‹ Rome ancienne et moderneChapitre 263 sur 428 · I. Anasuso, Vie du pape Conon · texte numérisé non relu

I. Anasuso, Vie du pape Conon

S. Tbéophane. Nlrfpborr, Chranlqne*. — Odrrnnns, Annale*. — Zonaras, llisi.

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obtenir un prince qui, en montrant à ses sujets la tête de son prédécesseur, les faisait songer que dans quelques jours peut-être ils verraient la sienne sur la même pique? Au premier ordre qu’il donna, l'empereur fut désobéi. Monothélite, il voulait plier Home à sa croyance ; elle repoussa ses décrets. Pour montrer leur mépris, le pape et ses clercs firent peindre dans le portique de Saint-Pierre les six conciles qui fixaient la foi latine ; pour montrer son audace quand l’exarque llizocope donna, en 712, un successeur au duc Christophorc , le peuple l'accueillit à coups de pierres. Mais le nouveau duc, par une exception déjà rare chez ceux de Byzance, était un homme énergique. Il marcha droit au palais, et, rencontrant la faction, qualifiée du nom de Chrétienne, en armes sur la voie Sacrée , il l’assaillit si vigoureusement que, sans l’intervention du pape qui envoya ses clercs les plus vénérables, avec les saints Évangiles et les croix, pour séparer les combattants, les orthodoxes étaient taillés en pièces, lorsqu'ils se retirèrent derrière les croix du clergé, ils laissèrent la voie Sacrée jonchée de cadavres '. Cet état d'hostilité prit fin cependant : une réconcilation eut lieu entre Rome et l’empereur Anastase, secrétaire de Philippique, arrivé au pouvoir en crevant les yeux à son maître. La paix religieuse, chose extraordinaire à cette époque, dura douze ans; deux exarques. Scholastique et Paul , conservèrent la paix civile eu la payant chaque année le prix convenu aux I.ongobards, et saufles terreurs de l’inondation de 716 qui dura sept jours, fit crouler une infinité de maisons, et couvrit les rues et les places d’arhres déracinés, le repos de la ville ne fut pas troublé.

Les icoxocLAsrEs. — Un si long calme présageait des orages; effectivement, une scission violente éclata dans l'Église sous le règne de Léon ïlsaurien, en 726, à propos de l’hérésie des iconoclaste!. Ces réformateurs, qui avaient le grand tort aux yeux des catholiques de penser comme Mahomet, se proposaient de ramener le culte chrétien à sa pureté primitive, en détruisant partout les images des saints qu'on entourait d'une sorte d'idolâtrie. Iis reprochaient à leurs adversaires de ressusciter le paganisme dont l’antique regain couvrait le champ du Christ, éii effet, on se réfugiait dans les églises comme on se réfugiait auparavant dans les temples. Les princes demandaient dés présages aux solitaires chrétiens, comme leurs prédécesseurs en demandaient aux augures; l’eau bénite remplaçait l’eau lustrale; la violation des tombes était comme autrefois déclarée impie. On croyait aux fées nocturnes, à ces hommes dont parle Pétrone qui se métamorphosaient soudain en Joups, à ces voix des âmes qui gémissaient dans l’air. Les lumières étincelaient toujours la nuit dans les chapelles, les termes étaient parés de fleurs au printemps, et l’on ne manquait pas de planter le peuplier de mai, et de célébrer chaque année en l'honneur des morts les féralies ou repas funèbres.

Les iconoclastes n’avaient donc pas tort de désirer que l’Église empruntât moins au culte vaincu : avaient-ils raison en voulant la forcer à rompre définitivement ce

i . Anaslasc, Vie du pap* Contlantiu.

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