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CONSULS PATRICIENS, TRIBUNS DU PEUPLE
|jices de Caudium, et refouler i|iiatre fois les Gaulois vers les Alpes; il avait fallu quatorze dictateurs et le dévouement de Décius. Mais aussi, en 2S0, Home dominait, sans rivale, du midi au nord de l’Italie, et ce Curies aussi célèbre par ses mœurs frugales que par ses victoires , venait dire au sénat :
«J'ai conquis tant de pays, que ces régions ne seraient plus qu’une immense solitude si j’avais pour les peupler moins de prisonniers. J'ai soumis tant de peuples, que nous ne pourrions les nourrir si j’avais conquis moins de terres. »
Il y avait là de quoi élever le cœur des Komains et leur inspirer une noble confiance dans leurs destinées et dans leur force ; aussi apprirent-ils sans grand émoi qu’ils allaient avoir a lutter contre un nouvel ennemi. Les habitants de Tarente, cette colonie ionienne qui a donné son nom au golfe, avaient attaqué dans leur port et coulé bas quelques vaisseaux romains. Un vieux consulaire,
Posthumius Mégellus , vint demander réparation. Les Tarentins étaient vifs, légers , railleurs comme leurs frères d’Athènes. Le député du sénat ayant eu la fâcheuse idée de s'exprimer dans leur langue qui lui était peu familière , iis se mirent à éclater de rire à chaque transformation que subissait sur les lèvres de ce barbare l'idiome divin d'Homère; et ce qui [>eint au naturel l'imprévoyance capricieuse de cette race hellène, toute à l'impression du moment, la manière de parler le grec et la prononciation du consulaire suffirent pour leur inspirer un tel mépris de Home qu'ils chassèrent son envoyé du théâtre oit ils lui avaient donné audience , au milieu des huées. L’outrage alla plus loin encore. Pendant que Mégellus se retirait sans rien perdre de son calme et de sa dignité, un bouffon nommé Pliilonidès souilla publiquement de son urine la toge aux clefs sénatoriales. La fouie accueillit cette ignominie par des battements de mains et de grands éclats de rire.
Mégellus se retournant alors et montrant le bas de sa robe :
« Riez, riez, leur dit-il, puisque vous le pouvez encore; mais vos rires se changeront bientôt en pleurs, car ma toge sera lavée dans votre sang. »
Un tel peuple ne pouvait lutter contre Home. Les Tarentins implorèrent aussitôt le secours du roi d'Êpire, au risque de se donner un maître, et malgré l'ingénieux avertissement de l'un de ces rares hommes de sens que renfermait la ville. Le jour oit la demande d'intervention fut votée à ce même théâtre dans lequel un avait outragé le vieux consulaire, Méton , un des principaux citoyens, y pareil le front ceint d’une couronne de roses flétries. En l'apercevant, la foule, folle de spectacles , crut qu'il venait faire entendre sa lielle voix et appluudil : a Bien, s’écria Méton en venant au bord de la scène , très-bien , citoyens de Tarente ! applaudissez à ceux qui se réjouissent aujourd’hui ! et faites comme moi si vous êtes sages : aujourd’hui nous avons encore la liberté, mais elle ouvre scs ailes et va s'envoler en voyant arriver Pyrrhus. v
Pinatics. — Pyrrhus les épargna d'autant moins, qu’il pouvait leur reprocher à bon droit de l’avoir trompé. Ils lui avaient promis une armée auxiliaire de Irois cent mille honnnes de pied et vingt mille cm aliers, et c’est à peine s’il vit arriver