‹ Rome ancienne et moderneChapitre 319 sur 428 · Ids m, p · texte numérisé non relu

Ids m, p

COLA ni EN 7.0.

salul et l'amour du pape, il se dévouait A tous les périls, il ordonna au fils de Cccco Mancino de lire la nouvelle constitution qu'il proposait à l'acceptation des citoyens. Celle constitution, nommée du bon élut, était ainsi conçue :

« Tout meurtrier, quel que soit son rang, sera puni de mort, a Tout procès sera jugé dans quinze jours au plus tard.

« Celui qui accusera faussement portera la peine que l'accusé aurait subie.

« Les maisons confisquées dorénavant, au lieu d'être démolies, deviendront propriété communale.

« Dans chaque rione (quartier), la commune entretiendra cent hommes de pied et vingt-cinq cavaliers pour maintenir l’ordre; et si l'un d’entre eux meurt pour le service public, sa veuve ou ses héritiers recevront cent livres pour le fantassin, cent florins pour le cavalier. Outre la solde, la commune fournira un bouclier de cinq carlins d'argent A chacun de ces gardes de paix.

a La chambre des finances du Capitole viendra au secours des veuves et des orphelins.

« Des barques armées protégeront les marchands A l’embouchure du Tibre, sur les côtes et dans les marais salants.

« Tout l'argent provenant de l'impôt des fours, de celui du sel, des droits de transit, de port et des amendes, sera exclusivement appliqué A l'intérêt public.

» La garde des tours, des ponts, des portes, des forteresses de la ville, sera retirée sur-le-champ aux barons et confiée A des capitaines élus par le peuple.

« Aucun noble n'y possédera désormais de chAteau.

« Les barons sont chargés de veiller A la sécurité des routes, a Ils ne peuvent plus donner asile aux larrons et aux assassins.

> A peine de mille marcs d’argent d’amende, ils laisseront le passage libre aux marchands.

a Le trésor commun soulagera la misère des couvents, a Dans chaque rione il y aura un grenier public toujours plein, a Tout le district forain de Rome participera aux bienfaits du bon rlnt'.n Rizxzo trou s d« peuple. — Cette lecture fut accueillie par un tonnerre d’applaudissements, puis le nom de Ricnzo acclamé par quarante mille voix. Toutes les mains étaient levées, toutes les bouches poussaient ce seul cri : Nous le voulons! A l’instant même et par un mouvement unanime, le peuple lui délégua sa souveraineté et lui conféra une autorité sans bornes A Rome et dans toute l'étendue dr son district. Au milieu des acclamations, Rienzo demanda le vicaire du pape pour collègue; congédiant ensuite le peuple, il s’établit au Capitole, où , pour mieux rattacher la liberté de Rome moderne A la liberté de Rome ancienne, il prit quelques jours plus tard le titre de Tribun.

Tous ces événements avaient éclaté comme la foudre, et les nobles étaient si loin de les prévoir que, dans leur stupeur, ils ne songèrent pas même A la rési-

Page 1