‹ Rome ancienne et moderneChapitre 276 sur 428 · LES COMTES DE TUSCULUM · texte numérisé non relu

LES COMTES DE TUSCULUM

maine de suint Pierre, je te le restituerai, et en nommant mes ducs et mes comtes, * je leur imposerai l’obligation, sous la foi du serment, de défendre de tout leur pouvoir les terres de l'Église »

Otiioîi vient * Home. — A la nouvelle de ces conditions si favorables à Rome, on joncha de buis le paradis de saint Pierre, et le 2 février 962, Othon, suivi de son armée et d’un grand nombre d’évéques et de barons, y fit son entrée au milieu d’une foule immense. Le fils de Marozie déploya pour son couronnement, une magnificence incroyable , et le nouveau César fut si satisfait qu’il versa dans le trésor de Latran l’argent, l’or à pleines mains. Ce fut ainsi que l’empire passa aux princes d’Allemagne ou plutôt aux Franks de l’est, car les Allemands d’alors n’étaient encore que des Français établis au délit du Rhin , et Othon portait le titre de roi de la France orientale ; celle d’occident était la France d'aujourd'hui. Nous venons de dire qu'Oihon avait été magnifique dans sa reconnaissance. Ces profusions blessèrent au vif les ennemis du pape ; ils se sentirent tout à coup révoltés d’un genre de vie qu'ils toléraient depuis longtemps et coururent dénoncer à l’empereur, qui se trouvait à Pavie, les désordres de leur pontife, a C’est, lui dirent-ils, un débauché sans frein et sans honte, qui du saint palais de Latran fait la sentine de tous les vices. » Pour la première fois peut-être la haine n’exagérait pas; mais la mémoire des bons offices de Jean XII était trop fraîche encore. Othon ne put se montrer rigoureux : c’est un enfant, répondit-il aux accusateurs; les bons exemples le corrigeront; qu’il soit repris avec douceur par les gens de bien et il quittera la voie du mal. » Après l'avoir couvert publiquement de son indulgence, il l'avertit en secret et avec assez de sévérité pour que le jeune pape en conçût un amer ressentiment. Dissimulant toutefois, il envoya un noble et un clerc à Pavie qui promirent à l’empereur qu’il s’amenderait. Pendant que ces nonces en prenaient l'engagement en sou nom, Jean appelait à Rome Adalbert, duc de Toscane, le plus ardent ennemi d’Othon.

Lutte entre es Pape et e’Empbredr. — Cette fois, comme toujours, la colère avait été mauvaise conseillère. Avant que le pape et son allié fussent en mesure de lui résister, l’empereur était accouru ; la faction opposée au pape lui ouvrit la porte Flauiinienne, et il fallut que Jean entrât dans le château Saint-Auge et cédât â scs ennemis la ville , le palais de Latran et la basilique de Saint-Pierre. Du haut de sa formidable tour, au commencement de novembre 963 , il vit une foule d’évêques d'Italie et d’Allemagne, presque tous les cardinaux, la plupart des officiers du Saint-Siège et un grand nombre de nobles qui marchaient sur les pas de l’empereur vers l’église du grand apôtre. Le lendemain , un prélat vint lui apprendre que le concile général était réuni, le sommant d’y comparaître. Cité deux fois dans les mêmes termes , Jean fil la même réponse : • Je sais que vous voulez élire un autre pape, mais si vous avez cette audace je vous excommunie tous. »

Page 1