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PRÉFETS DE LA VILLE
Alhanase , divisait alors l'église latine et l'église grecque : irrité que l'évêque do Home, Libélius, soutint Athanuse contre son sentiment, l'empereur ordonna de le bannir et de mettre l’arien Félix à sa place. Une intrusion aussi violente du pouvoir séculier dans les affaires ecclésiastiques ne pouvait passer sans protestation. Les chrétiens se révoltèrent : ils défendirent la théologie à main armée, cl le préfet fut forcé, pour introniser le successeur de Libérius, de marcher dans le sang et sur les cadavres.
CoxsTAtmcs a Roua. — Comme le calme se rétablissait dans les esprits, l’impératrice de Constantinople, Eusébia, fit annoncer son arrivée. Le sénat, en toges blanches, sorti avec le peuple, la reçut avec magnificence, et l'impératrice, de son côté, paya largement l'enthousiasme des pères et les acclamations des plébéiens. Ce voyage avait pour but de sonder les dispositions de la population, et de préparer le terrain il son époux qui voulait triompher de ce Magnenlius, qu’il n’aurait pas osé regarder en face comme Constantin avait triomphé de Maxence. Le sénat s’étant prêté avec empressement à cette funlaisie impériale, Constantius vint, en 3‘>7, par la voie du Nord, et suivit, pour entrer à Rome, le même chemin que son père. Le préfet Orfitus n’avait rien oublié pour qu’il trouvât un bon accueil : semé d’avance à pleines mains, l’or du trésor promettait l'enthousiasme; mais on avait compté sans le caractère national. Par nature, le peuple de Rome était railleur et d'une naïveté d’enfant dans ses impressions. Il admira volontiers ces brillants cavaliers dont les casques, faits avec art, semblaient autaut de dragons ouvrant, comme pour dévorer l’ennemi, une gueule sanglante : il battit des mains â l'aspect des cataphractaires couverts, eux et leurs chevaux , d’armes si bien jointes , qu'ils paraissaient des statues ambulantes; mais lorsque apres ces corps d’élite superbes de tenue et à la tête d'une armée nombreuse qui marchait enseignes déployées, il aperçut tout à coup, sur un char incrusté d’or et de pierreries, un homme chétif et pâle portant le manteau de pourpre des triomphateurs et la couronne impériale , il ne put s'empêcher de rire : après avoir joint leurs acclamations aux fanfares des trompettes, plébéiens et patriciens se moquaient gaiement de leur César, et critiquaient sa petite taille, sa laideur, et jusqu’à son immobilité. Constantin, en effet, prenant cette affectation pour de la dignité, se tenait droit et raide sur son char, l'œil fixe et les bras tendus, et aussi immobile que les images de bronze. Les Romains remarquaient en souriant qu’il se baissait seulement en passant sous les arcs de triomphe , comme s’il eût craint d’en toucher la voûte avec son front.
Suivant la voie Flaminia , il traversa le Champ de-Mars et monta au Forum , précédé du sénat et des magistrats , et suivi de cette population immense encore dont la rumeur troublait son faible cerveau. Arrivé vis-à-vis des Rostres et apercevant à la fois le Capitole, le Forum , le Palatin et les splendeurs monumentales de la région de la Paix, il s'anêta ébloui. Le préfet le conduisit au palais des Césars, d'où il descendit bientôt pour parcourir la ville : le grand Cirque, le Colisée,