‹ Rome ancienne et moderneChapitre 305 sur 428 · E se do la II rhivras en breo jorn assignat · texte numérisé non relu

E se do la II rhivras en breo jorn assignat

Iea te clami la terra el dreg e la ereut Al dla del jutlici on tuit seren jotjat. (Le mène, V. 3371.)

S. Voici on paxage de la Iciire que le peuple et le sénat écrivirent i Frédéric II, poor le remercier de la proleciion qn’il arcordaii a la Hepoblique :

Mitcria lilierarnra venranim exhilaravit corda noslra quod vos qui ad Romani iœpcrii apircs estis elerti alntani urbrra sennlum popn/umque ci totaw HrmpuMicam slnrerâ diliglils affection* et disposislls ni Komana ResjmMica iatpeiiali eerliladine derorari magnifie» ri passil merito et augmeularl. (Vitale, Gloria iiplomalica dt’ armai or i Romani, U il, p. 8t. ;

L'ÉGLISE, LA FÉODALITÉ ET LA RÉPUBLIQUE. Fil

sur les bras , ne put résister ni au sénat ni A l'empereur. Ballotté entre les Frangipani, toujours Gibelins, Mcttefuogo, chef du sénat, et les armées de Frédéric 11 vengeant l'excommunication de leur prince par le ravage des terres de l'Église, ce vieillard, qui vécut un siècle, passa les quatorze dernières années de sa longue carrière dans les alarmes et l’angoisse.

La fafk Inxocert IV fixe son séjolr a Lion. — La force morale de la papauté allait fléchissant de plus en plus sous le poids de la force matérielle de l’empire. Aussi, bien qu’un athlète plein de vigueur, le Génois Innocent IV, eût remplacée en I2A2 le centenaire d'Anagni , Frédéric n'en continua pas moins sa marche victorieuse. Il occupait déjà toutes les villes du Saint-Siège, bientôt il tint les clefs de toutes les églises de Rome. N’y trouvant plus de sécurité et poursuivi d’ailleurs à outrance par les marchands, qui lui réclamaient soixante mille marcs d'argent prêté au pape précédent , Innocent IV s’enfuit secrètement dans la nuit du 28 juin 12AA, et gagna Civita-Vecchia où l’attendait une flotte équipée par ses frères, qui le transporta à Gènes. De là, au mois de décembre suivant, il se rendit à Lyon, ville qu’il choisit pour résidence sans doute à cause de sa proximité d'Avignon et du comtat Venaissin , que la croisade contre les Albigeois avait donnés au Saint-Siège.

La Bolonais Brancalionk. — Sa fuite toucha faiblement les Romains. Les nobles , Gibelins pour la plupart, n'y prirent pas garde, et le peuple était occupé d’une idée trop grave pour s’en émouvoir; peu à peu , ainsi qu’on a pu le remarquer en suivant le cours des événements, le sénat tendait à dominer la République. La tète avait grossi outre mesure aux dépens du corps; lorsque le peuple s’en aperçut, il chercha un remède au mal et n’en trouva pas de meilleur que de mettre à la tête de la République un étranger dévoué à sa cause , et assez fort de volonté et de courage pour la faire triompher. Le Bolonais Brancaleone, réunissant ces deux qualités à un degré éminent, fut élu en 1252 sénateur, fonction qui investissait le titulaire de la présidence du sénat et du pouvoir exécutif. Dans ce cas exceptionnel le sénateur réunissait l’autorité du sénat, qui se transformait en simple conseil de ville. Brancaleone , homme de mœurs rigides et d'un grand cœur, ne recula pas devant la tâche, mais il voulut être nommé pour trois ans; et telle était la confiance qu’il inspirait au peuple que , pour le satisfaire, on viola le statut de Rome. Dès ce moment la République reprit son caractère populaire, l’ordre, si longtemps troublé, se rétablit comme par miracle, grâce à la vigueur de Brancaleone. Tenant pendant trois ans la balance du pouvoir d’une main impartiale et ferme, quand le peuple au retour du pape voulut le rançonner, Brancaleone, quoique Gibelin, s’y opposa; de même quand le pape eut besoin d'argent, il ne voulut ni lui en prêter ni permettre qu’il en levât sur le peuple. Cette rigoureuse impartialité ne tarda pas à lui faire de nombreux ennemis. Liguées pour l’abattre, la noblesse et la cour pontificale manœuvrèrent avec une si perfide habileté, le calomniant d’abord, puis exagérant les rigueurs de sa justice inexorable, qu'en 125(j, avant l’expiration des trois années, le peuple eut la faiblesse de l’abandonner à

Page 1