‹ Rome ancienne et moderneChapitre 325 sur 428 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

< Que Rome serait & dater de ce jour la capitale du monde et la pierre angulaire de la chrétienté ;

« Que toutes les villes et tous les peuples d'Italie redeviendraient libres et citoyens romains;

« Que l’élection des empereurs ne pourrait plus se faire qu’à Rome et par le suffrage du peuple romain;

a El que les ducs et rois de Bavière, de Bohème, d’Autriche, usurpateurs du pouvoir impérial, et ceux qui prenaient faussement la qualité d’électeurs de l’empire, tels que le marquis de Brandebourg, le duc de Saxe et les archevêques de Mayence, de Cologne et de Trêves, seraient cités à bref délai pour répondre devant le peuple de leurs usurpations,. »

Le grand espoir de l’Italie se trouvait si bien formulé dans celte rodomontade que malgré le ridicule de la forme, elle fut couverte d’applaudissements. Le seul mécontent était le légat du pape : il essaya de protester, mais à un signe de Rienzo les tambours et les trompettes étouffèrent sa voix. Plus rien dès lors ne troubla la fête qui finit par de magnifiques banquets. On avait abattu les murs intérieurs du palais de Latran pour en élargir les salles ; les mets, destinés aux nobles convives du nouveau chevalier et aux ambassadeurs des cités , remplissaient cent trente chaudières : on leur prodigua les vins les plus exquis, et afin que le peuple, participât à l’allégresse générale, le cheval de Marc-Aurèie laissa couler pour lui toute la journée des flots de vin de ses narines.

Quand la folie commence à bouillonner dans son cerveau l’homme tombe de faut».1 en faute. Quinze jours plus tard Rienzo profitait de la solennité de l’Assomption pour se faire couronner à Saiute-Marie-Majeure. C’est pendant la messe que s'accomplit cette cérémonie, non moins extravagante que la première. Le prieur de Saint-Jean-de-Latran se leva tout à coup et offrit au tribun une couronne de chêne en disant : a Reçois la couronne de ohêne puisque tu as délivré les citoyens de la mort ! i Le prieur de Saint-Pierre lui dit ensuite : a Reçois lacouronne de lierre, car tu as aime la religion ! » Le doyen de Saint-Paul-hors-des-Murs lui en présenta une autre en disant : a Prends cette couronne de myrte, puisque tu as rempli tes devoirs et abhorré l’avarice, b Le prieur de Saint-Laurent lui donna une couronne de laurier et répéta les mêmes paroles; le prieur de Sainte-Marie-Majeure lui posa une couronne d’olivier sur le front en disant : « Homme rempli d'humilité, accepte ce symbole de paix, puisque tu as humilié les superbes I b Le prieur de l’hépital du Saint-Esprit lui remit une couronne d’argent et un sceptre, en prononçant ces mots : a Auguste Tribun , reçois dans cette couronne et dans ce sceptre les dons de l’Esprit saint avec le diadème céleste, b Enfin , le même Vico Scotto, qui l’avait armé chevalier, lui fit hommage, au nom du peuple romain, d'un globe d'argent

4. Manuscrit de la Blblioib^qoe de l'Unltersiié de Tarin, n° 784. On Iroave aussi ce document abrégé dans la Chronique d'F-Sle, Muratori, Scriploret llalici, t. xv, coll. 440.

COLA RIENZO

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