‹ Rome ancienne et moderneChapitre 250 sur 428 · I. Prrtfrtjtr, Gurrrr* ÿo/Atyw*. liv. n, I · texte numérisé non relu

I. Prrtfrtjtr, Gurrrr* ÿo/Atyw*. liv. n, I

GOTHS ET BYZANTINS

Feignant di' croire fjno Silverius songeait à livrer une jairte à l'ennemi, il le ninixln brusquement à son palais du Pincio , lui reprocha avec aigreur sa prétendue trahison, et, sans vouloir l’entendre, le livra aux soldais, qui lui arrachant ses hahils pontificaux, le couvrirent d'un froc et le traînèrent à Ostie, où on l’embarqua pour la Sicile. Après celte scène, il convoqua le clergé et le peuple, et leur ordonna d’élire sur-le-champ Vigil.

L'habilelé politique du maître de la milice se déployait encore avec plus de succès contre les Goths, les plus droits et les plus sincères des hommes. Moins par la force de ses armes que par celle de ses intrigues et de sa tactique astucieuse, en .‘i39, Bélisaire avait tellement fatigué les Goths qu’ils étaient sur le point de céder la moitié de l'Italie à Justinien. Les Franks, qui entendirent parler de ce projet, se hâtèrent de franchir les Alpes sous le commandement de Théodobert. Persuadés qu'ils viennent enfin à leur secours , les Goths les accueillent comme des frères ; partout on s'empresse de les laisser passer et de leur fournir des vivres. Ils arrivent ainsi jusqu'au PA ; les stationnaires du pont ouvrent les barrières en poussant des cris de joie; mais, quand ils eurent dépassé le fleuve, dépouillant tout à coup la dissimulation dont ils s'étaient couverts, les loups d’Austrasie se jettent sur ces gardiens trop confiants comme sur des agneaux. Ils les égorgent, n'épargnent ni leurs femmes ni leurs enfants, et, selon la coutume idolâtre de leurs aïeux, précipitent ces cadavres ensanglantés dans le PA, comme prémices de la guerre. Pris entre les Franks et les Byzantins, les Goths se tournent vers ces derniers et demandent la paix. Au moment où leurs députés partaient pour le camp de Bélisaire, ceux de Théodobert se présentaient à Ravenne devant Witigis. a Partagez l'Italie avec nous , dirent-ils au conseil de la nation ; nous sommes cinquante mille dans les plaines Ligures; lorsque vos mains auront louché les nAlres, nous lèverons nos haches , et au coucher du soleil il ne restera pas debout un seul guerrier de cette race perfide, l’ennemie mortelle des Germains ! 1 »

Le conseil était bon, et la perte des Byzantins certaine ; mais comment se fier à des alliés qui les avaient trahis si odieusement la veille 1 Le sang versé dans la Ligurie criait encore vengeance ; les Goths n’écoutèrent que leur colère, et, repoussant les Franks, ils traitèrent avec l'empereur. Ce ne fut pas la faute de Justinien si la ! tonne foi manqua comme d'ordinaire à la paix. Il la voulait sincèrement, car elle lui donnait la moitié de l'Italie ; mais Bélisaire ne la voulut point, parce qu’elle amoindrissait son triomphe. Toutefois, mulgré ses intrigues, elle fut signée dans Ravenne. Witigis, qui , comme tous les vieillards , soupirait après le repos , échangea la vie agitée et rude du champ de bataille contre l’existence calme et entourée d’honneurs, de Patrice à Constantinople s. Le secrétaire de Bélisaire , Procnpe , assure que les Goths offrirent l'empire d’Occident à son maître, et qu'il le refusa. Cet eu-

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