CHAPITRE XXIX
SM
(Iraient le persuader que lu es plus qu’un homme et qui le changeant en dieu, ne cessent de te répéter que tu peux tout ce que tu veux. Pourquoi ce mensonge?... Tu n'es que le serviteur des serviteurs de Dieu assis à la place la plus périlleuse et la plus funeste; qu’ils ne t’égarent pas, ceux qui prétendent que tu es le seigneur du monde, qu’on ne peut être chrétien en dehors de toi et que tu as quelque pouvoir dans l'enfer, le paradis et le purgatoire. Ce sont tes ennemis qui tiennent ces discours. Ils cherchent à perdre ton &me. Ils te trompent aussi ceux qui t’élèvent au-dessus des conciles et de l'Église universelle, ceux qui n’attribuent qu’à toi seul le droit d’interpréter les Écritures, ceux qui déploient la majesté de ton nom sur leurs iniquités. Hélas! c'est par leur influence que Satan a fait tant de mal sous tes prédécesseurs’ ! »
A cette lettre, écrite de Wittemberg le 6 avril 1520, le pape répondit, le 15 juin, par une bulle fulminante, œuvre du cardinal Pietro Accolti. Pour la première fois, l'Église jetait le cri d’alarme : «Lève-toi, Seigneur, faisait-on dire au pape, lève-toi, et viens juger ta propre cause! Ouvre l’oreille à nos prières, car Ips renards ravagent ta vigne , car le sanglier est sorti de sa forêt pour la fouler aux pieds. Lève-toi , Pierre , et défends cette Église romaine , la mère de toutes les autres, que tu as sacrée de ton sang. Des maîtres de mensonge, des apôtres de perdition conjurent contre elle, et leur langue de feu, pleine d’un poison mortifère, siffle contre la vérité. Lève-toi aussi, Paul, toi qui as illustré cette Église sainte par ta doctrine et ton martyre, voici qu’un nouveau Porphyre, aussi audacieux que l’ancien, déchire iniquement les Apôtres, et de sa langue de serpent darde sur les saints pontifes nos prédécesseurs le venin et l'outrage »
Léos X ncownmn Luther. — Après cet exorde, le pape énumérait toutes les propositions du moine, les condamnait et frappait d'excommunication leur auteur et ses adhérents. Il n’en fallait pas plus pour faire déborder les flots de bile qui remplissaient le cœur de Luther. Le 10 décembre de la même année il brûla publiquement la bulle è Wittemberg. Cinq mois plus tard , du baut de l'inexpugnable chitleau de Warbourg , il lançait à son tour l'anathème contre l’Église, a Quel spectre de la colère de Dieu que cet abominable règne de i'Antechrist de Rome! Je prends en haine, disait-il, la dureté de mon cœur, qui devrait fondre en larmes pour pleurer les fils de mon peuple égorgé. 0 règne du pape , digne de la lie des siècles! Dieu ait pitié de nous! Quand je considère, ces temps horribles je voudrais trouver dans mes yeux deux fleuves de larmes, pour déplorer la désolation des Ames que produit ce royaume de perdition. Le monstre siège à Rome au milieu de l’Église et il se proclame dieu : les pontifes l'adulent , les sophistes l’encensent, et il n'est rien que les hypocrites ne fassent pour lui. Cependant l’enfer épanouit son cœur et ouvre sa gueule immense’. s
I. Sais enim bi oimies irapietates sub tuo nomiiic stataere in eeclestt quzratH. et proh dolor ! œalluoi per eo Satin profecit in tais przdrceMoribas. ( Laitier, (Entre*, 1. 1, p. I&3-I84. )
8. Jain enim surgit no vus Porpliyrins qui sicot Ule olim sanctot aposiolos iujoslè momordiu [ Luther, CEnrre», l i, p. 4M)