‹ Rome ancienne et moderneChapitre 315 sur 428 · Fr.mciscl Petrarduc fiorcniini. Optra, iu-fol., p · texte numérisé non relu

Fr.mciscl Petrarduc fiorcniini. Optra, iu-fol., p

COLA lltENZO.

formée. Aux grands noms l’approche est quelquefois fatale. Ici, au contraire, loin de diminuer tout a grandi. Rome est bien plus grande, scs reliques sont bien plus majestueuses que je ne me les étais faites. Maintenant je ne m’étonne plus qu'une telle ville ait soumis le monde, je m'étonne seulement qu'elle ne l'ait pas soumis plus tôt '. a

A la vue du Capitole une noble ambition s'éveilla dans cette âme qu'enflammait l’amour de l'antiquité. Pétrarque se dit que le plus beau jour de sa vie serait celui où il recevrait la couronne des poètes sur ce mont qui vit couronner les trois cent douze triomphateurs. Ces jeux poétiques , institués jadis au Capitole mémo par Domilien, venaient d’être repris depuis quelque temps. Vingt et un ans auparavant, Albertino Mussato avait été couronné solennellement à Padoue pour son histoire et sa tragédie des Ezzeliui : le même honneur fut offert à Dante par les Bolonais, mais le fier gibelin répondit dédaigneusement que cela ne pouvait se faire qu'à Florence dans l'église Saint-Jean. Grâce â l’amitié toute-puissante des Colonna et à la protection du roi de Naples, Robert , Pétrarque obtint enfin , en 1341 , ce triomphe si ardemment rêvé. Orso, comte de l'Anguillara et gendre du vieux Stefano Colonna , était alors sénateur et présida seul , en l’absence de Giordano Orsini , son collègue, au couronnement. On l’avait fixé au jour de Pâques. Dès le matin le son des trompettes annonça la cérémonie. Le peuple, curieux d'assister à une fête interrompue depuis tant de siècles, accourut en foule. Douze adolescents, appartenant aux premières familles et vêtus d’écarlate, parurent d'abord sur la plate-forme du Capitole et récitèrent au peuple les plus belles pièces de Pétrarque, en commençant par cette admirable lamentation :

< O mon Italie , quoique des paroles ne puissent guérir les blessures dont ton beau corps est déchiré , écoute du moins aujourd'hui des plaintes dignes du Tibre et de l’Arno, qui réfléchissent tous deux mon front sombre et penché de tristesse1 Toi que j’implore, divin maître du ciel, rouvre ton coeur â la pitié et daigne jeter un regard sur mon doux et bien-aimé pays. Qu'à ta voix paternelle les cœurs farouches, qui ne respirent que violence, soient émus; que la guerre oublie un moment ses fureurs ! Et vous, à qui la fortune confia les rênes du pouvoir dans ces délicieuses contrées, êtes-vous donc de marbre pour voir froidement ses douleurs? Pourquoi tant d'épées étrangères?... Pourquoi nos champs si riants et si verts sont-ils rougis de flots de sang? Ah ! la nature fut bien sage en élevant l’âpre barrière des Alpes entre nos douces plaines et la barbarie tudesque; mais, aveuglés parles passions et les discordes, nous avons trompé son généreux dessein, et maintenant le tigre est enfermé dans le même parc avec les agneaux. Maintenant nous ne nous souvenons plus de Marins , qui repoussa les ancêtres de ces Barbares ; nous ne nous souvenons plus de César, dont la grande épée a jonché toute plaine de leurs cadavres!... O noble sang du Latium, coule libre enfin et ne sois plus esclave d’un fantôme ! Dites-vous tous : n’esl-ce pas là le premier sol que

I. Francise! Pcirarchac florentin i, Opéra, ia-fol., p. 605. Ruinas orbis admirans otaioptstiU

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