‹ Rome ancienne et moderneChapitre 247 sur 428 · Catwiotlonf, Vatianm, lib. XI · texte numérisé non relu

Catwiotlonf, Vatianm, lib. XI

GOTHS RT BYZANTINS

nous marchions ensemble contre ces ariens. » Pour donner plus de poids à ce motif religieux , Justinien eut le soin de joindre à sa lettre une forte somme d'argent; elle fut distribuée par son envoyé aux leudes franks, qui , ne doutant plus de la légitimité de ses griefs, promirent de passer les Al|ies. Pendant ce temps, Mundus, maître de la milice, entrait en Dnlinatie en suivant la route tenue autrefois par Tliéodoric, attaquait et battait les tiolhs sur la rive droite de l'Adriatique au moment même où Bélisaire les menaçait avec sa flotte sur la rive gauche de la Méditerranée.

Pour défendre les deux flancs de la monarchie gothique pressés à la fois par deux chefs rompus au métier des armes, il eût fallu un homme de la trempe d’Alaric : or il n’était pas dans le palais de Ftavenne. Après mille bassesses inutiles, car il ne put obtenir la paix qu'il sollicitait à genoux, au lieu de se mettre A la tête de ses cavaliers, Tbéodat consultait les devins. Un de ces imposteurs, juif de nation , lui conseilla un moyen étrange d'interroger le destin. Trente porcs divisés en trois dizaines furent enfermés dans trois étables différentes. On nomma les premiers Goths, les seconds Romains, les troisièmes Grecs. Au bout de quelques jours Théodat entra avec le juif dans les étables : les animaux de la première étaient tous morts, à l'exception de deux ; de ceux de la seconde auxquels on avait donné le nom de Romains il en restait sept vivants, mais leur poil était tombé. Les porcs grecs ne semblaient pas avoir souffert. Théodnt en conclut que les Goths périraient presque tous dans cette guerre; que Rome perdrait son antique splendeur avec la moitié de ses citoyens, et qu'un triomphe peu sanglant couronnerait les armes de Byzance'.

Il marche scr Rome. — Tandis que Théodat payait ce tribut aux superstitions de son temps, Bélisaire , qui venait de surprendre Naples , marchait rapidement sur Rome. Regardé comme le plus grand général de l’empire , illustré par ses victoires contre les Vandales, Bélisaire avait sur les chefs de la nation qu’il venait combattre deux grands avantages : la finesse et la vivacité d'esprit du Grec, puis l'habitude de la guerre. La guerre dans ce siècle avait un caractère particulier; elle consistait plutôt en surprises qu'en opératious réglées , en escarmouches qu’en batailles, lorsque les Barbares qui l'entendaient plus franchement en venaient aux mains; ils se rangeaient dans la plaine en face de leurs ennemis, et les deux masses années luttaient là corps à corps jusqu'à ce que la plus brave eût écrasé l’autre. Par tradition et par nature, les Grecs devaient adopter le système opposé; ils compensèrent en effet leur infériorité numérique par la discipline, et donnèrent partout à l’esprit le rûle que la force brutale jouait chez les Barbares. En venant attaquer un État qui s’étendait sur les deux rives de l’Adriatique , qui embrassait toute l’Italie et allait toucher par les établissements des Goths de l’ouest ( Wisigoths) jusqu'aux Pyrénées, Bélisaire n’avait avec lui que sept mille hommes ; quatre mille

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