Ammici! Marcellin, liv. xxviii
PIIÊFRTS DE LA VILLE
rentra dans les voies de la justice pacifique. Le premier de ces gardiens de Rome promulgua l’édit de Valentinien contre les étudiants. D'après ce réglement sévère, nécessité par la licence des écoles, tout étudiant en arrivant â Rome devait présenter au préfet une lettre du magistrat de son pays, contenant son nom, le lieu de sa naissance, son âge et les qualités de ses parents. 11 était tenu de déclarer ensuite à quel genre d'études il entendait se vouer, et dans quelle maison il avait fixé sa demeure. A partir de ce moment , surveillé par le préfet , s’il fréquentait trop souvent les spectacles, s’il courait les tavernes et les lieux suspects, il était averti d'abord, et ensuite chassé de Rome. Mais en même lumps, par une sage compensation l’édit assurait l'avenir des étudiants studieux en les recommandant, au moyen d’un registre où leur conduite et leurs progrès étaient notés mois par mois, à l'attention de l'empereur. Le même magistrat fit afficher au Forum nue autre loi qui défendait de mêler par des mariages le sang romain au sang barbare.
Un débordement extraordinaire du Tibre fournil & celui qui le remplaça, en 371, l'occasion de montrer son zèle et son activité. Grâce à la vigilance déployée par le préfet Claudius, personne ne souffrit, quoique toutes les parties basses de la ville fussent inondées : des barques, réunies en nombre suffisant, portaient des vivres de maison en maison. Claudius restaura plusieurs édifices, et entre autres le grand portique contigu aux bains d'Agrippa, qu'on appelait du Bon Événement parce qu'il était voisin du temple consacré â ce dieu dans la onzième région.
l.'msToniEs SruuAQCz. — A Claudius succéda, vers 385, l'illustre Symmaque, après quinze préfets dont les plus remarquables furent Petronius Probus, l’ami d'Ausone; Arborius, son neveu t Magnus, dont l’éloquence parvint, dans une famine, â faire nourrir les pauvres par les riches; Flavius Euprnxius , qui répara le Forum 1 ; Vicasius, auquel Veleus, l'associé de Valentinien à l’empire, dut une statue; Valérianes, l'homme digne par excellence, et le magnijtcentinime Claudius Sévérus J. Symmaque , l'un des premiers écrivains et des meilleurs orateurs de son temps, était la colonne du paganisme; souverain pontife, il maintenait avec tant de rigueur la discipline antique et les rites même barbares du vieux culte, qu'il fit enterrer vive, en cette année 385, une Vestale infidèle â ses vœux. Convaincu fermement, comme tous les patriciens éclairés dont le patriotisme égarait peut-être la raison , que le salut de l'empire et de Rome tenait à la conservation du polythéisme, il fil, pour en reculer la chute, des efforts inouïs. Amis jus qu'ulors ou indifférents, les empereurs n’avaient pas touché ouvertement aux autels des dieux ; il n'y avait eu d’atteint par les édits que le fameux autel de la Victoire. Comme préfet de la ville, comme président du sénat et comme grand pontife, Syminaquc en demanda le rétablissement à Théodose, devenu Auguste par le choix du fils de Valentinien, rt il déploya dans sa lettre une éloquence et une chaleur qu’on ne retrouvait plus que dans les oiaisuns antiques.