‹ Rome ancienne et moderneChapitre 330 sur 428 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Le meurtre de cet homme de bien fut son glas funèbre. Profitant du mécontentement général les Colonna et les Savelli semèrent l'argent à pleines mains, et l’insurrection éclata. Le 8 octobre 1354 au matin, Rienzo dormait encore lorsque ces cris : Vive le peuple! vive le peuple! poussés par des milliers de voix, le réveillèrent en sursaut. Il écoute et entend une rumeur sinistre et des clameurs de plus en plus menaçantes. Arrivé au pied du Capitole, le rassemblement, composé des hommes des rioni, des partisans de l’infortuné Pandolfuceio, et conduit par les Colonna, dévoila tout â coup son but en criant : Mort au traître qui a rétabli la gabelle! mort! Tout en s’habillant, Rienzo, et au lieu de faire appeler des troupes, se vantait de calmer cette émeute en lisant au peuple une bulle du pape qui le confirmait dans sa dignité. Mais, voyant cependant que tout le monde avait disparu et que le tumulte allait toujours grossissant, il demanda conseil aux trois amis qui demeuraient seuls pour le trahir. Ceux-ci gardant le silence, il revêtit son armure de chevalier, et se présenta au balcon de la grande cour en agitant l'étendard du peuple d’une main et faisant signe de l’autre qu'il voulait parler. Mais, rouvert d’outrages et de huées toutes les fois qu'il essayait d'élever la voix, assailli d'une grêle de pierres et de flèches, blessé même à la main, il se retira désespéré, au moment où l’émeute triomphante mettait le feu aux portes.

Les traîtres, auxquels il demandait conseil quelques instants auparavant lui donnèrent alors le coup de grâce. Il suffisait de l’empêcher de quitter le Capitole, où il était en sûreté, car, par un bonheur inespéré, l'incendie, en détruisant le pont-levis, avait eu pour effet de rendre sa position plus forte. Au lieu de lui conseiller d'attendre , couvert par les murs du palais , le secours des dix régions qui ne s’étaient pas jointes à l'émeute, ils ne cessèrent de l'engager à fuir, et finirent, à force de lui répéter qu'il n'y avait plus d’espoir, par lui faire prendre le même chemin que Stefanello Colonna naguère. Une fois dans le jardin du Capitole, où Ils le descendirent avec des cordes, Rienzo délibéra quelque temps en proie aux plus vives agitations : par moment le courage lui revenait au cœur : il songeait aux grands hommes de l’antiquité, et voulait imiter leur héroïsme et marcher d'un pas ferme au-devant de la mort. Pendant ces hésitations le feu avait fait des progrès et se rapprochait avec un bruit sourd et d'éclatants pétillements : entendant enfin le fracas des poutres et des planchers embrasés qui croulaient et les clameurs des assaillants, il céda, comme le cerf qui s’est arrêté pour reprendre haleine , à l’instinct de la conservation personnelle , et dans son trouble se décida â fuir la mort.

Most de Ritxio. — Se dépouillant précipitamment de son riche costume , il entre dans la case du portanaro ou concierge, y taille sa barbe à coups de ciseaux, se noircit le visage, endosse un tabar campanien d'étoffe grossière, et se couvrant la tête et les épaules d’un matelas et de couvertures, il sort par la porte du jardin, qui brûlait comme les autres , descend l’escalier, dont les marches enflammées craquaient sous ses pas, et arrive heureusement à travers une pluie de débris brûlants

COLA niENZO. 5 H

jusqu'aux derniers degrés. Là tout le inonde le prit pour un pillard et le laissa passer. Mêlé à la foule, il criait en dialecte montagnard : a Suso! luto a quel traditore ! Sus ! sus à ce traître ! Pillons, car il y a du butin I » Encore un pas et il était sauvé ! Mais un homme du peuple l’ayant regardé fixement l’arrête en disant . «Halte là! où veux- tu aller! • Expiation providentielle de son orgueil! L’amour des oripeaux, qui égara si déplorablement sa raison le perdait à celle heure. A l’éclat de ses bracelets d’or et à ses bottines de chevalier , l'homme qui l’arrêtait l’avait reconnu : on le prit par les bras et on le conduisit devant la Cage du Lion, à la place des exécutions. Il y eut alors un moment de profond silence. Personne n’osait porter la main sur lui. Un partisan des Golonna, donnant enfin le signal, lui ouvrit le ventre d’un coup d’estoc. Au même instant un notaire, armé d’une épée à deux mains , lui fracassait le crâne, li expira sans souffnr, au premier coup. Les assassins n'en criblèrent pas moins son corps de blessures, puis ils nouèrent une corde autour de ses pieds sanglants et traînèrent le cadavre devant le palais des Colonna, où il fut pendu comme dans le tableau mural du Capitole, la tête en bas. Le surlendemain ces restes profanés furent abandonnés aux Juifs, qui allèrent les brûler en triomphe avec les chardons du Champ-de-Mars , au pied du mausolée d'Auguste *.

I. U sc «don jo (oui li jadicl il granoe moititodinc. Non oc rema<e a no Là fo fnito a do faoeo de ardi secchi. In qucllo faoco de cardl fo messo. Fn gnwo e jx-r sia moite grasseita ardca volcntieri. Suvano U U judiei farteaicnic aflTar.cnuati, afforosi, affoiti attira vano U eardi, perche ardesse Cüm qeelio caerpo fo aria e fo rednto in polme. Non ne reaiese Cia ( VU originttt (U CoU Rie*»», II*, m, ch. U. )

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