‹ Rome ancienne et moderneChapitre 259 sur 428 · I. Rossi, Itiori g di Harrnna · texte numérisé non relu

I. Rossi, Itiori g di Harrnna

t. Aiususe le Bibliothécaire, Vie du y*pe Sermmu.

CH APITUE XXI.

fortune abandonne : le duc de Rome, Maurice , conçut aussitôt le projet de profiter de son échec pour le remplacer. Il commença par répandre adroitement le bruit rpie l’ambition d’Éleuthère avait traversé le cerveau de son successeur et qu'il songeait il usurper l’Empire. Ce fut dans la première amertume de la défaite qu’Isaac reçut cette nouvelle. Il s’empresse aussitôt de renouveler la vieille trêve avec les barbares et confia au meilleur de ses généraux, Donus, le soin de le venger du traître. Donus accourt vers Rome à marches forcées; à la vue de ses dragonnaires la peur glace subitement ces Grecs amollis par la paix , et ces Romains indignes de fouler le sol de leurs pères : ils passent tous de son côté sans s’inquiéter de ce que devenait le duc Maurice. Celui-ci , resté seul , avait pris la fuite et s’était réfugié dans l’église de Sainte-Marie à la Crèche, aujourd’hui Sainlc-Marie-Majeure. On l’arrache de force de l’autel, auquel il s'attachait avec désespoir, et les mains chargées de chaînes, le cou dans un collier de fer, on le conduisit & l'Exarque. Celui-ci ne voulut revoir que sa tête , qui fut coupée avant d’entrer à Ravenne et fichée sur un pal qu’on planta au milieu du cirque ‘.

Les Monotiiklites. — Ce trouble domestique pour ainsi dire . apaisé , il s’en éleva un autre dans Rome d'un ordre différent , mais d'un caractère plus dangereux. Ergotant sans cesse pour satisfaire la subtilité creuse de leur esprit, les théologiens d’Orient , inventeurs inépuisables d’hérésies , avaient jeté un nouveau brandon de discorde dans l’église du Christ. Ils soutenaient que le Messie n’avait eu qu’une volonté. Grand émoi en Occident lorsque celte opinion, qu’on appelait monothilitme, y fut connue. Après avoir longtemps écrit et disputé avec aigreur, les théologiens latins adoptent l'opinion contraire et décident solennellement que Jésus-Christ étant homme et Dieu tout ensemble, en raison de ses deux natures, avait eu deux volontés. Cette décision allume une guerre effroyable. Les deux camps se forment : l’Empereur se met it la tête de l’Église d’Orient , le pape est le chef de celle d’Occident. A l’ordre envoyé , en 647, de Constantinople , de ne reconnaître qu'une volonté dans Jésus-Christ , le pape Théodore I", bien que Grec de naissance , répond en convoquant dans la basilique de Saint-Pierre tous ses évêques et ses clercs : puis, s'agenouillant devant l'autel du premier des Apôtres, et mettant au bout de sa plume uno goutte du sang de Jésus-Christ prise dans le calice consacré , avec cette encre mystérieuse et sortie , disait- il, des veines de Dieu même, il écrivit l'anathème contre les Monolhélites’.

Martin de Todi, pape. — L’Empereur Constantin III régnait alors à Constantinople. Furieux de l’audace du pape, il donna l'ordre à l’Exarque de tuer Martin de Todi , qui déployait sur la chaire pontificale autant d'opiniêtrelé que Théodore. L'exarque Olympio, qui avait remplacé Isaac à Ravenne, vint donc à Rome , en 652 , et tenta de faire assassiner Martin dans l’église de Sainte-Maric- Majeure. Mais , au moment de frapper, le meurtrier recula devant l'odieux d'un

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