‹ Rome ancienne et moderneChapitre 256 sur 428 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

LOMIIAKDS ET KHAN K S.

Origine de» Longohanls. — Arrivée de ce peuple en Italie. — turques «le Ravrnne. — Dors de Rome. — \jc, l'ai* Grégoire l*f. — Phom usurpa rur. — L'eunuque Éleuthère. — L'exarque Isaae et le trésor de La liait. — Révolte do dite de Rome. — 1 roubles religieux de Mt. — la-s Mouotbelttcs. — L 'eunuque Calllopas cl le pa|v Narlin. — Pillage artistique rie Rome par l'empereur de Constantinople. — Elections pontilcales. — Aflail>li>s entent de l'influence Byzantine.— L’Eitqiereur ao nez d’or. — Trouble* religieux de 736. — Le» Iconoclaste*.

— U'nn risaurieo proscrit les iotagrs. — Home les défend. — Lettres de Grégoire II. — Appel du Pape rl du Peuple romain aux Frank*. — Éilenne II et le IIU de Ourle* Martel. — Pépin, roi «le* Kianks, élu Patrice de Rome — Il donne au Saint-Siège et au Peuple romain l'eurchat de Ravenne et la Pentapole, mais <Yn réserve la souveraineté. — Charlemagne. — Le Roi, l'Armée et la Couronne de fer. — Second voyage de Charlemagne h Home. — Los assassins de Léon III. — Le Pape intrüc. - Charlemagne à Rome pour la troisième fuis. — Le jour de Noël de l’an ftoo. Il e*t élu par les grands, le «Irrgé et le peuple, et proclame à Saint-Pierre empereur d’Ocridciii. — Antocratic de* Osais franks — Invasion des Sarrasins. — Ils pillent Saint Pierre et Saiut-PaoL

— Le Jugement d'an mort — Rjrbaiie du it' siècle.

Origisb dits Loacoaxans. — (jiiaad ils sortirent des neiges Scandinaves pour chercher des terres et se rapprocher du soleil , les Ixmihards , ou plutôt les Longohards, s'appelaient Winiles. Voici comment les légendes du Nord , racontées par les vieillards, expliquaient ce changement de nom. Conduits par des chefs de vingt ans, Unir le llravc et Ayon à la blonde chevelure , les Winiles arrivèrent un jour sur Ics/eW ou terres libres des Vandales, et y plantèrent leurs tentes. Les Vandales envoyèrent alors un guerrier demander le tribut en montrant une llèche ensanglantée. Celait offrir le servage ou le combat. Ibor et Ayon prirent les armes, mais comme les Vandales avaient imploré le secours de Woden ,1e Jupiter des Scandinaves, Gambara, la mère des jeunes héros, monta secrètement au palais du dieu et supplia Frèya, sa femme, de donner la victoire aux Winiles. « Que les femmes de ta nation,

LOMBARDS KT FRANKS

ré|iondit !a déesse du ciel , ramènent leurs cheveux sur le visage , et après les y avoir croisés en forme de barbe, qu'elles se trouvent devant l'armée, avant le lever du soleil. » Aussitôt que Woden s'éveilla et qu'il eut tourné selon sa coutume ses yeux vers l'orient, il s'écria tout surpris : « D’où sortent donc ces longues barbes ? — C’est un peuple, reprit Frèya, auquel tu ne peux pas refuser la victoire puisque tu viens do lui imposer un nom; » Pris au piège tendu par sa femme, Woden rendit alors victorieux ceux qu’on nomma depuis Longobards, de ces deux mots germaniques Lang-bacrt, longue barbe *.

A travers cette fiction fantastique et brillante, il est facile de voir la vérité. Employant la ruse, pour grossir leurs rangs aux yeux de l’ennemi, les Winiles avaient dit aux longs cheveux de leurs femmes le surnom dont ils se montrèrent si fiers plus lard. Par une sorte de reconnaissance ils consacrèrent la tradition de ce fait en se rasant la tête et ne gardant sur les tempes que deux mèches flottantes, qui se confondaient avec leur barbe que le fer ne touchait jamais, et rappelaient glorieusement dans leurs idées barbares le stratagème des aïeules.

Ces hommes aux longues barbes habitaient depuis quarante-deux ans la Pannonie ou Hongrie acluelle, lorsqu'ils reçurent le message de Narsès. Ce n'était pas la première fois qu'ils entendaient la voix de l'eunuque. Ainsi que tous les maîtres de la milice, ses prédécesseurs, Narsès était eu relation avec les tribus barbares les plus éloignées de l'empire et les plus braves. Dix-sept ans auparavant mille cavaliers longobards avaient suivi son drapeau quand il marchait contre Itaduela. Mais ces farouches auxiliaires déployèrent une telle sauvagerie dans leur façon d'entendre la guerre, tuant, pillant et brûlant sans distinction tout ce qui se rencontrait sur leur passage, que Narsès, qui entendait conquérir l'Italie et non la dépeupler, se hâta de leur remplir les mains d'argent et de les congédier*.

Le jour où ce vieillard voulut se venger de l’ingratitude de Justin II et des sarcasmes de l’impératrice, il songea donc aux Longobards. De Naples, où il s’était retiré , il leur dépêcha des émissaires qui , montrant à l’assemblée de la nation les riches productions de l'Italie, engagèrent vivement les chefs, de ht part de Narsès, à quitter la pauvre et froide Pannonie et tt venir s'emparer du plus beau pays de la terre. La réponse des Longobards n’etait pas douteuse. Alboin , chef général du peuple, ne prit que le temps d'avertir les Saxons, ses alliés, qui accoururent au nombre de vingt mille avec leurs femmes et leurs enfants , et les deux nations, emmenant tout leur bétail et leurs troupeaux, et traînant sur des chars ce qu'elles possédaient d'outils et d'instruments de labourage , se mirent en route le lendemain de Pâques 569 , pleines de joie et d'espérance. Des montagnes du Frioul, ce torrent de nouveaux Barbares se répand tout à coup dans la Vénétie, et passant sur Aquilée, Viccnce, Vérone et Mantouc, vient battre les murs de

I. Paul Waruefrid, ri’Aqutlcf, «lit Paul Diacre, para* qu’il était rciètu dp celte dignité ecclesiastique. De Cetlis LanfoburJorum, lit, t, c. 8.

S. Proc ope, liv. iv, c. 38.

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