‹ Rome ancienne et moderneChapitre 212 sur 428 · Vieille pierre cimétériale · texte numérisé non relu

Vieille pierre cimétériale

2. Catacombes de Sainte-Cjrriaqne sur la voie Tihirtine ( route de Tivoli). — Au tonibean d’ Antessie il y a une palme. L'Inscription de Pollerta est tiacée «or la cbanx b Saint-Cal) xte,

3 Nous disons arqué» pour con*erver le sens du mot italien arrtuUi. Ces voûtes sont en encorbellement : il sufOt de Jeter les jeux sur celle des Tbcraes de Caracalla dans le Sfoliarium et sur celle du pot tique de la basilique de Naienre pour voir que cette forme architecturale est non pas gothique ni roiuane. mais piirrmeni aniiqut*. Il en est de même pour le* niches des cubiculo et des b tome», iritomrt on qtmdriaomea , cYst-Mire des sêpuiluies particulière* pour deux, trois et quatre corps, qui sont une imitation parfaite de* niches en arcade de* colombaria on sépulcres païens communs ainsi que le démontrent sans réplique lés tombeaux qni viennent d'élre découverts sur la voie Appia.

LES CATACOMBES

du fond, qui, servaut d'autel, avait trois pieds d’élévation au-dessus du sol et très-fréquemment deux chaires pour les diacres, grossièrement sculptées dans la pierre.

Églises. — Les églises, plus longues que larges, mais qui ne pouvaient contenir plus de cent chrétiens à la fois, se reconnaissaient à leurs chaires de tuf durci, à la hauteur de la voûte, aux consoles taillées dans le banc solide des parois, et qui portaient les lampes, h la faible lucarne ouverte d’à-plomb au-dessous de la porte, afin de donner passage il l’air extérieur. Un grand bassin bordé d'un sarcophage en tuf renfermant, comme au cimetière de Saint-Ponticn, des corps de martyrs, ou une fontaine cachée dans le couloir le plus profond, comme à Saint-Pancrace, et dont l’eau semblait jaillir des cieux sur le front du catéchumène, étaient les seuls baptistères des catacombes.

Toujours humides à cause du voisinage de Peau et de l'action de l'air extérieur, les baptistères, à quelques exceptions près, et les églises, n’avaient pu être décorés par le pinceau des catéchumènes ; en revanche, les cryptes hautes ou basses et les chambres mortuaires, se trouvant dans des conditions opposées, étaient toutes ornées de fresques et d’emblèmes religieux. Là se révélaient les mystères, les angoisses, les espérances du christianisme naissant et proscrit. De même qu'ils avaient sur le corps certaines marques pour se reconnaître, les chrétiens avaient pour s'entendre une langue à part, empruntée aux ligures de l’Évangile. Les païens, par exemple, ne pouvaient comprendre pourquoi tous ceux qui étaient soupçonnés de suivre la loi nouvelle portaient des poissons gravés en relief sur leurs anneaux : l’initié seul savait que cc signe exprimait le baptême. Jésus ayaut appelé ses apélrcs pêcheurs d’hommes, les chrétiens, lorsqu'ils avaient puisé une autre vie dans l’eau du baptistère, se donnaient le nom de j nscicuti , petits poissons. L’Église pour eux était une colombe : quand ils voulaient figurer des martyrs, ils peignaieut des agneaux.

Fresques des komjuexis souteriuixs. — Les sujets peints quelquefois, par exception, avec un goût exquis, quelquefois grossièrement tracés à l'ocre, le plus ordinairement ébauchés à peine, d’une main hâtive ou tremblante, à la lueur des lampes qui décoraient les parois revêtues de chaux des cryptes et des chambres funèbres, consistaient donc dans une suite d'ullégorics expressives et énergiques répétant sous mille formes ces deux idées : ce que les chrétiens avaient à souffrir, et ce qu’ils espéraient. Ainsi dans tous les cimetières on trouvait Abel tué par Caïn; les trois enfants de l’Écriture, jetés dans la fournaise, Daniel au fond de la fosse aux lions, Jonas englouti par la baleine , Élie dans les cryptes du mont Oreb ; une foule de lions, d’ours , de taureaux et de tigres rappelant les tortures du Cirque ; et à côté de ces symboles de la persécution païenne, un ange arrêtant le bras d'Abraham au moment où il va sacrifier son fils, Noé recevant à la fenêtre de l’Arche la colombe qui lui rapporte le rameau verdoyant, le Christ sous les traits d'Orphce qui dompte les bêtes féroces, Pharaon englouti par les flots, Moïse faisant jaillir la source du

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