’à la grandeur de la niche circulaire

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