PrOCOf*, ÜUC'Tf* Gothique
G0TI1S lit BYZANTINS.
Radocla fuit prendre les armes à ses soldais, puis il s'approche dans le plus grand silence de ce s rempnrls où la trahison seule veillait. Parvenu snus la jante Asinnria, il s'arrête et ordonne aux quatre des plus vigoureux de saisir une corde jciée par les (sauriens et de monter dans la ville. Les Gollis n'hésitent pas : munis de haches, ils se laissent hisser sur les tours et ont bientôt brisé les leviers de bois et de fer qui arc-boutaient la porte. Les deux battants ouverts , toute l'année entra. Aussi prudent que brave , ltadnela se contenta île 1a ranger en bataille le long du rempart et attendit le jour. Les Byzantins, eux, ne l'attendaient pas. Au premier bruit de l'entrée des Goths , ils avaient fui par une autre porte, la-s vieux chefs pressaient Baduela de les poursuivre. Eh ! pourquoi? répondit le héros amalc ; est-il un spectacle plus doux que la fuite de l'ennemi?...
Au point du jour, il se rendit pour remercier Dieu à la basilique de Saint Pierre. Le pape Pelagius l'y salua le premier, en tendant les mains, de ees paroles suppliantes : a Parce luit, Domine ! Seigneur, pardonne à tes enfants! Comment! dit le roi goth en souriant, car il n'avait pas trop à se louer du pontife, tu t'abaisses, Pelagius, jusqu'à prier uu Bnrbare!... a Oui, reprit celui-ci sans s’effrayer; Dieu m'ayant fait ton serviteur, je te répète : Seigneur, pardonne à tes esclaves!.. Sa prière fut accueillie. Sur un mot de Baduela , les représailles qui avaient commencé s'arrêtèrent. Quand le glaive rentra dans le fourreau, soixante llomains avaient (>éri : ce furent les seules victimes. Les compagnons de Baduela lui demandaient la tête de Kusticiana , fille de Symmaque, qui, pour venger son père, avait renversé la statue de Théodoric ; il la refusa. Les jeunes guerriers lui demandaient les belles patriciennes, il leur rappela les chastes moeurs de leurs aïeux et ne souffrit pas qu’on outrageât une seule femme.
Mais en réservant la vie des hommes et l’honneur des femmes, il abandonna tout le reste au soldat. Épuisée par les souffrances du blocus et la famine, Home fut mise au pillage. Baduela, qui se proposait de la détruire jusqu’aux fondements, attendait seulement qu’elle fût vide : il avait abattu déjà un tiers de l'enceinte, et allait attaquer les monuments, lorsqu’il reçut la lettre suivante que Bélisaire lui écrivait d’Ostie :
« On reconnaît les hommes d’une haute intelligence et d'un grand cœur au soin qu’ils prennent de conserver les monuments des villes , comme on reconnaît les ignorants et les barbares à la rage qu'ils ont de les renverser en laissant à la |>ostérité ce triste souvenir de leur passage. De l’aveu de l’univers, par sa magnificence et sa grandeur, Rome est la reine de toutes les villes. Ce n'est ni un grand roi ni un seul siècle qui l'ont décorée de cette splendeur. Il a fallu cent empereurs, des milliers d'hommes illustres, un long temps, des richesses immenses, le travail et le génie des meilleurs architectes et des plus célèbres artistes pour la faire ce qu'elle est aujourd'hui . On dit que tu veux détruire l’œuvre la plus admirable des hommes qui ont vécu avant nous, et priver la postérité du plaisir qu’elle doit trouver à la voir. Songe à l'opprobre éternel que cet acte de barbarie imprimerait sur la nié-