‹ Rome ancienne et moderneChapitre 221 sur 428 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

de ceux qui l’administrèrent avec équité. Après Deuter, nommé par Hoiniilus, Marcios Numa, neveu du bon roi , Lucrétius, père de la victime de Tarquin, et beaucoup d’autres moins connus, se succédèrent dans ce poste d’honneur. Jules César, Mécène, l'..mi d’Auguste; Agrippa, le favori de Tibère, le fils de Germanicus, Néron encore enfant , ce Pédanius sur la tombe duquel, en 61, on égorgea quatre cents esclaves, parce que l’un de ces infortunés l’avait frappé; l’intègre et juste Pégasus, qui, si l'on en croit Juvénal', consolait Rome des scandales de Domitien; Rutilius Gallicus, assis sur son tribunal du mutin au soir, et que Slace appelle une tète d’un poids immense’; Clytius Attilius, l'aiui de la lionne foi, et les préfetsjurisconsultes se signalèrent pendant un siècle par leur excellente administration cl leur sévérité pour les chrétiens *.

Caractère de leur administration. — De 193 à 327 on cite dans les cent trentequatre préfets qui occupèrent successivement ce poste éminent , Almechius , qui fit briller sainte Cécile; Sabinus, à cause de sa mort funeste, car il périt lapidé pur le peuple; Ccnsorinus, parce qu’il avait combattu vaillamment les Barbares avant de ceindre la Irabée ; Ulpien, parce que, uon moins cruel que Décius, il versa le sang d’une foule de martyrs; Celerinus, parce qu’il lit enterrer vivants dans les arènes de la voie Salara deux saints, Chrysante et Daria ; Placidus et Nicetius, teints du sang de saint Valentin et de la vierge Eugenia ; Draccus et Magnentius, instruments trop aveugles de la fureur dioclétienne , et Symphronius, bourreau de cette Agnès, la gloire et la fleur des vierges romaines *.

Celui qui tenait les rênes de la préfecture au départ de Constantin s'appelait Anicius Julianus, et il eut fort & faire, ainsi que son successeur Optatiauus, pour conserver la paix publique. Dans le premier feu de son ressentiment, l'empereur avait voulu retrancher la moitié du blé des frumentaires. Il résulta de cette mesure, qu’on fut bientôt forcé de rapporter, et de lu nouvelle destination donnée à la flotte nourricière d'Égypte , des troubles et des mouvements que nous allons voir recommencer tontes les fois qu'une mauvaise mer ou les vents contraires empêcheront les vaisseaux d’arriver & Oslie. Moins heureux encore en

i. Satire vu

*. Ccrvix ponderis kmuirnsi.

3. Par un singulier jeu do hasard, relui qui ouvre la liste des persécuteurs était. dil-o», rhreiirn ou néophyte baptisé en 116, d'après le martyrologe, par Alexaodré, Hernies lot arraché de son char doré et précipité avec une pierre au cou dans le I ibre; son successeur, llusbim Macer, dont ses ennemis mêmes louaient l’intégiiie. dt payer cher cette conquête aux malheureux chrétiens; U fut imité dans sa bonne adminisi ration et dans ses rigueurs par le darissime Gabinus, qui, en 121. répara avec tant de soin les rives du Tibre; par Lucius Vérus. l'ancien tribun militaire; Vulteius Asiatinas. surnommé, en <33, le pieux et l'honnête; Modes tus. qui eut soin des voies et des cloaques; Clarus, le plus do te des jnriseonsulies, su dire d’Aulu-Gelle; Orfltus, qu’on ne voulait pas remplacer, eu ISO; Julianus Sevrrus, qu'Kutrope appelle un noble et grand Jurisconsulte, virum aobilem et Jurit ptrilistimum ; Marcus Geniaiis, dit, en 16i, le prêteur tutélaire ; Urhlcus, l’adorateur d'AppolU» ; Publias le Sévere . sous lequel souffrit sainte Félicité; Juuius Ruslicus. qui, en 197, condamna saint Ji stin; Priscas l'illustre, moi t comblé d'bouneurs; le rigoureux Fuscianus; Kelvins Pertinsx, qi/Hérodien présente comme l'homme le plus digne d’admiration dé cette époque, par sou caractère et ses vertus; Lupus, qui réhabilita les victimes de Commode, et Basses, auquel l'empereur Sévère confia Rome en allant combattre, en IM, Pescenuios Niger.

4. Il conte Lorio (De Pntfeeto fréta). Edouard Corsiul (Dt Pnefettu fréta). Gruter ( htcrrpimu) Fabreitl (Mim), Fersius ( De Prirferittâ mrri Prrlorii j.

PRÊEKTS DE I.A VILLE. 311

330 et en 332, Probianus, qui avait été consul, et Paillions, de l’illustre famille Anicia , dont le nom était populaire à Rome , car son père fit restaurer les Iles de la corporation des corroycurs , durent remplir tous deux pour obéir aux ordres de l’empereur une douloureuse mission. Poussant l'avidité fiscale plus loin que Caligula, qui avait taxé les courtisanes , Constantin imposa la nature dans ce qu'elle a de moins libre, et taxa les excréments. lin impôt étrange, appelé le chrysargire, fut ajouté à ceux qui écrasaient déjà les contribuables romains.

Mort dp. Cokstastik. — Cinq ans après, Constantin mourut, et sa mort montra combien les hommes oublient vite et comme ils sont prompts à liénir la mémoire de leurs tyrans. Certes, si jamais empereur avait mérité les exécrations d'une ville, c'était Constantin, par la haine qu'il témoignait à Rome et le mal qu’il lui avait fait. Loin de là , quand le préfet Valérius Proculus , qui était e n litre augure et grand pontife, vint , au commencement de juin de 337 , apprendre au peuple que le fondateur de Byzance était mort et qu'il lui avait légué , à l’imitation d'Auguste, une somme considérable, le peuple versa des larmes et poussa des cris de douleur. Les thermes, les marchés, les cirques furent fermés en signe de deuil. Les païens, dont il avait déserté le culte, en firent un dieu; malgré , ses exactions et son |>arricide , les chrétiens en firent un saint : l'histoire seule , restant digne au milieu de ces bassesses , et juste au milieu de ces mensonges , écrivit une partie de la vérité sur sa tombe dans ce résumé : Pendant les dix premières années de son principat, Constantin agit en grand homme; en voleur pendant les douze suivantes , et dans les dix dernières en enfant.

L’administration du préfet Apronianus, le correcteur de l’Ombrie et de l’Étrurie, qui, en 339, mérita une statue d'airain; celle de Mavortius, homme d'une énergique fermeté; de Probianus, célèbre par le tremblement de terre de 3M>, et celle de Limenins , préfet à la fois de la ville et du prétoire , maintinrent la paix durant les douze années écoulées entre la mort de Constantin et la guerre civile.

Constantin , en mourant, avait partagé l’empire entre ses fils et ses parents, l es légions massacrèrent ces derniers , et ses trois fils Constantin , Constans et Constanlius eurent seuls l’Orient et l’Occident. Ils en firent trois lots : le premier, composé de l'Espagne, des Gaules, des Iles Britanniques et d'une partie des Alpes, échut à Constantin ; Constans prit l'Italie , l'Afrique et ses Iles , la Oalmatie , lu Macédoine , le Péloponèse et le reste de la Grèce ; Conslantius reçut en partage l'Asie et laThrace. Les cendres de leur père n’étaieu! pas encore refroidies, que les deux alliés s’attaquaient. Constantin, à peine ftgé de vingt cinq ans, était tué auprès d’Aquilée, dans une embuscade que lui tendit son frère Constans, et celui-ci, qui n'en comptait pas vingt , passa aussitôt les Alpes pour aller se faire reconnaître par les sujets et les soldats du mort. Bien que les légions ne fussent pas difficiles en fait de violence , elles détestaient , comme tous les Romains , les crimes de famille. Ce jeune homme imberbe, teint du sang de son frère, de l’empereur auquel elles oliéissaieul

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