CHAPITRE XX
MO
un Barbare, l’implorait on quelque sorte dans l’intérêt de l'humanité; mais l’époux de Théodora repoussa la main qu’il lui tendait par-dessus l'Adriatique, et, irrité contre Rélisairc , mit à la tête de l’armée d’Italie un autre général.
L’auauQUE Narsès. — Vingt-six ans auparavant, un pâtre de la campagne romaine chassant à coups de lance devant son cheval un troupeau de taureaux , traversait sur le soir le Forum de la Paix. Au milieu de ce Forum jaillissait une vieille fontaine, ornée d’un bœuf d’airain. Le seul bœuf qui se trouvé! dans le troupeau, tournant à gauche, courut à la fontaine et monta lourdement sur la statue. Aussitôt un paysan étrusque, devin comme tous ses compatriotes, qui était appuyé là sur son bâton recourbé, prédit qu’un jour le maître de Rome serait soumis par un eunuque. A l’arrivée de Narsès, le nouveau général des Byzantins, un sénateur rappela cette prédiction. Toutefois il y avait peu de probabilité qu’elle se réalisât. Mutilé dans sa jeunesse, Narsès, Arménien de naissance, avait passé la meilleure partie de sa vie au milieu des femmes du sérail, occupé à tourner le fuseau. Le hasard ayant attiré sur lui les regards de Justinien , il eut l'adresse de capter sa faveur et se fit nommer préfet du trésor. De ce poste où rien ne pouyait révéler son aptitude militaire, il passa subitement, à la grande surprise de ses ennemis, au commandement des armées, et, en mettant le pied sur le champ de bataille, cet eunuque , chétif et pâle , s’y montra soldat intrépide et grand capitaine.
C'était pour la seconde fois qu’il descendait en Italie ; la première, n’avant pas voulu plier sous l’autorité de Bélisaire, il avait regagné Constantinople sans combattre. En 552, il prouva glorieusement que les Byzantins pouvaient vaincre sans le ■naître de la milice. Narsès , l'eunuque , accomplissait quatre-vingts ans lorsqu’il rencontra Baduela au pied de l’Apennin , dans une plaine qu’on nommait te tombaux des Gaulois. Les deux armées en vinrent aussitôt aux mains; pendant la chaleur du combat la lance d’un Gépide perça la poitrine de Baduela, qui faisait des prodiges de valeur. Dans le sang de ce grand chef tomba la bannière des Goths. Le brave Théia, élu auprès de son cadavre, essaya vainement de la relever. Emporté par ce torrent de mauvaise fortune, il périt, après une résistance sublime, au pied du Vésuve, et quand ils virent sa tête au bout d'une lance byzantine, les Goths découragés s’arrêtèrent et se soumirent, fions l’influence des superstitions de leur race, ils regardaient ce dernier malheur comme un arrêt du destin.
C'est ainsi que fut renversé l'empire des Goths après soixante-quatre ans de durée. Maître de toute l'Italie, eu 553, Narsès fixa son séjour à Rome, et y régna sons le nom de l'empereur jusqu'en 367. Cette année-là il reçut la récompense de scs services. Célèbre par son ingratitude et les cruautés que lui inspirait Théodora, Justinien avait payé les fatigues et la gloire de Bélisaire en le dépouillant de scs richesses et lui faisant crever les yeux. Narsès , qui avait vu le sauveur de Rome tendre la main à la porte appelée de son nom Belisaria, en implorant une obole *,
I. lV|»tm la premiéie moitié ilu xvtii* siècle, il est île mode eu bi&loire de nier la cécité de Bélisaire : Muratnri, dit-
OOTIIS KT BYZANTINS
devait liien penser que son lotir viendrait, (.luinie ans après qu’il eut conquis l'Italie ii l’empereur de Byzance, sur les plaintes du sénat , humilié d'é re rejeté derrière cet eunuque , il reçut, du successeur de Justinien, Justin II, l'ordre de revenir à Constantinople, a 11 est temps, avait dit l’impératrice Sophie, que Narsès reprenne sa quenouille I » — a Je vais la reprendre , répondit l’eunuque à ceux qui lui répétèrent ce propos, mais pour lui iiler un écheveau qu’elle ne démêlera pas facilement, a Cl joignant l’elïet à la menace il appela les Lombards.
vu, a démontre ia .'ausscle «lu fatl dans scs Aunuln d’I.'alif, et «ans antre examen un répété en passant l'opinion de Muratorl. Or. le compilateur de Mot'.ene. lies-suspect du reste en matière historique, rar il lounuillr d'enrur*, u'a rien ilnuontre, si t e n'est la vérité du lad «|u*il moleste. L'n rnivain de 1200, plus près de .six Merles des événements que !U traiori. T/rires nous a appris ce Iati : \ ubierrano l'ietro Ctiniio, Poitianns el le eardmal llirnniti' Un mciue l'ont • ttjpie et confirme. Mainint ni sait-on totiiiucnl Muralot i le d.'lruit ? Avec ce passage de Theuphacc : / Kni:tr,ur remlil pim tard i lttli^uire Ira !>»<■** fl If a tonarir ra qu'il lai craü ûJfa. • Comme il ne i-ouvait pas lui reudre la nue, il est évident que ce |assagc corrubore au routrairc le récit de 1 relies : nous ajouterons à celle observation une preuve nouvelle el qui nous sein le rouctuaulc. < 'es: que dans la porte du l'iocio, dite jadis Btliutria cl maintenant marco, se trouve tocuic at’jouid'liui uue pierre imitant tes mut.» en ca rar tires qui rt moule ni au ruojeu âge : Dits oBolvs bexisaiuo