‹ Rome ancienne et moderneChapitre 343 sur 428 · Tomasi , la Vit* tli Ce tare Borgiû · texte numérisé non relu

Tomasi , la Vit* tli Ce tare Borgiû

LES BOIIUIA.

Pouplo à laquelle il attribuait son salut dans un péril récent. En effet, le jour do la fête de saint Pierre et de saint Paul, à la suite d'un violent orage, un plafond s'écroula sur sa tête. Trois Florentins, qui attendaient une audience dans la salle supérieure, tombèrent écrasés à ses pieds. Le voyant couvert de débris, on le crut mort, il n'avait que de légères contusions. En reconnaissance de cette préservation miraculeuse, il alla réciter une oraison aux pieds de la Madone et lui offrit un calice plein de pièces d’or. A son retour, il fit étrangler Alphonse d'Aragon, qui, selon la naïve expression de Uurkhardt, ne voulait pas mourir de ses blessures ( ùm nul/et vulneribus tibi datis inori), puis il se mit en quête d'un quatrième mari pour Lucrèce.

Depuis l'assassinat du duc de Gandie, toutes ses affections s’étaient concentrées sur César Borgia et sur sa fille. Lucrèce le suppléait en son absence, ouvrait ses lettres, et, assistée d’un cardinal, gouvernait Rome et l’Eglise'. Pour lui, ne songeant qu'à la solde des mercenaires de l’un et à la dot de l'autre , il inventait à chaque instant des moyens de fiscalité, inconnus jusqu'alors. En 1501, un projet d'expédition contre les Turcs lui servait de prétexte pour taxer les juifs , le clergé et les cardinaux. Chacun de ces derniersdul payer de trois à vingt mille ducats. A celte ressource extraordinaire il joignit le produit des testaments : le pape étant l’héritier des cardinaux ; il en mourut beaucoup sous Alexandre : à ceux qui vivaient trop longtemps il reprenait les bénéfices donnés comme prix de leur vole le lendemain de l'élection ; Puis il pillait les monastères. C’est dans ces moyens nouveaux de battre monnaie qu'il trouva la solde des condottieri de César et la dot de Lucrèce. Le samedi 4 septembre 1501 , on apprit à Rome que cette veuve de deux maris vivants et de l’infortuné Alphonse épousait le fils du duc de Fcrrare. Lucrèce confirma cette nouvelle le lendemain en allant remercier sainte Marie-du-Peuple. Habillée magnifiquement de brocart d’or, elle était précédée par quatre évêques et suivie de trois cents dames, prélats ou nobles romains, à cheval. Deux bouffons, l’un sur une mule et l’antre à pied, parcouraient pendant ce temps les rues principales , en criant : Vive l’illustrissime duchesse de Ferrare! Vive le pape Alexandre! Et par un de ces contrastes où éclate une amère et sanglante ironie, au moment où la fille du pape adultère, incestueuse et homicide, triomphait rayonnante de bonheur, une pauvre femme qui avait frappé son mari dans un mouvement de jalousie ou de colère, était pendue ignominieusement sur son passage’.

Le pape et son fils présidèrent à la cérémonie des noces, qui furent célébrées à deux reprises dans la tour des Borgia au seuil de laquelle nous nous arrêtons par respect pour la mémoire de saint Pierre, qui dut frémir d’horreur dans son tombeau au bruit de ces orgies. Plus la patience de la Providence semblait les absoudre, plus les Borgia se précipitaient à corps perdu dans des crimes sans nom. A ce montent,

I. Beoessit Pontifex Haras Nepi el domina Lncreiia mansit in ramer* pro illins custodlâ com conmiissioiie ni in alio eeessu... (Burktianit, ta F.ckardnrp.tt Hitloricum Medii Æri , I. il, p. 9134 8. I.o mime, p. SI 33.

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