‹ Rome ancienne et moderneChapitre 253 sur 428 · RS · texte numérisé non relu

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moire ; songe il lu gloire de ton nom qui ne brillera sur la toml e que s'il n'est pas souillé »

iladuela lut plusieurs fois celle lettre, et, l’ayant méditée attentivement , il finit par renoncer à son dessein. Rome échappa donc à la destruction, mais pour devenir une épouvantable solitude. En la quittant, les Goths la dépeuplèrent. Tous les habitants, sans exception, furent emmenés en esclavage; et pendant plus de quarante jours les loups errèrent seuls dans ses rues désertes *.

Pendant ce temps, quoique retenu dans son camp parla fièvre, Bélisaire suivait en silence les mouvements de l’ennemi. Le 25 janvier 518 , il part avant l'aube du Port situé sur la rive droite du Tibre , è peu de distance de l’embouchure de ce fleuve, et, remontant rapidement la voie Tortueuse, il rentre avec ses troupes dans la ville abandonnée. Baduela, comme nous l'avons dit, avait démoli un tiers de l'enceinte, tout le côté méridional. Il s'agissait d’abord de fermer cette immense brèche; mais comme il avait peu de temps à perdre et que les Goths étaient à Tivoli, le maître de la milice fil bâtir â la hâte un mur sans ciment avec tous les matériaux qui lui toinlièrent sous la main : pierres, briques, débris de tombeaux, fragments de granit, marbres brisés par la masse gothique, tout fut entassé pèlernéle. Renforçant cette fortification improvisée d’une rangée de pieux qui l'appuyaient à l’extérieur et d'un fossé profond , en vingt-cinq jours Bélisaire parvint à se clore : les portes seules , dont les Goths avaient emporté jusqu'aux pentures, restaient ouvertes; il les remplaça par des palissades et des soldats d'élite, et se prépara courageusement à faire front à l’ennemi. Celui-ci ne tarda pas à savoir ce qui se passait. Descendant aussitôt des plateaux de Tivoli, Baduela accourt avec son impétuosité ordinaire; il s'élance comme un lion contre les clôtures de cette espèce de parc, où il ne croyait trouver qu'un troupeau timide , et partout , chaque fois qu’il l’attaque, il est repoussé. Alors éclata tristement l'inconstance et l'ingratitude de l’esprit humain. Tant qu'il avait marché de victoire en victoire, son peuple l’avait honoré comme un dieu ; c'était le héros de la nation, le très-grand , l’invincible. A la première apparence d’un revers, les chefs murmurèrent ; on lui reprocha durement d'avoir épargné Rome. • Si tu l'avais mise au niveau de l’herbe, le sang de tes soldats, lui disaient-ils, ne coulerait pas inutilement devant ses murs. » Baduela les laissa dire , et jugeant que la conquête de ces murailles ne valait pas la peine qu'elle allait coûter, il regagna son camp de Tivoli.

Mais au printemps ses tentes se déployèrent de nouveau le long du Tibre. Le pain de l’annone, qu'ils étaient sûrs d'y retrouver, avait ramené tous les Romains échappés au glaive ou aux chaînes : trois mille Byzantins d’élite croyaient pouvoir

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