‹ Rome ancienne et moderneChapitre 318 sur 428 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

contemplées, s'éloignaient en murmurant : a Pour guérir le mol il fout un médicament plus énergique que des images ! — Laissez, s’écriaient les autres, laissez faire cet homme, ses tableaux ont une grande signification. » Voyant les esprits en attente, liicnzo résolut de s’expliquer plus clairement; il profita des stations du carémr, qui attiraient une foule immense dans les églises, et alla, le 13 février 1317, afficher lui-même ces deux lignes écrites de sa main sur la porte de Saint-George en Vétabre : Dans peu de temps les Romains reviendront à leur antique et bon état. Ce cartel produisit l’effet qu’il en attendait : les chefs des quartiers ou eaporioni, les plus considérables parmi les caralierotti, les riches marchands, les chefs de la milice, se pressèrent, pour lui demander des explications, autour du notaire du Capitole. Il leur donna rendez-vous pour la nuit suivante sur le mont Aventin , et quand ils furent tous réunis au sommet du vieux plateau où naquit autrefois la liberté de Rome, Rieuzo leur peignit en pleurant l’abaissement de la patrie, le lit de honte et de misère sur lequel l’enchaînaient ses oppresseurs; puis il leur avoua que son dessein était de réformer les abus et de rétablir la paix et le bon ordre. Tous l’approuvèrent; surtout lorsqu’il eut dissipé la première hésitation en leur apprenant, ce qui était vrai, qu’il agissait d’accord avec le pape, et rassuré les plus prudents en montrant qu'avec les trois cent mille florins d’or que rendaient les impôts la République nouvelle pourrait vivre, tous jurèrent sur l’Évangile de marcher au premier signal

Ce signal, si impatiemment attendu, fut donné deux mois plus tard : le vieux Stefano Colonna étant sorti avec ses bandes pour piller la campagne du côté de Corncto, Rienzo fit publier à son de trompe, la veille de la Pentecôte, dans toutes les mes de la ville, que le jour suivant chacun eût à se trouver sans armes au Cap’tole afin de pourvoir au bon état. Pour lui, il se rendit à minuit dans l’église de Saut Angclo in Pescheria, sa paroisse, et y entendit avec le plus profond recueillement les trente messes du Saint-Esprit. Le lendemain matin à dix heures, quand elles furent achevées, il se mit en marche, armé de toutes pièces, mais nu-tête, ayant à sa gauche l’évêque d’Orviéto, vicaire du pape, et derrière lui vingt-cinq conjurés de l'Avrntin. Trois autres le précédaient portant des bannières : la première, appelée le gonfanon de la liberté, était rouge; en son champ éclatant et bordé d'or apparaissait l’image de Rome assise sur deux lions, et tenant d’une main un globe et de l’autre une palme. Sur la seconde, qui était blanche, on voyait saint Paul armé du glaive de la Justice; saint Pierre avec ses clefs, symbole de concorde et de paix, se déroulait dans les plis de la troisième. Cent cavalierotti & cheval et l’épée nue fermaient la marche *,

La soi vsLtE coxsTiTimon. — Arrivé au Capitole, où la population entière était rassemblée, Rienzo monta au parloir (parlatorio), et, après avoir fait un tableau biùlant d'éloquence de la servitude et de la misère du peuple, et dit que pour son

». Murtiori. Antiquités du moyen âge, tome ni, p. 109.

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