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Ce magistral, qui était un Pierleoni, dans sa rage impie et sacrilège, fil crucifier et brûler vif le fondateur de la République nouvelle. Puis, quand la passion du martyr fut finie, comme le peuple attendait religieusement le départ des bourreaux pour recueillir scs cendres, il commanda qu'on les jetât dans le Tibre '. Telle fut la palme sur la terre d’Arnold de Brescia. Il sema et féconda de ses cendres des idées utiles au bonheur des hommes, et après un supplice infamant, rien ne resta de lui qu'un souvenir triste et doux chez les bons et une mémoire calomniée de siècle en siècle par les méchants.
Frédéric Barberocsse. — La République cependant n'était pas morte avec son fondateur. Tandis que Frédéric Harberousse disputait à Sulri avec le pape, qui ne voulait pas descendre de sa mule que ce prince ne lui tint l'étrier, les ambassadeurs de la démocratie romaine vinrent le complimenter et lui offrir d'accepter sa souveraineté sous trois conditions : qu’il reconnaîtrait le sénat et confirmerait les privilèges de la ville; qu’il donnerait cinq mille livres d’argent au peuple pour sa bienvenue, et qu’avant toute chose il jurerait de maintenir le gouvernement temporel de Rome sur les bases antiques, & l'exclusion absolue des papes*. En entendant ces conditions posées avec la fierté républicaine des anciens temps, Frédéric répondit aigrement , qu’il s'émerveillait de voir des sujets dicter des lois à leur souverain, a Rome est à moi, leur dit-il; j'en suis le maître au même titre que Charlemagne et ses successeurs franks et germains. » Les députés étaient loin d'admettre cette prétention; ils se retirèrent, et Barberousse les suivit avec son armée. Par le conseil d’Adrien IV, il avait eu le soin de lancer en avant un corps de cavalerie qui surprit la cité Léonine et s'empara de Saint-Pierre. Grâce à celte précaution , le 18 juin 1153, il put recevoir dans la basilique la couronne impériale. Mais la cérémonie était à peine terminée qu'au bruit des chants du clergé et des acclamations de l’armée tudesque qui montaient jusqu’au Capitole, le peuple avait couru aux armes. A midi les portes furent ouvertes, et, sortant. en foule, il envahit la cité Léonine et fondit sur les Allemands. Une mêlée affreuse s’engage aussitôt ; le sang coule â torrents et la nuit seule arrête le carnage. Il eût recommencé le lendemain, mais ni Frédéric ni Adrien ne jugèrent prudent de continuer le combat. Quand les Romains revinrent à la charge plus furieux que la veille, l'empereur et le pape étaient sur la route de Tivoli.
Le r*r» Alexandre III. — Tant que les idées ou les intérêts qui agitent quelquefois les nations pendant des siècles n'ont pas atteint leur développement, les hommes appelés à les faire prévaloir, retombant dans les mêmes situations que leurs prédécesseurs, les imitent si exactement qu’il semble qu'on retrouve les mêmes personnages dont le nom seul est changé. Comme l’empereur Henri IV après l'affront de
1. Appensnsque cran fiamnuque prenante toloias. ( I.iccmfcs. )
Siraagalat hune laqaeos ignis et unda reliant. (Godcfroi de Vitkrie. )
2. Esopra talto ebe lorimse il goremo temporale di noms conte en ne’ «ecoli teecbi ron esdasionc de’ l'api. ( Moral, ri. Annali i'IUihe, t. tri, p. 431. )